DESCRIPTTON HISTORIQUE ET CHRONOLOGIQUE DES MONÜMENS DE SCULPTURE, REUNIS AU MUSEE • DES MONÜMENS FRANgAIS. AVE R TiS^STE MENT. Le Mus^e des Monumens francais est ouvert au pubiie le Jeudi, depuis dix teures jusqu’ä deux ; et le Dimanche, depuis dix teures jusqu’ä quatre , en 6td j et jusqu ä trois en hiver. La traduction en anglais de I'Ouvrage in-8° orn 6 de gra- vures , se vend , ä Paris : Au Mus#e, rue des Petits-Augustins ; Ctez Levrault, libraire, quai Malaquai; Et ä Londres, ctez John Beil. m DESCRIPTION HISTOREQUE ET CHRONOLOGIQUE DES MONUMENS DE SCULPTURE, REDNIS AU MUSEE DES MONUMENS FRANgAIS; PAK ALEXANDRE LENOIR, EQSD AT2UR ET ADMUflSTRATEUR DE CE MEWBRE DE LA SQCIETlfc LtBP.E DES SCIENCES, LETTRES £T AKTS DE KANCT; Augmente d’une Dissertation sur la Barbe et les Costumes de chaque siede, et d’un Traite de la Peinture sur verre, par le meine auteur. SEPTIME EDITION. Pris: 2 fr. 3o eent pour Paris, et pour les departemens , 3 fr. So ceat. fxanc de port. A PARIS, |L’Auteur, au Musee, rue des Petits- Augustins, j LnureiuGuYOT,graveur, rueet maison desMathurins. | Levrault , libraire, quaiMalaquai. f Tezari , ä Augsbourg. AS xs — i8o3. TABLE DES MONÜMENS, PAR ORDRE DE NUMEROS. N° I. I (bis.) II. III. IV. V. VI. VII. VIII. IX. X. XI. XII. XIII. XXI. XXII. XXIII. XXXIV. XXXV. XXXVI. ]\IOEELE d'un tombeau e'gyptien. Pag. Pierre se'pulcrale chargee d'une inscrip- tion. Pierre se'pulcrale avec inscription. Pierre se'pulcrale avec inscription. Pieire se'pulcrale avec inscription. Inscription grecque. Pierre se'pulcrale avec inscription. Pierre sepulcrale avec inscription. Pierre sepulcrale avec inscription. Bas-relief antique. Marbre d’Athenes . Inscriptions grecques. Statue de Bacchus, antique grecque. 4^ Statue de Me'le'agre, antique grecque. 43 Bas-relief representant Silene. 47 Bas-relief antique, i'epresentant unefete de Bacchus. ibid. Bas-relief antique romain. 48 Hydrie en albätre. 4 (j Pierre se'pulcrale du Bas-Empire. ibid. Bas-relief alle'gorique du Bas-Empire. 5 1 5ä 2.9 3 o 5 i 3a 33 ibid. . ?4 ibid. 55 ibid. ibid. S 7 XXXVII. Bas-relief du premier style grec. iX 0S 1. Autel e’rige' ä Jupiter par les Parisiens. 2. Autre autel, idem. 3 . Suite du me me autel. 4. Debris du meine monument. 5 . Tombeau de Dagobeit, statues de Nantilde femme, et de Clovis son flls. 6 . Tombe qui couvrait Childebert. 7. Tombe qui couvrait Fredegonde. 0. Statue , en bois , de la Vierge. g. Pierre se'pulcrale de Clovis. 10. Pierre se'pulcrale de Clovis II. 11. Idem, de Charles Märtel. 67 7 r 76 78 89 9 l 98 101 114 115 ibid. a ij TABIE N os 13. Stahles couchdes de Pepin et de Berthe. Pag. 116 . 13. Statues coucheesdeCarlomanetd’Ermentrude. ibid. 14. Statues couchdes de Louis et de Carloman son freie. ibid. 1 5 . Statue c'uchde de Eudes. ibid. 16. Statue, couchee de. Hugues Capet. ibid. 17. Statues couchees de Robert le Rieux et de Constance d Arles. 117 18 et 19. Statues couchees de Philippe de France et de Constai.ee de Castille . ibid. 20. Pierres graves en creux. 118 21. Tombe emaillee de Louis de France. 119 23. Statues couchees de Louis de France et de Jean son freie. ; ibid. 25 . Statue, en pied, de Louis IX. ■ —120 34. Statues, ccuchd.es et enmarbre, de Philippe III et d'Isabelle d Aragon. 122 2,5. Statue de Pierre d’Alencon. is 3 26. Statue de Charles de France, roi de Sicile. 124 27. Bas-relieJ representant Louis et Philippe , petits-fds de Louis IX. isb 28. Statue, en piecl de Marguerite de Provence, ibid. 29. Statue , eil marbre, de Robert, comte de Clermont. ibid. 50. Statue, en pieire, de Childebert. , 127 5 1. Statue de la Vier ge. ibid. 52. Bas - relief repre'sentant des sujets de de'vo- tion. ibid. 55 . Bas - relief en marbre , representant saint Denis, etc. 128 04. Bas - relief en pierre, du tre.izie.me siecle , repre'sentant les armes de France de ce temp^-lä. ibid 35 . Bas-relief en pierre , representant saint Hippolyte. ibid. 36 . Büste inconnu , travail du treizieme siecle. ibid. 37. Piece d’orßvrerie de Raoul, orfevre. ibid, 38 . Statue, en marbre et couchee , de Marguerite , comtesse d Evreux. i 33 59. Statue, idem, de Philippe IV, dit le Bel. ibid. 40. Statue couchee de Louis X, dit le Hutin. i 34 41. Statue idem, au petit roi Jean,ßls du roi Louis X. ibid. DES MOND M E N S. N os 42. Voyez le n° 2g. ,7 Pa 43 . Statue couchde de Louis., comte d'Evpeux. 44. Statue couchde de Blanche la Jeune. . 1 Pag. 125 r7<- 1 5 t) 45 . Statue couchde de Philippe .V, dit ie Long. ibid. 46. Statue couchde de Charles .d Alengon. ,, ibid. 47. Statue Couchde de Charlei IV, dit le Bel. ' ibid. 48 Statue couchee de Charles'd'Es'tampes. ibid. 49. Deux statues , en nlbätre', reprdsentant la - Vierge. ...... . . i. 137 5 0. Statue couchee deGuiüüuttid'de'Chänäc. ibid. 5 iv Statue couchee de Jeanne de Navarre.'- ’ i 38 Ö2. Statue couchde de Philippe de 'Valois^' ■*,* ibid. 53 . Statue couche'e de Je'ah lt\ dit le Bort. “ " 5 y. Statue couchee de Blanche: yfdle.de Philippe de Valois: • \ %•*'-..•••.•> ibid. ; 58 . Statue couchee de Jeanne de Bourbon, t, . •= ibid. 5 c). Les statues couche’es de Bertrand Duguesclin et de Louis de San-cpire.:., ......... .. .. ibid. 60 . Lesstatues couchdes de CharlesV et.de, Jeaniiß • ♦ » - n > 63 , pne statue reprdsentant saintepenßv^vje. ibid 67. Bastes de monsieur et de uiadame de Braque.. y 144 . 68. Petiterstq.fue.da Vierge . . , ..ibid. 54 - Statue, couchee de Marie, d’Espagne. .:. 55 . Statue couchee de Jeanne , ’veuee de Charles le Bel.' . . ... • - 56 . Statue couchde de Jean de DdrmanS. 140 ibid. safemme . ■ • A, •. 61. Statue couchde de Marguerite-.de Plahdres, 62. Statue, eil pied, de Beatrix de-Bourbon. ., 64. La statue couchee de ßlanche de Erapce. ~ ibid. . 65 . La statue couchde de Ldon de Lusignah: , 140 . , . . • \ VTlj — .; 1 . ,66. L a '^tatqe. de Blanche, secoude fejnme de ' T "»7 • I * 7 1 , r * '*7 Philippe de. Valois: ibid. 69. idem.. ■ 70. Statue debout, d’un guerrier armd de pied en ibid, cap. .. ( . . „7 7 71. De.ux statues de. la Vierge., 72. Voyez ie 91. .... . 73. Cn bas-relief en pierre. a pnrc, 1 . ■ 74. 75 et 76. Modeles d'architecture employds a 145 ibid. i58 140 la ddcoration du tombeau de Charles 'V, voyez le 11° 60. 141 II sert de ddcoratioa ä la salle du «juatorzifcoae sibcle. IV TABLE N 05 7 6 bis. Deuce petites statues en ivoire, Pag. 14^ 77. Statue couchde de Louis de France. 14g 78. Statue couche'e de Valentine de Milan. ibid. 7g. Statue couchde de. Pierre de Navarre. x 5 i 00. Les statues de Philippe d Orle'ans et de Charles son freie. i 5 a 81. Statue couche'e de Charles VI. i 53 82. Les statues, a genoux, de Juvenel des Ursins et de Michelle de Vitry. i 54 83 . La statue couchee de Jeanne de Betfort. ibid. 84. Idem, d'Isabelle de Baviere. i 55 85 . Büste de Cha, les VII. i 56 86. Statue couchee de Catherine d’Alenqon i 5 r 87. Le huste de Marie d Anjou. i 56 88 . Bas-reliefen pierre, repre'sentant un fait historicjue.t\ i57 8q. Statue couchee de. Tannegui du Chätel. - i 58 go. Deux petites statues de La Vierge. ibid. gi. Squelette eh albdtre. ibid. gs. Meuble en bois. x 5 g 1 g 3 . Monument de Philippe de Comines. i 65 g4_ Delcription du tombeau de Louis XII. 167 g 5 . Monument de Renee d Orleans. 1 69 g6. Statues couche'es de Louis Deponcher et de Roberte-Legendre. 171 g7_ Statue, en bronze, d’Albert de Carpi, et le portrait d Erasme. 173 g8. La. statue de Philippe Chabot. ibid. gg. Description du monument de Frangois I er . ibid. 100. Statue de Charles Maigne 17g 101. Bronze repre'sentant Andre Blondel. ibid. 102. Description du tombeau des Pälois. 180 10 3 . Les statues couchdes de Henri II et de Md- dicis ibid. 104. Description du monument de Fmngois II. 181 10 5 . Description d’un monument drige ä Anne de Montmorency. l 83 106. Monument enge ä Timoldon Cossd. 184 107. Monument e'rigd a Gougeon. l 85 108. Statues de Rene Birague et de Balbiani. 187 10g. Statue de Jeanne de Pivonne. 188 110. Idem , cel e ue Catherine No garet. ibid. ui. Graupe des Graces. i 8 q V DES MONUMENS. 112. Monument e'rigdä Charles de Bourbon. Pag. igo 113. Statue, en pied.de Henri IV. On vft dans le piddestal un bas-relief repre'seatant la bataille d Ivry. igz 114. Statue d’Albert de Gondi. ibid. 115. Statue de Claude. - Catherine de Clermont- Tonneire. , ig3 116. Statue , en pied , d Henri IV. ig4 117. Statue de Pierre de Gondi. ig5 118. Statue de Diane de France. iq(y _ r. 7 n • 1 r m 11 j >. P» 11g. Statue de Diane, placde.au portail d’Anet. ibid. 120. Statue , en marbre , de lEtüde. 121. Statue de David. 122. Supprim£. - 123. Deuv te.rres cuites, de Pilon. 124. S,upprim6. 12b. Etüde anatomique .. 126’. Supprimö. 127. Supprim^. 128. Saint Frangois, de Pilon. 12g. Supprimö. l3o. Figures academiques, bronze., i 3 i et i 32. Supprimds. 133. Basrelief en pierre. 134. Supprim^. 135. Cuve en pierre. 136. Vase, en bronze , de- Cellini. iZj. Modeles , en platre, par Gougeon. i58, i.5g, 140 et 1.41. Supprim^s. 142. Bas-relief en marbre, par Prieur, 143. Supprimd. 144. Bas-relief en pierre, par Volterre, (Daniel de) 200 140. Büste de Frangois I er . ibid* 146. Monument e’rigd ä Charles-Quint. ibid. 147. Mddaillon en bronze, repre’sentant Henri II. ibid. 148. Büste de Frcelich. ibid. 14g. Büste de Jean-Baptiste de. Gondi. 201 150. Büste de Thou (Christophe), ibid. 151. Supprimd. 152. Büste des Montholon. ibid* 153. Büste d’un Briqonnet. 202 IÖ4- Les bustes de Brulard et de sa femme. ibid. i55. Büste d un d’Ormesson. ibid. ibid. l 97 J 97 ig8 ibid. ibid. ibid. J99 ibid. ibid. ’t 4 B L E 1 56 . Mosa'ique repre'sentant la Vierge. Pag. 200 157. TaUleäuxen dmail. ibid 158. Ememx de Leonard. ( Voyez le n° 466. ) ibid. 159. Äutres, par le meme. ( Voyez idem.) 2 ob 160. Description du tombeau de Pibrac. 21z 161. Statue,, de lafemme Coeur. 217 162. Statue couc.hde d’un Douglas. ibid. i6'3. Statue de. la Tre'rnouille. 218 164. Statue de la femme Barbezier. ibid. i65 et 166, Les Statues d’Auguste de Thou et de ses deux femmes. 220 167, 168 et i6q. Description des tombeaux drigds ä Berulle. aa5 170. Statue de. Charlotte de la Tremouille. 171. Statue d’un Phe’lipeaux. vjz. Statue dEtienne d’Aligre. 175. Statue d’Amador de la Porte. 174. Mausolee du Cardinal de Richelieu. 17b. Statue, en bronze de Louis XIII. 176. Statue de Louis Potier. J77. Statue, de 6 Rourske Cousen. 178. Statue de. la Rochefoucauld. 17g. Statue de Marguerite de Luxembourg. 180. Medaillon de Descartes. 181. Statue de Madeleine March and. 182. Statue de Charles de Palois. 183. Groupe de Henri Chabot. 184. Mausolde de. Jer 6 me. Bignon. 185. Statues de lei VieuvilLe. et de sa femme. 186. Statue de Charles Rostaing. 187. Mausolee du Cardinal Mazarin.. 188. Mausolde de Henri de. Bourbon Condd. 18g.. Statue, en bronze., d’Anne. d'Autriche., igo. Mausolee de Cureau de la Chambre. igi. Mausolde de. Jacques Squvre. 192. Statue de Rene 1 Potier de Tresmes. ig3. Mausolde d’Anne-Marie. Martinozzi. 194. Mausolee de Jean Casimir V. 195. Supprime pour la note, vpyez päge 236. 196. Statue d'un d’Aligre. 197. Mausolde de la mere de Lebrun. • 198. Mausolee de Paiil'äd' Gqnqi. ^' , 199. Mausolee d’Henriette Selincart. 226 227 ibid. ibid. ibid. 228 ibid. 220 ibid. ibid. ibid. rr 201 ibid. ibid. 23a ibid. ibid. 233 ibid. 234 ibid, 235 ibid. 236 ibid, 257 ibid. ibid. 238 DES MONDMENS. vij N os 200. Mausolde de Jean-Baptiste Colbert. Pag. 208 200 bis. Büste du meme Colbert. ibicl. 201. Mausolde des Castellans. ibid. 202. Mausolee et huste de Lu lli. 25q 203. Mausolde et huste de Charles Lebn.11 ibid. 204. Statue de Tristan de Rostaing. 240 20Ö. Monument de Louvois. ibid. 206. Mausolde de Franqois-Louis Bourbon. 241 207. Pyramide de Longueville. ibid. 208. Bas-reliefs de la place des Victoires. 242 20g. Statue de Siily. ibid. 210. Statue de Charlemagne. ibid. 211. Statue de Louis IX. ibid. 212. Modele de la place Vendome, bronze. ibid. 213. Statue de Louis XIV. 243 214. Statue , en pied, de Louis XIV; par An- guier. ibid. 210. Groupe en terre cuite. 244 216. Supprimd. 217. Supprimd. 218. Statue de saintDenis. Supprimd. 277 219. Supprimd. 220. Voyez le n° 44g. 183 22 t et 222. Supprimds. 223. Groupe. reprdsentant la Vierge et Joseph. ( Dans le jardin du Ministre. ) 235 224, 225, 22 6 , 227 et 228. Supprimes. 22g. Idem. 230. Idem. 231. Sainte Marguerite. Idem. 23z. Monument e'rige'ä Michel Letellier. 245 233. Supprimd. 234- Statue , en marbre, reprdsentant la Religion. ibid. 235. Supprimd. 236. Nicolas Poussin, statue en pied. 246 z 5 j. Eustache Lesueur, idem. ibid. 238. Jacques Sarrasin, idem. ibid. 23g. Pierre Puget, idem. ibid. 240. Voyez page 247. 241. Monument e'rigd ä Louis de Marillac. 247 »42. Bas-relief en bronze , reprdsentant Potier de Gesvres. ibid. viij TABLE ]S 0! 243. Bataille, de Kochersberg, bas-relief. Page 247 244- Bas-relief en marbre , servant de tombeau. 248 245. Groupe d enfans, bas-relief en marbre. ibid. 246- La Justice, la Charite!, la Force et la Pru- dence, bas-relief. ibid. 247- Bas-relief en bois , par Sarrasin. 249 248 , 249 et 2D0. Supprimds. 25 i. Henri III, bas-relief. ibid. 2Ö2 La Justice, bas-relief en pierre. ibid. 253. Tombeau de Jean Cousin. 186 a54- Deu.r. lions, bas-relief en marbre . 249 255. Supprimd. 256. Idem. 257. Idem. 258 . Saint Charles Borome’e, bas-relief en Bronze. Yojez le 11° 232 . 245 259. Supprimd. 260. Les derniers devoirs rendus ä l’Humanite, bas-relief. 25o 261. 262 et 260. Supprimds. 264. Monument de Henri de Lorraine. 25 o 265. Henri IV, huste . s 5 l 266. Louis XIII enfant, huste . ibid. 267. Louis XIV, huste en bronze. ibid. 268. Louis XIV, medaillon. ibid. 269 Louis de France , huste. ibid. 270. Büste de Pompone de Bellievre. ibid. 271. Büste de Guillaume du Vair. 252 272. Supprimd. 273. Büste, en marbre, de Peyresc. ibid. 274. Büste, en marbre, de Claude de Bullion, ibid. 275. Büste de Sully. ibid. 276. Büste du Cardinal de Richelieu. ibid, 277. Supprimd. 278. Büste de Jean Rotrou. ibid. 27g. Büste, en marbre . de Thomas Brigonnet. 253 280. Büste, en marbre, de Mazarin . ibid. 281. Büste de Moliere. ibid. 282. Büste, en marbre, de Turenne ibid. 283. Büste de C-olbert. ibid. 284. Büste de Pierre Corneille. ibid. 285. Büste, en bronze, ?de Michel le. Tellier. 2.84 286. Büste, en marbre, du Grand Conde. ibid. IX DES MORUMENS. N os 287. Slipprim#. 288. Büste de Quinault. Pag- 234 28g. Büste, ea marbre, de Henri d’Harcour ibid. 2go. Statue, en pied , de Jean de La Fontaine. ibid. 2go bis. Büste du meine. ibid. 2g x. Büste, en marbre, d‘Edouard Colbert. ibid. 2g2. Medaillon, en marbre, representant le meme. 205 2go. Büste, en marbre, de Pierre Mignard. ibid. ag4- Büste de Jean-Baptiste Santeuil. ibid. 2g5. Büste de Jean Racine. ibid. 2g6. Büste, en marbre , d’Andre' Lenostre, ibid. agy. Büste, en marbre, de Marie Serre. 2.5 6 2g8. Büste , en marbre , de Pierre-Silvain Regis. ibid. 2gg. Büste, en marbre, de Jules Hardouin Man- sard. ibid. 3 00. Büste de Thomas Corneille. z5y 3 01. Büste, en marbre, de Charles le Jay. ibid. 002. Büste, en marbre, de Guillaume Lesrat. ibid. 3 o 3 , 5o4, 3o5 et 3 o 6 . Bastes, en marbre, de la jamille des Rostaing. ibid. 307 Cenotaphe en marbre. ibid. .'jo8. Büste , en marbre, de Mederic Barbezieres. ibid. 3 og. Supprime. 3 io. Supprixn#. 011 . Büste, en marbre, de Bossuet. * 2 . 58 3i2. Büste de Boileau. ibid. .3x3. Statue, en marbre, reprdsentant Neptune. ibid. 3i4- Monument erige ä Jacques Rohault. ibid. 3 x 5 . Tombe qui couvrait Santeuil. z5q 5 ifi. Supprim#. 317. Büste, en marbre, de Jean Lecamus. sföz 3 x 8 . Supprim#. 3k). Groupe. de l'Amour et Psychd. $63 320 . Supprim#. 021. Tombeau de Girardon. ibid. 322 et Z 20 . Supprim#s. 3 24. Supprim#. 325 . Supprim#. 320 . Mausole'e du Cardinal Dubois. ibid. 327, Statue de Louis XIII. 264 328 et 3 ‘ig. Supprimbs. 35 o. Saint Je'rbme , colosse en marbre. ibid. 33 i. Supprime. X TABLE N os 35 a. Supprimd. 535 . Monument, erige! ä Gergy. l’ag. 264 534 . Copie du Christ, de Mtchel-Ange. 26 b 533 . Supprimd. 33 ( 3 . Statue couchde du Cardinal de Fleury. 557. / is, statue en marbre. ibid. 538 . Supprimd. 33 g. Monument erige ä Henri-Claude d'Harcourt. ibid. 340. Monument erigd ä Maupertuis. 266 541 . Monument erige ä Crebillon. 267 342. Modele, en bronze, de la statue de Louis XV. ibid. 345 . Monument erige ä Pierre Mignard. ibid. 344 - Statue, en pied, de Louis XV. 268 545 et 34 6. Supprimes. 347. Monument erige ä M. A Hoccjuart de Cosse. ibid. 048. Monument erige a FdlicitdBrulard. ibid. 549. Supprimd. 35 0. Bustes de Henri d’Harcourt et de safemme. 26g 35 1, 352 , 353 et 354 - Supprimes. 355 . Monument erige ci Jean- Germain Drouais. ibid. 356 jusqu’ä 36 o. Supprimes. 36 1. Büste de Louis XV, par Gois. 273 302 . Büste, en bronze , de la Dubary. ibid. 365 . Supprimd. 564. Bustes d’He’loise et d’Abdlard. ibid. 365 . Büste du dauphin . fils de Louis XV. ibid. 366 . L‘Amour , statue en marbre. ibid. 367 et 368 . Bustes de Louis XVI et de sa femme. ibid. 36 g. Büste de Brissac. 274 370. Büste de Lowendall. ibid. 371. Supprimd. 372. Büste de Mirabaud. ibid. 373. Büste de Camille Desmoulins. ibid. 374. Supprimd. 37.5. Mmument e'rige’ a Madame Lauraguais. ibid. 376. Monument e'nge' ä Caylus. 275 377 et 378. Supprimes. 379. Supprimd. 38 0. Bas-relief en marbre. , par Broche. ibid. 38 1. Tetes de Me'duse en bronze. ibid. DES M O N U M E N S.. N os 082. Les miracles de samt Philippe, bas - relief en plätre , par Gois. Pag. 583 . Bas-reliefs e.11 cuivre , sujets de de'votion. 384. Allegorie relative ä la Paix, bas-relief. 383 . Supprimi 4 . 386 . Sainte Barbe, bas-relief eti bois. 387. Supprimd. 388 . Bas-relief en bois. 38 g. Büste de Coyzevox. 3 go. Büste de. Pau/my d'Aigenson. 391. Büste de Philippe d’Orle'ans, re'gent. 3 ga. Büste de Jean-Baptiste Rousseau. 393. Medaillon en marbre, de. Bidal dlAsfe.ld. 094. Büste de Pierre. Lepaultre. 3 g 5 . Büste, en marbre , de Maurice, de Saxe. 3 g6. Büste de. Destouches. 397. Büste de. la Chausse’e. £98. Büste de Montesquieu, par Chaudet. 099. Büste de Fontenelle. 400. Supprime. 275 276 ibid. ibid. ibid. ibid. ibid. ibid. ibid. * 7 8 ibid. ibid. ibid. ibid. 401. Büste de Winckelmann. ibid. 402. Frangois de. Chevert, me'daillon en marbre. 379 4 0 3 . Büste d’Helve'tius. ibid. 404. Büste de Piron; son e'pitaphe. ibid. 4 0 5 . Büste de du. Belloi. 3 g 0 406. Büste de. Voltaire; son e’pitaphe en versfran- S ais - ibid. 407. Büste, en marbre, de. Jean-Jacques Rous- seau. ' ibJd. 408. Büste, idem, de Buffon. ibid. 409. Büste de. Malesherbes. ibid. 410. Büste de Montalembert. 2.Q1 4n- Supprim^. 412. Büste de Diderot. ibid. 4 i 3 et 514. Bustes de. lafamille Gougenot. ibid. 4 1 5 . Büste, en marbre, de. Gluck. ibid, 416. Büste de Raynal. ibid, 417. Medaillon de. Be.rnard Chefin. ibid. 418. Büste de Silvain Bailly. 282 419. Vase en marbre , copie d’apres l'antique. ibid, 420. Peinture sur marbre. 283 421. Portrait mosaique de Louis XV et de la Pompadour. ibid, xij T A B L E N° s 422. Epitaphe de Winslow. Pag. a 85 423. Monument a Ne.halen.nia. 7g 424. Tombeaux de Morard et d'Ingon. ga 420. Piene se'pulcrale de Ciotaire. cpj 426. Pierre se'pulcrale de Be.rtrude. ibid. 427. Pierre se’pulcrale de Childeric. g8 428. Tombeau de Charlemagne. ( Vovez 427.) gg 42g. Pave’ mosaique; autre-pavd gravd en creux. 12g 400. Bas-relief en pierre , representant un sujet de devotion. l 3 o 43i. Fragment d'un aulel orne de. peintures de ce temps. ibid. 43 a. Bas-relief en albatre, representant l’Annon- ciation. ibid. 433 . Autre bas-relief orne de verroteries. ibid. 434. Pierre chargee d’ai'moiries en verres de cou- leur, employe d la decoration du quator- zieme siecle. 1 435 . Bas-relief representant la vie de saint Be- noit, employe. ä la decoration du qualor- zieme siecle. z 436 . Statue., en pierre., representant Adam. l 35 437. La statue , agenoux , de. Pierre, d Orgemont. 143 438 . La statue, enpied, de. Marie de Bourbon. 143 43 g. Statue couchde de Philippe de Morvilliers, et le buste de Jeanne duDrac. l 55 440- Bas-relief en pierre. l 5 g 441 De.ux colonnes orne'es d’arabesques. ibid. 442. Quatie statues en pierre , representant des Apotres. 146 443 . Buste de Louis XI. 164 444 - Buste de Charles PIII. 166 445 - Statues couche'es de Louis XII et d’Anne de Bretagne. 168 445 bis. Statues, en marbre, representant quatre Verlus. ibid. 44 b- Buste , en marbre, de. Louis XII. ibid. 447. Description du tombeau de Philippe Villiers ITsle-Adam. 171 1 Voyez l’iotroductioa de ce sifecle, page i3g. a p'oyez idem. DES MONUMENS. xiij N° s 448. L a statue couchde et en marbre de Francois I er . Pag. 174 449 - Description du monument d'Anne de Mont- morency. 182 450. Les statues couchees d’Anne de Montmorency et de sa fern me. 451. Description d'unautel d’Ecouen. 402. Graupe en alhätre, de Lagni. 453. Supprimd. 484. Tombeau de Germain Pilon. 455- Tableau .r en faience. 455 bis. Autres tableaux en faience. 436. M miment e’rige' ä Henri IIF. 437- Statues, ä genoux, de du Sijour et de sa Jemme. 458. Statues couchees et vetues, de Henri II et de Mddicis. 459. Arche'types de Pilon. 460. Deux bas-reliefs, arche'types. 461. Statue, de Pomone. 462. Büste de Michel Montaigne. 460. Büste du me me, d'une autre main. 464. Büste de Dominique. Sarrede. ibid. 184 ibid. 186 ibid. 187 J 9 r i 9 5 222 *97 198 199 201 ibid. 465. Bustes en bas-reliefs. 466. Statue, de Diane, de Poitiers. 467. Description d’une fontaine , par Gougeon. 468. Bas - re liefs en bronze , idem. ( Voyez ie n° 540. ) 46g. Monument erigd a Philibert de. Lorme. 470* Bas-relief en pierre ae Vernon. 47 1 - Description du tombeau de Louis XI, anec- dote ä ce sujet. 472. Statue de Philippe de Castille. 470. Arche'types des oas-reliefs de Sarrasin. 474- Statue de. Louis XIV eifant, et bas-reliefs. 475. Description du mausolde de Frdderic-Mau- rice cie. Bouillon. 476. Croupe reprdsentant la Fronde, vaincue. 4 77- Statues reprdsentant la Force et l Esperance. 478. Supprime. 479. Le Bapleme de Christ, groupe en marbre. 480. Jupiter, statue en pierre. 481. Mmerve, idem. 203 ibid. 210 ibid. ibid. 213 220 226 204 ibid. 244 246 ibid. ibid» XlV jN" 0 ' T AB1E 482. 480. 484. 485. 486'. 487. 488. 489. 490. 49i- 492. 4 9 3. 494- 4 9 5 . 49 6 497- 498. 499- 500. 501. 5oa. 5o3. 5o4- 505. 506. 507. 508. 509. öio. 5n. Öl2, 5i3. 614, 5i5 5i8. fag. terre cuite, de grandeur Jiinon, idem. Supprime. Pierre Corneille naturelle. Bas-relief allegorique. en marbre. Le. Purgatoire, bas-relief. Combat d’athletes. Passage du Rhin , grand bas-relief. . Büste, en marbre, de Henri du Bouchet, Büste, en marbre , de Fe'ne'lon. Büste, en terre cuite, de. Lamoignon. Description du monument de Crequi. Une Nymphe, par Pigal. Büste, de Jean le Roy. Monument erige ä Jean-Baptiste Brizard. Büste de Nicolas Coustou, terre cuite. Büste d'Hector de Villars. Statue., en pied, d’un Richelieu. . Büste de Brissac. Me'daillon en marbre, de l’abbede Mai olles. Supprime. . .. üEdipe sauve. par un berger. Büste, en marbre, de d! Alembert; par Franciii Büste de Dewailly, arckitecte ; par Pajou -, son ami. • Medaillon en marbre, ■ repre'sentaiit VaucQii- . son; par Pajou. 1 . ■ ■ Monument e'rige ä la memoire d'PIälo'ise et d'Abdlard. Voyez le 11 0 5i5. Sarcophage contenant les ossemens. de Des- cartes. Idem, contenant les Testes de Molipre. Sarcophage contenant le corps de Jean de La Fontaine. ’ , Monument a quatrefaces, contenant les bus- • tes de Moliere, La Fontaine, Boileau et Racine. Sarcophage qui contenait le corps de Turenne. Sarcophage de Mabillon. Sarcophage de Montfaucon. . Chapiteaux du huitieme siecle. . Tombeaux d’He'loise et clAbelard. , Tombe se'pulcrale de l'abbe Adam. 246 47 248 a5o ibid. ibid. 253 205 ibid. 26a 268 . 269 271 273 ibid. 270 ibid. ibid. 280 282 .ibid. 102 . 280 ibid. 2 90 291 ibid. 296 ibid. 101 102 / DES MONUMENS. xv N° s 5ig. Tombe de l'abbe'd’Auteuil. Pag. 5üo. Büste de Sus;er. 5ai. Tombeau de Hugues , abbe de Cluny. 5ai bis. Inscription du sixieme siecle. 5^4- Coff re. en marqueterie,jait en Asie. ( V oyez $H- ) ... 5a5. Portail de. l'abbaye de Saint-Denis. 537 . Büste de Jeanne d Are. 538. Monument sculpte en bois, de Gailion. 558 bis. Description de lafagade du chäteau de Gadlon. 53g. Urne en marbre , qui contenait le cceur de Frangois I er . 54o. Description du portail du chdteau d'Anet. 641. Tombe.au de Lhospital. ( chancelier) 542. Une cuvette en marbre, du chäteau deGaillon. 545. Statue, de Diane, attribuee ä Gougeon. 544. Monument d’architecture de Nogent - sur- Seine. 545. Statue couche'e de Roüville. 546. Monument de Philippe Desportes. 547. Büste de Henri II; par Pilon. 548. Büste de Charles IX, idem. 54g. Büste de Henri III, idem. 550. Bas-relief en e'bene, alle'gorique a Diane. 551. Mmument erigd ä läfamille de Villeroi. 55l bis. Monument d‘architecture, orne de scu/p- tures, de Germain Pilon. 552. Groupe d'enjans; par Puget. 553. Monument d'un eure de Magny ; par Dejoux. 554. Hereule en repos; par Boichot. 555. Urne sepulcrale de. Nicolas Boileau. 556. Büste de Jacques de Sirmond. 557. Bas-relief repre'sentant Elysa , jolie actrice du thdätrefrangais. 558. Bas-relief repre'sentant Frangois de Laroche- foucauld . 105 ibid. 106 .97 107 108 i55 160 161 i 7 5 2o5 210 ibid. 214 ibid. 215 ibid. 216 ibid. ibii 1 218 286 28^ 2Q 6 3 97 ibid. ibid. TABLE DES MONDMENS. V I T R A U X. 1. Vitra u.v du douzieme et du treizieme siecle. Pag. 298 2. Portraits des rois Jean et Charles VI. ibid. o. Le manage de la Vierge. 299 4. Sujets de lApocalypse. ibid. 5 . Portrait, enpied, de Frangois I er . ibid. 6 . La Nativitd de Christ et la Circoncision. ibid. 7. Ecce-Homo, dAlbert Dürer. ibid. 8. L'histoire de Psyche. ibid. 9. Saint Geivaif et saint Protais. 3 oo 10. LafuiteenEgypte, du meme. ibid. 11. Panneaux arabesques , du meme. ibid. 12. Sujets de lavie.de Jean de la Barriere. ibid. 1 3 . L’exposition des Reliques. 00 r 14. L’emprisonnement de la Barriere. ibid. 1 5 . L’entree dHenri IV dans-Barcelone. ibid. 16'. Christ allant au supplice. 298 17. Noe sortant de VArche. idid. 18. L'Annonciation. ibid. 19. Christ prechant dans le de’sert; Abraham et le combat des Israelites. 3 oo 30 - Six tableaux, grisailles, reprdsentanl les Arts; par Pinaigrier. 5 or Fin de la Table des Monumens. AVANT-PROPOS. T j a culture des ans chez un peuple agrandit son commerce et ses moyens, epure ses meeurs, le rend plus doux et plus docile ä suivre les lois qui le gouver- nent. L’assemblee nationale, penetree de cette maxime, apres avoir decrete que les biens du clerge apparte- naient ä la chose publique , chargea son comile d’a- lienation de veiller ä la Conservation des monumens des arts qui elaient renfermes dans ces dömaines. Le phi- lantrope Larochefoucauld, president de ce comile , fit un choix de savans et d’artistes qu’il reunit pour pro- ceder au choix des monumens et des livres que ce co- mite voulait conserver. La municipalile de Paris, specialement chargee , par l’assemblee nationale , de l’execution du decret , norama aussi des savans et des artistes , pour les adjoindre ä ceux que le comite d’a- lienation avait choisis pour se faire assister par eux dans ses operations. Ces savans ainsi reunis formerent une Commission , nommee Commission des monumens . Des-lors on chercha des lieux convenables pour recevoir les tresors que l’on voulait preserver de la destruction. Le comite d’alienation aifecta la maison des Petits- Augustins pour les monumens de sculpture et les ta- bleaux ; celles des Capucins, des Grands-Jesuites et des Cordeliers pour les livres , manuscrits, etc. La Commission publia une instruction savante sur les moyens de conserver les objets precieux quelle se proposait de recueillir. 1 1 Un des membres de cette Commission , M. Doyen, dont j’ai dtd dleve pendant quinze ans, me prdsenta ä la munici- palitd pour eIre le conservateur du depöt des monumens des arts, rue des Petits-Augustins. Je bis acceptd le 4 janvier lygi . et c’est ä la bienveillance de M. Camus, aussi mem- bre de cette commission , que je dois la confirmalion de ietablissemeut et de 111a nomiuation ä cette place par un t a ÄVANT-PROPOS. La Convention nationale donna aussi des preuVes de son amour pour les arts , en rendant plusienrs de'crets eil leur faveur ; son comite d’instruction publique crea une Commission composee de gens de lettres , de savans et d’artistes, pour veiller ä la Conservation des monumens des arts. Bientöt de celte reuuion precieusc sortit un nombre cousiderable de memoires, d’adresses et de rapports , qui porterent la Inmiere dans les depar- temens , et Ton parvint ä arreter le bras de la sottise, qui abattait les statues , dechirait les tableaux les plus E recieux , et fondait les plus beaux bronzes. De l’ab- aye de Saint-Denis , que le feu semble avoir incendiee du sommet des voiites jusqu’au foud des tombeaux , j’ai retire les magnifiques mausolees de Louis XII , de Francois I er , de Henri II, de Turenne , etc. O mal- lieur! ces chels-d’ceuvres de l’art avaient de ja eprouve la fureur des barbares. Une grande partie de ces monumens, qui attestaient la gloiredela nalion, mutile's, et leurs ruines eparses dans un cimeliere , elaient cacbe’s sous I'herbe et recouverts de mousse. Ainsi , par un Systeme desorganisateur, Ton voyaitle cbardon prendre la place du laurier , et couronner Gharlemagne ou Du- guesclin. J’en ai recueilli les restes precieux, que je puis restaurer. Dejä les tombeaux de Francois I er et de Louis XII sollt rendus äleur splendeur premiere; heureux si je puis faire oubli'-r a la posterile ces destructions de l’ignorance ! Vers cette epoque , le depute Gregoire pubiia trois rapports contre le vandalisme : ces ouvrages interessans , tires ä un nombre eonside’rable d exem- plaires, furent envoyes dans les departemens. Et de ce moment je fus a meine de faire rentrer dans le Musee beaucoup de monumens qui eussent eLe perdus dans nos provmces. Malgre les observations multiplie'es de divers artistes , j’ai conslamment sollicite le transport döcret. Et, si depuis j ai obtenn quelque succes dans mes travaux, je les dois a l’amitid de 1’antiquaire Lebloud, qui a bien voulu m’aider de ses couseils. AVANT-PROPOS. 