Dyfenterie . fl
Cette maladie détruifoit un régiment Suilîequi fs trouvoit en garmfon dans les provincesméridionales de France; les Capitaines amodièrentla priie de plulieurs arpents de vigne, l’on y por-toit les lbldats malades, l’on cueilloit du railinpour ceux qui ne pouvoient pas être portés , lesl'ains ne mangeoient rien autre ; il n’en mou-rut plus un léul, & il n’y en eut plus d’at-taqués.
L/n Aliniflre étoit attaqué d’une dyfentericqueles remedes qu’il prenoit ne guériiloient point ;il vit par hazard des grofeilles rouges , il en eutenvie , & en mangea trois livres depuis lept heu-res du matin jufqu a neuf ; il fut déjà mieux c«jour-là , & entièrement guéri le lendemain.
Je pourrois accumuler un grand nombre defaits pareils ; mais ceux-là fuffiront pour con-vaincre les plus incrédules, & il m’a paru im-portant de le faire. Loin de s’interdire les fruit*quand la dyfenterie régné , l’on doit en mangerdavantage; & les Direéleurs de la Police , loinde les prohiber , doivent chercher à en fournirles marchés ; c’eft une vérité que les gens inftruitsne révoquent plus en doute nulle part ; l’expé-rience la démontre, & elle eft fondée en rai-fon , puifciue les fruits remédient à toutes les ças-fes oes dyfenteries. (i)
( i ) L’obfervation de tous les pays, de tous les temps,confirme tellement ces vérités , elles font fî importantes,qu’on ne fauroit trop les répéter , les répandre , & fol-liciter auprès des Magiftrats leur publication dans les tempsd’épidémie.
L’alternative des fortes chaleurs ôc des pluies froides , onde l’humidité de l’air, la nourriture animale trop abon-dante, ia mal-propreté & la contagion, font les caufcsdes) épidémies de dyfenterie. l.’inconûance du temps pen-dant l’été de 1761 , qui fut tour-à-tour très-chaud 3cpluvieux , en fcrtiîifant les campagnes , remplit Lyon dedyfenteries, qu’on aurait prévenues fi on avoir joint à