CELTIQUES. 77
nait: on en exposait les cornes dans les lieux publics; on lesgardait soigneusement, et on les faisait border d’or ou d ar-gent pour s’en servil' dans les festins d’dclat. »
Toutes ces sortes de chasses ont fait long-temps les delicesdes Gaulois et des Francais , disent Grdgoire de Tours etFortunat. Ce dernier, dcrivant ä Gonon , lui demande s’ils’oceupe ä la chasse des cerfs, chevreuils, dlans , buffles ,ours , änes sauvages et sangliers dont abondaient les foretsdes Ardennes et des Vosges.
Baudelot explique ainsi l’insc.ription CERNYNNOS,placde au - dessus du bas-relief, par cer, ker ou eher, quiveut dire hon ou e vcellent, et nunnos par maitre ou pere :il dit maitre du lieu, ou hon et excellent pere.
Le bas-relief qui suit reprdsente Hercule combattant lTvy—dre. L’inscription, entiörement ruinde, dont on ne voit plusque les deux lettres os, est sans doute le reste du mol ogmios,nom celtique d’Hercule : cependant ony ddcouvre les let-tres suivantes, que Baudelot u’explique point. Si l’on con-sulte Fdlibien, on pourrait lire, eu suppldantace qui a ete
detruit de l’inscription ainsi ecrite, SEVI... RI.OS,
Sevir Riparios; 1 ce qui dösigne, selon ce savant, une as-semblde de six magistrats , chargds d’inspecter les travauxde riviere , et sur-tout de la navigation; mais rien ne nousautorise a etre de l’avis deFdlibien; et si l’on fait rapporterl’inscription au bas-relief, on ne sera pas eloignd d’adopterl'opinion de Baudelot, qui est fondee et vraisemblable ,puisc[ue le monutneut dont je parle represente un hommearmd qui leve ie bras pour frapper un reptile qui paraits’dlancer sur lui; et il est reconnu que les Gaulois honoraientHercule sous le nom d’Ogmius. Les Germains liono-raient aussi Hercule , et lui avaient consacre une de leursforets. D’apres ces rapprochemens , on voit clairement queles riclies navigateurs de la Seine ont rendu par ce monu-ment public hommage a Hercule, une des divinitds recon-nues du pays.
On remarque sur les deux autres bas-reliefs Castor et
1 r L’adjectif riparius est un terme latin du bei usage, et dontPline s’est servi au Uv. XXX, chap XII. On appelait Riparii, selonCasaubon , dans ses notes sur l’Aurdlien de Fiavius Vopiscus , ceuxqui liabitaient les rivages des fleuves; et le Code Theodosien , autitrede re militari , fait mention des troupes appel^es , i cause du voisi-nage des rivieres cotifiees ä leur garde, Riparienses et Ripenses. Ona donc pu appeler , du temps de Tibbre , Riparios des magistratsprdpos6s pour veillcr ä la süret^ de la navigation et ä l’entratien desrivages. « (Fdiibien, aint. de Paris.)