3 des monumens du moyen ägc, qu'ilsregardairnl comme inutiles aux arts. Gependant, a force de demandes re'i- terees, je suis parvenu ä les oblenir ; et l’on peul juger maiiitenant de leur utilite, puisqu’ils forment les deux premiers siecles de ce Muse'e. 1 Enfin, a force de soins et de sollicitudes, je suis parvenu ä recueillir plus de quatre cents monumens de la monarchie francaise. Une masse aussi imposante de monumens de tous les siecles me fit naitre l’idee d en former un Musee particulier , historique et clironolo- gique , ou l’on retrouVera les äges de la sculpture francaise dans des sallcs pariicuüeres , en donnant a cha- cune.de ces salies le caractbre , la pliysionomie exacte du siede qu’elle doit representer , et de faire rcfluer. dans les antres etablissemens les tableaux et les statues qui n’auraientaucunrapport, soit ä l’hisloire de France, soit ä l’liistoire de l’art francnis. Je pre'sentai ce plan au comite d’inslruction publique , qui le recut avec interet et qui en fixa lereclion par une loi. 2 Le Musee des monumens francais fut ouvert au public, pourla prerniere fois, le i5 fructidor an 5 ; depuis, cette ouverture n’a point ete interompue. Je publiai en rnerne - -:—*----—» 1 Le ip thermidor de l’an II, j’ai remis ä ce comitd un ouvrage historique et chronologique des tableaux et des sculptures conservds (laus mon ddpöt: cet ouvrage a ete recu avec faveur; le eomild a arretd qu’il en serait expedie deux copies manuscrites pour etre depos^es dans ses archives. Prdsentä l’exhumation des cadavres de l’abbave de Saint- Denis, j’y ai fait des remarques interessantes, Piusieurs des personnages quiy avaient dtd entepräs dans les premiers siecles de la monarchie, dans des sarcophages en pierre, usage qni remonte ä cette epoque , furent tronves avec lenrs vete- mens encore intacts, et avec des ustensiles a leur usage : ces objets, prdcieux pour la Chronologie des costumeS, ont bld d^naturds, et les matieres portdes ä la Monnaie. Henri IV fut trouv6 dans une Conservation teile, qu’il n’btait aucune- ment defigurd. 2 Le ministre de l’intdrieur, Benezech, seconda les vues du comitd; des fonds me furent accordbs, et je marchai rapidement, malgre les envieux. 4 AVANT-PROPOS. temps l’histoire chronologique des monumens contenus dans cet etablissement unique en Europe , et cet ouvrage est dejä ä sa septiema edition. Enfin, aide des lumieres des hommes de letlres et des amis des arts, qui veulent bien m’e'clairer et m’aider de.leurs conseils, je suis par- venu ä montrer cinq sieclcs et une chambre sepulcrale q^ii contient le tombeau de Francois I er , et celui de' Louis XII, qüe je viens de restaurer avec le plus grand soin. • . i Une salle d’inlroduction m’a paru indispensable pour servir d’ouvcrture ä ee Musee. Gelte piece contiendra des monumens de tous les siecles, chronologiquement places; l artiste et l’amateur verront d’un coup d’ceil l’en- fance de l’art chez les Gotlis, ses progres sous Louis XII, et sa perfection sous Francois I er ; 1 origine de sa deca- dence. sous Louis XIV, e'poque remarquable dans les arts dcipendans du dessin, par la fuite du celebre Poussin. Enfin on suivra pas ä pas, sur les monumens de nolre age, 1c style antique rcstaure dans nos contrees par les lecons publiques de Joseph-Marie Vien. Examinons dans cette salle les monumens de notrc histoire , et remontons aux premieres epoques de Ia monarchie. Le premier objet qui s’olfre aux regards, c’est cet autel antique, grossierement sculpte, sur lequel nos belliqueux ancetres taisaient fumer l’encens en l’hon- neur de Jupiter, d’Esus, de Bacchus et meme de Mer- cure. Ges monumens, que les Parisiens eleverent ä lenrs divinites tutelaires avec la protection de Tibere, ren- verses dans le sixieme siede par un prince fanatique, furent decouverts, en 1711, dans le choeur de Notre- Dame en faisant des fouilles. Pres de ces autels, on voit la deesse Nehalennia ou llsis des Germains : eile est entouree des productions de la nature , dont eile etait l’image. Des chapiteaux ornes de bas-reliefs nous montrent l’etat des arts sous Pepin et Gharlemagne. La tombe de Clovis, placee ä cote' de ces monumens, debrisd’un ancien cernple, nous fait voir ce roi couche: on lit encore sur AVA1NT-PROPOS. 5 son front l’audace et l’intrigue ; il change de religion pour se faire un parti. Sur la tombe de Frexlegonde, la liste de ses crimes parait burinee en caracteres ineffa- cables; le temps ne les a point uses , et son visage volle est un art du statuaire. La pbilosophe et tendre Heloise, dont on retrouve Tarne toute entiere dans son buste , sourit et soupire encore pour son amant. La froideur d’Abe'iard glace le spectateur. Deseiue, tu as place Tainour sur les levres d’Heloise. La tombe de Tenvieux Adam, abbe de Saint-Denis, s’eleve aupres de celle de l’abbe de Saint-Gildas sa victime, landis que son successeur, Suger, semble verser un bäume consolatenr sur les injus- tices, dont le savant Abelard fut accable par le fana- tique abbe de Clairvaux. Cette foule de pcrsonnages mollement couches, qui decorent la salle du i 5 e siede, sont les images de ces princes faineans, plus occupes des plaisirs que de leurs devoirs. Louis IX n’a point change ; il est entoure de ses enfans. Dans le i5 e siede, la statue de Juvenel des Ursins frappe les regards. Ce savant parait occupe ä composer son ce’lebre Trabe qui fit rcntrer Paris dans le devoir. Pres de Charles le-Sage est couche mpdestement le vain- queur de Cocherel. Passons ä ce siede regene'rateur des Sciences; remarquez-y ce cbef-d’cEuvre de Pierre Bon- temps, sculp.teur parisien, encore inconnu dans la repu- blique des beaux arts. Admirez cette statue couchee et seulement paree des belles proportions que la nalure donne au plus beau de ses enfans (Tliomine); cette tete penchee , orne'e d une barbe, est celle d un genereux Chevalier, du prolecteur des lettres et des arts, du vain- queur de Cerisoles ; enfin celui qui, recouvert de la pourpre royale, recut les derniers soupirs de Leonard de Vinci. On voit.dans Tombre, le criminel Birague ä genoux; il semble demander pardon ä TElernel, des complots qu’il trama avec Gondi. Ces courtisans mepri- sables conduisirent Charles IX dans l’abyme. Lesyeux de Charles sont encore li vieles, et son front parait ressimr 6 AVANT-PROPOS. le sang qu’il a verse. Pilon, ton ame sensible a du souffrir eil modelanl cette tele. Medicis, richement velue, aug- mente le nombre de ce cortege d’assaSsins; le sonrire de la seduclion qui colore ses levres, deguise les trails criminels de son ame. Le busle de l’illustre Montaigne adoucit les Souvenirs amers que laisse la vue de ces images. El toi, Lhospital, Thonneur et la gloire de ton siede, couche dans la lombe on te re'vere, et chacun porle sur ta bouche le baiser de l’eslime. L’oeil du savant dierche la statue de cette femme celebre qui sut s’ins- truire au milieu d’une cour perverse. Claude-Catherine de Clermont-Tonnerre, familierc avec la langue iatine, rernporta sur Cliivcrny et Birague le prix d un discours qu’elle avait compose pour la reception des ambassadeurs de Pologne. Vous, artistes celebres, dignes successeurs de Phidias et de Praxi tele, voüs qui avez su par votre art donner au marbre 1’ame des Voltaire, des Pascal, des Rousseau, des Montaigne et des Montesquieu; et toi, Cliau- det, remarquable par ta sensibilite profonde , et sur- tout par l e'legance des formes dont tu as forme Cypa- risse; vous tous, tournez vos regards vers le mausole'e du premier sculpteür francais , de Goujon , qui perit victime d’un complot sanguinaire. Artistesce'lebres, vous etes ses dignes successeurs; Timage do ce statuaire sublime vous erneut; Michalon , avec le secours de .son art, a tire de Toubli ces traits de Timmortel Goujon, et la Republique reconnaissante a eleve ce monument a sa memoire. Cette belle colonne, qui monteavec majeste jusqu’aux voütes de cette salle, iut erige'e au grand Montmorency. Quel est, demandez-vous, ce magnifique catafalque orne de quatre nymphes qui soutiennent un sarcophage sur lequel on vo t a genoux une beaute celcste ? c’est la veuve de Breze, Tamante de Henri II. C’est cette femme qui atlirait tous les cceurs par son esprit et sa grace. Je la vois encore aux genoux de Francois 1 er , solliciter en faveur de son pere, et je crois lui entendre re'pondre, AVANT-PROPOS. y avec cette fermete qui lui etait ordinaire, ä l’enyoye de Me'dicis, qui lui ordonuait de sortir de son palais ( le Louvre ) au moment que son amant recut de Montgo- rnery le coup de la mort: he roi est il mort ? Non, Madame, repondii l’envoye, mais il ne passera pas la journde. Eh bien 1 repliqua-t-elle , je n’ai done point encore de maitre , et je veux que mes en- nemis sachent que, quand le prince nesera plus , je ne les crains point. Si j'ai le malheur de lui survivre long temps, mon cceur sera trop occupd de Ja douleur de sa perte,pour que je puisse etre sensible aux chagrins que Eon voudra bien me donner - Le celebre Descartes ne doit point e'chapper aux re- gards des amis de l’humanite : il sut ; par un travail pro- fbnd, deviner les mouvemens de la terre et des cieux; il jeta dans nos contrees les premiers fondemcnsde la phi- losophie. Plus loin, on voit le Cardinal de Richelieu, que le sculpteur a depose dans les bras de la sagesse. Citoyens, ne croyez, pas cet artiste flagorneur. Pres de lui est place le ruse Mazarin, a genoux et dans une attitudesuppliante. Qu’il serait terrible s’il pouvaitse relever! Amis des arts, adinirez le ciseau de l’artiste qui vous peint si bien l’hypo- crisie. La c’est le cenotaphe modeste de JerömeBignon, l’exernple de son siede. Mais quelle est cette salle spacieuse, a dit un de nos ecrivains celebres, 1 soigneusement decore'e , ou je pe- netre en sortant de ce lernple ? Qu a donc ecrit le con- servateur sur les attiques de ces portes? Etat des arts dans le dix-septierne siecle. Peut-etre Lenoir eüt-il mieux fait d’ecrire: Etat des vertus opdtat des arts; car je vois lä Turenne, Montausier, Colbert, Moliere, Corneille et Racine. C’est cette suite chronologique de statues en marbre et en bronze, bas-reliefs et tombeaux des hornmes et des 1 Joseph Lavallee , litldateur distingue et phikmtrop* estimable. S AVANT-PROPOS. femmcs ce'lebres , monumens echappes a la hacbe dos destructeurs et ä la faux du temps, que je me propose de decrire dans cet ouvrage. J’ai joint a ce travail une des- cription particuliere des raonurnens antiques qui out cesse d’appartenir, par leur caractere, ä ce Musee, qui ne doit renfermer que des monumens francais, et qui depuis sont retournes ä leurs Musees respectifs : statues et bas-reliefs dont j’ai fait tirer des archetypes, que je placerai dans une salle paticuliere, pour servir ä la Chronologie de l’art, base principale de mon travail. Cette suite precieuse est composee d’un monument egyptien , vu sur ses deux faces, d une suite de tombeaux antiques, apportes en France par l’ambassadeur INointel, qui avait voyage pour Louis XIV dans la Grece et dans 1 ’Archipel, et de plusicurs statues antiques que Robert Strozzi avait donnees ä Francois I er . Dans la premiere partie du Musee des monumens frangais, je donne la description des monumens de l’an- cieiine Gaule, et de suite ceux eriges aux rois de la premiere race, tels que ceux de Dagobert, Clovis, Frede- gonde, Childebert, Charibert, Cliarlemagne, etc. Les guerres continuelles et l’ignorauce ayant laisse un long intervalle dans la cullure des arts, on passera au treizieme siede, ou de timides artistes, serviles copistes de la nature et des costumes du temps, 011t commence ä tracer des ensembles , et ä donner une Sorte de forme ä leurs statues : on y trouve l’origine de l’architecture arabe en France, introduite ä la suite des Croisades. Le quatorzieme siede fait voir les monumens interes- sansdu sage Charles V, du bon connetable (Duguesclin), du brave Sancerre et meine d Isabcau deBaviere, etc. Les tombeaux des d’Orle'ans, de Juvenel des Ursins, de Philippe de Commines, de Pierre de Xavarre, de Tannegui du Chätel , forment l’inlroduction du quin- zieme siede. La seconde partie est compose'e des monumens du sei- zieme siede et continuee jusqu’au dix-neuvieme. Avant que Francois 1 er eüt cree les arts en France, AVANT-PROPOS. 9 notre ecole etait plongee dans la plus alfreuse barbarie. De]a la peinture et la sculpture etaient florissantes en llalie; dejä en Allemagne, Albert Dürer avait fonde une eco’e d’arts, lorsque , domines par la Superstition, nous osions ä peine fbrmer un trait. On trouvera daus le tom- beau de LousXü le commencement de s forme s raison- nees et du bongout. Vierit eusuite celui de Francois 1 er , par le savant Philibert Delorme. Le moiuiment erige par Catherine de Medicis ä la lamille des Valois, execute par Gennain Pilon , sur les dessins de Primalice , offre aussi de grandes perfections. Volks, Goujon et Cousin, dignes fondaleurs de l’e'cole francaise, vous avez aussi agrandi les arls, et l’e'rcction de vos lombeaux esl une dette que j’ai voulu pajer en feveur des siecles ä venir. Ces monumens ont ete exe’- cutes d’apres mes plans et mes dessins , ainsi qu’une grande partie des monumens renfermes dans ce Muse'e, que j’ai ete oblige de recomposer et de rajuster, selön leur age, ä cause des prodigieuses mutilations qu’ils avaient souffertes. Un genie bienfaisant a sans doute enfante le dix-sep- tieme siede pour l’honneur de la nation francaise, guer- riers, poetes, hommes d’elat, peintres, statuaires, gra- veurs, etc., tous ont marclie sur la meme ligne vers l’im- mortalite. On retrouvera, avec interet sans doute, les monumens de Richelieu, de Mazarin; ceux de Turenne, Conde, Bignon , Lulli, Lebrun, Mignard et les statues de Lesueur, Sarrasin, Pujet et celle de Nicolas Poussin, le peintre des poetes et des philosophes. Le dix-huitieme siede porle aussi son caractere par- ticulier; et l’art, quoique degenere par un goül laux qui s’eta t introduit, olirira des details interessans pour son bistoire. Les Coustou, Boudiärdon, Lemoineet Pigalle, nous 011t laisse des monumens curieux par les person- nages qu’ils representent; et Ton verra sans doute avec plaisir les Crebillon, Maupertuis, Chevert et Caylus, orner notre recueil. O Drouais! fils d’un artiste estimable, tu illuslras aussi IO AVANT-PR OP OS. ton siede! tu ne vis plus pour les arts, mais tu Iaisses ä la posterite ton nom, ta Catiane'enne et ton Marius. Oui, ton lombeau honorera cet ouvrage, et les ames sensibles reconnaitront Tamitie dans son auteur. La troisieme et derniere partie offre une dissertation historique sur la peinture sur verre, et une Chronologie interessante des principaux vitraux, depuis l’origine de I’art, et particulierement de ceux qui ont ete executes d’apres les dessins de Raphael, Primatice, Albert Dürer, Jean Cousin, Lesueur, Elie le Beige, etc . 1 Un Elysee m’a paru convenir au caractere que j’ai donne ä cet elablissement, et le jardin m’a offert tous les moyens d’executer mon projet. Dans ce jardin caltne et paisible, on voit plus de quarante statues : des tom- beaux poses ca et lä sur une pelouse verte, s’elevent avec dignite au milicu du silence et de la tranquillite. Des pins, des cypres et des peupliers, les accompagnent; des larves et des urnes cineraires, posees sur les murs, concourent ä donner ä ce lieu de bonheur la douce melancolie qui parle ä l’ame sensible. Enfin on y retrouve le tombeau d’Helo'ise et d Abelard, sur lequel j’ai fait graver les noms de ces infortunes epoux ; les cenotaphes et les statues couchees du bon connetable et deSancerre son ami. Dans des sarcophages executes sur mes plans et dessins, repo- sent les. iilustres i'estes de Descartes, de Moliere de Lafontaine et ceux de Boileau ; plus loin, une colonne Supporte dans un vase le coeur de Jacques Rohault, digne emule de Descartes. Pres de ce coeur philantrophe, on decouvre Tepitaphe touchante et modeste de Jean-Bap- tiste Brizard , ce favori de M<;lpomene , qui naguere etait encore l ornement du theatre francais. 1 Les amis tles arts et des letlres esperaient retrouver dans cette collection plusieurs monumens de notre liistoire, dpars dans les ddpartemens , et qu’il a dtd impossible jus- qu’ä present de prdserver des mutilalions du temps et de la malveiüanGe. AVERTISSEMENT. D aus le moment qu’une paix glorieuse ponr la Rdpu- biique francaise va rdunir tous les peuples de l’Europe dans la France rdgeudrde par Bonaparte, et amener dans notre grande eite les adxnirateurs de nos arts, il est du devoir de ceux cjui les cultivent de faire des efforts pour activer les ateliers, et donner une nouvelle vie ä des travaux qui ne peuvent qu’elre avantageux a la societd, et qui doivent nd- cessairement lionorer une grande natiou et exciter l’industrie du commer 9 ant ; c’est ce qui nx’a ddtermind a publier et k faire graver in-8° les monumens que j’ai rassemblds dans le Musde que je dirige. Ces gravures sont accompagndes d’une dissertation sur chaque monument , d’un prdeis de la vie des personnages qu'ils reprdsentent , et des ddtails sur l’art et les artistes de chaque dpoque; ouvrage que le gouve.me- ment a honore de sa souscription, et qui mettra les etran- gers ä meme de connaitre nos arts et nos talens, dont je fais xemonter la Chronologie au commencement de notre ere. Mode d'inscription ou de souscription , Sans avance, de V ouvrage avec gravures, publie et redige par le citoyen Lenoir. Chaque volume , composd de quarante - quatre estampes environ, et de deux Cent cinquante feuilles de texte, est de dix francs pour les personnes qui se feront inscrire pour la tolalitd de l’ouvrage, qui formera six volumes. Les dpreu- ves seront ddlivrees aux inscripteurs , dans l’ordrede la liste qui sera imprimde dans le dernier volume. II en parailra deux volumes par an. Les trois prerniers sont au jour. On souscrit ä Paris , chez les autenrs et proprietaires de cel ouvrage, le citoyen Lenoir, au Musde, rue des Petits- Augustins , faubourg Saint-Germain ; et chez le cit. Guyot , arliste, qui s’est Charge de la gravure et de sa direction, rue et maison des Mathurinsj chez Levrault, libraire, quai Malaquais, au coin de la rue des Petits - Augustins j et k Augsbourg, chez M. Tezari et compagnie. Pour prdvenir les contrefacons, et avoir le droit de poursuite contre les contrefacteurs, ila dtd fait ä la bibliothdque nationale un ddpöt, conformdment ä la loi, de ehaque volume aussitot qu’il a paru. f i2 AVERTISSEMENT. Uue grantle partie des dessins dtant faite, le cit. Lenoir. peut en faciliter la vue aux amateurs qui desireraient en prendre connaissance. Cet artiste invite les personnes qui au- raient des renseignemens ä lui communiquer sur les monu- mens de notre histoire, de vouloir bien les lui adresser francs de port. INTRODUGTION. Les arls eprouvent des revolutions comme les ein pi res: ils passent successivement de l’enfance a la barbarie, et retournent peu ä peu au point d’oü ils etaient partis. L’arcliitecture peut etre consideree comme le plus an- ci'en de tous les arts: la ne'cessiite de s’abriter a sans doute porte l’homme ä.l’a construction des cabanes et ä l’emploi du chaunie: ne cherchant alors que le simple necessaire, ila coupc desarbres, taille des madriers, et s’est, par ce mojen naturel, forme une demeure pour sa famitle. Peu ä peu cet art s’est agrandi; l’idee du beau a suivi le ne'ces- saire, et cet art, simple ä sa naissance, a eteporte au plus baut degre de perfection. L’homme devenu artiste se propose , eh cherchant le beau, de construire des temples, d’elever des palais im- mörtels et de dresser des slatues. Ge ne sont plus ces cabanes rustiques, formees de simples piliers debois. ob il goutait, au milieu des siens,tous les plaisirs de Tage d’or, qui peuvent satisfaire ses desirs et ses bcsoins: pousse par les moyens que donne la civilisation, laissant derriere lux l’enfance.de l’art, il exploite des carrieres, il dompte la! durete des granits et des porphyres, il en obtient un vif poli; il sunnonte tous les obstacles, et des villes magni- fiques s’elevent au milieu des deserts immenses. Ce n’est que par les monumens que l’on peut donner un age fixe aux arls. Le temps considerable qui s’est ecoule depuis l’etablissement des Assyriens, jusquä la Grece florissante, a cause tant de ravages dans ces con- tre'es, qu’ii n’a laisse' aucuns vestiges de ces monumens durablcs , sur lesquels on peut fixer les bases principales de l’e'tat de l’art chez un peuple. On croit que hart de la peinture a pris naissance dans la Grece; cependant Diodore de Sicile rapporte queSe- miramis fit peindre, au pont quelle fit bätir dans Baby- lone, plusieurs figures eoloriees, de differens animaux. i4 INTRODUCTION. Le merae auteur parle aussi de statues en pierre et en bronze qui decoraient cctte superbe ville. Les Egypticns n’avaient que des notions legeres de la peinture: il est aise de s’en convaiucre en examinant les dessins qu’ils nous ont laisses sur les bandelettes et les coffres de leur momies. Ces figures ne sont que des hie- roglyphes mal dessines et peints en delrempe. Tout etait myslique chez ce peuple religieux, et la Superstition avait tellement arrele les progres des arts ati milieu des Sciences, que leurs statues repoussent au lieu d’attirer. Ces peuples, qui rapportaient tout ä leur culte, com- mencerent ä s’occuper de la sculpture et de l’architecture, dit Pline, livre 56, chap. 13 , en parlant du superbe labyrinthe dedie au Soleil sous Psammeticus. Les eolonnes, les pyramides- les obelisques et les autres monumens en granil et en porphyre, transportes depuis en Italie, sont des preuves du genre d’architecture pra- tique chez les Egyptiens. 1 Tacite, dans sa narration sur les T^ojages de Ger- manicus ä Thehes , dit formellement que cette ville etait rempüe de monumens superbes: deja, ä cette epo- que, eile avait e'te ruinee. Argos, Sicyone et Athenes, ont offert, presque des leur berceau, des monumens des arts. Le cheval de bois, le bouclier d’Achille, les penales qu’emporta religieuse- ment Ene'e, le palladium de Troie, sont des aulorites qui attestont la pratique des arts dans l’Asie-Mineure. Les arts florissaient e’galement chez les Carthaginois. La statue d Apollon, erigee dans le temple de ce dien au porl de Carthage, les depouilles des maisons et des e’di- fices publics que les soldats de Scipion emporterent, et que ce general fit servir ä son triomphe; le bouclier d’As- drubal, si renomme par la per fee Lion de son dessin et de sa ciselure, qu’il fit appendre au Capitole; tous ces monumens prouvent assez que le goüt des arts est un 1 Lp cit. Denen vient de publier unexcellenl et bei ouvrage surlaBasse etHaute-Egvpte,que l’on doit consultersi l’on veut prendre une id^e exacte des inonumeus de ce peuple savaut. INTRODUCTION. i5 Sentiment inseparable de l’homme en societe, et que leur pratique est necessairement liee ä l’existence des grands gouvernemens. Bularclins, Polygnotus et Mycon, furent les premiers peinlres connus dans la Grecej et ce ne ful que vers la quatre-vingt-dixieme olympiade, sous le regne d’Alexandre, que la peinture prit une forme raisonnee, dit Pline. Cetart, avant celte epoque brillante, etait encore ä son ebauclie, et le peiulre, resserre dans des bornes etroites, n’osait fbrmer que des traits avec une couLeur egaje en forme de cama'ieux. 1 Apollodore et Zeuxis, son e'leve, sont les premiers, suivant Quintilien, qui oserent. distri- buer des lumieres .et des ombres dans lenrs tableanx. 2 Les Grecs, apres avoir passe plusieurs siecles ä perfee- tionner le style dans les arts dependans du dessin, e'prou- verent tant de revolutions dans leur gouvernemenl, que l’art declina insensiblement, jusqu’au moment oü il passa en Italie, apres la conquete de Metellus. Les Romains puisemit le vrai gout des arts chez les Grecs. Fiers d’avoir vaincu le peuple qui faisait l’admi- ralion des autres nalions, ils empörterem leurs stalues, leurs bronzes et tous leurs objets prc'cicux; ils porterent cet enlhousiasme jusqu’a enlever des portions de murailles peintes par les plus habiles arlistes de la Grece : ils bäti- rent des temples magnifiques, pour recevoir ces trophees de leurs victoires. 3 Ce fut l’an 4go de Rome, sous le consulatde Messala, 1 Ciöopluuite de Corinlhe inventa la peinture monochrome ( ou camaieux ) vers l’an 840 avant notre ere. 2 Les artistes, en Gräce, jouissaient d'une haute considd- ration, et leurs productions leur etaient paybes en conse- quence de celte considbration. L’btude des arts, et en geilbrat des Sciences exactes, n’btait permise qu’aux jeunes geus d une naissance libre. 3 Ils enleverent d’Amhracie, ville on les rois d’Epire fai- saient leur rbsideuce, les neuf Muses, statues en marbre. Ce sont ces helles statues que nous devons aujonrd’hui aux victoires bclatantes de Bonaparte en Italie, qui ornent mainte- nant notre heau Musbe central de« arts. i6 INTRODU CT ION. que les arts d’imitation furent portes au dorther periode chez les Romains, dit Pline; Fabius, Marcus Scaurus et Auguste, furent de zeles protecteurs des arts. Yitruve dedia son ouvrage äce dernier, com me un hommage du a son genie et ä son gout pour les Sciences. L’art de sculpter le marbre parfaitement se maintint ä Rome dans tonte sa purele jusqu’au regne d’Adrien, qui fit aussi des depenses enormes pour encourager les artistes et propagci' les progres des Sciences. Get empereur f ortal’amour des beaux-arts jusqu’ä faire restaurer dans Asie-Mineure, une partie des anciens monnmens qui avaient ete ravages. « Avec Aärien Vart se placa sur le trone, et le courage des ßrecs fut ranime, ■dit Winckeltnann. » On s’occupait encore des arts sous Herode Atticus; il fit origer des slalues ä ceux de ses aff'ranchis qu’il affec- lionnait le plus: il fit elever des monnmens ä Atlienes et dans plusieurs villes de la Grece. L’epoque de la destruction des arts cn Italie est celle ou Gonstantinquitta Rome pour aller se fixer ä Pn z mce. Il enleva d’abord les statues les plus precienses, et en- suite il emniena avec lui les artistes les plus instruils. C’est ainsi que l’art fut entierement eteint dans Rome. L’an 4i 2 jde l ß re chretienne, un siede apres Gons- tantin , Alaric , roi des Goths, ravagea l’Italie et prit Rome. En 456, Odoacre, roi dItalie, saccagea cette ville et la mit au pillage. Genseric, roi des Vandales, la rendit presque deserte par ses ravages. Sa plus grande ruine arriva en 545, sous l’empire de Justinien, lorsque Totila, roi des Goths , ne se contenta pas d’en faire abattre les murailles, mais j mit le feu , qui dura treize jours. Les peintures devinrent la proie des flammes. Les sculptures furent en partie brisees ou mutilees, et les mosaiques partirent en eclats. Des le commencernent du christianisme, il y eut des sectaires qui firent pour les eglises souterraines quelques tableaux en relief, qui representaient des sujets de l’An- cien at du Nouveau Testament j mais corarae dans cette INTRODUCTION. *7 classe d'liommes il n’y avait point ä Rome d’arlistes ce- lebres, et que leur croyance leur defendait de commu- niquer avec des liomrnes autres que de leur secte, lls ne purent que Iracer des choses infiniment hnparlaites. En 624, les seclaires de Mahomet se porter« nt en Arabie, en Syrie, en Afrique et en Espagne; ilsy exer- cerent leurs ravages sur tout ce qu’ils rencoritrerent offrant des images de choses vivantes, ainsi que le pres- cri vent leurs doemes. Les SaiTasinsde'truisirent ä la meme O epoqwe, dans loute lltalie, ce qui restail de monumens des arls j sous le pontificat de Leon IV, ils entrerent dans Rome, prirent le bourg du Vatican, et incendierent l’eglise de Saint-Pierre. Un siede apres Mahomet parut la secte des Icono- clastcs, secte dont les arls ont le plus ä se plaindrc: ils ravagerent et delruisirent ce que Constantin et ses suc- cesseurs avaient reuni dans Constantinople et les autres villes. Conon l’Isaurien, plus connu sous le nom de Leon, etait äla letede ces devastateurs; Constantin Copronyme, son fils, ajouta encore anx ex ces de son pere. Leon , fils de Copronyme, surpassa son aieul et son pere en des- truction. Enfin, apres plusieurs regnes de ce gen re, Theophile, fils de Michel-le-Begue, monla au trone en 82g. II prit de son pere un si grand acharnement contre la peinlure, qu’il del’endit ä tout artiste d’exercer son talent. 1 Les Goths, apres avoir ravage l ltalie, voulurent aussi s’occuper des beaux-arts; mais leur etat continuel de 1 Un moine , uomm£ Lazare, peignant des tableaux dedd- votion, fut d^couvert; l’empereur lui fit souffiir de grands tourmens; dtant gudri, il retourna ä son travail • Thdophile le fit arreter, et lui fit applicmer aux mains des lames de fer ardentes, afin de lui brüler les chairs; ses blessures se cica- triserent, et il s’adonna encore en secret ä son taient, qu'ii cultiva apres la mort de ce tyran. Apres une lütte de pres d'uu siöcle et demi enlre les era- pereurs et les arts, ils durent necessairement s aneantir, et ia secte amaleur d’images a du finir par neu plus possdder que de tr^s-mauvaises. 