MONUMENS
DU DIX-HUITIEME SIEGLE.;
Si nous voulons suivre dans ses details les ve'ritablescauses de la decadc'nce des arts en France, nous lestrouverons toutes dans les corporations etablies au com-mencement du siede dernier. Charles Lebrun, eleve etsuccesseur de Simon Vouet, en monlant au iröne aca-demique, voulut s’entourer d’artistes qui lui etaient in-ferieurs; il en fit ses courlisans, ses satellites, et chacund’eux s’empressa, pour arriver ä la supre'matie, de suivresa me'thode, sa maniere d’executer, et meme eonsenlitä soumettre ses compositions ä son examen. Des ce mo-ment on vit dans toutes les productions des beaux artscette teinte uniforme et cette meme physionomie qui nese montrent ordinairement qu’en l’absence du genie:bientöt ce corps isole des arlistes externes devint tellc-ment tyrannique, qu’il absorba tous les talens. Voilal’origine de ces peintures blafarcLes, sans conceptionet sans vie, dont nous avons vu tapisser les murailles duLouvre, jusqu’au momentqu’un genie 1 bienfaisant estdescendu du midi de la France avec la rapidite de l’aigle,pour arracher le voile epais qui cacliait ä nos yeux lesplus belles productions de Tantiquite, etrestaurer, parses lecons et ses modeles, toutes les parties c[ui composentl’art du dessin.
C’est I’enseignemenl vicieux des maitres ä la mode,et principalement cette manutention Idche et tortilleeinlroduite dans l’ecole francaise, sous la de'nominationde large y faire largement, dont on a excessivementabuse, qui avait eloigne la severite de 1’antique, dont la
1 Vien.