des Enfants. 113
ne à manger , fans vouloir faire attention queces pleurs étoient peut-être l’effet du mal-aifeque lui procuroit un eftomac trop rempli , oude douleurs , dont on n’enleve pas la caufe enles fàifant manger , mais à laquelle le mangerles rend infenfibles pendant quelques moments ;premièrement en les diürayant, fecondement enles endormant: effet du manger chez les enfants,qui eff: afiez confiant & qui dépend des mê-mes caufes qui afToupiffent tant d’adulte» après lerepas.
L’on ne fauroit croire tout le mal qu’on faitaux petits enfants, en leur prodiguant ainfi lesaliments , dans le temps que leurs douleurs dé-pendent de caufes très-différentes de la faim ;je fouhaite que les mcres fenfées veuillent ouvrirles yeux fur cet abus , & le faire ceflèr.
Ceux qui leur donnent beaucoup à manger, dansl’efpérance de les fortifier , fie trompent beau-coup , 6 c il n’y a point de préjugé qui en tueun auffi grand nombre ; tout ce qu’un enfantprend au-delà de les befoins , l’affoiblit au lieude le fortifier ; l’eftomac diffendu perd fies for-ces , 6 c devient moins capable de faire enfuitede bonnes digeftions ; cet excès d’aliments em-pêche la dlgeftion de ceux qui étoient néceiïài-res ; ces aliments mal digérés , non-feulementne nourriffent point , & par-là l’enfant s’affoi-blit , mais ils deviennent une fource de mala-dies , & concourent à produire des obftructions ,la nouûre , les écrouelles , des fievres lentes, laconfomption & la mort.
Un autre inconvénient dans lequel on tombe ,par rapport au régime des enfants , dès qu’ilsmangent d’autres aliments que le lait de leurnourrice , c’eft de leur en donner qui font au-deffus des forces de leur effomaç , & de leur
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