18 INTRODUCTION. gucrre les maintint long-tcmps dans lignorance et dans la barbarie. Les anciens Gaulois, guerriers par necessite, s’occu- paient peu des beaux-arts. Les forets et les champs etaient leurs temples. Des elevations en pierre brüte et sans orne- ment leur servaient d’autels. II nous reste peu de monumens de ces peuples sauvages: ceux qui nous sont parvcnus, annoncent un com- mencement de civilisation, puisqu’ils sont revetus de bas- reliefs et d’inscriptions. On voit dans ce Muse'e six pierres celtiques dont la forme est carree, et qui paraissent etre les debris d’un autel erige a Jupiter, sous le regne de Tibere, par des Parisiens commercant par eau, ainsi que l’annonce l’ins- cription suivante, gravee sur l’une de ces pierres: TIB. CAESARE AVG. JOYI OPTVMO. MAXSVMO (Ara) M NA VT AE PARISI ACI PVBLICE POSIERVNT. Ces monumens , trouves ä Paris dans le cliceur de Notre-Dame, en faisant des fouilles, ont ete publie's la raerne annee ( 1711 ) par Baudelot, Moreau de Mautour , etc. et depuis par Felibien. Piganiol pre'tend que Notre-Dame a ete batie sur les debris d’un temple dedie' ä Jupiter. Childebert, en 554 , ordonna demolitiondes temples et des idoles de'dies ä un autre culte que le sienj ainsi l’opinion de Piganiol peut etre fondee. Les Goths, pendant leur sejour ä Rome, produisirent peu de monumens, soiten sculpture, soit en architecture. Theodoric , beau - freie de Clovis, lit construire ä Rome, et dans les principales places de la Romagne, plusieurs eglises que l’on y voit encore, toutes d’un genre tres-eloigne du beau, et d’un gout gotliique qui lut imite, non seulement dans toute l’Italie, mais encore dans toute l’Europe. Les Lombards, qui sejournerent deux cenl dix-huit ans en Italie, continuerent leur mauvais gout gothique. Les eglises, construites par Clovis et Dagobert, sont absolument gothiques-lombardes, ainsi que Saint-Denis et les aulres basiliques que ce dernier fit bätir tant en France qu’en Allemagne. Ce mauvais gout se perpetua sous la premicre et la seconde race des rois de France, comme le prouvent les edifices batis par Charletnagne. L’architecture lit alors quelques pas vers le beau , si Ton en juge par l’eglise elevee ä Florence, en 8 o 5 ; monument qui servit de modele ä d’autres edifices. Vers 1178, un architecte grec bätit ä Venisc l’eglise Saint-Marc, dont le porlique existe encore. L’histoire rapporte que les Normands, pendant les incursions qu’ils fir.ent ä Paris sous difterens regnes, ravagerent les tenipjes des chretiens, briserent les sta- tues et les images de leur culte, dilapiderent les tom- beaux et mutilerent les monurnens des arts. Plusieurs rois de France firerit retablir a leurs frais les basiliques et les monurnens qu’ils avaient ravages.Sainte-Genevieve lut restauree par Robert le Pieux; l’abbaye de'Saint- Denis par Suger et Louis IX : Christophe de Thou fit restaurer l eglise des Cordei iers de Paris. Cependant, sous. Louis IX, le celebre Montreau 1 parut ä Paris : il y batit plusieurs edifices publics, tels que la Sainte-Chapelle, le refecioiredeSaint-Martin-deS- Champs, celui de Saint-Germain-des-Pres et la grande chapelle de la Vierge. Ce genre hardi d’architeeture'^ imite desArabes, est encore admire'. On conservait danscette chapelle la tombe, en pierre 1 Saint Louis employa pour la bätisse Pierre Montreau , fiimeux architecte de son temps, dont on a encore des ou- vrages recommandables par la ddlicatesse et la soliditd, tels que le refectoire et la grande chapelle de la Vierge de i’ab- baye de Saint-Germain-des-Pres, qui n’est pas beaucoup in- ferieure en dtendue et en beautd ä la Sainte-Chapelle. ( Voyez l’histoire de la Sainte-Chapelle. ) 20 INTR 0 DUCTI 0 N. de liais, qui couvrail cet ai liste ; il y avait eLe inhume le 17 mars de l au 1266;, avec Agnes soti epouse. Cetle pierre, qui avait eie gravee en creux , le re- presentail avec une regle et un compas ä la main j l’ins- criplion suivaute etait gravee sur cetle pierre sepulcrale : Flos plenus morvm, vivens doctor, Latomorum Musterolo natus jacet htc Petrus tuniuJatus , quem rex ccelorum perducat in alta polorum } Christi miileno, bis cenleno duodeno , Cum. quinquageno quarto decessit in anno. 1 Le gout golhique en France se prolongea dans la sculplure et dans la peinlure , sous la deuxieme et ea partie sous la troisieme race, jusqu’ä Louis XII. Les Toscans furent les preiniers qui commencerent a rctirer les arts d’imitation du mauvais goiit et de la barharie dans lequelslesGolhs les avaieut laisse's. En ioi 5 on construisitä Florence une eglise qui f’ut de'die’e ä Saint-Miniate. Des ce mornent legoüt commenca ä se developper; plusieurs arlistes adapterent avec intelligence, ä leurs bälimens, les Las - reli < Fs anliques qui se decouvraient alors; ils attirerent dans leurs villes des sculpleurs et des peintres grecs, dont le mente se bornait ä faire de simples camaieux ; car, ä cette epoque, l’arl du clair- •obscur etait encore ignore. (des arlistes grecs apprirent ;aux Italiens l’art de la peinlure en delrempe, de la ifesque et de la mosaique. Peu de temps apres naquit Cimabue', pour rendre ä la peinture la splendeur que tant de siecles de bar- barie et de guerres lui avaieut enlevee. Cimabue apprit son arl de deux peintres grecs appeles ä Florence pour peindre la chapelle de Gondi. Cimabue , lie d’a- mitie avec le Dante' et le celebre Petrarque , ne tarda guere ä perfectionner son lalent et ä repandre la lu- 1 Malgr6 les recherches qne j’ai fait faire dans l’abbaye, il m'a 616 impossible de retrouver cetLe tombe curieuse , que j’ai vue iatacte peu de temps avant la rövolulion. 21 IN'TROD UCTION. miere dans toutcs les partios des beaux arls. De nos jours l'Inslitut national nous presente une reuniou sem- blable de talens , qui ne peut que rendre de grands Services aux arts et aux Sciences. Sous Francois I er , les Sciences ct les arts furent por- tes ä un tres-haut poitiL de consideration. Cet ami des arts fit venir de l’Italie un nombre d’arlisles habiles, qu’il encouragea, non seulement par fies travaux, mais en- core par des recompenses honorablcs. II tint a honneur de tenir dans ses bras Leonard de Vinci expirant, qu’il avail fait venir aupres de sa personne. Enfin cet liomme de gout sut, ä force de travaux et d’encoura- gemens, fonder les arls dans un pays qui jusqu’alors avait ete barbare. L’ecole francaise fut fondee en i54o, et Francois I er , apres avoir recu les derniers soupirs de Leonard,, donria sa confiance ä Jean Cousin, peinire-sculpteur et geo- metre celebre. Jean Cousin fut le fondateur de cette ec' le immortelle, qui (k'puis.atfira sur eile les regards de 1 Europe,' 1 . Sous les regnes orageux de Medicis et de Charles IX, les arts l'urent aussi enconrages ; quantite de monumens furent eriges , et fart se mainliut dans sa perfection. Pendant que Henri combattait pour monier au trone de France, les ligueurs se porterenL ä fabbaye de Saint- Denis, ety mutiierent les monumens des arts, qui mon- trent encore aujourd’hui les marques de leur furcur. 2 La sculpture, rendue ä tonte sa purete par Goujon et Pilon, avait pris une haute consideration, lorsque la pein- lure, le plus agreable des arls, pour ainsi dire delaisse’e et abandonnee , languissait en France , malgre les efforls que fit Jean Cousin pour letablir avec succes. Ce peintre 1 Jean Cousin est mort en 1 5öy, fort avance ea äge : on ignore la date de sa uaissance. 2 Henri IV fit constrnire, dans son palais , vingt-quatre logetuens en faveur des artistes distingues de son temps. Cette foudation honorable a dtd prodigieusement augment^e depuis son Institution. 32 INTIIODUCTION. statuaire publia sur cet art des principes faits pour en- seigner la route que Michel-Auge et Raphael avaient si puissammenl tracee dans toutes les branchcs de hart, du dessin. Vaius efforts: ce ne fut que vers i6i5 que Ton s’occupa serieusemcnl de la pratique de la peinture; jus- qu’alors on avaii cmploye des arlistes elrangers ä la deco- ration des monumens publics. Simon Vouel, doue d’une imagination feconde, mon- tra urre Si grande facilite dans ses compositions , qu’il plut ä la cour de Louis XIII. Tous les travaux lurent execules sous sa direclion, et son e'cole obtint la prepon- derance. Xicolas Poussin, que la nature avait sans doute forme pour lhonneur de l’ecole francaise, et pour ramener les arts äicette severite et ä cette justesse d’expression qui seule les. distingue, vint h Paris: bientöt il y deploya les ressources.de son genie et de ses facultes morales. II fut employe , et peignit des plafonds dans le chateau du Louvre. L’envie , .qui veille Sans cesse aupres du vrai' merite , lui suscita cTaffreux de’goiits. Youet fut le moteur des tfacasseries sans nombre que l’on fit eprouver au premier peintre francais. 11 se servit de 1’ambition et dmearactere despotique de Lebrun 1 son eleve, pour eioignei- de France un talent qui devait ne- eessairement renverser la maniere facile et pernicieuse qu'il avait enseignee dans son ecole. Ils parvinrent ä leur bul;etPoussin, accablesouslepoidsdes injustices, quitta 1 tjebrun , ilg 6 alors de 2.2, ans, avoit produit plusieurs 011- vragös d'une grande force: Herculefaisäiit rnanger Diomede par ses chevaux , et le Massacre des Iimocens ; tableanx pla- cis dans la galerie du Palais - Ifoyal. Cependant Lebrun, apres avoir lletri son talent par les approclies de la cour de Louis XIV, dont il fut noinine le premier peintre., produisit quelques ouvrages distinguds. Doue d’une imagination lieu- reuse et feconde, il rdussit dans l’art de distvibuer ses grou- pes.-( Voyez les batailles d’Alexandre.) Il a souvenl domie de l'ec.lat ä ses ouvrages par la beautö des expressions ; ce qui est parfailenient reconuu dans le tableau de la faniille de Darius, qu’Edelinck, a rendu si ceiebre. INTRODUCTION. ^5 sa patrie, passa sur une terre etrangere, pour exercer la peinture avec la liberte qui convenait a son genie j il y mourut. 1 Les peintres et les slatuaires furent tres-occupe's sous Louis XIV, qui avait le plus grand desir de perfectionner les talens j mais les artistes, entraines par Lebrun dans un style nouveau qu’il introduisit dans ses academies , abandonnerent totalement la simplicite de la nature et le gout de l’anüque. Ce Systeme nouveau prit avec fureur, et ce fut pour les arls dependans du dessin l epoque de leur decadence. Lesueur, le faible Lesueur eut le cou- rage d’y resister seid, et mourut a trente-huit ans, victime, dit-on, du despote Lebrun. 2 Sous Louis XV, Vanloo et Boucher furent les apotres d’un gout si deprave, que l’art et l’enseignemenl tom- berent dans une entiere degradalion. « Raphael n’eut pas l’avantage d’etudier dans une academie ; ( dit Reynolds) mais Rome entiere , l’an- tique sur-tout, et les ouvrages de Michel Ange, furent son academie. » 1 Roger de Piles , article Poussin, dit: II conimeii^a dans la galerie du Louvre les travaux d’Her- cule, dans le temps que la brigue de lecole de Vouet le clra- grinait par des mddisances et de mauvais discours. Cela , joint k la vie tumultueuse de Paris, dont il ne pouvait s’ac- coimnoder, lui fit prendre la resolution secrete de retourner ä Rome, sous pretexte de mettre ordre ä ses affaires domes- tiques; mais, quand il fut ä Rome, il ne voulut jamais reve- nir eil France. Ou lit dans Fontenay, article Poussin : .La galerie de ce palais (le Louvre ) devait re- prdsenter les travaux d’Hercule; maisil trouva trois envieux ä combattre : Lemercier, premier architecte du roi; Vouet, qui dtait eu grande reputation; etFouquiers, fameux peinlre flamand. Il fit des memoires pour se defetidre de leurs ca- lomnies et pour juslifier son ouvrage; enfin, las de toutes ces üisputes, etc.il s’en relourna ä Rome en 1642. 2 Watelet, parlant de Lebrun : ct Sa conduite orgueilleuse et despolique avec les artistes fut expiee par les morlifica- tions quil dprouva sur la fin de sa vie, et que laicausa Mi-" gnard, qui lui dtait inferieur.» ^4 1NTR0DUCTI0N. Ce n’est qu’apres avoir vu les ouvrages de Michel- Ange, que le genie de Raphael s’est developpe : ren- ferme dans l’ecole du Perugin, son inaitre, il avait pris de lui uii gout dur et barbare : Trappe comme d une lumiere celesle ä la vue de la cliapelle Sixline, il cora- para les stalues des Grecs avec la nature, ct. des ce mo- menl il Tut un lioinme sublime. « Raphael, peignant ä fresquc uue-des loges du Va- tican, avait Tait une tete du Pere Elcrncl, fort belle ä la verite, et tres-majestueuse, mais ce nelait qu'une tete humaine. Michel-Ange en avait fait une a la voute de la cliapelle Sixle, et la supreme majestc 1 , lair sur- humain y le caractere sublime, la lierte divine qui Tanimait ,firent sur Raphael laplus prolbnde impression: plein du beauqu’il vient de saisir, il relourne ä ses tra- vaux et fait un dieu. « Michel-Ange Tut voir ä son tour les peintures de Raphael dans le petit Farnese, dans le moment oü il riy elail pas; et, pour lui faire contiaitre qu’il etait venu , il dessina au charbon uue b> lle tete de Faune, dans un coin du plafbnd. Raphael, en la voyant, s’ecria que ce ne pouvait etre que Michel Ange qui eut Tait ce dessin ; il le respecla en ne mettant rien ä Tendroit: on le voit encore. » ( Vojez la Vie de Michel - Ange , par Hauchecorne , page 372 . ) Paris, dans ces temps de calamite pour les arts, n’a- vait ni Musc : e, ni collections publiquesj les maitres, par orgueil, cachaient aux elevesles chefs-d’oeuvres des grands hommes, se donnaint seuls pour modeles , et laisaient de leurs eleves des esclaves auxquels >ls Taisaient porter leurs livrees. Verse des ma jeunesse dans l’art du dessin, je me suis convaincu que les collections e'taient plus precieuses pour les progres des arts, que les ecoles, ou les eleves ne voient jarnais de monumens, et dans lesquellcs ils n’entendent aucunes dissertations. Les exemples que Ton a sous les yeux , les comparaisons que Ton fait dune manierede faire avec une autre, Torment le gout 1NTR0DUCTI0N. a5 et constituent l’etude raisonnee. Sans ce travail de 1’es- prit, letude n’est plus qu’une routine , l’arl devient un melier et se degrade inluilliblement. 1 Enfin le celebre Vien parat: il ouvril une ecole nom- breuse, arneliora le style et le bon goüt dans le dessin j et dejä une foule de maitres habiles, sortis de son ecole , repandent la lumiere parmi les eleves qu’ils forment, et nous font voir dans l’avenir l’ecole franeaise rivale de l’ecole romaine. Marie-Joseph Pcyrc, par scs lecons et ses recherches, retablit aussi le bon goüt dans l’archi- tecture, et publia un ouvrage sur les elemens de cct art. David Leroy, connupar son recueil sur les monu- mens de la Grece, a egalement contribuc a la reslau- ration de l’architecture; ce respeclable professeur a eu le courage de developper dans ses lecons les principes des anciens sur la proportion des orelres. Naguere il consacrait encore ses veilles a des recherches utiles et precieuses pour la theorie de cet art. Quelle carriere brillante s’offre aujourd’hui pour nos peinlres et nos statuaires ! L’histoire de la revolution franeaise esl un champ vaste qu’ils peuvent parcourir avec honneur. Les victoires de Sedinan, d’Aboukir et de Maringo sont aussi inte'ressantes pour nos aiina- les , que les def'aites de Porus et de Leonidas sont celebres dans l’antiquite. Si on lit le vpyage du citoyen Dcnon sur la Basse et la Haute - Egyptc , et si on jette un regard sur le beau tableau du ciloyen le Jeune, 2 on sera bientot convaincu de notre proposition. G est ainsi que s’exprime l’aimable historien , peintre et speclateur des hauts faiis de Bonaparte dans ces contre’es brülantes: « Jarnais , dit-il, en parlant de la victoire de 1 Ces inotifs puissans m’ont determin^ ä ouvrir, dans le Musde cjue je dirige, uncours thdorique et une 6cole pratique de hart du dessin. 5 Qui a pu voir, ä la derniere exposition du Louvre, sans dprouver les sensations les plus vives, le beau tableau de la bataille de Maringo , par le citoyen Lejeune, aide-de-camp du premier consul ? 2.0> INTRODUCTION. Sedinan, il n’_y eut de bataille plus terrible, de vic- toire plus e'clatante, de re'sultat moins prevu; c’etait un rcTe dont il ne restait qu’un Souvenir de terreur. » Kleber , en embrassant ßonapai le, apres la bataille d’Aboukir, mu j:>ar un enthousiasine vraiinentheroique, secria: General, vous etesgrandcomme le monde 3 et il n’est pasassezgrandpour vous. ( Voyez dans le merae ouvrage lcs planches LXXXIX et XC.) DESCRIPTION DES ARCH^TIPES ANTIQUE S. se sont occupes des arts, cormnealimcnt essen ticllerneut necessaire ä l’aclivite du commei’ce, qui, sans leur par- licipalion, serait nul et sans vie. Les anciens, penetre's de celte importante verite, balirent des temples et des palais rnagnifiques pour servir ä la reunion des savans et des arlistes. Ces temples et ces palaisetaient connus sous le nom de Musees; car musee ne designe pas seulement un local qui renferme des monumens des arts, mais aussi oelui oü les arlistes s’assemblent pour disserter sur les arts. Tel fut le Musee d’AIexandrie , dans lcquel ses rois, et depuis la conquete de l’Egjple, les empercurs romains ont entretenu avec une magnilicence exlraor- dinaire un nombre de savans, dont toule l’occupation etait de s’appliquer aux leltres. Plutarque attribue l invention de ce Musee ä Ptole- mee : Ptolemaeus , qui primus viros doctos in. Museum convocavit; et ce fut cc meme Ptoleme'e Philadelpbe, amateur des arts et des lettres, qui s’ap- pliqua pendant son regne ä en etendre l’empire en E Musee d’Atlienes etait un temple consacre aux Muses , bati au pied d’une pelile colline situee dans l ancienne enceinte, vis-ä-vis la citadelle : c’est lä que sassemblaient les savans, lespoeLes elles philosophes de la Grece. Les Grecs solliciterent plusieurs lois pour rhomieur des arts et en faveur des artistes. Des que les peuples ont commence ä se civiliser, ils 20 MOMUMEVS Les Romains, ä leur imitation, se piquereut aussi d’encourager les Sciences; et lempereur Claude , au rapport deSue'lone, ajouta a l’ancien Musee un nouvel etablissennnt de ce g< nre, nuquel il donna son nom : Qiiarum causA veteri Alexandriae Museo addi- tum ex ipsius nomine. ]-I onorer lesarls, c’est s’agrandir soi-meme. Alexandre visilait souvent Apelle; Francois I er rocut los deruiers soupirs de Le’onard; Charles-Quint se delassait de ses travaux dans l’atelier du Titien. Si l’on considere la Chronologie des siecles passes commc un livre ouvert ä 1 instruclion, el dans lequel onlit la marche des evenemens, on sentirala necessite de classer les monumens selon leurs e’poques, en sui- vant la ligue de demarcalionque la nature a tracee elle- meme. du Muse'e doit .en consequence avoir deux poinls de vue dans son Institution : vue politique et vue d’instruction publique ; dans la vue politique, il doit etre etabli avec assezde splendeur et de inagnificence pour parier ä tous les yeux , et appeler dos quatrc coins du monde les curieux , qui se feraient un devoir d’ou- vrir leurs tresors pour les verser chez un pouple ami desarts. Pris dans la vue d’instruction, il doit rcnfer- mer tout ce que les arts e.l les Sciences reunis peuvrnt offrir ä l’enseignenient public. Tels etaient les IVlusees des anciens peuples dont nous aimons encore le Souvenir. Si le bien des arls necessilait la deslruction des for- mules academiques, leur progres demandait aussi un moyen d’enseigneincnt clair et facile qui procurat aux e'leves , sans bourse delier, les Facilites de consulter les grands maitres; ces moyens d’etude se trouvent de f’ait dans un Musee chronologiquement dispose : c’est la que la jeunesse trouvera, par les rapprochemens quelle pourra faire d’elle-meme, des modeles surs pour eitriger la marche de ses etudes ; car il est reconnu que, dans les Sciences exactes, on doit etre parlaitement, nourri des diflcrens ouvrages qui out precede notre siede dans ANTIQUES. 2() la parlie que le goüt nous a fait embrasscr, et que ce n’esl qu’aprcs une iongue medilalion de la uature, que cc n’cst qu’ä force de comparerles clicfs -dceuvres des grands maitres avec die , que Ton parvient soi-meme h etre un hornme celebre. C’est en raison de cet imperieux besoin ob se trouveiit les jeunes eleves qui suivent la carriere des arls, que j’ai reconnu l indispensable ne- cessile de placer datis un Musee tous les monumens des arts par ecole et par ordre clironologique. En observant ce classement clironologique pour larrangement du Musee central de peinture, ii devient naturdlemcnt une e'cole savante et une encyclopedie oü la jeunesse trouvera mot a mol tous les degres d imperieclion , de perfection et de decadence par lesquels les arts depen- dans du dessin ont successivement passe. Cet ordre melbodique est celui que les conser vaiCurs des Muse'es doivcnt suivre , sils veulent embrasscr c< s e'lablisse- niens daus tous leurs rapports politiques et philosophi- Cjues, et sur-tout s ils veulent les voir comme le flambeau qui doil e'clairer la generation procbaine, dont l absence de la lumiere avail,pendanl plus d’uu siede, maintenu le mauvais goüt. Ce sont ces motifs qui ont dirige les travaux que je me suis proposes dans le Musee des monumens francais. Commencons par les anciens pcuples, pour ouvrir la marche des siecles que nous avons ä parcourir. IN 0 I. Modele d’un sarcophage en porphyre,de trois pieds delong, sur vingt-un pouces six ligues de large, pose sur des Supports, aussi de porpbyre, representant des animaux chimc : riques : sur les revers des Supports sont des bas-reliefs grossierement executes. Ce monument, dont une parlie est antique et l’autred’une restauration moderne, n’est qu’uue imitation du style egvp- tien, que 1 on fait remonter au premier temps des empereurs. Lart de travailler les porphyres , les gram Ls , les basal les, et en gdndial toutes les matieres du res , date de la plus haute antiquitd. Les Egyptiens employaient souvent ces matieres prdcieuses dans leurs monumens pubiics. 3o MONUMENS On voit, au Musee central des arts, deux figures du pre- mier style egyptien, executdes en granit rouge, daus la pro- portiou de quatre pieds. Ces figures prdcieuses sout chargees d'kieroglyphes, et representent des pretres, dont l’un rnontre au peuple une divinitd cpi’il tient enfennde dans une boite. Les Grec.s ont perfectionnd ce genre de Iravail; ce que l’ou est ä meine de juger si Kon examine dans le meine Musde une tele de Minerve en porphyre, faussement prise pour un buste d’Alexandre. On lit dans Wincltelmann une dissertation savante sur les bustes connus d’Alexandre. Les Romains ont aussi fait travailler ces matieres par des arlistes grecs. Ou voit dgalement dans ce Musde interessant, dirigd aujourd'hui par des artistes d’un mente reconnu, des bustes executes sous les empereurs, qui peuvent constater l’dtat de ce travail ä cet.tedpoque, Les richesses de la France en beaux-arts sont immenses, et ce Musde , par sa bonne direction, peut attirer tous les regards de l'Europe. Cette urne *, destinde probablement ä contenir les cendres d’un personnage distingud, paraitavoir ete dddiee'ä Bacchus. Les letes des animanx qui composent les suppovts que l’on dit represeuter des chats sauvages ailes, tieunent plus de la forme du’n lion rugissant. On sait que ce dien prit la figure de cet animal pour combattre les geans,.et principalement leur chefRethus. M. Bouret, qui avait achete ce morceau precieux a Rome, l’avait depose daus la maison Verospi; le savant Caylus en eut connaissance, en fit facquisition, le fit venir ä Paris et dlever dans son jardin, ou il le conternplait souvent. Mainte- nant il se voit au, Muse'e central des arts. N° I his. Trois morceaux de bas-reliefs reunis dans un seul cadre. Ces morceaux n’ont auc.un rapport les uns avec les autres. Dans le premier, on remarque une femme assise sur une chaise : eile est occupee ä formet’ une guirlande de ileurs et de fruils, et dans l’attilude de les offrir en sacrifice. Derriere 1 Le terme d’urne dont je vietis de me servir (dit Caj'lus, t. VII) est non seulement convenable ä son ancienne destination , mais les Italiens l’emploient aujourd’hui, meme en parlant des tombeatix des- tiu^s il reufermer les corps dans toute leur longueur. ANTIQUE S. 3l eile est une petite figure dont il est impossible de deviner Je sujet, ä cause des mutilations; cependant il est ä croire qu'elle reprdsente une divinitd protectrice. Sous la chaise on rernarque une levrette , et derriere est placd un squelette. Le rnovceau du milieu , d’un travail grec, represeule une couronne de diene, dont Je vide est renipli par l’inscriptioa suivante : H B O T A H KAIOAHMOE 2 T E ANOI XPTSnETEOA NOEnA^PO AEITONAC TE KTOTEPEIAV. Gelte inscriplion porle sans contredit un liommnge authen- tique, rendu par les Grecs ä un lionime cdebre. Wons savons qu’il suflisait cliez eux d'avoir fait quelque action d’eclat, soit sur Je champ de bataille, soit dans la tribune aux liarangues, pour reclame’r et obtenir une couronne d’or : d’apres cela, il semble vraisemblable qu’Epaphrodite ait etd J’objet de ce monument, quoique ce nom ne soit pas consacre dans Jes fasles de I’histoire. La traduction litldrale semble devoir etre : Les magistrats et le peuple ddcernent une couronne d’or ä Epaphrodite par ce monument public. L’autre debris est aussi un fragment de tombeau ; ce que Fon appercoit aisement par Fattitude cjue Fauteur a donnee ä la figure de femme qu’il represente. N° II. Pierre sepulcrale, en marbre de Paros, representant un sacrifice. On rernarque dans ce bas-relief un liomme debout, por- tant Ja barbe, vetu d’une tunique longue , porlaut uu mau,* teau jele sur 1 epaule gauche, ayanl.le corps ä morde de- couvert, et la main droite posde sur la tele d’un Terme qui est pres de lui. On voit'au Terme les especes de bras coupes qui servajent ä le porter dans les fetes religieuses ; au bas est un petit en.fänt dans l’attitude de FaUejition; ses regards sont 32 M O N U II E N S tournes vers une femme assise ä la gauche c!u personnage sa- crilicateur : cetle femme, dans l’attitude la plus simple , se decouvre le visage d’un voile qu’elle leve. Voici l’inscripiion figuree de ce inonurnent : HBOTAH KAIOAE.UOC. 6 A I C T £ A N O I XPTClUCTg KluNX t A N UJ. gYPjSMON. g il I A c 6 P T r x 6 o c. n p o M c i p lu c. miot B I LU C A N T A. Celle-ci est du genre de la precEdente, et a pour objet un autre homtne cElebre, nomme Eurythme. II laut observer que dans cette inscription les mots «a i%avia.i sp p.ov sonl Ecrits en caracteres differens de la plirase priucipale, qui peut s'iuterprEler ainsi : Les magistrats et le peuple decernent wie couronne d'or a Eurythme, qui a ve'cu de moniere ci me'nter cet heureux destin. Alors ces mots, sKiy.ayia.f epuov , peuvent signifier Eliko- nias, fils d’Ermies, et etre le nom de lautem- du petit bas- relief. N° III. Autre pierre sepulcrale revetue de l’inscription sul- vante: iHAOKAPHS. TIMATOPA $IAßNlAOT H<1>A IETO AßPA KHOIXETS. Cette pierre eouvrait probablement deux Epoux , cornrne l’indique le bas-relief, oü on les voit se donner la main. Au- dessus de la tete de chacub on lit son nom. Sur celle de l’homme on voit Philochares, fils de Phylonide, du lac de Cdphise. Sur la tele de la femme il est ecrit : Timagore Hd~ phaistodore. On peut remarquer, dans cette inscription si simple, que les noms grecs Etaient fort significatifs, et que dans 1’iiUerprE- tation on ne peut guere que les franciser sans les traduire. C'est ainsi que le inot grec (p/At/Kctpwr porte avec lui un sens agreable pnr son Etymologie, Etant formE de deux mots , ®/Aor et Mf/r, dont le premier signifie ami, et le second grace, 33 ANTIQUESb Les mots GHhwjJ'ou et T/uafofst. sont de merne des noms composes : celui qui accompagne ce dernier est im snrnom formd de deux mots, wpeusTof, Vulcain , et J'ajoy^ clon. II signifierait, d’apres son Etymologie, don de Vulcain. Dans notre laugue francaise, le suruom Dieu-Donnd se rapprocke de celui-ci. N° IV. Autre pierre se'pulcrale , en raarbre de Paros. m. noMnHios niAOPA iipastteaots ET0A02 EKtTAAJIflN. Celte pierre porte aussi les noms de ceux qu’elle couvraif. Elle semble etre du temps oü les Romains, inaitres de la Grece , y avaient etabli des familles dont les noms lalins furent grecises. La differeuce qu'il y a entre les caractüres de cetle inscription et ceux des precddentes , atteste queceile- ci est plus rdceute. II est donc possible qu’uue famille ro- maine ait etd allide avec- une famille grecque , car le nom de femme est bien grec : d’apres cela, on pourrait lire su.r la tete de i’liomme : Marc Pompde, qui a dignement fourni sa car- riere. Le surnom de ETOAOS est du genre de ceux dont il est queslion plus kaut. Sur la tete de la femme on lit: Isidore , fiLle de Praxitele, de la tribu des dieux. Le mot grec dtait employd par les Doriens , pour vtoy. De lä on peut prdsumer que cette pierre appartenait a une contrde de la Grece oü le dialecte dorien dtait usite. o No V. Inscription gravee sur une table de marbre de Paros : ABTAHNOI TÖN A T T n N 2 (1 T H P A KAI KTI2THN AIA nPESBETTOT MAPKEAAOT MAIOPOS. II semble qu’il y ait un mot de sous - entendu dans rette inscription : ce mot doit etre un verbe, et peut etrs 5 M O N U M E N S 34 ASTIAZONTAI: la Iangue grecque comporte souveut de pa- reilles ellipses, sur-tout dans les inscriptions, qui ne sauraient etre trop breves. Si l’on sous-entend ASPtAZONTAI, voici . une Version qui parait vraisemblable. Les citoyens d'Abydos rendent Hommage ä leur sauveur, a leur pere, par l'organe du se'nateur Marcellus major. Lorsque les Grecs furent devenus tributaires des Romains, les liabitants d’Abydos ont pu se r^clamer d’un sdnateur ro- main, leur patron, pour präsenter au peuple rornain l’hom- mage de leur reconnaissance et de leur devouement; ce se- nateur pouvait eire Marcellus major , dont les Grecs auront gr^cisd le nom en l’appelant MAPKEAAOS MAIOP. II est d’ailleurs assez naturel que les hnbitans d'Abydos aient voulu consacrer chez eux , par un monument autlieutique, l’ex- pressiou de leur fiddlitd envers les Romains. En admettant cette version, on voit clairement l’epoque et l’objet de l’iuscription dont teile serait la traduction. N° VI. Pierre se'pulcrale , en marbre de Paros. M O 2 K E MOS XOTXAIPE. Salut Moschus, ßls de Moschus. Telle est la traduction de cette inscription drig^e en l’hon- neur de Moschus , poele c^lebre, rnort en Sicile 285 ans avant nqtre ere. On remarque dans sa main un manuscrit de ses ouvrages , et dans le fond du tableau une dcritoire. K° VII. Autre pierre sepulcrale, en marbre de Paros, qui couvrait vraisemblablement un De'me'trius. Voici l’inscriplion : AHMHTPIOS AHMETPIOT 2 EI T T I O 2. Demetrius , ßls de Demdtrius , du peuple de Sphette. (Sphette e'tait un peuple de la tribu acamantide. ) 35 Antiques. No VIII. Autre pierre sepulcrale, en marbre de Paros, e’rigee ä Berthenus, menuisier en lit: les instrumens de son e’tat sont sculptes en relief. L’inscriptiou dont eile est chargde est si usde, qu’il a impossible de la copier. N° IX. Antre pierre sepulcrale, ornee d’un bas-relief. II est prdsnmable que cette pierre rouvrait deux dpoux. On y remarque iin guerrier riebout, avant pres de lui son casque et son bouclier , et tenant de la main droite une es- pece de patere , dans laquelle une femnie , aussi debout , vetue de deux tuniques, lui verse ä boire d’un vase qu’elle tient de la main droite, tandis que de l’autre main eile sembie se decouvrir le visage de son voile. N«s x et XI. Marbres d’JLthenes. Non seulement le$ anciens Grecs ont bäti des temples et des chapelles sdpulcrales pour y ddposer les restes de leurs parens ou de leurs amis, mais encore les chemins 1 dtaient couverts de monumens charges d’inscriplions bonorables qui altestaient aux Voyageurs leur reconnaissauce en faveur du mdrite et de la vertu. Passant, va dire ä Sparte que nous sommes morts ici pour obdir ä ses saintes lois. Telle est l'ins- cription placde sur Je tombeau commun des Lacdddmoniens qui furent tuds aux Thermopyles. 