Druckschrift 
Tome Second (1766)
Entstehung
Seite
131
Einzelbild herunterladen
 

Des Noyés. IJI

accompagnée de danger, & ne peut avoir aucunufage. Cette écume , qui eft une des caufes demort, eff trop adhérente pour sévacuer par fonpropre poids ; ceft cependant le feul fecoursquon pourroit retirer de la fufpenfion , qui nuitdailleurs en augmentant lengorgement delà tête& du poumon.

404. 11 y a quelques années quon fauva unefille de dix-huit ans, ( on ignore fi elle avoitété fous leau peu de temps ou quelques heu-res ) » qui étoit fans mouvement , glacée , in» fenfible , les yeux fermés, la bouche béante» le teint livide , le vifage bouffi, tout le corps» enflé , chargé deau , « en étendant fur unlit quatre doigts decendres, promptement échauf-fées dans des chaudières , en la couchant touterue fur ces cendres, en la couvrant avec dau-tres cendres auffi échauffées, en lui mettant furla tête un bonnet, autour du col un bas , quien étoient remplis , & en mettant par-deffus letout des couvertures. Au bout de demi-heure lepouls revint, elle reprit la voix , & cria , jegek , je gels. On lui donna un peu deau clai-rette, & on la laiffa huit heures enfevelie fousles cendres ; elle en fortit fans aucun autre malquune laffitude qui fe diffipa le troifieme jour.Ce remede doit certainement être efficace , &nefl: pas à négliger ; mais il ne doit pas rron-plus faire négliger les autres. Du fable mêlé avecdu fel, ou du fel feul, auroient la même effica-cité, & on en a éprouvé les bons effets.

Dans ce moment on vient de reffufeiter deuxpetits canards qui sétoient noyés, par un bain decendres chaudes. Celui du fumier peut auiïi êtreutile ; & je viens dapprendre , par un témoinoculaire , très - digne de foi &c très - éclairé ,quil contribua efficacement à rappeller à la vie