Coliques. 6c
Ce mal d’une véritable apoplexie. Quand il eft par-venu à ce degré , il tue quelquefois en peu d’heu-res. Il faut commencer par donner un lavementâcre avec du fel & du favon ; enfuite on fait ava-ler , autant qu’il eft pofiible , de l’eau falée , & ficela eft inutile, on fait prendre la poudre N° 34,dans trois talfes d’eau , dont on donne d’abord lamoitié , & fi au bout d’un quart d’heure elle n’o-pere pas , on donne le refte. Ordinairement laconnoifiance commence à revenir d’abord quele malade a commencé à vomir.
Colique venteufe.
$. 309. Tous nos aliments & toutes nos boif-fons contiennent beaucoup d’air , plus cependantles uns que les autres. S'ils ne fe digèrent pas af-fez vite , ou fi la digeftion en eft mauvaife, cequi fait qu’il fe développe plus de cet air ; s’ils encontiennent une très-grande quantité , ou fi lesinteftins fe ferrant dans quelque point de leurlongueur , empêchent que cet air ne fe diftribueégalement , ce qui fait qu’il s’en amailè beau-coup dans quelques endroits , alors l'eftomac 8 cles boyaux font tendus par ces vents , & cettetenfion produit des douleurs qu’on appelle coli-que venteufe.
Cette efpece fe trouve affez rarement feule ;mais elle fe joint fouvent aux autres efpeces dontelle eft l’effet, & fur-tout à la précédente, & ellescontribuent beaucoup à en augmenter les fymp-tomes. On la connoît par les caufes qui ont pré-cédé ; parce qu’il n’y a ni fievre , ni chaleur , nialtération ; parce que le ventre eft gros fans du-reté , qu’il eft inégalement gros ; parce qu’il feforme des poches de vents, tantôt dans un en-droit , tantôt dans un autre ; parce qu’en frot-tant le ventre du malade, on fait remuer les vents,