2 Apres une bataiüe,.on ndgligeait rarement d’dleveruu monument ä la mdmoire des citoyens que la guerre avait moissontids, et ce souvenir bien justeetait l’aiguillon de la gloire; leurs noms dtaient inscrits sur des tables de marbre, sur des pyramides ou des colonnes ; et c’esl ainsi que ce peuple reconnaissant faisait passer ä la 1 La plupart des Grecs avaient leur sdpulture hors des villes. On remarque dans les auteurs plusieurs exemples qui en font foi, et qui regardent les Albaniens, les Corinthiens et les Sicyoniens. Les Atli£- niens dtaient fort religieux observateurs de cette loi. Montfaucon , jintiejuites , premibre partie , tome IX. * Aprfes les combats on relevait les corps morts, que l’on eutassait les uns sur les autres, et pn leur brigeait un touibeau cojnmun. 36 M O N ü MENS postdritd la plus reculde les trails dclataus de Ieurs victoires j et les noms prdcieux de ceux dont le sang avait could pour Ja cliose publique; l’oraisou funebre des defunts se pronon- 1 §ait publiquement, comine le dit formellement Pdricies, au commencexnent de celle qu’il pronon£a en l’honneur des Athdniens rnorts ä la guerre pour leur patrie . 1 Les marbres dont je parle porlent le caractere de la recon- naissance publique envers des citoyens de la tribu Erectheide, qui perirent dans les differentes expdditions qüi eurent lieu dans l'ile de Chypre, en Egyple, en Phdnicie , dans l’ile d’Egine et chez les Habens, ainsi que l’atteste le titre, qui est parfaitement conserve. Ces Tables, dont le trait histo- rique estconslatd dans les fastes de l’iiisloire, marquent i’d- poque du temps : eiles ont toules deux eie drigdes au temps de la guerre du Pdloponese. La premiöre a dtd placde aussitot apres la mort de Cimon , capitaine cdlebre des Athdniens, environ quatre Cent cinquante ans avant notre ere. Les voici telles qu’elles sont figurdes sur les monumens. 1 Oq prononqait des oraisons funbbres, non seulement en l’lionneur des hommes , inais encore pour les femmes c^lbbres. Platon parle de cetle coutume , qui passa ensuite chez les Romains. J’ai pris plaisir, dit Cicdron , aussi bien que tous les antditeurs , de vous entendrej'aire Jeloge de Papilla votre mere. Je arois que c est la premiere J^emine a qui on aj~ait un pareil hsnneur dans cctte ville. ANTIQUES <1 37 PREMIER M ARB RE. EPEX0EIAO2 JIOIAE ■ ENTOI I noAEMOI • ATIE0ANON •! EN KTOTOI I EN AIT TIIPOI : EN *OINIKEI= EN AAIET2IN : EN AUINEI | MErAPOS EN TO ATTO ENIATTO. ..TETON i..X02 n. . A A EX) N ..TITPAI02 AK0NTIAE2 ..MoiTPAIOI ..MEA2.. ..A EIAE2 ..PATEN .. P E A E M O 2 ..E2IA2 . .2ANAP 0 2 ..PO*.. AIIO AA0A0P02 API2T0TEAES KOTIA2 . .1 A A 0 2 ..EXANION . .AI2TIAE2 TIM0TENE2 API2ANAP02 MENEKAE2 MEAAN0P02 XAE0MBP0T02 API2T0ICAEIAE2 0OICTAIAE2 ET0TAEMO 2 ICAAAIKPATE2 .. 2E*E2 API2TEIAE2 120AEMO2 «ANTAA02 XI. . N I 0 2 E. .EITON r.. Kinno 2 AT2IKAE2 KEAET202 ET0TAEMO2 AIN AI O 2 0IAIN02 KAAAIK.AE2 NAT2IKAE2 . .ME2I0EO2 . .NE2ITENE2 Ü0ATKAE2 AAEX2IA2 AMTAPinno2 AnoAAOA0PO2 r 0 p r i a 2 N. . ©APX02 IIAPM0NIAE2 E A IC O N ni0ON A T 21A 2 202TPAT02 ®I AIN0 2 «AAI0O2 *IAETAIP02 2 O T E A E 2 AT2IA2 API2T0TENE2 * IA IN 0 2 AKPTÜT02 TIM0KPATE2 APKEAA2 ET0TKPATE2 nATP0KAEIAE2 A AKMEONI AE2 T A A T IC O N AEM0NIK02 ANAX2IA0P02 TAATKON n P O IC A E 2 ANTI0ON ANAX2IAA2 APXEnoAI2 KAAAEA2 0AAAIAPXO2 *IA0NIX02 ETKAEIAE2 AI0A0P02 NIKAPX02 EniTEAE2 KTBON X . . I P IA 2 AEMETPI02 APKE2IAA2 ETQ0IN02 AEMETPI02 roproN 2TPAT0N Api2T0*ANES E A A T K 0 N f 38 MONUMENS 2E O IC ION T P IE 4> 0KTAIAE2 AKAPOS © E O A O T'O 2 AT2IMAXIAE2 nXPPANAPOE B AinTPOJ TIM0AEM02 XAPIAAE2 AT2I2 KAA Ainnoi EPETPIET2 ANTIMAX02 KEIAETOS EniAPOM OS ATKEASTPIE XA.. n T O .. N I K O .. H I K O .. K T E E .. A T X . . ATEIMAXOS «IAO niN aapoe XAPIAEMOl SOKPATIAES APISTOICPATES AI0tf>ANE2 MENEKAE2 APISTAPX02 sosinnos aiextaiaee E0>IA A TEE AAKAMENE2 * I A E A S II AT2 ANI A2 KAAAI0AAES N E. .E I A ES ÜAN0APO2 EEI..XOS «tiAinnos TIM0KPATE2 0^E O K P I T O S MNE2IKPATE2 nEPIKAES ANTIA0T02 ©EOZÄNES ©EOTNETOS ATEIMAXOS APIETOKAES AAEIMANT OS «IA0AEM02 o 09 E. X. . N. . O N. . 4HI0 .. ANAXJ. . . $IAON. . . .2 T I A . . MEN .. 02 AE0NTIA02 API2TEIAE2 IIAP..BATE2 ®T2T..02AI0KA..' 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L’im- mortel Vien, ne sans doule pour rappeier la peinture et la sculptr.re ä ses vrais principes, a su ramener ses eleves aux pieds de l’anlique et de Raphael. Parmi ces eleves, David a mis, avec ce zele que donne le vrai talent, la perfectiori au grandouvrage que lui avait trace'son maitrc, et l anlique, relire par ses soins de l’oubli et de l’avilis- sement dans lequel il avait eie plonge pendant plus d un siede, par des prejuges scolasliques , a enlin repris la ja-eponderance. Des ce moment, les ide'cs se sont sim- plilie'es , agrandics , et lout s’est perfeclionne dans les arts et les manufactures; le commerce meine en a rccu d’heureuses influences, et dejä les dessins de nos etoffes et de nos meublcs se modelent sur les ornemens grecs. 1 Combien de ressources ic gouvernement n’a-t-il pas ouvertes ä 1 etude! Trois Muse'cs nouveaux ont eie eia- 1 Ce que j’avauce est plus cpie prouvd, si I’on veut cora- pnrer les tableaux prdsentds dans les coucours avec ceux qui se composaient il y a dix ans. Le jugement portd par le jury sur les ouvrages interessans el remarcpiables qui enri- chisspnt nos expositions publiques, et les couronnes qu’il a dernierement accorddes, sont un tdmoiguage de sa justiceet du progres des arls. O num ami Drouais, digne tfleve de David! tu as le pre- mier monträ dans les cancours l art perjectioime' ; et ton be.au tableau de la Cananeenne jtxera dans tous les ’temjn' Ics.regards des Connaisseurs. f 4-2 M O N U M E N S blis dans cette ville, et tous trois sont revetus d’un carac- lere bien distinct . 1 L’instruction publique a etabli dans les departemens des ecoles publiques , dans lesquelles l’enseignement du dessin a du se confier ä des maitres capables de diriger cette etude vers le bon style et la perfection dans les formes. Dans le pa'.ais des arts ( le Louvre ), eile a ouvert ä la jeunesse une salle ornee de plusieurs archetypes pris sur l’antique meme: lä des eleves assidus , confies ä des protesseurs habiles, apprennent ä connaitre les premiers elemeris du vrai et du beau. N° XII. Du. jardin de Richelieu. Archetipe d’une statue anlique grecque, de grandeur naturelle, en marbre blanc de Paros, representant Bacchus, tenant de la inain droite son thjrse, et de l’autre une grappe de raisin: sa couronne de lierre est d’une grande delicatesse et d’un travail rccherche. Cetts figure, maintenant au Mnsde central des arts, a beau- coup soufFert des restaurations anciennes et modernes: les bras et la jatnbe gauche sont entierement de restauration. Voyez dans ce Musde, salle d’Apollon , le n° i56. Si Fon examine l’ensemble de cette statue, on retrouve cette sagesse divine que les staluaires grecs savaient si bien irnprimer au marbre. La tete est posde avec dlegance sur un cou bien proportionnd, qu’une poitrine lieroique refoit avec h plomb.. Le balancement doux de ses contours et de ses membres ofire une teile harmonie, que l’ou croit, ä son as- pect, entendre l’accord parfait d’une ly re. La jeunesse de 1 Musee d’stntiquites ( rue de la Loi. ) Ce Mus^e , a ,J ne son/ que des chos.es personnifides et divinisdes, ainsi que saint T^oulst. II y avait ä Paris, dans le temple dit Sainl-Sdpulcre, rue Saint- Denis , trois tableaux immenses peinls ü l’huile , et divisds parcorn- parlimcns. Ces tableaux representaient les principaux sujets de la prdtendue vie de saint Voulst, en grande vdndration dans ce temple; on y remarquait ses voyages en Espagne et les miracles qu’il faisait sur les l’oules , son emharquement, etc. J’observai au pretre qui me faisait voir ces tableaux, que son saint Voulst dtait peu connu, et qu’il me paraissait apocryphe ; aussi, me dit-il , fail-il des miracles : c’est tout ce que j’en ai pu tirer. Apres avoir bien examind ces pein- lures, et rdflechi sur Ieurs sujets, je m’appercus que saint Voulst finit, malgre ses miracles, par etre crucilid comme Christ; que Voulst dtait un composd Ae vultus, face, et que le prdtendu saint Voulst elait la sainte face que Fon avait personnifide , et ä laquelle on avait fait jouer le röte d’un etre vivant. On aurait pu conserver ces tableaux, malgre la mddiocritd de leur exdcuiion; mais ils ont dtd transportds ä l’hötel de Nesle, et vendus avec d’autres objets de curiositd. 3 (Argnnautiques , cbant premier , pohme d’Apollonius.) On vit aussi paraitre denx autres fils de Neptune, Erginns et le fier Aucde, tous deux dgalement habiles ä combattre et ä faire manoeuvrer un vaisseau; ils furent sums du cdlhbre Mdleagre, fils d’CEnee et de Lao\ coon son oncle. On cornptait Mdleagre pour un des premiers aprfes I-Iercule , pour le courage et la force hdroique. Lä etaient aussi Iphi» clus , fils de Tfiestius, du sang de Vuleaiu. ANTIQUES* 45 ■S'on tour, eompagnon signale de Mdldagre dans Ja fameuse chasse du sanglier qui ravageait Calydon, sanglier qui parait et re Je meine que Je sanglier d’Erymautiie poursuivi par Her- c.nle, Je hdros principal d'un poeine solaire , me paraissent tellement lids sous tous les rapports , qu’il serait difficile de ne pas s’appercevoir que ce sont les niemes personnages , places par des poetes dmis des situations differentes. Ces poe- tes plaeeut dgalement Thdsee, Castor et Pollux, dans le vais- seau Argo, et poursuivant avec Mdldagre et Jason Je sanglier de Calydon. «Tipliys venaitde pdrir de Ja mort d’un sanglier. On se rappellera que Tipliys est Je pilole du vaisseau Argo, appele dans d'autres fallles Canopus, qui perit de la morsure d’un serpent 011 d'1111 scorpion , c’est-ä-dire, du signe avec lequel' se leve Je sanglier d’Erymantlie, dans Ja fable d’Hercule. Ainsi le serpent et le sanglier d Erymantlie, deux paranatel- Jons de Ja Balance et du Scorpion, tnent le pilote du vaisseau Argo, conuu sous le double nom de Tiphys etde Canopus. » D’apres ces rapprochemens , 011 ddcouvre aisement les mo- tifs qui ont fait eriger ä Mdldagre un graud nombre de statues, puisqu’il rentre, par lecaractere que les poetes lui ont donnd, dans la classed’Apollon, Castor et Pollux, Heren le, Thdsee, Jason, etc., tous personnages alldgoriques places dans le ciel, et qui n’est lui-meme devenu celebre que par les alld- gories dont il a dte revetu par les poetes, les legistes et les pontifes des ancieus peuples. Je crois mon observation d’autant mieux fondde, que la plus graude partie des statues antiques de Mdldagre portent le caractdre du beau ideal, caractere que lesanciensn’accor- daient jamais qu’aux divinitds, caractere si remarquable dans 1 ’ApolIon du Belvddere; c’est cette beautd dans les formes et cette perfection iuimitable dans les contours appüquds aux statues reprdsentant des divinitds, qui a fait prendre souvent les figures de Mdldagre pour celle du favori d’Hadrien , Antimüs, et priucipalement celle du Belvddere. Sou expres- sion est celle de la tendresse; l’amour tranquille est daus son amej les graces folätrent autour de ce beau corps, alimeute d ambroisie et du nectar que verse Hebd ; un souffle ldger flonue du mouvement ä ses poumons laiteux, et les palpita- tions reitdrdes de l’abdomen s’appercoivent ä travers le mar- Bre; enlin, plus on fixe cette stalue, plus l’ifiusion est com- plete. Cette erreur a dtd viclorieusement combattue par Winckelmaun. Si les anciens ont donnd ä leurs statues de Meldagre les fonnes du beau iddal qui oonvenait aax divinitds du premier 46 HI O N U AI F, N S ordre, tcls qu’Apollon, Bacchus, elc., il paraitrait certain qu’ils y attachaieut la meme idde; car ces artistes inirnitables ont eu le soin de ponserver dans leurs formes le degrd de distiuction qu’ils attribuaieut au personnage qu’ils represen- taieut. La seule inspectiön de l’Apollon frappe, et il esl iin- possible de ne pas le reconnaitre pour im dien ■ celte slalue porte un si grand caraclere, qu’elle ordonne aux morteis qui oseüt l'approcher de lomber ä ses pieds. Cette expression puissanfce a dtd savamment mduagdepar les statuaires grecs; on remarque meme une sorte de dignile et de virginitd dans la partie sexuelle, qu’ils avaient gdndralement le soin de ne poiut couvrir. La slatue de Chabrias, vulgairement connue pour elre un gladiateur, n’off’re aux regards eclaires que l’aspect d’un homme parfaitement organisd et bien saisi dans toutes ses proportions : on l admire, mais il n’elonne pas. Les Athe- niens lui drigerent cette statue pour avoir soutenu seul avec Jes siens le choc d'un combat contre Agesilas, gdndral des Lacdddmoniens. 1 La slatue dont je parle, reprdseute Mdleagre se disposant üt partir pour la chasse; eile est de marbre penlelicien; eile ofl’re de grandes perfections dans le ddveloppement de ses contours, et dans la composition morale du sujet. L’artisle a saisi avec beaucoup d’art la noble sbvdriid qui c.onvenait ä la Situation de Mdldagre : son impatience eclate, et il brule de ddlivrer sa patrie du sanglier destructeur, pour ddposer sa depouille aux pieds de son amante. Ce jeune homme, la flamme dans le cceur, est reprdsentd dans Tage de la force; ses muscles sont nourris sans'etre grossiers; ses jambes svel- tes, et sernblables ä celles de Diane , vont le porter en un instant dans le fond des forets ; ses yeux , quoiqueardens, sont doux, et portent cette teinte de mdlaucolie que donne l’ar- deur de l’amour ; son cceur palpite, et sa bouche rafraichie par un souflle de Zdphire , brüle eucore pour Atal nie. ' Chabrias , general athdnicn , cdlibre par ses granries aelions , defit, dans un combat naval , Pollis, general Iac^demouien. Envoyd au secours des Thebains contre les Spartiates, et abandonnd de ses allids , il soutint seut, avec ses gens , le choc des ennemis. Il fit inet- tre ses soldats l’un contre l’autre, un genou en terre , couyerts de leurs boucliers et ^tendant en avant leurs piques : Chalrias d leur tete se mit en arret et en etat de def ense , dans la pd'sture de la statue connue sous laJausse denomination du gladiateur. Le courage que montra Chabrias, et l’attitude serrde de ses soldats, empecherent qu’ils ne fussent enfoncds : Agesilas, gdndral des Lacd- ddmooiens, quoique vainqueur, fut obligd de se relirer. Les Athe- niens drigerent it Chabrias une statue dans la posture oil il avait «om- battu.'Il pdrit au sjdge de Chio, l’au 355 ayaut notre fcre. ANTIQUES. 47 La jambe gauche de cette statue est d’nn dessin peu sou- tenu : les pieds sont plals , et ne r^pondent poiut pour la forme et l’exdcution aux parlies supj#rieures : eile se voit au Mns£e central , salle d’Apollon , n° 1 54 , sous le nom de « Mercure. N° XXI. 1 Bas-relief anlique, reslaure, representant Silene. On reconnailra Silene ä son Enorme grosseur, ä son corps couvert de poils. Son front chauve est couronnd de lierrej son grös nez est retrousse, et il tient a la main une lasse que le cort^ge a le soin de lui remplir de vin. N° XXII. Autre bas - relief antique, representant une feie en I honneur de Bacchus. Les fetes en l'honneur de Bacchus avaient deux epoques fixes dans leurs celdbralions. La premiere, qni se donnait ä l’äquinoxedu printemps, sous le nom de fete Itiphallique, dale de la plus haute antiquitA Le but proposd par cette fete dfait d’honorer le principe aclifde la gehifiration universelle, de la force fdconde, et d’obtenir sa bienveillance en faveur des rdcoltes. 2 Pendant tout le temps consacre ä cette fete , un nombre de jeunes vierges, l’image de la nature renouvel^e et parde par la f^conditd du dien Bacchus , vainqueur de I’hiver , promenaient dans les villes un Phallus colossal qu’elles avaient orne de couronnes et de Ileurs les plus frai- ches. Des jeunes hommes marchaient en cadence devanl Je corlege, au son des instrumens et d’une musique harmonieuse j scftivent meme, mus par un saint enlhousiasme, ils allaient en bondissant se frapper la tete conlre des Phallus, dont on multipliait les images, et que l’on appendait ä des branches de pins planlos 9 a et lä sur la route. Ces fetes se terminaient ordinairement par des initiations secretes. 3 La secoude, ins- 1 Les objets qui dtaient ddcrits sous les numeros supprimds , sont au Musde centrat des arts. a Nos processions, qui se faisaient nagufere dans les champs, sous lc nom de Rogations , dtaient les meines , pubque ces processions avaient pour but d’obtenir des moissons abondantes. 3 II nous est restd de ces fetes un usage dont on a long- temps ignord l’ongine; c’est celuj de planter un arbre, et de ptdsealer aux 4b monumens tiiuc'e ä l’dpoque des vendanges, avait un caractere moins religieux , et la joie que domie au peuple une recolte abon- dante de fruils s’expnmait par des hurlemens et les cris repeles de Evati Eve, 1 et par des motivemens fttribotids. I/i- mag'e de Bacchus £tait porige en triomphe ; les Bacchans et ies Menades , armes de thyrses et de turches allumdes, tlau- saieut et couraieut par les cliemins comme des luries. Saisis d’enthousiasme par le dien Bacchus , ils faisaient des cabrioles, des sauts et des bonds au son des cymbales, des sis- tres et des soufflets , inslrumens qu’ils attachaient a leurs pieds (-comme ou le voll daus le bas-relief; ) se ddguisant le visage et le corps, 2 ils se roulaient daus cet etat sur des outres remplies de vin, dont ils savouraient le jus; c’estalors qu’ils se livraient, hommes et femmes, ä toutes sortes de mouvemens iubriques, et ä tous les exces que produit l’i- vresse. Dans les mysteres qui suivaient ces orgies, on sacri- fiait un porc ä Ceres, et un bouc, l’ennemi de la vigne, ä Bacchus. Siiene, portd sur un äne , 3 lerminait ordiuairement le cortdge ; sa presence, disent les anciens auteurs, annoncait l'heure du repos, Silen ou Silvan, salut, repos. N° XXIII. Un bas-relief antique, romain, representant une jeune jeunes fitles un bouquet ä l’dpoque oü la nature se renouvelle ; ce qui se prutique ordinairement daus nos contrdes le premier jour de mai ; mi.si cet usage se nomme-t-il le mai, präsenter le mai ä une jeune fille, planier le mai, etc. ‘ La feimne cdlesle ou constellation , qui parait dans le ciel ä l’c* poque oü l’on cueille les fruits. On voit dans un coin du bas-relief le serpent d’Eve; ce qui caracterise parfailement une feie d’autornne : ee serpeut est place dans une eiste ou corbeille sacre'e, ainsi qu’il dtait d’usage dans les my.stüres de Bacchus et daus ceux des Ophites, secte elirefienne qir reverait Je serpeut de Bacchus. 3 Les Bacchantes et Baccliaus , pour se deguiser , commenrürent par se couvrir les joues^lu sang des vicliiues que l’on sacrifiait a la Bivinitd ; ensuite ils prefdrdrent le jus de outres , du raisin ou la lie de vin ( enfin nos femmes se servent du rouge: J ils se drapaient aussi avec les p'eanx d.'s vicli.jies , boucs , cliüvres, tigres, etc., et, par suite, des hommes s’introduislrent dans ces peaux, et marchaient it quatre pattes ä la oe'-emonie, ayant sur le visage des raasques liideux faits d’ecorce d’orbres , en iDiitant toutefuis l’aniuial qu’ils voulaieut representer. Notre carnaval est une suite de ces fetes bar.hiques. 3 Cet animal , disent les anciens poetes , uionte par des Satyres et des Süünes , coinpagnons de Bacchus , dieu du jour, avait effrayd et mis en fnite, par le son de sa voix , la troupe des geans , ermemis de la lumiire, coatme Bacchus, moatd sur im lion , avait uais en piüces leur chef Röthus. ANTIQUES. 4 9 fälle tenant un enfanl au maillot, quelle semble presenter ä sa mere. Ce bas-relief, qui offre des perfections de I’art, a mal- heureusement etd mutild. N° XXXIV. De Port-Royal. Un vase d’albatre oriental, de deux pieds de haut sur vingt pouces de diametre. Vers le milieu de sa panse, dont la forme est aplatie, il est garni de deux ansesprises dans le meme bloc , au bas desquelles se trouvent des caracteres orientaux. Ce vase, d'une forme lourde , est cependant interessant pour les artistes; il pent leur donner une idee du peu d’a- vancement des arls dans quelques coutrdes voisines de i’Eu- rope. Si l’on veut en croire la tradition de Port-Royal, ce vais- seau a servi aux noces de Caua. Il est vrai que dans tous les temps il a failu un miracle pour s’en servir, car il pese au moins cinq Cents iivres. 1N° XXXV. De Saint-Denis. Un devant de tombeau grossierement travaille en marbre salin blanc, representant dans son milieu une croix posee sur un vase accompagne de deux tiges de iroment, autour desquelles grimpent des branches de vigne. Les deux cotes sont simplement ornes de rin- ceaux f avec l’inscription suivante ainsi figure'e: 4 5 O MONUMENS £R1S INORACIONIBUS M MORSISM-IS IN)VSTV y T DVM ORAV6RIS PRO Mg CORRIP ü T6 f M A 0 o V s N T c V D c. V I O A L V M 6 G O s 6 V I e 6 NI S M A V A T € R T R e € M A V P O 3? V B D S A O TI V V BI FI D O N I s IS On s’est souvent ^gard en cherchant le veritable sens de cette inseription mystique, qu'une mauvaise combinaison dans le placement des lettres et un manvais arrangernent dans les ligues rendent obscur. Apres l’avoir infruelueusement dtudie moi-meme, j’en danne ici une traduction faile par le citoyen Andri, docteur en mddecine, qui a bien voulu me la communiquer. Elle se construit ainsi : O qui legis , ve r a obaud'is, quodjueram es, quod surn eris. In orationibus memor sis mei, Et dum oraveris pro me, corripe te Ante quam, tempus tibi Jinis. « O toi qui lis ceci, dcoute une chose vraie : Tn es ce que i’dtais, ei tu seras ce que je suis; souviens-toi de moi dans tes prieresjet, lorsque tu prieras pour moi, corrige-loi, sä tu n’es pas jusle, avant que le temps cle ta mortarrive. » A N T I Q ü E S. öl Sur la couslruction de la plirase dans laquelle se Irouvent les mots quod fueram es, quod sum e.ris , Je ciloyen Andri s’autorise de celle-ci, quodjuimus es, quodsumus islud eris, tirde de l’epilaphe d’Obizo, mddeciu de Louis "VI, dit le Gros, qui se rendit cdlebi'e daus son art. II dlait religieux de l’abbaye de Saint-Yictor , oii se voyait avant la Evolution l’inscription dont je parle ; la voici : Respice qui trcinsis, et quid sis disceve unde , Quodjuimus nunc cs, quod sumus istud eiis. Pauper canonicus de divitefactus Obizo Huic dedit ecclesice plurijna seque de.o : Summus erat medicus , Jnoi's soia triumphat in illo , v Cujus adhuc legem nemo cavere potest. Nonpotuit medicus sibimet conferre. salutem. Huic igitur medico sit medicina deus. Cette inscription est postdrieure de beaucoup ä celle dont est question • les lettres sont plus correctes, et le sens plus suivi dans la gravure. Dans la premiere, dont je l'ais remonter la date a 800, ou rencontre des transpositions considdrables , des 0 ä Ja place des Q , et des lignes qui vont de bauten bas, et qui remontent de bas en haut. Ce monument curieux pa~ rait etre la fermeture d’un tombeau qui devait contenir, si j’en juge par les alldgories dont il est chargd, un des anciens abbes de Saint-Denis. Deplacd probablement ä l’dpoque o« la reine Blanche ordonua la reconslruction de l’dglise teile que nous la voyons, la tradition de ce monument s’est per- due, et depuis il fut considere, par les habitans de la ville, comme ayant servi de sepullure ä Jesus-Clirisl; ils preten- daient qu’on l’avaitapportd en France du lemps des premieres croisades. N« XXXYI. Un bas-relief allegorique en marbre, de quatre pieds de large sur deux pieds sept pouces de haut, represen- tant l empire du Temps sur le Monde. Un grand vaisseau, placd sur une vaste meren plein calme, forme le sujet principal du tableau. Sur l’une des extremilds de ce vaisseau est posde une figure hnmaine, dont les bras sont tendus ä une voile qui est pouss^e avec force par les vents, coutre lesquels eile lulle : sur le milieu du vaisseau on voit le moude figure par un gtobe, sur lequel sont tra- cds le soleil, la lune, les mers, des villes , des arbres et des plantes. Le temps, peint sous la figure d’un vieiilard decra- 52 tVl O N U M E N S ANTIQUKS. pit, porte une barbe longue; il est posd debout sur Ie globe, et sesoutient avec deux bequilles. D’une main il tient unsa- blier, et de l’autre il dirige la voile ä laquelle cette figure parait comme suspendue. Sur l'autre proue ou voit un sque- iette aild , tenant d’une main une faux et un arc en repos , taudis que du bras droit il menace celui que le temps seinble eneore preserver de la destruction. Cetle allegorie parait avoir pour objet de montrer aux hommes que le terops est le seul mailre qui gouverne toule« clioses. XXXVII. Ce bas-relief, du premier style grec, servait proba- blemeut de pierre sepulcrale , et semble avoir ete exe'- cute en l’honneur d’un poete. On voit la Poesie touchant sa lyre, et recevant dans une patere le nectar que lui verse Plebe, repre'sente'e ailee a la maniere des Etrus- ques, qui donnaient des ailes ä toutes leurs divinites. MONUMENS FRANCAIS. D .L es monumens francais, dont je vais entreprendre Ia descriplion, composenl la partie principale de mon ou- vrage; et, si j ai introduit des monumens anliques dans mon livre , 1 c’est qu’ils tiennent ossentiellement ä l’his- toire des arls, meine relativement ä la France. Winckel- mann nous a ti ace, avec la puissancc du ge’nie, lamarche que nous avions ä suivre, et on lit avec interet, dans son Histoire de l’Art, la Chronologie des peuples anciens, en commencant par les Egyptiens pour passer aux Grecs, en suivant les progres des arts, et arriver aux Romains par le meine Systeme. C’est ä ces peuples celebres que nous devons les nolions que nous avons des arts; et les monumens de l’ancienne Gaule, que je vais decrire, en sont tne preuve incontestable , puisque leur execution porte lfcvrai style romain, tant dans le dessin que dans les form es, et que l’ony distingue parfaitement les meines principes dar. s le travail: les contours sont cernes autour des figurcs pou? les detacher de leur fond, comme on le voit dans les ei m ets et les bas-reliefs anliques. Les personnages qu ils >epresentent sont des divinites em- pruntees des Grecs et des ? omains, lorsque les Gaulois coloniserent chez les uns et\ a bilerent chez les autres. Ony rctrouve Mars sous le um. d’Esus, Jupiter, Mer- cure, Vulcam, Mmerve, Bacchus,T> pn? etC-> lous a( ] or e S sous les memes formes , avec les n^ raes atnibuts • l’on sait que ces peuples n’abandonne Qnt l eijrs ( ]; eux 1 Les monumens antiques qui compnsaient la l’-eniiere partie de cet onvrage ont etd retirds de la destructbn par mes soins; ils font encore partie de ce Musde, et les amav>urs iv- trouveronl par suite , dans la sali« diritroductibn , une gioridv partie des archetypes de ces morceaux prdcieux, que j’ai lait Jever ü mes frais avant de les renvoyer ä leurs Musees res« peclifs. 5 4 M O N V M E N S que vors 2l\0 de not re ere, 1 pour adopLcr Ie chrlstia- nisme, qui, lui-meme, n’est qu’iino suite modiüee de ces religions antiques. L’origine des anciens Gaulois remonte vers la plus haute antiquite. Ces pcuples, que plusicurs auteurs s’ae- cordent ä faire descendre du Word, se fixerem d’abord dans plusieurs contrees de 1 Europe, et bientöt apres se repandirent sur toule la surface du globe. Selon Tite-Live, les Gaulois, qui occupaient les cnvi- rons de Toulouse et le pays qui cst entre les Cevemics et les Pyrene'es, resserres dans leurs terres par une notn- breuse populalion , partirent au nombre de trente mille homracs pour faire la conquete du Levant, ayant Bren- nus ä leur töte. Pendant que ce general pillait le temple de Delphes et ravageait toule la Grece , vingt mille liommes de ses troupes , commandees par Leonorix, passerent dans la Tbrace. Ils soumirent tout le pays jus- qu’ä Bi za nee; et vinrent camper aux bords de lBbiles- pont. Peu de temps apres, ce ge'neral deputa un nnbas- sadeur ä Antipater, qui commandait en Ask pour la Grece. Apres une entrevue qui eut lieu enl’O los deux cliefs, Leonorix relourna ä Byzance. Lemonx, pour- si>ivant.;scs succes, ne tarda gucre ä entremvec ses troupes dans.laBitliynie, de concert, dam ce<- G entreprise, avec Wicomede, qui ä son tour sc servil des troupes gauloises pour comballre Zapoetes qu : ormpait une partie de ses etats. Lös-Gaulois jeterent « 3 ferreur par tonte l’Asie, et, rnalgre les pertes pr-digieuses qu’ils avaient faites en Grece, reduits'ä e ^ 1 ’ 011 ^‘ x liommes, tout ccdait ä leur courage.-d ce P a J s lut entierement soumis par eux. Divises tl 'ois Landes, ils partagerent ainsi leurs conquetes: ies uns s’arröterent sur les bords de l’Helles- ppitt, lo.c-autres se'fixerent en Eolide et en Ionie, et les plus rdleurcux, coiuius söus le nom de Tectosages y penetrerent jusqu’au fleuve lialys, qui baigne les confius 1 Sous i empire de Dece. t FR A N AIS. 55 d’Angora, connns depuis sous le nom d’Ancyredont nous avons dejä eu occasion de parier dans notre p rentiere parlie. Plinedil formellomentqu’Ancyre a elebatie par les Gaulois Tectosagcs. Oa lit aussi daris Slrabon , que les Gaulois diviserent leurs conquelcs, en Asie, en qualre parties, qu’ils e'la- blirent dans chacune un roi et des officiers de ]ustice et de guerre, et qu’ils ne ne'gligerenl point de rcndre la jus- tice et de sacrifier au milieu des forets de ebenes, sui- vant leur ancienne coutumc. Leur population s’etant prodigieusemcnt augmentee, et la terre, malgre des re’coltes abondantes, ne pouvant sulfire aux besoins d un peuple devenu trop considerable, la jeunesse s’e'tant rassemblee, se delerniina ä quitter 1 Asie; eile se mit en marclie, et s’avanca peu ä peu vers nos conlrees. Ces jeunes Gaulois, fonnant une cölönie considerable, se fixerem dans ce pays admirable, oii la nalure, paree de ses tresors, semble appeler les habitans de la terre , pour les reunir sous une temperalure douce, et leur procurer les jouissauces d un printemps pnrpe- tuellemenl actifi Ce pays fot appele depuis Gaules , et, pour me servir de l’exprcssion de D. Martin, ver sa- crum, printemps sacre. 