Des corps arrêtés à la Gorge. 13 J
qui, s’enfonçant dans fes parois, les empêchentde faire aucun mouvement.
$. 407. Il réfulte de cet arrêt des accidentstrès-graves, qui font fouvent une douleur très-vive dans la partie , d’autres fois un fendmentincommode plutôt que douloureux , quelquefoisdes foulevements de cœur inutiles , une angoiffeextraordinaire ; &C fi l’arrêt eft tel que la glottefoit bouchée , ou la trachèe-artere comprimée , unefuffocation cruelle ; le malade ne peut pas relpi-rer , le poumon fe remplit , & le fang ne pou-vant pas revenir de la tête, le vifage devientrouge, livide , le col fe gonfle , l’opprelîionaugmente , & le malade périt très - promp-tement.
Quand la refpiration n’eft pas arrêtée ou gê-née , fi le pailage n’eft pas entièrement bouché,& fi le malade peut avaler quelque chofe , il vittrès-bien quelques jours , & la maladie eft alorsune maladie particulière de l’œfophage ; mais file paflage eft abfolument fermé , & qu’on 11cpuifl'e point le déboucher pendant pluiieurs jours ,il en réfulte une mort cruelle.
$. 408. Le danger ne dépend pas autant de lanature du corps arrêté , que de fa grofîeur re-lativement au paflage de l’endroit où il s’arrête,& de la façon dont il s’arrête ; & fouvent les ali-ments tuent, pendant que les corps les moins faitspour être avalés,n’occafionnent pas de grandsmaux.
Un enfant de fix jours avala une dragée fucréequi s’arrêta , il mourut d’abord.
Un homme fentoit qu’un morceau de moutons’étoit arrêté ; pour n’effrayer perfonne , il for-tit de table : un moment après on veut favoir oùil eft, on le trouve mort, dn fécond périt par unmorceau de gâteau ; un troifieme par un morceaude peau de jambon ; un quatrième par un oeufnu’il avaloit par défi.