1 Gelte jeune colonie ä chevelure blonde, dit Tite-Live, conserva long-temps la forme du gouvei nement qu’elle apporta de l’Asie, et qu’elle tenait de ses percs. La liberte etail le dieu tutelaire des Gaulois, et ce Sentiment qu’ils recevaient de la nalure, forlifie par l’education, les rendit terribles. Divises par canlons, seien leur coutume, ils maintenaient parmi cux cette cgalite de justice que 1 liomme naturel porte dans son coeur; ils se re'unissaient pour dedendre ceux que des voisins ambitieux voulaient opprimer. Leurs cliefs, divises en postesfixes et amovibles, 1 Lairde la Gaule ( selon Slrabon ) est saiu et temperd , ses terres ferliles : ony remarque d’agreables coteaux entre- coupds par des valides immenses. Selon Pomponius Mdia, la Gaule est riche en froment et en loin ; ses graudes forets servent ä l’embellir et ä en rendre le sdjour ddlicieux. M O N U M E N S 56 etaient clioisis cntre eux et par cux : ceüe forme de gom vernement leur rendit toute espece de domination insup- portable , et ils portaient l’amour dd la liberte jusqu’a vouloir amener les nations e'trangeres aux pieds de ses autels. Getle noble avidite de la gloire leur a souvent mis les armes ä la rnain. 11s allaient aux combats en chan- tanl et couronnes de fleurs; ils jetaient l’epouvante dans les camps ennemis par des hurlemens cjn’ils poussaient au loin. Simples comme la nature , les Gaulois dedaignaient, dans les combats, les ruses et les linesses de guerre: ces moyens de vaincre, disaient-ils, sont indignesd’un peuple courageux et libre. Ils campaienl communement en rase Campagne, le long desfleuves, des rivieres, ouau pied des monlagnes; et, apres avoir reiranche uue partie de leur arme'e pour la Conservation des bagages et des eba- riots, au premier Signal de leur chef, ils partaient avec la rapidite de la foudre pour fondre sur l’ennemi. « Aussi jamais nation ne fut plus martiale, jamais peuple ne porta plus loin l’intrepidite. Le me'pris de la rnort etait nalurel aux Gaulois ; ils avaient toutes les qualites necessaircs pour vaincre toute la terre, et ils en seraient venus ä bout s’ils eussent eu plus d’art et plus de discipline. » Les armes ejue portaient ces peuples, devenus formi- dables, etaient l’arc, la fleche, le bouclier, l’e'pee et une -lanpe plus ou moins longue, nommee gaesum , javelot; ils lancaient des chars dans les rangs de leurs ennemis, pour les rompre et s’ouvrir un passage, ce quils ex ecu- taient avec une preslesse inconcevable; souvent ils mc- laient leur infantcrie a leur cavalerie, et portaient ainsi le trouble et la mort I . Pour etre plus agiles, ils jetaient quelquefois le vetement qui leur couvrait la moitie du corps, et combaltaient nus. 2 « Le courage que faisaient 1 Selon Strabon, ils avaient la coutume barbare d’attaclier les tetes de leurs ennemis au cou de leurs chevaux etau-dessus des porles de leurs maisons j ils conservaient aussi embau.uides les tetes deshoimnes illustres, pour les monlrer aux dtrangers. 2 Tile-Livef Ue'cad. III , liv. IIJ dit qu’ä la balaille de FRAN^AIS. ^7 paraUre les Gaulois en allanl au combat csl au dessus de 1’homme. » ( dit Tite-Live. ) Apres les combats, daris les forets sacrees, in luco consecrato , sur de simples pierres brules , dressees cn ibrmes d’aulels, coulait le sang des liounnes et des ani- maux egorge's par la maiu des druides ; * 1 2 ces preLres avaient. associe leurs epouses, sous le nora de dniidesses, aux eeremonics religieuses. Loccupatiou principale de ces femmes etait de proplieüser et de lircr des augttres. Lorsque Alexandre Severe parlit pour unc expedilion de la(|i.ielle il ne revint point, une druidesse, druias, cria en langue gauloise, dit Lampridius: 2 Allez, n’es- perez point la victoire , et ne vonsßez pas ä vos soldats. Les druides seuls eiaient depositaires des masteres sacre's; ils n’ecrivaienl rien, et cachaient tres-soi- gneusement aux eirangers et au peuple le fond de leur religion; ce qui fait que la religion des ancieus Gaulois est peu connue. Les druides, selon Ciceron, posse'daient aussi l’art de la divination : « II y a dans les Gaules, dit-il, des druides, du nombre desquels etait Diviliac, iEduen, avec lesquels j'ai converse autrelois, qui se van- Cnunes, il y avait des Gaulois qui combattaient lius depuis le nombril jusqu’a la tete. Quelques Gaulois beiges combattaient tont 1111s; meme ils ne se depouillaient ainsi qu’un jour de batailie ( dit Polybe, hv. II, chap. VI.) 1 lies Gaulois bmlaient avec le corps ce que le ddfunt avait de plus precienx, meme les anirnaux qu’il ch^rissait le plus; ils celenraient avec beaucoup de pompe les funerailles de.’personnesdistingudes. ( Caesar, de. bello gallico ,Ub. VI.) Le vetemeut de ces prelres, selon Jacques Marlin, etait blanc,, composd d’une tunique et d’un manleau qui s'ouvraient par-devaut, ainsi que l'annouce l’abbd Banier : ( Mythologie , tome V) ils portaient ordiuairement des couronnes faites de femlles de ebenes. 2 Aütius Lampridius, historien latin du quntrieme siecle, avait composd , dans un style assez niddiocrc , la vie des empereuvs, dont il ne nous roste cpie cellcs de Commode, de Diadumene, bis de Macrin : d'Heliogabale et u’Alexandre Sdvere. 58 M O N U M E N S laient de connailre les secrels de la nature, el qui pre- disaient 1 l’avenir, soit par conjecture, soit par des au- gures. Des chants et des danses precedaient et termi- liaient communement les sacrifices; el c’est ainsi que ce peuple, enliercment livre ä l’obe'issance de ses prelres, rendait graces a la divinite du succes des armes. » Jules (Jesar s’elant introduit flans les Gaules par les Alpes , s’en rendit mailre aprös une guerre lougue et desastreuse; les Gaulois, fatigues par les combats, presses par le besohl de la paix, recurent les lois du vaiuqueur, qui poussa ses conquetes jusque dans la Germanie. Ces peuples, en rentrant dans lcurs foyers, trouverent dans l’agriculture les moyens de reparer les maux qui Ls acca- blaient depuis long-temps. Toujours amis de la liberte au milieu du malheur, ils repoussen nt de leur sociele toute idee de communaute dans les biens , et les pro- prieles ihren t rcspecte'es. Le guerrkr, d venu culLiva- teur, enloura son champ, et, en pressant le soc de sa charrue, il vit nallre de son travail une source inepni- sable de tresors. A cet arl pal< rnel a succede lVnvie d’echanger la surabondance des denrees excedant la con- sommatiou, avcc celles d un voisin probe; et les com- modiles de la vie, nees des bienfaits de l’asriculture, ont doime naissance au commerce. Un travail assidu äugmente lindustrie, et de l’industrie nait le commerce et les arts; ainsi a commence la civiiisation d un peuple immense et puissant. L’homme, en tournant sesregards vcrs une terre riche et abondante , a attribue a un etre surhumain, qu’il a cru son bienfaiteur, ce qui elait le fruit de son labeur et de son intelligence ; de ce moment l’ingratitude lui parut un crinic, et il se fit un devoir de rendre liom- 1 Si l’on en croit Strabon , les prelres des Gaulois dtaient divisds en trois bancles; les voetes dlaient charges des sacrifices, pendant lesquels les bardes chaniaieiit des po^sies de leur composition; les druides s’occupaient de la morale et des comiaissances sdeatiliques. v n A n q A i s. 5cf piage ü la divinite qui tous les ans paraissait le comblcr Je biens. Des simples pierres brules furent elevecs dans les forels, par les anciens Gaulois, pour recevoir lencens qu’ils olTraient a leurs dieux; mais l’art, feconde depuis par rindustrie et le commerce, cbercha des trails, des saillies on le genie , aide de la memoire, donna les formcs raisomiees ; des guirlandes , des couroimes de ebene furent sculptees sur les autels des Gaulois', et ces peuples, sauvages dans leur naissauce, eleverent aussi des raonu- mens et des statues. ( Voyez les Monumens celiiques dont il est parle dans cet ouvrage.) Depuis la conqnete des Gaules par les Romains, une grande partie des dieux d Atlienes et de Rome prirent laveur, et furent houorcs ä la place des ancicns dieux du pays. « Ils bonorent par-dessus toul le dieu Mercure (dit Jules Cesar ), qu’ils regardent comme 1’invenLeur de tous les arls, le guido des voyageurs, et celui qui aide plus que tous les aulres a amasser de l argent et ä ne'go- cier heureusement. Apres Mercure, ils rendent encore les bonneurs divins ä Apollon, ä Mars, a Jupiter et ä Mmerve, dont ils out presque la meine opinion que les autres nations. Ils croient qu’Apollon ebasse les mala- dies, que Minerve a donne le commencement aux ma- nufactures et aux arts, que Jupiter a pour son parlage l’empire du ciel, que Mars conduit la guerre: de lä vient que, lorsquils vont combattre, ils tont voeu de lui offrir ce qu ils pourront prendre, et apres la victoire ils lui immoleut des bestiaux pris aux ennemis. » Note suj' quelques antiqnhes frcmcaises des ddpartemens. D apres les descriptions interessantes que les monumens dont nous allons parier ont fait naitre lors de leur ddcou- verte , il serait a desirer que l’on put rassembter dans ce Musde ceux de ce temps-lä, qui sont encore epars dans nos ddpartemens, nolamment ceux qui se trouveut ä Arles , a Civeaux , a Montinoriüon , dans le Bourbonnais, dansTAu- 6 O M O N U M E N 3 vergne, etc.; ajouter oes monumens a ceux de notre histoire, dont on lit la descriplion dans cet ouvrage , ce serait, Sans contredit, fonner la plus riche collection de l’Europe, sur- tout si l’on observe que ce sont les monumens des premiers temps de la monarcliie et des temps anterieurs, qui sont les plus rares, et dont le Musee se trouve le moins garni. D'abord, si on jette un coup d’ceil sur la ville d’Arles, il est impossible de douter que cette ville antique ne possede uu nombre considdrable de monumens du Bas-Empire; eile lut long-lemps le sidge d’une colonie romaine; on y voit en- core tous les caracleres qui servent ä constater la presence des Romains , des arenes, des arcs de triomphe,des champs- dlysdes et des catacombes, oii, depuis, suivant l’archeveque Tnrpin , Cliarlemagne lit iulimner tous les cadavres de ceux qui avaient peri de la main des Sarrasins ä la ddfoite de Ronceveaux; et les cliemins sont couverts de sarcopliages chargesde bas-reliefs ou d’inscriptions plus curieuses les unes que les aulres. 1 Le nombre en est si grand, que beau- coup de carieux sesontformd des cabinets tres-curieux, seu- lement des objets qu’ils ont trouves dans l'intdrieur des tom- beaux; de maniere que les monumens , trop considerables ponr etre empörtes par des parliculiers , sont abandonnes dans les champs et sur les voies publiques. Je peuse donc que l’on peut faire trausporler ä Paris envirpn douze de ces tom- beaux, en choisissant les plus intdressans pour l’art et pour l’liistoire, sans nuire cepeudant ä la collection que l’on pour- rait formerdans ce ddpartement, en nommant un conserva- teur ad hoc. Nous y avons remarque le tronc , en marbie , d une aucienue stalne representanl un Esculape. Un serpent d’un voliime prodigieux enveioppe ce corps, dont les for- mes soutenues paraisseut etrecelies d'un homme dans l äge mür. Dans les espaces que forment les plis du serpent, on voit les signes du Zodiaque, sculptds en relief. Ce mouument, que l’on a cru etre uu ouvrage egyptien lors de sa ddcou- verte, sert ä confirmer notre opinion sur cette divinite, con- siddree comme l’image du soleii. En 172b on posa cette fi- gnre sur un socle en marbre , sur Icquel on fit graver ce qui suit : ’ Je possede une suite de dessins de ces monumens curieux (jue je dosnrrai au public. V R A N C A I S. 61 3 HOC ilGYPTIACVM YESCVLAPII S I M V L A C R V M YETVS ANTIQUISSIMÜ HVIVS VRBIS MONVMENTVM EXT ERIS YISENDVM EREXERVNT COWSVLES ANNO DOM. M. DCC. XXIII. L’obölisque d’Arles est un des plus beaux monumens ds ee gerne ; on croit qu’il est Je seul qui soit en Frauce, et on ignore en quel tetups , et comment il a 6t6 transportd a Arles. Sidonius Apollinaire nous apprend qu’il fut^levd dansl’an- cienne ville au milieu d une place entour^e de colonnes et de statues. Ce monument antique , abattu par les Sarrasins lors de ieurs raVages dans ces conlrdes, deraeura eufoui jus- qu’au regne de Charles IX, qui le vit peu de temps apres la decouverte que l’on en fit dans le jardin d’un particulier; il passait par cetle ville , accompagnd de sa mere, pour se rendre ä Lyon. Ce roi donna des ordres pour i’erection et la restauration de ce monument ; mais les troubles qui survin- rent dans l’etat empecherent qu’elle n’eut lieu. Louis XIY or- donna impdrativement la restauration del’obelisque d’Arles. On le posa sur quatre lions accroupis , et on l’affubla d’un piedestal d’un gout moderne , sur lequel on fit graver cette inscription en rhonne.ur du monarque protecteur des arts : ab irä leonis. Parmi les anc.iens tombeaux qui se trouvent dans la ville d’Arles, on en remarque un en marbre que i’on voit dans les catacombes des Minimes , et que l’on dit etre celui de Constantin I er ; mais comme ce monument n’est connu pour etre celui qui a du contenir cet empereur, que par une tradi- tion verbale, et qu’il n’est chargd d’aucune inscription, mais seulement d’un bas-relief, dont le sujet peut s’appliquer k tout autre personnage, nous nous permettrons de douter de l’applicatiou illustre qu’on a bien voulu lui donner. Cette opi- nion peut venir de ce que les habitans des villes cherchent d les accröditer aupres des voyageurs, et ä tirer avantage des hommes illustres qui les ont honoris par leur residence ou par leur naissance; et l’ou sait que Constantin le Grand, apres avoir 6t6 reconnu empereur de Britannie, aujourd’hui l’An- gleterre, se retira ä Arles avec Helene sa mere et toute sa fumille, pour^e rapprocher de ITtalie, et se mettre par lä 6 2 M O N U MENS ä meine de s’opposer aux projels de Maxence , que l’on avait proclarnd empereur de Rome. De ce moment la ville d'Arles fut rnohnue, sous Je nom de Constantine, pour la cnpiiale des dtats de Constantin; il relevases murs , que Crocusavait ruines, fortifia de nouveau [es places, les orna destatues, et fit etablir des fontaiues publiques. Les liabitans frapperent des medailles au nom de l’empereur, et c.onsacrerent la memoire de cette restauration eclatante par plusieurs inscriplions dans la forme de celle-ci, gravee sur uue frise aucienne cou- servee chez les templiers : IMP. CAES. FL. VAL. CONSTANTINO. P. F. AVG. RESTITVTORI. Nous bornerons ici la descriplion des monumens de cette ville celebre; ce sera le but d'uu travail particulier que nous nous proposons de donner au public. La Champagne, la Bourgogue et 1’Auvergne, retiferment aussi des monumens prdcieux du moyen äge. Si je passe ä Vic-le-Comte, en Auvergne, et si je jetie un coup d’ceil sur un lieu uomrn^ Issoire , que l’on dit tirer son nom de la ddesse Isis et de Horus son fils, je vois dans l’dglise Saint- Austemoine, (couvent de Bdnddictins) bäliedans le onzieme siede, une chapelle dont le plafond est ddcore de quatorze bas-reliefs , qui paraissent etre d’un travail beaucoup plus ancien que l’dpoque que l’on assigne ä l’erection de fddifice. D’abord, si j’examine le signe du lion , je vois cet animal ac,- compngnd de la massue d’Hercule, ce qui me ddtermiue ä penser qu’il represente, dans cette circonstance, cette divinite adord des Gaulois, ou le soleil lui meine dans sa plus haute exaltation; et l’on croit qu’il avait un temple dans le voisinage sous le nom de Bolenus. Si je passe ensuite a l’examen de la pierre qui a servi ä lessculpter, je vois quelle est blanche, d’un grain tres-fin, et d’une qualitd supdrieure a celle dont on s’est servi pour la conslruotion du monastere dont je parle. On dit meme dans le pays que la memoire d’homme ne laisse aucune trace de l’dpoque a laquelle lescarrieres cVo,!’ elles se tiraient furent fermdes. II parait donc certain, d'a- pres ces observations, que ces bas-reliefs out etd sc.uiptds pour un temple dddid ä une autre divinitd que celle reconnue par les chrdtiens , par consdquent construit anterieurement ä celui-ci, auquel on a adaptd depuis ces reiiefs. Dans les environs de Polignac, enfaisant des fouilles,on a ddcouvert quanlitd de tessons ou ddbris de vases, d’une terre ldgere , couleur de cornaline, qui sont ornes de reiiefs FRAN^AIS, 63 d’un dessin pur, ldger, et du meilleur gout. Vers l’an 1774, ou d(Sierra dans les campagnes de Riom , une stalue en pierre tendre, sculplde de grandeur naturelle , dont le travail parait remonter au commencemeut de notre ere. Cette ligure, ve~ tue d'une lougue tuuique, chargde d’un large sabve, soutenue par une ceinture, et ayaul la tele converle d’un grand bonnet pointu, serublable ä urie tiare , passe pour etre 1’iinnge de Vercingentorix, qui resista iong-lemps (laus ces coulrdes aux entreprises de Cesar. Quelques annees avant la rdvolution , j’ai dessine, en Auvergne, deux bas-reliefs du moyen iige, qui merilent d’etre remarques; le premier, sculptd en pierre, d’une composition libre et ingdnieuse, reprdsente une bacchanale; il elaitplacö dans un mur aux envirous de Beaumont. Le sec nd n’est que le fragment d’une pierre sdpnlcrale; et, si j’eu juge d’apres ce qui reste , et la forme de l’ins- cription dont il est Charge, je pense que c’est le debris d’un ancien sarcophage, plus tot qu’un simple bas-relief. 11 repre- senle une ceremonie funebre, et par cela merne devienl tres- remarquable, puisqu’il nous fait voir les cdrdmonies qui se praliquaient dans ce temps-Jä pour houorer les morts : on y voit parliculierement une pleureuse , tenant de cliaque main un Jacrymatoire de la forme de celui des anciens , qu’elle approche de ses yeux , et dans lesquels eile recoit ses larmes. Cette pratique des anciens, qui, seion les appa- rences , a passe cheznous, est rarement exprimee avec cette precision sur les motiumens comnis. Je reviendrai sur ce monument curieux dans l’ouvrage que je me propose de pu- blier sur les autiquites francaises inddites que renferment ros deparlemens. Cet ouvrage particulier fera suite ä celui que je publie sur le Musde. Voici l’iuscription dont il est chargd : D- M- EMMAE- L VC I AE M- LVCIAE- F- VI X- ANN- XVII- M- V- Sur la rive gauclie de la Vienne, en allant de Poitiers & Limoges, se trouve le village de Civeaux , si cd lehre dans l hisloire par la bataille decisive que gagna Clovis sur Ala- ric, roi des Visigohts; il reuferme une si grande quautite de tombeaux et de pierres sdpulcrales, que l’on eu compte jus- qu ä deux mille de diverses formes , dont les orneraens et 6 4 MONUMENS FRANC Als. les aju-temens sonl varies. On voit eucoredans le cimetiere du village une pierre tailiee eu forme de fau'r-uil, cjue les ha- 1 - bitaus appellent la c-haise deClovis, parce qne, diseut-ils, c'etait dessus cette espece de Iröue qu’il haranguait ses trou- pes. Montmorillon possede aussi des bas-reliefs el des inonu- meus precieux , dout nous anrons occasion de parier dans l’ouvrage dejä citd. Le 27 mars 1790, en cretisanl dans les environs de Cassel, pour etablir de nouvelles forlificalions, 011 ddcouvrit, sur d’anciens bätimens, les ddbris d’une colomie et de son pid- destal, dont le iravail fut considdrd eomme un ouvrage des Gaulois. Les especes d’deailles de poisson qui couvrent cette Cülonue, les divinites Jupiter, Hercule, Mercure qui y sont sculpldes , et les inscriptions dont le piddestal est Charge j portent le caractere agreste des monumens de ce peuple guerrier, tout annonce un houimage publiqueinent rendu ä leurs divinitds tutelaires. Le dessin de ce monument prdcieux m’a dte commumqud par le citoyen Sochot, oBicier du gdnie , adjoint ä l’etat- major de 1'armee, qui dtait prdsent lorsque l’on en fit ia decouverte. MONUMENS CELTIQUES. A utels cn pierre de Saint-Leu, eriges a Jupiter, sous le regne de Tibere , dans le commencement de notre ere, par les Parisiens commercantpar eau. Ces raonuraens curieux, cliarges de bas-relieis et d’inscrip- tions, 1 au nombre de six , forment cinq autels, dont un seul complet est compose de deux parties que j’ai reunies. Ge fi.it dans le courant du mois de mars 1711, qu’en fouillant dans le clioeur de INolre-Dame pour y eriger l’autel du fond, connu sous le nom de Vceu de Louis XIII, Ton trouva ces "monumens dont je vais parier. Vers le milieu du choeur, lieu clioisi pour construire une cave propre ä inhumer les prelats de cette calhe- drale, on decouvrit, ä six pieds en terre, ces picrres ornees de bas-reliefs et rangces de suite. Elles servaient en partie de base ä un mnr qui portait environ troispieds d’epaisseur. Piganiol prelcnd que l’eglise de Paris lut reconstruite sous Cliildebert 1 er , ä la place d’un temple dedie ä Jupiter. 2 J’ignore si les monumens trouves dans 1 Bauclolot a publiö, la meine annde de letir decouverte, un niernoire sur ces monumens. Fdhbien, dans son Histoire de. Paris, tome I <,r en a donnd une description savante. Yoici ce cju’il dit, pag. 129 : « Ces six pierres , enclavdes dans le petit mur, soni de la nature des pierres tendres de Saint-Leu. Cerlainement elles n’dtaient ])as lä dans leur place : elles avaient servi de pid- deslal ä quelque statue 011 ä quelqne antel, ou autre mo- nument dressd du temps que les Parisiens etaient encore idolatres. » 2 On croit que la conslruction de la cathddrale de Paris (Notre-Dame) avait dtd commencee par Clovis I er , et qu’elle fut achevde par Cliildebert, apres une expedition qu’il fiten Espagne. Cependant Fortunat, dans la description qui) faitde ce temple, e» laisse tonte la gloirea ce dernier, saus parier de Clovis. 5 66 MONÜMENS les fouilles ci-dessus citees 011t servi d’autorite a Piga- niol sur l’existence de ce temple , qu’il dit avoir servi de base ä celui que nous voyons encore aujourd’hui j rnais il est au moins probable, d’apres les debris decou- verts en 1711, qu’il y a eu sur ce terrain un monument public erige ä un culte particulier, et tout le monde sait queChildebert publia, en 554 > un <: di 1 P ar Lquel il ordon- liait la destruction des idoles et la demolition de tous les temples origes au paganisme. Des auteurs pretendent qu’il y avait pres de ce temple un port, et Fon s’accorde ä dire que le lieu ou etaient placees ces especes d’autels etait plante d’arbres, On sait aussi que c’etait dans les bois que les Gaulois exercaient leur ceremonies reli- gieuses. Selon 1 c temoigyage de Pline, ilsy consacraient des arbres ou des aulels , et plus communement des aulels , clepuis leur guerre et leur commerce avec les Romains. Du consentement de tous les auteurs anciens, ces peuples avaient ä.peu pres les memes usages. Ges monumens parvenus jusqu’a nous, et echappe's par une espece de phenomene au golhicisme et a la Superstition , ont par leur decouverte interesse les savans, et excite plusieurs discussions et plusieurs refutalions tres- interessantes de part et d’autre. Les antiquaires qui onü publie des memoires sur cette matiere sont Moreau de Mautour, Baudelot, Leibnitz et Montfaucon: Keisler parut ensuite; il refuta plusieurs passages de diffe'rens memoires, et. donna la prelerence ä celui de Baudelot. Ces especes d’autels sont au nombre de cinq, et charge's de bas-reliefs eL d’inscriptions celtiques, confbndues avec des terrrrinaisons latines. Les caracteres des lettres sont romains. L’une des inscriptions annonce que ces monumens ont ete eriges par des Gaulois, sous Tibere. Leur forme carree ressemble assez a celle que les anciens dofmaient h leurs autels consacres, ou par un usage de la religion du temps et du pays, ou par un motifde recom naissance de quelques particulier?, GEL T I Q U E S, 6? TM 0 i. Premier adtel !1 est chargd de trois bas-relids et d’une inscriplion tjue voici : TIB. CAESARE AVG; JOVI OPTVMO MAXSVMO (ara) M NAVTAE PARIS! ACI PVBLICE POSIERVNT. Tibere Cdsar,.ayant acceptd ou pris le nom d'Aiiguste, tes cnmmis ou les offici'ers de la navigation du territoim de Paris (les Nautes) ont consacrd publiquement cet autel, len action de graces, ä Jupiter tres-grand et tres-bon. « Ce monument peut ainsi avoir dtd drige sur la fin de !a premiere annee du regne de Tibere, lorsque dans les Gaules out eut appris qu’il s’dtait humanise, et cju’il recevait fenfin le nom d’Augüste, qu’il n’avait pas voulu qu’on lui decernät, comme on l’avait prevu, parce qu’il avait refuse les autres honnettrs, dit Baudelot. » Nautas se traduit ici par Nautes , ( udgocians par eau ) parce que nous n’avons point, dans notre langue, de mot qui signifie prdcisdment celui-lä. Au resle , les ( Nautes dtaient une socidtd de riches ndgocians qui jouissaient de grands privileges, et qui dtaient souvent honords des char- ges municipales. Ces commercans, soivant Baudelot, fai- saient voilurersur la Seine des marcliandises pour leurcompte autant que pour celui d'aulrui. II eite plusieurs inscription3 latines eil faveur de ce qu’il avance : il donue particuliere- ment uneinscription prise sur uue grande urne a Roine, qui annonce qu’un Rdgutien, Chevalier vomain, patron de plusieurs communautes et meme des Sextumvirs ä Lyon i est appele Nauta araricus. J’ai traduit Parisiaci par Parisiens, parce que l'on sait que Cdsar entendait par les Parisii, tous les originaires du paj's dont Paris etait des ce letnps la capitale. Le mot Pa- siaci est employd dans le metne sens, dans les chartes de Childebert, Gregoire de Tours , et dans les capilulaires de Cliarleruagne. «II s’agit de savoir quels dtaient ceux qui ont drigd ä Paris, sous l’ejnpereur Tibere, un monument re-», ligieux, un atitel au pere, au souverain , au plus grand des dieux (dil Felibien. ) Le seul nom de Jupiter ne permet pas de penser cjue des personnes viles aient osd lui dresser uii autel considerable. Soixante provinc.es des Gaules ont concouru pour en enger un ä Auguste, dien de nouvelle fa- brique; et i'on voudrait que de simples bateliers eussent dressd un autel au grand Jupiter ! II est vrai que les auteurs de cette drec.tion se sont nommes Nautce ; mais ils se sont fäit reprdsenter en rneme temps, et dans toutes les figures retracdes par leur ordre. Outre les dieux et les demi-dieux, on ne voit que sacrilicateurs ou sevirs, (personnes portant les armes) cavaliers avec des casques et des cuirasses- dame« houorablement vetues : c.e sont lä les Nautce parisiaci qwi ont drige l’autel ä Jupiter. Les Nantes dlaient donc une so- cidtd de gens de dillereutes conditious : en considerant ce. corps composd de plusieurs conditious , il est naturei de demander quel dtait le point qui reunissait tous ces dtals, C’dtaient le commerce par eau , la navigation entreprise pour entretenir l’abondance des vivres et les commoditds de la vie. Sextius Regulianus, Chevalier romain et patron des iVanfe.y,dtaillYautalui-merne,et marchand devin etd’huile. Liberius Decimanus, honorable citoyen de Vienne et Nauta, dtait marchand de vin. Earbius Theopompus , qui s’acquitte d’un voeu envers Orithye, etait marchand. Les Scapharii de Seville faisaient profession de marchaudises. L. Besius, chevalier romain, faisait gloire d’etre courtier des Gaules, et sa fidelitd dans cette charge lui a mdrild l’dloge de trois provinces et un momiment honorable. » D’apres toutes ces considerations, on ne sera plus dtonne de trouver sur le momiment donl je parle, des bas-reliefs reprdsentant Mercure, Bacchus, meine Vdnus. II parait probable que ces ndgocians liebes et civilisds ont du rendre des honneurs aux divinites protectrices de leur commerce ; et il dtait d’usage, lorsqu’on drigeait un autel ä une divi- nild quelconque, de l’orner de bas-reliefs, et sur-tout lorsqu’on l’drigeait pour un objet particulier. Les autels con- tenaieut tres-souvent, ou le motif ou les aventures de ceux. qui les drigeaient, ou ce qui concernait la mythologie et le culte du dieu a qui ils etaient consacrds. Le bas-relief placd sur la pierre dont je parle reprdsente Sans doute une cdre- xnonie religieuse, qui s’est faite ä son drection par ceux qui l’ont dedie. On ne consacrait point sans cela de monument public de piete; cliaque peuple avait ses usages diffdrens. Les Parisieus , anisi que les autres peuples , dtaient at- taclies ä de certaiues pratiques religieuses : ils en a valent CELTIQUES. 69 sans doute «ne toute particuliere dans cette occasion, ainsi que Fon peut s’en convaincre par le monument meine. Les figures que I’on remarque dans le bas-reiief suivant, dontvoici l’inscription, qui est en partie mulilee, SENANI VEILO., 1 ne paraissent aucunement avoir rap- port ä la mythologie ou ä l'hisloire de Jupiter. 11 n’y a pas d’apparence qu’on ait voulu sculpter ä l'aveuture uue ac- tion profane sur un autel consacrö n uu dien. Ce ne peut elre par consdquent qu’une ceremome observde ä la dedicace de l’autel. Par l’attilude et la Situation des figures, on assurerait qu’elles paraissent faire une espece de procession ä la mode et suivant le rit du pnys : c’dtnit la couturne des Gaulois, de se tourner du cold gauche dans les ceretnonies religieuses. Si l’on examine l’autel dont je parle, 011 remarquera que toutes les figures des trois faces du bas-relief font voir une Union de demarches entr’elles et une meine allure ; c’est ce qui peut autoriser ä assurer qu’elles etaieut lä dans une fonction religieuse. Dans uu passage, Lucain s’exprime ainsi : Druides, des qu'011 aura mis les armes bas, vons repren- dre.z vos usages barbares et la coutuine de vous tourner ä gauche dans vos ce'renionies religieuses. On remarque sur l’une des faces de l’autel plusieurs personnages sans armes, tandis que les aut res sout armes; il est probable que ce sont des druides que l’on a voulu re- prdsenter ; et en donnant au mot Senani sa v^rilable inter- prdtation , vieillard, seigneur, respectable, senateur, etc. il n’y a plus de doule sur son application , puisqu’il s’agit d’une ceremome publique qui avait rapport ä l’einpereur; et je ne doute point que ceux qui dlaient regardes comme chefs de la religi.on, n’y fussent admis. Strabon dit en propres lermes, qu’ils ne font aucunes cdremonies religieuses sans druides; d’ailleurs, Diodore de Sicile, parlant des Gaulois, dit precisdment qu’ils ne faisaient rien en matiere de religion saus les y inviter, parce qu’ils ne croyaieut pas pouvoir rendre graces aux dieux , ni leur dealander des bien— faits sans le miuislere des prelres. ’ ldeccard, dans sa Dissertation sur ces monumeus, prdleud que c’est une M qui manque au mot veilo , et coinpose ainsi l’inscription Senani Veilom , qu’il dit signifier les naeigateurs de la Seine , f Se- quanicos NautasJ ou ceux qui gouvernent les 11avires de la Seine ;et , comme il voit les figures de ce bas-relief couronn^es, sans armes et en habits de paix, il suppose que ce sont les fondateurs de l’antel , dans J’act-e de sacrificr, que l’on a voulu reprdsenler. MONUMENS & '70 C Veilo ou gui de ebene accompagne Se.nani, et vient ä l’appui de ce que je viens d’avancer. Les druides n'avaient rieu de plus sacre, dans leur rebgion, cpie le gui et le ebene qui le portait; ils y avaient mie teile conliance , cjn'ils di- saieut qu'il renfermait en 1 ui seid toules les verlus de la inddecine ; ce qui 1 ui avail l'ail donner un nom partic.ulier, qui signifiait : Qui guerii de tous maux. Omnia sancintem appellantes suo vocabulo. D’apres ces rapprochemens, ii ji'y a plus de deute sur l’explication de ce bas-relief. Oil remarque dans les habilleinens de ceux-ci, difTerens de ceux des untres faces, la tunique dont parle le scholiaste de Juvdnal. Les Gaulois se servaient, dans leurs cerdmo- nies religieuses, d'uiie tunique carree avec des bandes de po urpre qui vont en diminuant de part et d’autre, coimne on le voit dans Isidore. Pbne, qui en parle aussi, dit que je fbnd etait blaue, cbnmarrd de bandes de pourpre. Voici l’inscription du second bas-relief: EVRISES. Dans le bas-relief suivant, on remarque les principaux de ceux qui onsaerentle monument: touty esl caractense, les tna- jueres et les pratiques du pays, l'air, la barbe, l'habit et 3,'s armes. Diodore de Sicile et Strabon donnent aux Gau- jois un aspect rüde et un visage feroce. Le premier dit que" jes uns se rasent la barbe, et que d’autres la gardent; cpie les nobles d’entre eux ou les gens dislinguds se rasent 16- gerement lesjoues, mais se laisssent venir les moustaclies peudaules. L’habillement l’epond encore a ce qu’on lit dans Strabon: ils portaient, rlit-il, des vetemens fandus et ä manches, cjui descendaient jusque vers les genonx ; c’est ce que plusieurs auteurs out noirimd sagum, car le sagum etait propre aux Celles. Sudtone oppose le sagum ä la tage. Notre ancien mot sayon 1 1 re sa ranne de sagum. La pique qu’on leur voit tenir est une arme qui leur dtait propre. Diodore de Sicile dit qu'ils les appelaient lances. Le bouclier, tel qu’on le voit sur le bas-relief, etait aussi partic.ulier aux Gaulois. Polybe et Tite-Live convienneut que le bouclier gaulois etait plus long que large. Pausa- liins, dans un passage, le ddsigne par un tnot grec, c[ui veut dire de g andeur humaine : il dit encore que les Gaulois 'voulant passer le. Sperchius , lleuve de Tliessalie , ils se servirent chacim des boucliers de leur pays , ctppeles thures, en guise de pmiU ns. Ces boucliers, dit le meine auieur, dtaient histories suivant les manieres des peuples, et portaler.', souveut les marques diffdrentes de leur brayour?^. CELTIQUKS. 71 Ceux-ci, n’ayant rien de particulier, autovisent ä croire que ceux qui les portaient u’exeroaieut aucune fonctioti imlituire. La coutume des Gaulois elait de ne rien feire en public qu’arm^s; aussi Slrabon dit a ce sujet : Les Celtes sont armes dans toutes les affaires publiques de la ville j ils 11entreni pas m&me aut erneut dans le temple, Quant au cercle que !e preinier des trois liommes lient ä la rnain, Baudelot dit « que ce ne peuL-etre qu'uue cou- ronne , et une couronue de m^tal prdcieux; ce que l’on aurait mieux eclairci si l’on avait l'autre rnoitie du bas-re- iiel. C’dlait une des vnauieres de inarquer sa reconnaissance aux dieux et aux liommes chez presque tous les peuples : or, le dessein de ceux-ci dtait sans doute d’aller porter cette couronue dans les bois , 011 ils drigenient leur autel, pour la suspendre ä quelqu’uii des arbres qu’ils y rdvdraieut comme Jupiter. 1 Ou remarque, dans le troisieme bas-relief, que les figures vout, comme dans lesautres,du cötd gauclie. Elles solltet plus jeunes et sans barbe ; ce pourrait etre des jeunes gens. accomgaguant leurs peres ou leurs anciens dans la ceremo- nie. L’enfauce dtait tres-longue dans les Gaules, et 011 ne jouissait que tres-tard des droits d'homme lait. Tacite dit ä ce sujet, cpie ce n’etait que par le don en public d’une lance et d'uu bouclier, que i’011 dmaucipait les jeunes gens. Les Gaulois portaient egalerneut leurs boucliers ovales ou carre- long t L’inscriptiou qui a ete detruiteet les mutilalions de ce bas-relief rendent sou explication obscure , et Baudelot lui- metne ne s’explique point sur 1 'habillement de ces jeunes Gaulois , que I on voit agrale sur l'dpaule droite. II est fa- cheux que les inscriptions aient disparu; elles auraient aide ä la lettre. Baudelot explique ainsi les mots evrises, senani et leud ou liud: il pretend qu’evn’jej est le pluriel de ur, qui signifie en laugue celtique, komme; leud 011 /zWsiguifie- chants; alors il clesignerait les chauleurs ou les pretres de ' Le grand cercle que porte celui qui rnarche ä la tete des Nau~ les , est saus doule une couronue en forme de diad£tne , dont ils vou- laient ceindre la tete du pbre des dieux. Ges couronnes qu’ou offrait dtaient souvent amovibles et detachdes, comme celle-ci, et le nombre en etait grand. Ou les faisait ainsi pour seconder la d^votion des par- ticuliers, qui souhaitaieut que les couronnes qu’ils oft’raient seryis- sent quelquefois ä d^corer leurs dieux. Sans parier que les pretres y trouvaient aussi leur compte ; car , comme les couronnes se multi- pliaient ä l’infini, les ministres des autels , sur des prdtextes qui ne leur manquaient jamais, les detournaient ä leur profit. MONUMENS 7 2 la cdremonie. 1 Dans les Origines gauloises de Boxlioni evrid signifie dore'. Dans le Lexique du P. Maunoir, aour veutdire or; en Sorte que Baudelot, qui prdtend qu’e- vrises est l’ancienne mattiere de prunoncer, explique ce bas- relief ainsi: Une couronne dor est Offerte par les navigateurs de la Seine, au dieu ä qui laute.I est ftige'. N° 2. SECOND AUTEL. Le premier bas-relief represente Jupiter barbu, ä la celtique; ce qui demonlre qu’il a ete erige et sculpte dans le pays. Le lerme de Iovis est le nom celtique de ce dien avec une terminaison romaine, parce que les Celles ne disaient c[ue iou. Baudelot prdtend que Jupiter pose la main droite sur la tete d’un iiomme en petit, ä demi-nu , qu’il croit etre celui qui a drigd l’autel, qui se inet sous la protection de ce dieu, ainsi que l’on trouve de ces sortes de types dans les mddailles rojnaines. On lit au haut du bas-relief: IOVIS. a Je ,1’ai exarnine attentivement; et, ä travers les ruines et les mutilalions que ce monumeut a eprottvdes par le temps, au lieu d'un komme , j’y ai remarque la peau d'un belier, po- sde sur le bras de Jupiter, dont la tete et les cornes sont tres- apparentes. Ou sait que le belier est aussi un des attributs que Ton donne ä ce dieu : ce pourrait bien etre aussi l’eui- bletne des especes de victimes que l’on sacrifiait ä Jupiter dans les Gaules. La figure et le nom du dieu Vulcain, ainsi derit: VOL- CAiNYS , le marteau place ä saceinture, les fenailles qu’il porte ä la main , expliquent clairement le second bas-relief, et leveut tous les doutes. ‘ Dans les edremonies religieuses , les drnides portaient toujours de longues robes blanches , rayees de pourpre , coupdes de teile Sorte, que les raies allaient sucressivement en diminuant. a Un fanatique, fachd de trouver dans ce monument une autoritd de l’idolut.ie de nos ancetres, s’est permis d’ajouter tut trait au bas de la premidre lettre de Ioei. r, qui est l’I consonne , et d’en faire une L, pour substituer le mot Louis ä la place de celui de Iovis, et faire croire, par cette supercherie absurde , que le monument avait dtd drige ä un des rois de France ; il av*t accoiupague cette sottise d’un grand couamentaire. CELTIQUKS. 73 Plutarque nous apprend, sur le culte des Gaulois pour Vulcain, que ces peuples ayant ddclard la guerre aux Romains, leur roi Viridomar, croyant par 1111 venu obtemr du succes dans ses armes, promit d’offnrä Vulcain les depouil- Jes des ennemis. Viridoinar, loin d’obtenir du succes, fut defait et tud par le cousul Marcellus, son nrmee fut mise eu deroute, et les armes des vaiucus portees eil triomphe et appendues dans le temple de Jupiter Edretrien. « Les Gaulois , sous l iridomar leur roi, avaienl promis de. vouer a V ulcain les armes des Romains. II en. jut autrement. Viridomar ayant ete tue, Marcellus suspend leurs armes dans le temple de Jupiter Fulminant. 1 Les Gaulois attachaieut la meme idde ä Vulcain, que les anciens peuples chez lesquels ils avaient pnisd une par- tie de leur religion. Ces peuples, adroits a travailler les nie- taux , olfraient des sacrifices ä ce dien , dans l’esperance de perl'ectionner un travail qui llattait infiuiment leur goüt. Pline dit qu’ils trouverent les premiers l'art d’etamer le cuivre dont 011 doublait les vaisseaux. Ils perfeclionnerent si bien ce talenl, qu’ils parvinrent ä vernir avec de l argent les liar- liois de leurs chevaux et l’atleJage des chars. Plumbum al- bum incoquitur ceris operibus Galliarum invento, ita ut vix discerni queat ab argento, eaque incoctilia vocant. Deinde et argentum incoquere simili modo cepere., equorum maxime ornamentis, jumentorumque jugis. « Le plomb blaue (saus doute l’elain) s’amalgame et s’ajoule aux ouvrages d'airain, invention des Gaulois, de fapon qu’on peut ä peine le disceruer de l’argent; ilsappellenlcette Operation eltamage. Ils se sont servis du meine proedde pour appliquer l’argent, sur-tout pour les ornemens des chevaux et harnois des beles de somine.» Le troisieme bas-relief represente Mars, exprime encelte par le mot ESVS. Esus , divinile a laquelle les Gaulois donnaieul la Suprematie que Ton croit etre Mars. II est re- prdsentd au milieu d’un bois, cueillant le gui saerd} ce qui pourrail faire entendre cpie les druides recevaient le gui des mains d’Esus" , la supreme divinild, pour le commu- niquer ensuite aux hommes. La sculplure de ce monument est si grossiere, qu’Esus a plutot fair d’un bucheron qui dbranche un arbre , que d’un dien. Voici ce qu’en dit Fdli- bien , Histoire de Paris, premier volume, page i 35 . 1 Viridomaro rege, romana arma T^ulcano promiserunt Gal/i; olinrsurn vota ceciderunt : occiso enim rege , Marcellus tertia post Romulum patrem Feretrio lovi arma suspendit. 74 MONUMENS « A la face de ln seconde pierre, on voit un homme sans harbe, vetu aussi com-tement que Vulcain, l’bpaule droile et le bras droit m:s comme Im, le genou gauche appuye contre le tronc d’iui arbre, et Je pied droit ä terre; la main gauche err.poigne une brauche feuillue, et ln droile, elevee, et armde de quelque cliose que tious avous ddcouvert etre une espec-e de doloire , semble fondre avec effort de tont le corps , ponr couper cetle brauche. Eufin sur la plate- bante d’eu haut est grave ESYS. La phipart de nos au- tiquaires supposent , sans le prouver , que le iigrvis des Celtes est le dien Mars des Romains. Les autornds de Lucain et de Lactance, qu’ils citeot lä-ilessus, ne le diseut point. » x k Le gaudesqve feris altaribus Hesus du premier, et He- sum atque. Teuthaten humann cruore placcint du second , ne ddsignent poiut Mars; mms il ne parle.point de Hesus; et d'ailleurs, il attribue aux Gaulois le cuite de tous les aulres dieux des Romains. En quoi son temoiguage parait avoir besohl d'une explicaliou favorable ä la rbputation d’un aussi grand homme ; et nous iien pouvons donner d’autre , sinon que, negligeant de rapporter les norns que les Gaulois don- naient a leurs dieux, il n’a juge que de leurs utlnbuls, et par annlogie leur a donne les uoms connus des Romains , pour qm il ecrivait. Leibnitz, apres avoir eile la passage de Lucain, ajoute dogmatiquemeut : C’etait le dieu , qui est l ’Ares des Grecs et 1 ’Erich des Gennains; c’estp >ur- quoi lp mardi est encore appele Eurichdag chez les hauts Ällemands: et si on lui oppose qu’ Erich et Esus sont bien diflereus, il vous dira que les lettres R et S se changaient aisemeut, comme dans Papisius et PapiriusFisius et Fu- rius. Heccard pretend que ce n’esl pomt ie dieu Hesus qui jest repa'dsente ici, inais uu pretre de Hesus, ou druide saus hal be; ( d’ou il couclut que les druides ne portaient poiut Je barbe ) lequel , vetu d’une robe blanche ( qui lui a dit qu’elle etait blanche?) coupe avec une.serpe d’or le sacre gui de chene ; sur quoi il rapporte un grand passage de Pliue, lequel, au chap. XCY du ii v. XVI de son Histoire Naturelle, decrit ampiement cetle ceremome et ton (es les vertus qu'on attribuait au gui de chene, que les Gaulois re- gardaient comme un remede universel, d’oii vient que les Gaulois l’appelaient G ueritou .Heccard dit furmelle- meut que ce n’est pas le dieu Hesus qu’on a voulu re presenter dans cetle figure, mais la mamere de cueillir reli- gieusement le gui de diene , qu’il lui plait d’appeler Hesus.. a la fayeur de beaucoup de traasmutations. Xout hjen con- CELTIQUES, 7 $ »kl^re, il Taut mieux l’en croire que de disputer sur une ehose dont on tie pent vien dire de cerlaiu. 1 On remarque dans le quatrieme bas - veliel l’inscription suivaute : TARVOS TRIGARANVS. Un taureau au mi- lieu des bois et trois grues Ibrinent la composilion du mo- nument, Ce taureau est reprdsente dans une espece de bois, d’oii s’blevent des arbres de part et d’autre: ce dien , pour tonte suite , lia que trois oiseaux, l’un est sur sa tele, un autre sur le milieu de son corps , et le troisieme est sur sa croupe. L’inscription qui est au haut de la pierre, consisle euces deux mots : TARVOS TRIGARANVS, qui signi- fieut taureau u trois grues ; les Gaulois avaient uue tres- grande venbralion pour les images et les reprösentations de taureau. Plutarque nous donne une preuve autlientique du culte des Gaulois pour le taureau , quand il dit que sous le con- sulat de Marius, une armde considerable, composee d’Ara- brons , de Teutonset de Cimbres , apres avoir passe 1’Adige pour forcer Rome, proposerent une honri'ete capitulation aux Romains qui avient d^fendu le fort, jurerent par leur taureau d'airain d’observer les conditions du traite. Apres leur dbfaite, leconsul Catulus fit porter ce taureau dans sa inaison , comine uue glorieuse döpouille et comrae le mo- jnnnent le plus precieux de sa victoire. Grdgoire de Tours dit aussi, en parlant des dieux des Gaulois, qu’ils engerent en divinites les forets, les eaux, les oiseaux, et particulie- rement le taureau. Sans faire remonter si haut le culte du taureau chez les Gaulois, arrelons-nous au cinquieme siede; examinons le lotnbeau de Childdric, et nous trouverons des traces de son culte parliculier pour le taureau , puisqu’ü l’ouverture de son tombeau , iorsqu’il fut change de place , ou trouva une tele de taureau qui etait d’or. Baudelot dit. que taru,tri et garan sout trois mots celtiques qui signi- fient taureau, trois et grue; et il est reconuu que les anciens Geltes portaient sur leurs enseigties l’image du taureau. Ta- cite dit qu’ils btaient dans l’usage de les ddposer dans les bois, qui etaient leurs temples. Cette alldgorie peut s’ex- ‘ Quant ä la rcligion des premiers Parisiens, ils dtaient idolälres de meine que tous les autres Gaulois, et quoiqu’iis adorassent Jupiter, Miuerve et Apollon, Mercure n^anrnoins , qu’ils noimiKiient Theutates , passait apparemment pour le plus graiul de leurs dieux, aussi bien que Mars , dit autrement Esus. Et de fait, a Montmartre CI reste encore quelque ruine de leur temple , ce qui est cause que JYedegaire appelle cetle montagne Mons Mercurii, et Abbon , Mon.f Martis s d’oü est yemile mot de Montmartre . ( Sauval s tom. I, p. 6o.) MONUMENS y6 pliquer ainsi, suivant Baudelot. « Le taureati, comme on le voit ici, est peut-etre une Image de la paix dont les peuples jouissaient sous la domination des Romains. Les grues qu’on y voit tranquilles, y seraient aussi par la meme idde et par le meme rnotif. Les grues, dit Aristote, sollt si opiniätres et si acharnees dans lescombats qn’ellesse livrent entr’elles, qu’elles se laisseut plutot prendre par les liommes, que de quitter prise. II n’y a point de doute qu’elles sout lä comme Symbole du courage. » N° 5. TROISIEME AUT EL. Le bas-relief charge de l’inscription suivante , GERN VNNOS , represente le dien Pan portant deux especes de cornes : on remarque deux anneaux passes dans ces cornes, qui ressemblent assez ii des bois de daim. Ceci est peut-etre une alldgorie qui arapport au gout que les Gaulois prenaient ä cliasser ces animaux ; les anneaux sont des couronues d’or ou d’autre mdtal dont ces peuples couronnaient leurs divinitds, comme on l’a vu plus haut. Ce dien parait avoir etd adore par les Gaulois comme le maitre des forets, et invoqud par eux avant que d aher ä la chasse des betes fauves, exercice pour lequel ils avaient beaucoup de goüt. Ils portaient cette passion si loin, qu’ä leur retour ils laisaient des especes de marches triompnales , portant les tetes des animaux qu’ils avaient forcds et tues, et les atta- chaient aux portes de leurs maisons , ainsi que nous avons vu les gardes-chasse clouc-r ä leur porte les oiseaux de proie qu’ils avaient tuds. Cet usage remonte fort haut, car on sait que les Grecs, au retour de la chasse, offraient ä Diane une partie des betes qu’ils y avaient prises; souvent meme ils appendaient ä des arbres les tetes ou les jambes de ces animaux. La chasse que les Gaulois afl'eclionnaient le plus , etait celle de J’dlan et du daim , dont on voit les cornes fi- gurees sur le front de notre Cernuiinos. Cesar parle aussi d’une chasse particuliere etfortaimde des Gaulois , nommde chasse de l’ztre ou du taureau sauvage, animal qui etait fort gros et fort grand. « La jeunesse des Gaules, dit-il, s’adon- nait fort a la chasse des ures; eile n’acqudrait de gloire et d’honneur qu’ä proportion du nombre des ures quelle pre- CELTIQUES. 77 nait: on en exposait les cornes dans les lieux publics; on les gardait soigneusement, et on les faisait border d’or ou d ar- gent pour s’en servil' dans les festins d’dclat. » Toutes ces sortes de chasses ont fait long-temps les delices des Gaulois et des Francais , disent Grdgoire de Tours et Fortunat. Ce dernier, dcrivant ä Gonon , lui demande s’il s’oceupe ä la chasse des cerfs, chevreuils, dlans , buffles , ours , änes sauvages et sangliers dont abondaient les forets des Ardennes et des Vosges. Baudelot explique ainsi l’insc.ription CERNYNNOS, placde au - dessus du bas-relief, par cer, ker ou eher, qui veut dire hon ou e vcellent, et nunnos par maitre ou pere : il dit maitre du lieu, ou hon et excellent pere. Le bas-relief qui suit reprdsente Hercule combattant lTvy— dre. L’inscription, entiörement ruinde, dont on ne voit plus que les deux lettres os, est sans doute le reste du mol ogmios, nom celtique d’Hercule : cependant ony ddcouvre les let- tres suivantes, que Baudelot u’explique point. Si l’on con- sulte Fdlibien, on pourrait lire, eu suppldantace qui a ete detruit de l’inscription ainsi ecrite, SEVI... RI.OS, Sevir Riparios; 1 ce qui dösigne, selon ce savant, une as- semblde de six magistrats , chargds d’inspecter les travaux de riviere , et sur-tout de la navigation; mais rien ne nous autorise a etre de l’avis deFdlibien; et si l’on fait rapporter l’inscription au bas-relief, on ne sera pas eloignd d’adopter l'opinion de Baudelot, qui est fondee et vraisemblable , puisc[ue le monutneut dont je parle represente un homme armd qui leve ie bras pour frapper un reptile qui parait s’dlancer sur lui; et il est reconnu que les Gaulois honoraient Hercule sous le nom d’Ogmius. Les Germains liono- raient aussi Hercule , et lui avaient consacre une de leurs forets. D’apres ces rapprochemens , on voit clairement que les riclies navigateurs de la Seine ont rendu par ce monu- ment public hommage a Hercule, une des divinitds recon- nues du pays. On remarque sur les deux autres bas-reliefs Castor et 1 r L’adjectif riparius est un terme latin du bei usage, et dont Pline s’est servi au Uv. XXX, chap XII. On appelait Riparii, selon Casaubon , dans ses notes sur l’Aurdlien de Fiavius Vopiscus , ceux qui liabitaient les rivages des fleuves; et le Code Theodosien , autitre de re militari , fait mention des troupes appel^es , i cause du voisi- nage des rivieres cotifiees ä leur garde, Riparienses et Ripenses. On a donc pu appeler , du temps de Tibbre , Riparios des magistrats prdpos6s pour veillcr ä la süret^ de la navigation et ä l’entratien des rivages. « (Fdiibien, aint. de Paris.) Pollux. Les Gaulois avaient les meines iddes de ces dete hdros,et les reprdsenlaient comme les Grecs et les Romains» On lit au-dessus du bas-relief : CASTOR, ce qui leve tous les doules. On sait que ces divinilds dtaient favorables ä la navigation. Le bas-relief suivaut, dout rinscriplion est totalemen t effacde, reprdsenle Pollux. N° 4. QUATRIEJtK AÜTEt. Oii remarque un bas-relief ä cliaque face de cette pierre, plus maltraitee que les autres , puisque les inscriptions sont entierement elfacees ; ce qui jette beaucoup d’obscurite sur ce monument , qui proba- blement fait suite aux autres. La premiere face reprdseute un homme armd, ayant le raanteau mililaire et le bras droit appuyd sur sa Jance, qu'il tient par le häuf; sa tete est couverte d’un casque : ä sa gau- che est u 11 jeune homme vetu d’une longue rohe, semblable ä la stoli'j il paiait avoir le bras droit nu , et orne d un bracelet jusqu’au baut du bras. La seconde face reprdseute uuefemme nue, qui 11’a qu’un bout de sa rolie sur le bras gauche, et qui de l’autre sernble se devoiler; il est-plus que probable que c'est Vdnus que l’on a voulu reprdseuter, car la navi- gatiou dtait du nombre de ses attribulions, el je ne suis pas dloigud de croire que les navigateurs de la Seine, voulant rendre hommage a Tibere par un monument autbentique , ne sesoient plus n faire reprdsenter sur re monument toutes lesdivinilds protectrices du commerce qu’ils exercaient. C’est pourquoi 011 voit dans les autres bas-reliefs Bacchus et Mer- eure. En examinant le monument avec attention, on ddeou- vre le caducde et le petase du dien dont je parle; la barbe qu’on lui a donnde annonce un age niiir et respectable. Les Gaulois donnaient ä Mercure Barbu le surnorn d'Artaien , qui signifiait pour eux, auguste, exceller.t, grand, etc. Il est certain que toutes ces pierres 011t des rapports entre eiles, et que le motif de leur ereetion a dld le meme , puisque les inscriptions et les figures de cbacune d’elles concourent a un ensemble commun. On connait dans les antiquitds gauloises une figure de Mercure qui porle sur sa tete, au lieu de son cliapeau aild, des oreilies semblables ä celles d’unane, d'im lapin ou d’ur. C E L T I Q U E S. jy lidvre : on donnait ä ce Mercure le surnora de Cessonius , Les faunes , les silenes, les satyres, qui coinposent toujours Je cortdge de Bacchus, porlent des ereiltes semblables ä celles que l'on domie au Mercure Cessonius dont je parle ; ce qui me ferait croire que cette diviuitd est lä comme suite de Bacchus , qui sernble le pröceder; car, malgvd les ruines du motiument, on apper^it des grappes de raisiu qui coiff'ent la tete du personnage qui suit notre Mercure Artdien. Bacchus et Mercure convieunent parfaitement dans cette occa- sion , puisque ce monuineut a et6 erig6 par des gens qui out toute raison d’honorer Bacchus, le principe de ia Vegetation et de la reproduction annuelle, sans laquelle leur commerce serait sans activitö. Les figures qui paraissent a demi-nues et casqu^es, sonl - sans doute des Gaulois preis ä combattre. Tite-Live et Pau- saniasdisent que les Gaulois cömbattaient uns pour etre plus libres. C’est pour cela qu’ils avaient des boucliers plus grands que les autres peuples. Celles qui onl des casques, les ont a la gauloise, qui ont de grandes emiuenres , ainsi que l’an- nonce Diodore. Le cassis des Toscans est sans doute cette armure de tete , d’ou vient par succession de temps, notre terme de casque. L’ornement au bras droit que l’on remar- que ä plusieurs figures de ce monuinent, est sans doute celui que Strabon dit etre en usage chez ces peuples sous le noia de brace.lets, qu’ils porlaient soit au bras, soit au poignet. Le monument qui suit est tellement ruind, qu’il est im- possible d’y rien ddcouvrir. Les Gaulois elevds aux premihres dignitds dtaient vetus d’dtofles d’or, et portaient des Colliers, des bracelets aux poignets et au haut du bras; dans lescd- r^monies religieuses ils dtaient toujours vetus de blanc. Schedius avance qu’ils portaient des souliers ou sandales de bois pentagones; mais rien n’est moius cerlain que son opinion. N° 425. Nekalennia. Ce fte fut qu’en 1646 qu’on fit la decouverte de Nelialennia , deesse adoree dans le fond de la Ger« manie. Le 5 janvier, un vent d’est soufflant avec violence vers Ja Z^lande , le rivage de la mer se trouva ä sec proche d’Oe;~ bourg, dans l’ile de Waicheren, et on y appercut des masures que l’eau couvrait auparavant. Parmi ces masures dtaieut des MO NUMljNS 80 autels, des vases , des urnes et des statues de Jupiter, de Neplune, et entre autres plusieursqui reprdsentaient la deesse Nehalennia , avec des inscriptions qui apprenaient son nom. ( Voyez Mongez, Dict. antüj., et Monlfaucon , tome II, 2 * partie. ) Le monuraeut dont je donne ici la gravure, a etd proba- blement ddcouvert ä cette epoque , car il porle le meine ca- ractere que ceux qui sont gravds dans Montfaucon; et on voit encore les excavations de l’eau dans la pierre , et des racines , debris des plantes marines qui s’y dtaient attachdes: observation qui sei t ä appuyer ce que l’on a avancd sur la ddcouverte de ces monumens. Gehn dont je parle, apportd de la Belgique, parait avoir pour but l'accomplissement d’un vosu qui avait dtd fait ä la deesse. Quoique 1’inscription ait prodigieusement soufFert des ravages du temps et des eaux, qui l’ont tellement minde, quelle est presque disparue , j’ai rapporte ici ce qui en reste : DEAE NEHA LENNIAE T. CALVISIYS SECVNDTNUS OB . ACT YS. Les monumens drigds ä Nehalennia sont commundment en pierre, et portent tous le merne caractere : le dessin qui qui y est observd tient ä un style antique ddgdndrd. Cette deesse est reprdsentde assise , ayant sur ses genoux un panier chargd de fruits; ä son edle droit est un ciiien , et au cotd gauche un autre panier tout ä fait semblable a ceux dont nous nous servons, dgalement rempli de fruits. Hercule, et plus ordinairement Neptutie, accompagne la ddesse j ce qui a donnd lieu ä Keisler, qui a publid plusieurs monumens sur Nehalennia, d’avancer qu’elle prdsidait ä la navigaliou et au commerce maritime. D’autres savans l’ont prise pour lalune, nea selene, nouvelle lune, dont on a fait Nehalennia, et le chien qui l’accompagne serait lä comme un des attributs de Liane, qui s’en servait tanlot pour la chasse , et, selon Tiido- crite, pour la servir a table. On sait aussi que les Gaulois et les Germains honoraient la lune , et qn’ils fixaient les dpo- ques des fetes qu’ils lui consacraient suivant ses phases. Si l’on remarque toutes les statues qui nous sont parvenues de Nehalennia, on verra que gdndralemeut eile est reprdsentde voilee, alldgoriequi peut servil' d’autovite aux aiiteurs qui CELTIQDES. 8l «nl'vu la noiivelle lune tlans cette divinite; et,en adoptnnt leur opiuion , jo ne suis pas .eloigne cle'croiie que les artistes qui ont reprdsente Nehalenuia, et les poeles qui Font ch.au- tee ont voulu annoncer par ce voile mysterieux, que la lune, iiea seleae, da ns cette Situation, ne se lirit voir qu’ä inoitiö, et qu’elle cache aux liommes une partie de Sa hindere. 11 parait certain que le culte.de cette divinitd est plus an- cien qu’on ne le croit, et qn'il ne se bornait pas seulement aux contrdes du Nord , puisqtie ion connait une mosaique 1 trouvee ä Nirnes, qui represente Nehalenuia sur le bord da la nier, avec ses attribuis ordinaires, ayant un petit cliieu a ses pieds, et une torche allumee., quisemble etre jetee pres: la base du tableau. Ce ilainbeau est remarquable , et est ainsi place par l’auteur du monument, pour exprimer cpie Neha- Jennia oit la Lune ne se montre que la tiuit, et que le jour s’eloigne lorsqu’elle parait. Les frequentes representations de Neptune avecNehalen- nia, marquent qu’elle etait invoqu^e par lesgens de iner pour l’lieureux succes de la navigation et de leur negoce ( dit Mont- faucoti. ) Cependant, si j’examine les attributs . qu’on lui dünne, je pourrais dtendre mos id^es sur Nehaletinia , et la conlbndre avec Isis, Ceres, Minerve , Diane, la Vierge, etc. 2 Porphyre fait parier ainsi la Lune dans un Oracle qu’elle rendit eile-meine. Vous donnerez ä ma statae l'air, les traits et laßgure de Cdres tenant toutes sortes de. fruits; mes habits serant tont blaues, et nies. sauliers d'or. Conmie ces divmit^s , Nehalenuia est chaTgee de IVuits et de leuillages ; tout ce qui l’entoure annonce la (bcondite , et par consequent la nalure. H^rcule et-Neptune, qui accompaguent cette femme tnyslerieuse, viennent a l’appui de mon asser- lion; car ou sait que, dans plusieurs contrdes de l’Asie, le 1 Oa a aussi publie plusienrs medailles frappees en l’houneur de Nehalenuia, une entre autres est remarquable : on y voit deux vic- toires en l’air , tenant chacune une pat&re; eiles soutiennent de cha- que eole deux especes de rideaux qui pimdent d’un dais sous lequel la deesse estassise, ayant deux paniers reuiplis de fruits, et le chien ä sa droite, cnrmne on le remarque dans le uionument que je publie. a Isis, placde dans le ciei prfes du vaisseau, a f-iit dire ouxEgyp- tiens qu’elle presidait ä la navigation; la garde d’Isis, selon enx , avait £te conüee ä Anubis ou au chien dfcs constellatious ; aussi Auu- bis etait-il repr^sent^ avec une tete de chien. On donnait aussi ä Diane deux chiens , JProcyon et Sj-rius. La vierge des Chretiens, oula femme porte-tipi, presulait aussi aux mois- sons et aux veiidanges : on peut se rappeier d’avoir vu dans uos tem- ples des <£pis et des raisins daas les mains des statues de la vierge qu’on y adore, 6 S % MONUMENS CE LTIQUES. Culte de Neptune etait essentiellement liö ä celui de Cdres* et principaiement en Arcadie, oii ils avaient un temple com- inun. Cette ddesse , selon Pausanias , eut des parlicularitds avec ce dieu, dont eile se purifia dans les eaux du Ladon. On connait aussi les rapports de cette diviuitd avec Hercule, ou le dieu lumiere ; 1 c'est donc la nature ou lagrande dt/esse que ]’on adorait dans Nelialennia. ' A Myeales. C^rfcs rccevait des lionimages sous le nom de Myca- IAsienne. On disait que chaque nuit on fermait son temple , et que cbaque nuit Hercule l’ouvrait. On ddposait aux pieds de la Statue les fruits que produit l’antomue. t r- ' ■■ -- —. —-- V . - - ,'m\ > MONÜMENS DU MOYEN AGE. 1 out atteste que la culture des lettres et lä pratique des arts d’imitalion, en France, remonte aux pre- mieres epoques de la monarchie. l\on seulement les monumens que j ai reunis dans ce Muse’e, et que je vais decrire en font foi; mais nous avons encore des edifices publics dans nos provinces et dans celte capi- tale, dans lesquels les artisles cliarge's de leur cons- Iruction dans leur origine, ont su conserver avec in- telligence les restes des monumens beaucoup plus anciens, tels qu’on en voit a la calhedrale de Chartres, le plus imposant des monumens gothiques : a l’abbaye de saint-Denis, dans son eglise souterraine, dont la construction parait dater du temps de Pepin ; enfin a l’eglise Notre-Dame de Paris. Saint-Germain-des-Pre's, avant les destructions revolutionnaires, montrait un portail tout entier et bien conserve du premier style de la sculplure franeaise. On voit encore, dans la nef de celte basilique, des chapiteaux tres-anciens, que j ai dessines pour en donuer les gravures et 1a des- cription dans mon ouvrage in- 8° avec gravures. Charlemagne encouragea les lettres et les Sciences $ il employa tous les moyens pour les re'tablir, londa des ecoles; 1 il donna particulierement la conduite de celle qu’il avait etablie dans sott palais, ä Alcuin, qui se rendit celebre dans l’universile de Paris, fondee eit 8o4- Alcuin, apres avoir forme des eleves, parvint k en faire des professeurs habiles qu’il envoya ensuite dans les etablissemens qu’il avait fonde's ä Aix-la- Chapelle, ä Tours, etc. et mourut dans cette ville. En 835 parut Rumalde* architecte, qui bätit alorS 1 Avant ces fondations, les monasteres de Tun et de l’au-> tre sexe dtaient les seuls lieux deducation et lesseules ^co* les publicjuesi 84 J! O S U M ENS Ja cathedrale de Reims. Azon bdtil celle de Seez cn INormandie, en io 5 o, et en 1222 Robert de Lnsarcbe comrnenca celle d’Arniens, qui lut continnee apres sa niort par soa eieve Thomas de Cormont cl son bis Renault. La peinlure etait egalemont connue , puisque la filupait des monumens doni je parle, conticnnent en- core des reliefs et des ornemeus peints et dores. CeLte aucicnne peinture etait une preparatiou a l’eau d’ceuf ; ct personne n’ignore qu’anterieurement ä Hubert et Jean Van Eyck, freres, les peintres n’employaient les couleurs qu’avcc de la colle ou de l’eau d’oeul; et qui ne sait pas que ces derniers artistes liegeois ne de'cou- vrircnt que les couleurs se melaient plus parfaitement avec riiuile, qu’en i 3 go? II existait ä Paris, dans plu- sieurs maisons religieuses, des peintu res ä lresque et a l’eau d’üenf qui avaient ete executees dans le i2 e siede. Ges peintures , qui ont ete detruites, precieuses a conserver ponr I bisloire et l liistoire de l’art, repre- sentaient des personnages illustres de ce temps, vetus selon leurs dignite's. Aux Gelestins, dans une chapelle nommee Cha- pelle d’Orleans , parce qu’elle fut fondee en 1 5 g 3 par Louis d’Orleans, frere puine de Charles VI, loute cette famille y etait represenlee en habits de cere- monie. Aux Cannes de la place Maubert, on voyait dans Ic cloltre, des peintures qui avaient ete executees sous Philippe le Long et Jeanne sa femmo, qui avail loude cette maison en 1 5 17. On y remarquait aussi la fa- müle de Louis IX en habit de cour. 1 Si, h l’epoque de ces temps barbares, mes pouvoirs n’eussent pas ete restreints , j’aurais pu conserver aux arts beaucoup d’autoriles precieuses pour lhistoire de l’art francais, soit en laisaut enlever des parties de ces peintures, soit 1 Louis IX avait ainen£ ces religieux de la Palestine; ils portaient alors des manteaux rayös de blaue et de brun. DU RI O Y E N A G 2V 85 en les faisant dessiner. 11 nc mo reste plus que le triste Souvenir de ces curiosites. Environne alors d’leono- clast.es, il m’a ete impossible, malgni mcs sollicitaiious, de fes arraclier des niains de l’ijmorance et des destruc- O teurs. Dans l’eglisc des Cannes , un monument en cuivrc, erige ä Marguerite de Bourgogne , fillc de Jean saus Peur, et lern me de Louis de France, duc de Gnyenne et dauphin de Yiennois, marie'e en se- condes noces ä Artus, fils du duc de Bretagne, cornte de Richemont, connetable de France, a e’te’ f’ondu. Les premiers Lableaux peints ä l’üuile sur le bois qui n’a point recu l’appret d une detrempe , teile que ccttc pratique etait en usage en i3go, n’offrent au ctirieux et ä l’amateur qu’une representation de la nature, teile qu’on la voit avcc scs delauts dans un dessin sec et. aride, dans un travail peine, dans des draperies longues, et dont les plis sont casses saus in- lention; dans des figures dont les expressions sont in- sipides ; enfin rcprescntant le gout, les ornemeus, les parures et le style gothique de ce temps, aiusi qu’on le remarque dans plusieurs peinlures cpli etaient conser- vees dans la sacristie de la ci-devanl abbaye de Saint- Germain-des - Pres, et que l’on retrouvera dans ce Musee, et la gravure dans le troisieme volume in- 8°. Des l’annee 1790, et notamment depuis le decret de la Convention nationale, du 5 brumaire an 2 de la Republique, qui defend de delruire, muliler et älterer en aucune manierc les monumens des ans, sous prerexte de faire disparaitre les signes de feodalite, etc. j’ai eu soin, chaque Ibis qu’il m’a ete possible, de reu- nir au Musee dont je suis le fondateur, tont ee qui peut donner des idees des anciens costumes, soit civils d’hommes et de femmes , soit militaires , selon les grades. J’espere que cette reunion sera interessante par la suite, pour les artistes qui voudront rendre des vei temens qu’ils auraient peine ä trouver si la surveillance et les altentions de la Convention nationale n’eussenfc autorise ces ccruservations par le decret ci-dessus eite 6813 ** 86 M O N U M E N S Ces monumens ainsi reunis ne doivent etre regardeä que comme un rasscmblement de modeles vetus selon les epoques auxquelles ils apparliennent, et selon les places qu’occupaient ceux qu’i.ls represenlent. Depuis Clovls jusqu’a Philippe II, il y a eu peu de Variation' dans les vetemens ; ce qui embrasse ä peu ptes sepl siecles; et il semble que ce n’est qu’au retour des croisades que les costumes ont change. Avant cette epoque, les bommes laissaicnt croitre la barbe et flotter les cheveux; les liabits de guerre etaient courts, «t serres , et recouverts d une espece de draperie qui s’attachait sur l’epaule droite , ä peu pres semblable ä ce que les Grecs noinmaient chlamides. Les habillemens de ville consislaient en une tunique. longue, avec une ceinture que Ton rendait plus ou jnoins riche, en raison de sa fbrlune. Par-dessus etait tm long manteau, un peu ouvert sur le devant , que Fon assujettissait par une lacure ou courroie fixee par des boutons, ainsi que Fon sera ä meine «Je le ve- rifier sur les bas-reliefs de Childebert, n° 6, et de Clovis, n° 9. Les lemmes portaient ä peu pres le meme habille-. ynent, si ce n’est une espece de guimpe ou voile qu’elles inettaieul sur leur tete, et qui flottait sur leurs epaules, comme on le voit au monument d lsabelle cl Aragon, n° 24. Les costumes des magistrats, des religieux et des. religieuses, n etaient pour ainsi dire que les vetemens civils de 1 epoque oü leur ordre avait ete institue, et que par leurs regles ils n’avaient pu changcr. Les pretres et tous ceux qui etaient attaches au Service de la primitive eglise portaient aussi la barbe. Elle contribue a la beaute de l’komme , comme. Tine belle chevelure contribue ä la beaute d’une. j^emme , dit Clement d’Alexandrie. Tertulien, qui vivail l’an 200. de notre ere, parle aussi dans. ses ou- vrages de la barbe que portaient nos pretres; il eite ^.a,rqculierement un passage d’un canon, qui de^endai| DU MOYEN AGE. öy aux pretres cle se raser la barbe. Qu’aitcun eccle- siastique n’entretienne sa cheveLure ni ne rase sa barbe, trouve-t-oii eucore au troisieme canon du concile tenu ä Barcelone en. 54o. Tous ks papes dos Premiers temps porterent la barbe jusqu’au momenL oü les deux eglises grecque et latine se diviserent. slrmures des Francais sous Clovis._ Les hommes, dit Sidoine Apollinaire , 1 sont d’une taille extraordinaire, vetus d'habits f »rt (Stroitsj ils Önt une espece de baudrier ou de ceinturon qui les serre par le milieu du corps, et qui sertä ättacher leurdpee. Ils jettent leurs haches, et lancent avec une force merveilleuse leurs javelots, et he inanquent jamais leur coup ; ils manient leur bouclier avec beaucoup d’adresse. Voici ce que rapporle Procope , secre- taire de Bdlisaire, tdmoin oculaire de l’expedilion des Francais eu Italie, sous Thdodebert I er , roi de la France aus- trasienne. « Parmi les ceut mille hommes que Theudebert condui- sait en Italie , il avait fort peu de cavaliers autöur de sa personne; ces cavaliers seuls portaient des javelots, qui snli hastas fer'ebant: le reste, qui formaient le corps de' troupe, dtait de l’infauterie; non arcu, non liastä ärmati : ces soldats n’avaieut ni arc , ni javelots ; ils portaient seulement une liache , un bouclier et une dpde. Le fer de la hache dtait gros et ä deux tranchans, le manche etait de bais , et fort court. Ils varient quelquefois leur mindere de combatlre, suivant les plans que les gdndraux se soiit proposes pour dd- router l’ennemi. Tautot ils se servent uniquement du javelot, qu'ils lancent, et de suite fondent la hache a la main sur leur ennemi , avec une teile vivacitd , qu’ils arrivent en meine temps que le fer du javelot qu'ils ont lancd , fracasseat le bouclier qu’il leur oppose; et, le prenant au corps, ils le per- ceut de l'dpde qu’ils portent, ou lui ouvrent le crane avec la hache. Selon Agalinas , 2 les armes des Francais sont fort grossieres ; ils n’ont ui cuirasse , ni boltes ; fort peu portent des casques. Ils out peu de cavalerie , mais ils se balteiit ä pied avec beaucoup d’adresse et de discipline. Ils portent ‘ It naquit ä Lyon vers 4S0. Voyez son Pan^gyrique de l’empereur / Massorieu, pour ies costumes. “ Le sclioliaste Agatliias , arocat, natif de Myrine , au- sixicuue sieele, exercait sa pcofession ä Siuyrue. MONUMENS |ü ; 88 MONUMENS l'dpee le long de )a (uisse, el le bouclier sui' le cold gauche; ils ne seserventni d’arc, ni de froudes, ni de Ueches , inais de haches ä deux tranchans et de javelols. Ces javelots , qu’ils lancent avec la rnaiu , ne sout ni fort längs ni fort courts; üs sont tont oouverts de fer , exceptd ä la poignde ; au haut, en approchant de la poinle , ii y a deux fers re- xourbds en forme de croehets, .un de chaque cötd; ils s’eu servent pour blesser l’ennemi ou pour l’embarrasser dans son boudier , de maniere qu’il monlre le corps a decouverl, et pour le percer eusuite de lepde. » Grdgoire de Tours s’accorde avec les auteurs que je viens de citer, pour donner atix Francais les armes dont je parle; rar , en parlant de la revue que Clovis fit de ses troupes apres la bafaille de Soissons, il lui fait dire a uii soldat qu’il re- prenait de sa mauvaise tenne : Neque tibi hasta , neque gla- dius . neque bipennis estutilis. « II n’y a point de soldat dans l’armde dont Jes armes soient en desordre comme les volres; ni votie javelot , ni votre hacke ne sont point en dtat de v'ous servir. » Daus un untre passage il donne aux Francais un poignard pendant ä leur ceinture. Agathias et Apollinaire s’accordent ä dire que les Frau- pais ejui n'etaient point du sang royal, elaient rases tout a i'entour de la tele; qu’ils se cönservaient senlement les che- veux du coronal, qu'ils rel.evaieut en forme de hupe ou d’ai- gi'ette qu'ils faisaient tojnber spr le front. Ils avaient, conti- mient ces auteurs, la barbe rase, exceptd qu’ils cönservaient de longnes rnouslackes fiu-dessus de la levre supdrieure. Des souüers des auciehs Francais dtaient attaclids aux pieds avec uiie longue courroie ou un ruban, dout les deux cölds , depuis le pied, montaieiit eu s’entrela^ant autour de la jambe, en montant de celte maniere jusqu'au haut de la cuisse, oü on l’arretait. Les chefs de l’etat et les princes senlement cönservaient leurs longues chevelures : lorsqu’ils commandaient en per- soime, ils portaient des casqnes et meine des cuirasses. Voici ce qu’ou litdaus un historieu contemporain, parlant de Dagobert combattant contre les Saxons : Son casque fut cassd ou pered d’un coup qtii lui emporta une partie de sa che- velure. » ■ « Clölaire II son pere , continue le metne auteur, dtnnt venu ä sbn secours avec, une armde fraichement levee , parut sur les bords du Weser, oti il se fit reconnaitre de loin au duc des'Sitxriiis, ayant ot'd son casque et fait paraitresa longue- cliqvelure. , DU MO YEN AGE. 89 N° 5. De l’abbaye de Saint-Denis. La chapelle sepulcrale de Dagobert 1 er , cjue l’on voit ici , ne date point du temps de ce prince. L’ancien lombeau ajant dtd ddtruil ä l'dpoque ou les Nor- mands ravagerent une partie de la France^ Louis IX fit construire cette chapelle ä la suite des reslauralions qu’il fit faire dans l'abbaye de Saint-Denis, apres la mort de l’abbe Suger, et ä la sollicitation de Blanche sa mere. Le corps de Dagobert, que l’on avait eu soin de couserver , ful plac.d au milieu de la chapelle dans un sarcophage de lumachelle gris, creuse dans la masse en manidre de cercueil de momie, et en conservant dans le vide la forme de la tete. Une tombe plate sur laquelle dtait representde en relief la statue du roi, vetu selun l'usage du temps , et ajant les mains jointes , aiusi qu’on le voit dans la gravure qne j’eu donne , fermait ce sarcophage. En 17^3, les violateurs des tombeaux brise- rent la statue et le cercueil dont je viens de parier pour l’ou- vrir, crojant qu’il renfermaitun tresor , selon l'ancien usage; mais de simples ossemens enveloppds d’un suaire fut tont ce qui s’off’nt ä leur cupiditd. Ce monumenl , que j’ai fait enlever pour le soustraire a Ja destruclion , et reposer dans le jardiu Elysee de cet Etablissement, represente une chapelle gothique , sculptde en pierre de liais ; il esl decore d'une iufiuild de petits orne- mensen feuillages, selon les formes adoptees en architeclure ä la suite des croisades. Les sujets qui composent les trois bas-reliefs qui forment le fond de la chapelle, jetteut beau- coup dinieret sur ce precieux monumer.t. Voicice qu’en dit Montfaucon : « U11 lionime Ansoalde , revenant de son ambassade de Sicile , aborda ä une petite ile oü il y avait un vieux ana- choretenomme Jean, dont la saintete altirait bien des gens dans cette ilc: , qui venaient se recommander ä ses prieres. Ansoalde eutra en conversation avec ce saint homme • et etant tombdssur les Gaides et sur le roi Dagobert, Jean lui dit qu’ayant etd averli de prier Dieu pour l’ame de ce prince, il avait vu sur la mer des diables qm tenaient le roi Dagobert lie sur un esquif, et le menaieut , en le baltant, aux manoirs de Vulcain; que Dagobert criait, appelant ä son secours saint Dems , saint Maurice et saint Martin, lespriant de le delivrer, et de le conduire d^ns le sein d’Abraham. Ces r MONUMENS f)0 sainls cöururent apres les diables , leur arracherent cette ame, 1 et l’emnienerent au ciel en chantaut des versets et des pseaumes. » Pour trouver la suite de ces reliefs, il faut commencer par le bas, et les suivre eu remontant. O11 voit d'abord tout eil bas le rui Dagobert dlendu mort, tenant ies mains jointes, et au-dessus de lui l'inscriplion suivante : Ci gist Dagobert, premier fondateur de ce'ans, VII, roi j en l au 6Z2. jusques ä 645. A la bande de dessus on voit le roi Dagobert mourant, et saiut Deuis qui l’exliorte. Apres vient un arbre , pour marquer, a la mode ancienne, que ce qui suil n’a point de liaison avec la pretniere represeutalion. Apres l’arbre se voit une barque sur les Hots de la mer, chargee de diables qui tiennenl l’aine du pauvre Dagobert, et au-dessus on lit cette iuscription : Saint-Denis rdvele a Jean, anachorete, que l’ame de Dagobert est ainsi tourmentde, A la bande de dessus on voit d’abord deux anges, ensuite saint Denis et saint Martin qui viennent sur ies Hots jusqu’ä la barque , et arrachent Tarne de Dagobert des mains des diables, dont quelques-uns lombent la tete la premiere dans les flots. L’inscriplion au-dessus est : L ame de Dagobert est de'livre'e par les merites de saint Denis, saint Martin et saint Maurice. Dans la bande de dessus, saint Denis, saint Martin et saint Maurice, tiennent l’ame de Dagobert debout dans un drap; ils 011t 1.111 ange de cliaque cole : deux autres anges encensent cette ame. A la poinle, en liaut, saint Denis et saint Martin sont ä genoux devant Abraham , et le prient de recevoir- cette ame dans son sein, Les statues que l’on voyait adossdes ä chaque pilier, re-r presentaient, 1 ’une, la reine Nautilde, femme de Dagobert, et l’autre, le roi Clovis leur lils; eües ontetd brisees en I7g3, Je viens de les faire retablir par Je citoyen Beanvallet. Les inscriplions dont parle Montfaucon, les dorures et au- tres decorations ä l’eau d’ceuf qui oruaieut cette chapelle, 011t 616 recouvertes, depuis les remarques de cet auteur sur ce rnonument, par une couche de peinture a l’huile. ’ Le sculpteur , pour peindre l’ame , a supprim£ la partie qui carac- t^iise le ^exe dans l?s trois statues de Dagobert que l’on voit dans les ^>c!s-ieliefs. DU MOYEN AGE, 9 I Dagobert I er btait flls de Clotaire II et de Berfrude, et Tut roi d'Austrasie en 62.2 ,, de Neustne, de Bourgogne et d’Aquitaine en 628. II se distingua dans les guerres qu’il sou- tint rontre les Esclavons, les Gascons et les Bretons; bientot apres il ternit ses victoires par d’aff’reuses cruautes et par la vie licenciense qu’il mena. Apres avoir rbpudie la femme qu’il avait d'abord bpmisbe, il en eut jusqw’ä trois a la fois, auxquelles il donnait le titre de reine, saus compler les con- cubines avec lesquelles il vivait publiquement. II avait en- viron 3 o aus lorsqu’il fonda i’abbaye de Saint-Denis, espe- rant expier ses cnmes par cet acte de pibtb. Il mourut six ans apres ä Epinay, Dagobert publia les lois des Francs , avec des corrections et des augmentations. Il fut mis au rang des saints , et ce fut vers la fift de son regne que l’autorit6 des maires du palais absorba la puissance royale. Les sculpteurs de ce lemps-lä exprimaient la divinisation par un disque ou nimbe qu’ils plafaient derriere la tete des personnages qu’ils reprbsentaient, comme on pouvait le voir aux ancienues statues, avant la destruction des edifices qux nous btaient restbs des premiers temps de la monarcliie. Ces monumens bisloriques sont devenus extremement rares de- puis notre rbvoiution; cepeudant on en voit encore d’assez bien conserves au portaii de ia cathbdralede Chartres, que les habitans de cette ville out su maintenir intacte. O11 en voit aussi ä l’eghse Saint-Ayoult ä Provins. Le nimbe, dont Montfaucon parle avec mystere , n’est au- tre chose que l’image du soleil dans sa plus baute exaltation, Cet embleme du soleil se placait communbment sur la tete des saints et sur celle des rois de la premiere race, auxquels il elait d’usage, ä l'imitnlion des Romains , de decerner des lionneurs divins, et ce nimbe exprimail toul simplement l’a~ pothdose du heros auquel on rendait cet honneur, N° 6. JDa Saint- Germam-des-Pres. Uo bas-relief cn pierre de liais , representant Chil- deberl , mort en 558. Il est couche , lenant d une main le modele de Fegüse de Saint - Germain dont il est le fbndatcur, et de Fautre un sceptre. Cette lombe, qui couvrait ce prince, date du sixieme siede. Je rapporte ici les inscriptions posees en i 656 sur ce tom^ beau, reconslruil a cettp dpoque dans le clioeur de l’dglise-, I et consacrd aux ossemens de Childebert et d’Ulrogolhe sa feimne. Ces inscriptions, cjui ont dte ddtruites par Jes mal- veillans, se trouvent aussi dans Pelibien et dans Piganiol : Hic Childeberti christianissimi Francnrum regis ossibus et cineribus quies reparata , an. D. 1606 , die decembris 2 5 excessus ejusdem regis anniversaria. Hic Ultrogntha regina Childeberti regis conjux quiescit, reposita an. D. 1 656 . die decembris zö. Grdgoire de Tours annonce que l'eglise de Saint-Vincent, depuis Suint-Germain-des-Pres, servait de sepulture parti- euliere aux rois qui mouraient d’une mort violente. Le meine dr.rivain dit que Childebert, Chilpdric et Daudovere, ayant ete tues, furent apportes dans cette basilique par les ordres de Gon trän leur oncle. N° 424. Tombeat ix de Morard et d’Ingon , decouverts dans l’abbaje Saint-Gerrnain-des-Pres. Depuis long-temps les atiliquaires Font des reclierches sur les sdpultures anciennes , et le resultat de ces reclierches n’a jete que tres-peu de iumieres sur les motifs qui determi- naient les anciens ä enterrer lesmorts, soit avec des riolies- ses, soit avec des comestibles ä l’usage des vivans. Le cit. Legrand, membre de l’lnstitut, dans uu memoire sur cette matiere , qu’il a lu ä l’une des seauces de cette respectable assemblee, a developpe dans son travail autant de sagacite que de taient. Latroisieme parlie de ce memoire, qui traite desfouilles ä faire, taut ä Paris que dans nos departemens, dans les anciens inonasteres avant de les vendre ou de les ernployer ä des dtablissemens publics, a provoqnd une lettre du ininistre de l'inlerieur, adressde au conseil de Conservation des objets de Sciences et arls , par laque'lle il autorise les membres de ce conseil ;i Faire Faire desfouilles dans ln ci-devant abbaye de Saint-Germaiu-des-Prds, ä l’endroit indique par ie cit. Legrand , qui annonce, ainsi que Montfaucon et dom Bouil- iard, (tous deux religieuxde cemonastere) que le tombeau deCharibert, resldintact, pourrait bien renfermer des trd- sors, ainsi qu'il s’en trouva danscelui de Childeric I er , de- ocmvert ä Tournai, et dout les depouilies enricliissent au- DU MO YEN AGE. 9 D jourd’hui la bibliothdque nationale. Voici corame s’exprime Montfuucon sur le tombeau de Charibert 011 Clidrebert : « L’tm 1704, forsqu’on jetait les fondemens du grand autel de notre dglise , on trouva a six ou sept pieds e,u terre plu- sieurs cercueils de pierre , dont I’nn , plus grand et plus ornd que les autres, avait im couvercle fait en dos d’aue tailld en ecailles : nous nous trouvämes lä six ou sept religieux, avec dom Simon Bougis, assistaut du gdndral. La pensde me vint d’abord que ce pourrait etre le tombeau du roi Ciidrebert. Nous dtions tous d’avis d’ouvrir le cercueil , mais le pere assistaut s’y opposa , en disant qu’un autre tombeau fut ou- vert en 1645, et que quelqu’un, qui n’etait pas des notres, enleva les pieces d'or qui dtaient dedans. Nous lui remon- trämes que lui , et tant de religieux dtant prdsens , ii n’y avait point a craindre qu’011 enlevat rien : cela ne l’dbranla point ; il ddfendit qu’on y touchät. » II fut donc recouvert de terre corame auparavant. Mums de (ous ces renseiguemens, les citoyens Leblond , Poirier , ( c:i-devant religieux de cette abbaye ) et tous deux membres du conseil de Conservation et moi, nous commeii- cätnes ä faire faire les fouilles en preseuce du citoyen Aubry, directeur de la mauufacture de salpetre qui y est etablie, et le citoyen Jollain , expert du conseil, qui dirigea les ouvriers d’apres les renseiguemens ci-dessus citds. Voici le rdsultatde nos recherches. Tombeau de Morard , eru celui de Cheribert. Le 6 prairial an 7, apres avoir creusd environ sept pieds au-dessous de la place ob etait le grand autel , 011 ddcouvrit un tombeau de six pieds de longueur , dont le couvercle, ait en dos d’äne , ornd d’ecailles de poisson , de palmettes et d’un cep de vigne s’echappant d’un vase, dtait celui qui fut dd- couvert en 1704, et dont parle Montfaucon. Le couvercle ayant ete leve, ( ce tombeau avait ddjä die ouvert, puisqu’unymg’merat du couvercle , qu’on avait brisd probablemeut en l’ouvrant, s’est trouve dans l’inldrieur sous Ja tete du mort, et lui servant d’oreiller) nous apperpumes un squelette vetu, etconforme au dessin que j’en ai fait d’apres nature, dont la gravure se trouvera dans mon ouvrage in-8“ avec ligures. Les pieds etaient diriges vers l’orient ; les draperies dont il dtait couvert formaient deux vetemens: f premier , assez bien conservd, parait etre un long man- teau , ample et dessinant de grands plis, dont les cliütes des- cenditient jusqu’au bout des pieds. Apres ayoir examind A 94 MONÜMENS l’etoffe, nons reconnümes que c’dtait un satiu d’un tissu tres^ 1 fort et ä tres-grands dessius : sa couleur , quoique passee j parait avoir dtd d’un rouge fontd. Le second vetement est uue longue lunique de laiue, couleur de pourpre brun , ornd dans le bas d’uue broderie aussi de laiue, sm' laquelle ou avait gaufrd des ornemens ; des especes de panlouiles d’uu cuir uoir tres-bien tannd lui servaient de chaussure; ces pan- toufles ou souliers, saus oreilles et sans boucles, n out qu’une couture placde ä l’exldneur du pied , et de mainere qti’au pied droit eile se trouve ä droite , et au pied gauche, ä gauche. Au cöte droit du cadavre, on a trouvd une canne de bois que l’on croit etre de coudrier, d'environ six pieds de lon- gueur , surmontde d une petite traverse d’ivoire fonnant bd- quille , ouvragde ä jour, et dont la sculptme peut remonler au huitieme ou neuvieme siede. Celte espece de tau etait fixde sur le bois par une espece de base de cuivre du meme iravail. La disposition de ce corps, l’espece d'dtole donl il dlai£ revetu, et prineipaleinent la longue canne trouvde pres de lui , tout semble caracteriser uu abbd; cav on sait que les premiöres crosses des dveques ou des abbds coinmendataires n’dtaient que de simples batons de bois tres- lougs , dont la parlie supdrieure se lerminait en tau , et ddsigndes dans les ouvrages de Mabiilon, sur celte matiere, par Baculus. Ces crosses depuis ont dtd diminudes, et l’on s’eu est servi pour s’appuyer. Si j examine le sarcopliage qui contenait ces restes anli- ques , je trouve que le couvercle est d’un marbre grec et cristallin, que le travail de la sculpture dont il est ornd date du Bas-Empire, et par consdquent cju’il est de beaucoup an-- tdrieur au coffre fait en pierre de Saint-Leu qu’il feruiait * et au boul duquel ont dtd sculptdes cjuatrecroix du cotd de la tete. Toutes ces considdrations autorisent äcroire que Mont- faucon s’est trompe; que la personue qui dtait eufermde dans ce tombeau n’est point Cherebert, mais bien l’abbe Morardy abbd de Saint-Germain-des-Prds en ppo. Cette abbayeayauS considerablement souffert des incursions frdqueutes que les Normands y firent ä plusieurs reprises, fut ddmolie par les ordres de Morard, et recoustruite teile que uous la voyons aujourd’hui par ses soins et bons ofiices. En suivant le plan des sdpultures donnd par dom Bouillard, on reconnaitra que le tombeau doiit je parle s’est trouvd dans les environs de la place qu’il dit devoir contenir les restes de ce-digne abbdj ainsi je peuse que l’on a fait servir au cercueii de Morard DU MOYEN AGE. lecouvercle d'un tombeau plus ancien, etil serait tres-pos- sible qu'effeclivement ie couvercle füt ceiui qui couvrait au- trefois Clierebert. Tombeau d’lnson. En continuant de suite les fouilles dont j’ai parld plus haut,' le 7 suivaut , ä quatre lieures du soir , on a ddcouveit un auire sarcophage en pierre de Saint-Leu, ferme simplement d’une pierre plate et carrde. Si Ion consulte l’ordre chronologique du catalogue que donne Bouillard des abbes qui onl successivetnent gouvernd la maison de Saint-Germain-des-Pres, et si l’on considere la place qu’occupait letorubeau, et principalement sil’on porte un regard attentif sur les dtofFes prdcieuses qui couvraienE Ie personnage, on ne sera pas eloignd de reconnaitre eu lui Iugon , abbd de cette maison, parent, selon lhistoire, de Robert le Pieux , roi de France : il mourut en 102b. Cefe abbd, d’nne graude naissance, dleve du cdlebre Gerbert, dtait ddjä pourvu des abbayes de Maed et de Saint-Pierre- le-Vif, pres Sens, lorsqu’il succdda ä Morard ; et il n’y a pas de doute qu’Ingon, selon l’usage, n’ait dtd enlerrd ä la suite de son preddcesseur. Yoyons maintenant les objets trouves dans l’intdrieur de ce tornbeau. Lors de I’ouvertuve , ou a trouve un squelette velu , qui avait d’abord dtd ddposd dans un cercueil de bois, dont la ldgdreld, par sa ddcom position , se rapproche de celle du liege, mais en conservant moins d’dlasticite. La crosse, com- posde d’enroulemens et de feuilles de vigne , est aussi de bois, et s’est trouvde dans le meine dtat de ldgdreld, posdeä droite et pres du cadavre, comme s’il pouvait s’en servil'. Les ossemens, intacts dans leur Situation, dtaient couverts d’un grand vetement de taffetas violet foucd, ressemblant assez ä l’habit des religieux de l’ordre de Saint-Benoit, et offrant exactement les piis que l’on voit dans le dessin que j’en ai fait d’apres le naturel. Les pieces qui formaient l’en- semble de ce vetement, 011t dtd assembldes, non par ds simples coutures ou par des surjets, suivant notre usage , mais au moyeu d’un galon de soie verte, dtoile d’une brode- rie d’or, qui servaient ä Her les lisieres entre elles; en Sorte a ue le galon dessinait les pieces telles qu’elles dtaient avant etre assembldes. Cette espece de tunique , longue et tres- ample , est bordde par uue grande bande d’elofie ä grands dessins , veleves en dorure sur le fond. La mitre , de soie blanche, ressemble parfaitemeut ä la moire que nous cuu- C>6 M O N ü M E N 3 iiaissons. La tote dfait posee sur im coussin qui avail conservd sa forme, quoique eutierement delruit. Les ganls qu’on lui voit aux mains sont bien conservds, et d’1111 tissu de soie ä jour , fait ä Faiguille, autour d’une base cylindrique, suivant le savant rapport c[iie le ciloyen Des- marest, membre de l’Institut national, nous a donne sur les etofFes que nous avons trouvees dans c.es tombeaux. La bague qu’il avail au doigt 11’oflVe rien de curieux , ni par la rnatiero ni par la forme; eile est d'un mdtal compose de cuivre et d’argent melangd : le chaton , eil forme de Croissant, ren- ferme une turquoise ddcolorde. Je donnerai aussi dans mon autre ouvrage une gravure separee de la cliaussure du persounage , comme la partie la plus interessante de notre dd- couverle. Gelte chaussure , pnrfailement semblable ä nos guetres , est d une etofFe de soie d'un violet foncd, ornde de dessins tres-varids et du meiileur goüt, representant des polygones ou dcus, dans le champ desquels sont traces des levriers et des oiseaux eu or. Les guetres etaient serrees du haut et du bas, d’une coulisse retenue par 1111 petit cordoimet de soie de la meine couleur, et dont la labrique ressemble parfailement a la notre. Le savant Desmarest relrouve dans celle etofFe tont ce que Pline et ii.mmien Marcelli 11 nous apprennent sur la fabrica- tion des tissus les plus ricbes de leur temps et de celui des Grecs. II y deoouvre les difi’dreules parties d'un dessin varid, qui n'ont pu s’exdcutei que de la marnere dont Pline nous instruit que les Grecs d’Alexandrie etaient parvenus ä orner les tissus de leurs dtofles. II rapporte qu’Ainmien Marcellin dit formellement que ces elofFes etaient employdes dans Flia- hillemenl des personnages d’une certaine classe , jusqu’au temps ou nos dveqnes ont vdcu. D'apres toutes ces observations et le style que je remarqne dans le dessin de ces ornemens, je pense que cetle dtolFe n’a point die fabriqudeen France , et qu elle a etd apportde d’A- sie ; c’est aux savans, plus instruits que moi dans cetle partie, ä ddcider une question qui pourrait devenir intdressante pour 110s l'abriques d’dtoffes et meme pour nos artistes. E11 couliuuant les l’ouillqs donlil est parle plus haut, nous trouvames un squelelte qui, par les debris des vetemeus qui reslaient au fond du cercueil, annoncait que c’dtait un reli- gieux; nous lui relirames du cou un cercle de cuivre que je couserve , et parfailement semblable aux Colliers que por- taient les oblats. Eu creusaut plus avant dans le meine en- droit , nous ddcouvrimes une pierre cassee, chargee d’une inscriplion en caracteres romains, dont la plus grande partie DU MOYEN AGE. 97 des lellres est doublee, je vetix dire que de grandes lettres en contiennent de plus pelites dans leur interieur. Gelte pierre, porlant le n° 5ai ( bis ), debris d’un ancieu toinbeau, parait dater du sixierne siede. La voici: . ...TVMVLVS EHROTRVDI. .. .EVITHVRDZ-PRORRIAGEN. .NNIZYIXIT TRIBVZ ET Ol.... TERR HA- POZT • LINOIVENZCAEL. . TRANSITVSEHROTRVDIS-CELE... N° 4 2 5. De Saint- Germain-des-Pi'es. La tombe en pierre de liais et gravee en creux , de Clolaire II, mort en 628, äge de 4 $ ans. La meme annee mourut le prophete Mahomet. N° 426. Da meme lien. La tombe en pierre de liais et gravee en creux , de Bertrude , premiere fern me de Glotaire II ; eile mourut en 620. Les vertus que Bertrude opposait perpdtuellement aux cruautds de sou mari Ia firent gdndraleineut regretter. Bien- tot apres Ia mort de Bertrude, Clotaire dpousa Sichilde, dost il fut extrememeut jaloux; il iivra ltii-meme Brunehaud, qu’il fit mourir dans des tourmens effroyables. Le frone des rois de ce temps, suivant Mdzerai, dlait un siege simple, sans bras et saus dossier, assez semblable ä la chaise curule , et dans le goül de celui de Dagobert, que l’on voit a la bibliotlieque nationale, et que l'on montrait ä l’ab- bape de Saint-Denis, sous Ia denomtnalion d efaüleuil du roi Dag. bert. Les marques royales, dit encore cet historien, dtaieut la chevelure longue et tressde, la rnante et la tunique de pour- pre , et le diadeine ou baudeau enriclti d’or ou de deux raugs de perles, queiquefois entremeles de pierres prdcieuses, ainsi qu’on peut le remarquer ä la s.tatue de Clovis, placee dans 7 ' ce Musde et decrite sous le n° 9. Ce bandean se portail lou- jours siir les oheveux ou sur un bonnet dont Je prince variait la forme ä son grd; tel 011 voyait aulrefois ä l’un des portails de l’abbaj r e de Saint-Denis, les statues des rois merovingiens , gravds el pubJids par Montlaucon. Je viens de recueillir une partie de ces figures, prdcieuses par leur antiquitd, qui ont did rmitiiees dans Ja revolution; j’espere cependant en rap- procher les debris et les reiidre ä leur premier dtat : on trouvera ces figures dans mon ouvrage in- 8° avec gravures. N° 4- 2 7- Du meme Heu. La tombe en pierre de Hais et gravee en creux , du cruel Childeric II, assassine en 673 , ä Chelles, en revenant de la cliasse. Bodillon, auteur de ce meurlre, entre dans Ie palais du roi, massacre la reine Bilecliilde qui etait grosse, et dgorge sous les yeux de cette femme mouraute, son jeune fils qu’elle avait aupres d’elle. Leurs corps furent portes dans l’eglise Saint-Viucent, au- jourd'hui Suint-Germain-des-Prds. «II y a quelques anndes, dit Mdzerai, qu’en reparant l’eglise de Saint-Germain-des- !Pres, on y trouva deux tombeaux de pierre cöle ä cote; dans ’l’un dtait le corps d’uu homme, et dans l’autre le corps d’une femme et d’nn pelit enfant. On a cru que c’etaient ceux de ce roi et de sa fennne, ä cause que l’iuscriptiou qui dtait dans le tomheau de 1 ’homme portait le nom de Childdric, et qu’il y avait dedans quelques ornemens royaux dont les ou- vriers emporterent et dissiperent la meilleure partie. » Les tombes dont je viens de parier ne datent point du temps des personnages qu’elles couvraient, mais elles ont die imi- tdes dans le dermer siede sur les debris d’ancieus monu- mens; j’ai cru devoir les recueillir pour servir ä la Chronologie des costumes anciens et modernes que Ton trouvera dans le cours de cet ouvrage. Pi» 7. Du meme lieu. La tombe qui couvrait Fredegonde, executee en DU MUYEN AGE. yy mosa'ique. Clotaire 11 fit enger ce monument a sa rnere, l’an 600. * Cette mosaique est formee d’une infinitd depetites parties d’dmaux, dissdrninds dans un mastic prepard et coule dans les contours de ]a figure, sculptde dans une pierre de liais, dont les petits ornemeus sont en cuivre. 1 L'inscription sui- vante qu’on y lit, ne dale point du temps de son ereclion: Fredegundia regina, uxor Chilperici regis. II semblerait que l’arliste, en ne nous transmeltant aucur» dessin de la physionomie de cette femme, ait eu intention de souslraire a ia postdritd les traits d’un pareil monstre. Mais il esl plus que probable qu’il a voulu rendre le voile que portaieut les femmes, et dont eiles se couvraient le visage pendanl leur veuvage. « Fredegonde, dit Gre'goire de Tours, est une leunne abominable, impie, ennemie de Dieu et des homnies. » La tombe de Chilpdricson rnari, que cette fetnme cruelle fit assassiner pres Chelles, avait dtd posee au- pres de celle que je viens de ddcrire : n’ayant pu me la procurer, j’ai fait graver la statue de ce prince, que j’ai dessinee avant sa destruction ; il elait reprdsentd au portaii de l’eglise Notre-Dame, tenant un violon, pour exprimer saus doute qu’il avait composd plusieurs podsies lyriquss. Fredegonde etait reprdsentde eu pied aupres de lui; celle-ci est dgalement reprdsentde ici pour donner une idde jusle de son coslutne, qui n’est qu’imparfaitemeut tracd sur sa tombe. N° 4 2 7- D’A ix-la- Chapelle. Sarcophage en marbre , qui contenait les ossemens de Cfiarlemagne , orne d’un bas-relief du Bas Empire. Ce tombeau, erigd ä ce conquerant, ä Aix-la-Chapeile, a dte conservd aux arts par les soins du citoyen Dewailly, cotnmissaire du gouvernement, qui l’a fait emballer avec soin ej transporter ä Paris. Ce monuraent de notre histoira 1 Fredegonde ordonna qu’on observat aux fundrailles de Clodebert son fits aine , les menies c^rdmonies qu’ä celles s£e lä comnic le Ixiton sur leqtiel rl devait s’appuver; et l’ou saitque Dionysios est le nom que lesGrecs donnaient ä Bacchus. J'iguore si les pretres qui dirigeaient alors la construction de ces temples dlaient instruits des res- semblances qu’ily avait entre cesdeux personnages, ou s’ils faisaient executer seulement par tradition ce qui pouvait les caracteriser l'un et l’autre; mais ce qu’il y a de cerlain, c’est que tous les oruemens qui servent ä la ddcoration de ce temple de Saint-Denis , Dionysios Bacchus est chargd des attributs que l’on donne ä cetle divinite. Pav-lonl on voit la vigne, le lierre et les tigres y figurer. Bacchus est coupe eu morceaux par les Mdnades ; Denis est mis ä mort de la ineme maniere : on lui coupe la tete sur le mont de Mars, mons Martii , dout on a fait Montmartre. 1 Bacchus est mis dans uti tombeauj sa mort est pleurde par des lern nies. Des saintes femmes recneillent le corps de Deuts; elles pleurent sur ses restes infortunds, et Je placenl dans un tombeau, sur lequel on a biiti le temple dout je parle. Bacchus ressuscite. Denis, apres avoir snbison supplice, se leve, au grancl dtonnemeut des spectateurs, ramasse sa tete qui venait de tomber sous le fer de ses assassitis , et marche. ( Voyes Hilduin et Methodius. ) Ce bon Denis, patron de la France , (dit Voltaire) est un samt de la facon des moines : il ne vint jamais dans les Gaules. Voyez sa legende dans les Qucstions sur l’Ency- clnpedie, ä l’article Denis: vous apprendrez qu’il fut d’abord erde eveque d’Alhenes par saiut Paul, qu’ii alla rendre une visite ä la vierge Marie, et la complimenta sur la mort de son fils; qu'ensuite il qui.tta l evechd d’Alhenes pour celui 1 II parait cerlain qu’il y avait ancienncment a Montmartre un temple de Mars; et, suivant Abho , au pied dudit mont £tait le Cliamps-de-Mars , oii les rois de la premikre race faisaient tous les ans , au premier jour de raai , elever leur trönc , s'y pla^iient pubii- quement , et donnaient audience au pcuple pour tout le reste de l’an- nee , et lä recevaient et donnaient des pr^seus que l’on nommait estrines; domier des etrennes, etc., est l’origine de cet usage. Jean de Serres , vonlant prouver l'autorite du maire du palais sous les derniers rois de la premiere race , s’cxpriiue ainsi : « Dorenavant , en cetle premifere race , on ne verra plus nos rois qu’uue fois l’an , le Premier jour de mai, dessus leurs ebars tout garnis de verdure et de tleurs , lirds par qualre boeufs , pour se rendre au Champs-de-Mars. Qui aura affaire ä eux , qu’il les cherche en Jeurs chauibres parini leurs pas-e-temps ; mais qu’i! se garde bien de leur parier d'dffaires } car il sera rcayoyü au maire > qui fait se qui est de Tiilat.» HO M O N U M E N S de Paris; c[u’cnle pendit, et qu’il precha fort eldqueturnent du haut de sa potence; qu’on lui coupa la tete pour i'etnpe- cher de parier ; qu’il prit sa tete enlre ses hras, qu’il la bai- sait eu chernin en allant ä deux lieues de Paris fonder i’ab- baye dont nous parlons. « Les Anciens honoraieut Bacchus ft sous le uom de Dionysias ; c’etait son vrai 110m chez les « Grecs. » Nous retrouvons dans la retombde du cadre qtii entoure le bas-relief dont nous veuons de parier, deux teles de tigres; et si nous renvoyons nos lecteurs ä l’examen du grand por- tail de cet ddifi.ee, il y relrouvera tous les caracteres emble- matiques duculte naturel, dans lequel Osiris, Apollon, Bacchus , Denis, Christ, le Soleil entin , sous des norns difie- rens, joueut le principal role. Qui ne sait p:is q.ue le tigre appartient essenliellement a Bacchus ; que ce dien se couvre de la peau de cet animal, et fältele ä son char ? On voit ä la Bibiiotheque nationale un vase c.onsacre ii Bacchus , sur lequel sont graves en relief tous les caracteres symboliques de cette divinite, de sorte que ce morceau uuique est une reprdsentation generale des mysteres de la majeure partie des religions connues. Les trois couleurs dont on decorait les dglises gothiques , viennent encore a l’appui de notre assertiou sur la religiou solaire, dite chretienne. Nous y voyons for, le bleu et le rouge. Les pretniers spetaires de cette religiou aimaient k retrouver dans leurs temples ces couleurs , sous iesquelles ils ddsiguaient la lumiere, le ciel et le feu; quelquefois ils em- ployaient le noir pour peindre les tdnebres ou le mauvais genie ; mais, dans cette occasion , cette coulenr dtait toujours dominde par l’or , le Symbole de la hindere. II suffit de visiter les anciens ddifices qui nous restent, et qui ont con- serve dans leur interieur leur parure primitive, pour secon- vaincre de ce que j’avance. Ce sont ces motil’s qui in’ont ddtermiud k rappeier ces couleurs mystiques dans les siecles anciens que j’ai voulu peindre dans le Musee. L’or, le bleu et Jeciuabre, dtaient les couleurs consacrees a la representa- tion de la divinite. Bacchus avait un temple a Phelloe et ii Phigalie, dans lesquels sa statue dtait peiute couleur de cina- bre. En Grdce, on erigeait ii Apollon des statues d’or, dont le visage et les mains dtaient peiutes en rouge. Christ est re- presentd de meine, vetu de bleu et de rouge , et ayant les cheveux d’or. 1 1 II yavaitdans la ville de S. Denis, prfes le temple ^rige an Bacchus gaulois, Dionysias ou samt Denis , deux antrcs temples, I’un d^die ä S. Michel ouPers^e, l’autre IS. Pierre ou Janus, comiae lui porte-o'efs. DU MO YEN AGE. I 1 I Les Iigures colossales placees sur ce mormnieiil, en forme de cariatides, et atteuantes ;i d.es colonaes, reprdsenteut six rois de la troisieine race ; savoir : Hugues Capet , Robert, Henri, Philippe, Louis le Gros et Louis ]e Jeane. Les plus petiles, cpii sollt placees dans le ceintre du monumenl, soiit au nombre de trente; eiles reprdsenteut ies rois qui ont re- gnd jusqu’a l’dpoque de la construction de cette partie de leglise de Sainl-Denis; de Sorte que la totalitd des Iigures, eu y compreuant les grandes statues ci-dessus decntes , et Louis le Jeune, qui rägnait alors , ce portail prdsenle une Chronologie de trente-six rois de France. M O N U M E N S DU TREIZIEME SIEGE E. S i l’on enlre dans la salle qui renfcrme les monumens de ce siede, on voit des voutcs surbaissees en aretes , et parsemees detoiles sur un fond bleu , portees par de simples pilicrs grossierement dccores : ces voütes se terminent par des rosaces de ce temps, dont trois rc- presentent des evangelistes (yenant de Saint-Victor) , et les autres, dont la plus grande variete dans les for- mes etait le chou et le chardon , sont imitees ; des lampes sepulcrales en descendent. Les portes et les croisees, de f’ormes ogivcs , conslruites avec les de’bris d’un monument du meme age, qui a ete ruine par les malveillans, dont j’ai recueilli les restes a Saint-Denis , ont e'te dirigees selon le gout d’arcbitecture renouveleo des Arabes, par le celebre Montreau. On lit au-dessus des portes 1 inscription suivante, en caractere gothique : Etat des arts dans le treizieme siecle. Les vitraux portent aussi l’empreinte de ce style; je les ai tires d’un monument qui avait ete bali en ia5o par le memo Montreau , qui les avait tait execuler sous sesyeux.La lumiere sombre c[ui eclaire ce lieu est encore une imi- tation du temps; magie par laquelle on maintenait per- petuellement dans un e’tat de faiblesse des et res que la Superstition avait frappes d’effroi j car j’ai observe que plus on remonte vers les siecles qui se rapproclient du notre , plus la lumiere s’agrandit dans les monumens publics , comme si la vue du soleil ne pouvait convenir qu a l homme instruit. Pour presenter aux amateurs des arts et de leur bistoire la vue d’un siecle aussi eloigne, j’ai cberchc ä me rendre compte de tous ces details qui peignent avec les couleurs les plus vraies; recherches que je me suis proposees dans toutes les salles que j’ai creees , et que DU TREIZIEME SIEGLE. Il3 Je me propose de continuer dans celles qui me rcstent k produire. Le premier consul Bonaparte, en visitant mon e'ta- blisseinent , parut extremement satisfait de mes tra- vaux ; et il ne put s’empecher de me le te'moigner avec son obligeance ordinaire; il me dit , en entrant dans cette salle qui lui representait les edifices qu’il avait parcourus dans son voyage d’Asie : Lenoir, vons me transportez en Syrie : je suis tres-content; con- tinuez vos rechei'ches , et j’en verrai toujours les rdsultats avec plaisir. 1 Les tornbeaux que Louis IX fit eriger ä ses prede'- cesseurs ne sont que des cenotaphes ; car il est certain qu’anterieurement ä cc prince on piacait les corps des rois dans une grande picrre crcusce , recouvei te par une autre pierre simple; 2 et lorsqu’ily avoit une ins- 1 Ce lut trois jouvs apres l’inläms trame du 3 mv6.se , que le Consul, saus gardes, seulement accompagn^ de son epouse, vint visiter mou Etablissement. Ce lemoignage de confiance de la part de Bonaparte, et du premier cliel’ de la nation fran^aise , me penElra proiondement. Ses paroles dou- ces et amicales sollt encore dans ma pensEe : il me pardon- nera sans doute le sentiment de reconuaissance qui les a tra- cEes dans cet ouvrage. 2 « Les tornbeaux des rois de la premiere race , depuis Clovis, ne consistaient que dans une grande pierre profon- dEment creusEe, et couverte d’une autre en forme de voüte. On ne voyait sur ces pierres ni figure ui Epitaphe. G’Etait en dedans qu’ou gravait quelque inscription et qu’on prodi- guait la magmlicence. « Il parait que I’on necommenca ä mettre desepifaphessur les tornbeaux de nos rois, que sous la seconde race. Charlema- gne fut inlnimE assis. On desceudit son corps dans un caveau, apres l’avoir embaumE; on l’assit sur un tröne d’or. Il Etait vetu de ses habits impEriaux , par-dessus un cilice. On lui avait ceint sa joyeuse ( c.’Etait le nom de son EpEe; ) sa tete Etait ornEe d’une chaine d’or, en forme de diademe: il avait un globe d’or dans une maiu; l’autre main etait posEe sur le livre des Evangiles, qu’on avait placE sur ses genoux. Son sceptre d’or et son bouclier Etaient appendus devant lui ä la muraille. On ferma et on scella le caveau, apres l’avoir rempli de par- ftimSjd’aromales et de beaucoup de richesses.» fSaint-Foix.) ' 8 I 1 4 M O N U M E N S cription, on la placait au dedans du sarcophage, pour empecher de reconnaitre le personnage qu’il renler- mail , afin de les soustraire, dil Felibien , aux brigands TvjuC'.-f- oi , qui violaient alors les sepnltures , et qui fouillaient dans les tombeaux pour depouiller les morts de leurs bijotix ou de leurs vetemens , avec lesquels o'n eiait duns Li.isage.de les inbumer. L’arlicle II de la loi salique, publice par Clovis , interdit le leu et l’eau ä ceux qui violaient les sepullures; il defend davoir au- cun commerce avec eux , jusqua ce que , suivant la coutume de la nation , ils aient satislait ä la famille du delunt. Suivant Tacitc, les Germains couvraient leurs tombeaux de gazons , et nos anciens Francais y fbr- inoient uue espece de toit , fabrique simplemenl de planches , cpie les riclies couvraient de tapis plus ou Inoins precieux. PREMIERE RAGE. N° 9- De Salute- Genevieve. Une tombe en pierre de liais , represenlant en relief Clovis I er , mort ä Paris , qu’il avait clioisi pour sa re- sideuce , etdont il avait Fall la capitale deson royaume, en 5 11 , ä l äge de 45 ans. Il fut enlerre daus leglise de Saint-Pierre et Saint-Paul , aujourd’hui Saintc- Genevieve, qu’il fit bätir. I! tient a sa main droite le bä'on gypathique ou consu- laire., diguild qu’il re9ut d’Auastase, empereur d’Orieut. Sa tote est decorde d un diademe semblable ä ceux que por- taient les pvinces grecs : il est revetu d’un manteau ouvert sur ledevant, et d une c.oupe diffdrente dela chlamyde dont se couvraient commundment les rois ses prdddcesseurs ; sa couleur dtait pourpre. Le pelitsac ou la bour.se, connu sous le notn d’ escarcelle . que I on reraarque ä sa ceinture , ser- vait ä mettre les pieces de mounaie destiudes aux aumönes. II ne faul pas contbndre cette petite bourse avec la sporta, que Ton retrouve aussi sur certains mouumeus, Philippe- DU TREIZIEME SIECLE. I I 5 Auguste , animd d’un sentiment vraiment pieux , fit fabri- quer des bourses pour le voyage de la PaJestine, afin d'y renfermer les saintes reliques qu’il esperait recueillir; il se soumit lui-meme a cette regle, et requt des mains de Hu- gues V, abbd de Saint-Denis, avec l’oriflamme et ie bour- don , la spoi'ta peregrinatiotüs , ( corbeille de voyage ) que depiiis 11011s avons appelde cabäs . A son Imitation, les prin- ces et Chevaliers qui se croisereul, en firent fabriquer pour eux, qu'ils enrichirent de leurs armes. Ce tut sous son regne que l’on apporta des Indes la nia- niere ddlever les vprs-a-soie. Cette sculpture ne date point du temps de Clovis , et pa- rait 6tre une imitalion des auciens monumens; eile porte un degre d’avancement dansTart, qui n’dtait pointencore aussi perfectionne ä cette dpoque. Divers auteurs attestent que le temple de Sainte-Gene- vieve, apres avoir &le ravagd en 846 et en 892, fut restaurd par Jes ordres de Robert,’ dit le. Sage et le Ddvot, qui y avait fait bätir un cloitre., ddmoli depuis sous Francois I er . Le tombeau dont je parle a sans doute et 6 exdcute a la suite des restaurations ordonuees par Robert. . t _ N° 10. De Saint-Denis. Cenotaplie en pierre , sur lequel cst couchee , en pierre de liais, la statue de Clovis II , mort en 656 . SECONDE RACE. ■N° 11. Du me me Heu. Cenotaplie en pierre, sur lequel est couche'e la statue, en pierre de liais, de Charles Märtel , maire du palais, sous les derniers rois de la premiere race, et pere de Pepin, dit le Bref 3 chef de la seconde race, mort en 741. MONUMENS n 6 N° 12. Du meine lieti. Cenotaphe en pierre , sur lequel sont couchees les statues di- Pepm, mort en 768, el de Berthe sa lemme , morte tn 785. N° i 3 . Du meine lieu. Cenotaphe en pierro , sur lequel sont posees les sta- tues de Carloman , roi d’Auslrasie , fils de Pepin et d’Ermen trade, morte en 86g , femme de Charles-lc- Chauve, mort en 877. Le monnment qni avait ete 4 £rig 4 ä Charles !e Chauve , ayant ete d^truit par v^tustö, Louis IX lui fit driger celui que l’on voit ich N° 14. Du meme lieu. Cenotaphe en pierre , sur lequel sont couchees les statues de Louis, fils de Louis le Begue, mort en 882 7 et de Carl jman son frere, mort en 884 - N° i 5 . Du meme lieu. Ce'notaphe en pierre , sur lequel est couchee la Statue d Eudes, mort en 898. TROISIEME R A C E. N° 16. Du meine lieu. Ce'notaphe en pierre , sur lequel est couchee la Statue d I-Iugues Capet, clief de la troisieme race, mort en 996. Costumes. Depuis Charles le Chauve jnsqu'a Hugues Cnpet, et de- pnis ce dernier jusqu’ä Louis VIII , on porta Ja barbe et Jes clieveux fort Courts, et ineme le peuple ne portait plus c|ue Jes moust-'.ches. Ce fut sous Louis VIII que l’on comineri^a ä se raser, connne on le verra par Ja suite. Jean XII, pape, ddposd en ()63 par im concile qu’il avait provoque, et dans lequel on lui reprocha ses crinies, avait reprts la barbe. Cette bizarrevie , de prendre on dequilter airisi Ja barbe de la pari des papes, excita im concile tenu ä Limoges en »obi , dans lequel on declara qu'un pretre pou- vait se faire rarer ou garder La barbe. a volonte ; cependant ce meme concile parle en laveur des p renne rs , puisqu’il est dit dans uii anlre paragraphe , que es pret-es rases sero t distingue's ties laiqves par Lear exterieur. Grdgoire VII fit tenir un concile en 1070, oii il tiefend fonuellement aux clercs de porter Ja lrtrbe. Les haLits de ville de I nn et de i’autre sexe dtaient, ä fort pen de chose pres, les meines que sous la sec-onde rate, k J’exreption que les mis Capetiens quitterentla cblamjde pour pr.endre le manteau couvt. L'habiilemenl tuiiitaire dlait fort court et send. Au lieu de cnirasse piquee , le Soldat portait une espece de tumque müllee , avec les bottmes pareilles , armnre extremement pesante, que 110s Francais emprunlerent des Normands. 11 « se couvraient Ja tete cf uu petit bonnet en forme de calotte-, sur lequel ils posaient ie chaperou. ( Voyez Mo/itfaucon.) N° 17. Du meme Heu. Cenotaphe en pierre , sur lequel sont pose’es les sta- tues de Robert-le-Pieux, niort en io 3 i , et de Gons*- tance d’Arles sa femme, rnorte en xo53. En 1026, Gui religieux d’Arezzo, inventa la njusique ä plusietirs Ions, regia la gamrne, et fixa ä ciuq le nombre des porldes. IN® 18. Du meme lieu Cenotaphe ert pierre, sur lequel 1 est eouchee, i®' la MONUMENS i iB Statue de Philippe de France , fils aine de Louis VI, dit le Gros, couronne du vivant de son pere, auquel il ne survecut point, niort d’une chüte de cheval en ii 3 i j 2° la statue de Constance de Castille, t'emme de Louis VII, dit le Jeune, morte en ti 6 o. Costumes. Sous Louis VIII, les femmes portaienl de longues queues a leur vetement de dessus, des collets renvers^s et une cein- ture dor^e. Blanche, sa fein me, fit defendre aux filles pu- bliques de porter ces marques de dislinction, qui apparte- naient aux femmes mariees. Cette loi fut promulgu6e, parce que cette ferame vertueuse fut obligee de rendre , ä la messe, le baiser de paix a une fille publique qui ^tait d£- cemment vetuej ce qui a donnö lieu au proverbe : Bonne renommee vaut mieux que ceinture dore'e. N 0 20. De la Culture-Sainte- Catherine. Deux pierres gravees en creux , repre'sentant la fon- dation du monastere de Sainte-Catherine du Val-des- Ecolicrs, en 1200, par les. sergeus d’armes , apres la victoire qu’ils remporterent au pont de Bovines. On y voit ces guerriers , Louis IX en habit de cour, et les religieux de ce monastere, tous vetus ä la maniere du temps. Voici les iuscriptions qui sont gravdes au bas de ces pierres : Les sergens d’armes pour le. tems gardoient ledit pont, et >vouerent que siDieu leurdonnoit vittoire, ils fonderoient une eglise en l’honneur de madame Sainte - Katherine. Et ainsi fut-il. A U T R E. A la priere des sergens d'armes , Monsieur Saint - Loys fonda cette eglise, ety mist la premiere pierre : cefut pour la joie de la vittoire qui fut au pont de Bovines, l’anM. CC. et XIIII, DU TREIZIEME SIEGLE. I I 9 Les sevgens d’armes, servientes arniorum, furent inslitues par Philippe-Auguste pour la garde de sa personne, mena- cde par le vieux de ia Monlagne. Ils etaient cutrasses ä la mattiere du ternps; leurs armes etaient la masse d’armes, l’arc et les ffeches : ils porteront toujows leurs carquois pleins de carreaux; les carreaux etaient une espece de fleche dont le fer dtait carre. O 11 leur donne aussi des lances. La coiffure de lete etait le cabasset ott le casque leger, sur le- quel on remarque dans le bas-relief un voile jetd en arriere, connu depuis sous le 110 m de cor nette ; lorsqu’ils allaient k la guerre, ils quittaient le cabasset pour prendre le heaume. L'un des deux guerriers que l’on voit en presence de LouisIX, dans l’autre bas-relief, parait avoir le coslume qu’ils obser- vaient dans les cdremotues. Le premier a une casaque ä gran- des manches, avec une chaine qui lui desceud sur la poi- trine ; il a la lete ddcouverte : l’autre est enveloppe d’un grand manteau ä manches pendantes , fourre ä longs poils; il a 1a tete couverte d un bonnet. N° 21. De Saint-Denis , originairement de l’abbaye de lloyaumont. Une tombe en bois, plaque’e en cuivre emaille. Cette tombe couvrait Louis de France , le premier des enfans de Louis IX, morl vers ta36, ägd d’un au. ]N° 22. De Vabbaye de Royaumont. Cenotapbe en pierre, sur lequel sont posees les sta- tues, en pierre de liais, de Louis de France , mort en 1262, ä läge de 26 ans, et de Jean son frere , mort en 1247, tous deux bis de Louis IX. En 1253, le I er ddcembre, mourut la reine Blanche , re- gente du royaume pendant le voynge du roi en Palestine; eile f’ut enterrde ä l'abbaye de Maubuisson , pres Pontoise. Luuis, fils aind du mouarque, prit les renes du gouvernement quoiqu’il 11 ’eut que douze ans, et que les lois gdnerales du royaurne ne permissent de lenir fiel' ni gouvernement qu'ä vingt-un ans. 1 20 M O N U M E N S Louis IX, apres la mort de sa mere , se pr^para ä revenir en France. I) arriva aux iles d'Hieres en 1254, apres bien des fatigues et des malheurs , qu’il surraouta avec beaucoup de courage et de vertu. II fut recu la meine annee ä Paris ; il v excita une gratide joie. (Voyez du Tillet .) Les bus-reliefs sculptes autour du cdnotaphe repr^sentent Jes obseques * 1 de Louis, que sa bontd et sa douceur avaient gtbteralement ihit regretler. Ou y renrarque lescostumes civil s de ce temps. ' W° 23 . JDes Quinze- Vbigts , rue Honore. La slatue, en pierre de liais, de Louis IX , mort cn 1270, en Afrique pres Tunis. Cette statue, quoique tres-bien ex&uitde pour le temps, n’est pas aussi estmi^e que i’etait celle placeeau portail des Cordeliers. Louis IX rendit des lois contre les blasphemateurs , dd- fendit les duels dans les lieux de sa justice, par un edit qu’il jendil en 11160 ; il considdrait le duel cornme un acte de cruautd et de de'mence. Sous des formes pieuses, cet liomme vertueux, doue d un esprit simple , possedait tous les prin- cipes de la vraie philosoplne. Suivant le sentiment du Pere Dauiei et du president H^nault, Louis IX fut un des plus grands princes et des plus singuliers qui aient paru ; com- palissanl pour tout le moude , cornme s’il u’avait ^te que malbeureux; liberal, saus cesser d’avoir une sage dcontmiie dans ses linances; intrepide dans les combats , sans fureur, et toujours courageux pour les grauds interets. Costumes. Nous avons deja parlö de la cotte d’armes, qui etait le ve- tement ordinaire des auciens Gaulois , qu ils nommaient sa- gum, saye ou sayon , et dout la forme se rapproche de ’ Voici ce que rapporte Saint-Foix sur les obsfcques de cet enfanl : 1 Le corps du fiis de Sainl-Lonis , mort ä l’äge de 16 ans, fut d’a- lt'ird porte ä Saiüt-Denis , et de lä ä l’abbaye de Royamnont, 011 it fut enterrd. Les plus gratwls seignenrs du royaume portfcrcnt alternativement le cercueii sur leurs epaules; et Henri III, roi ci’Angle- terre, qui ^tait nlors a Paris , le porta lui-meme peudant assez lorg- K-mps, cornme feudatai.o de ia couroime. j DU TR EIZIEME SIEGLE. 12 t celle qae portent nos diacres dans leurs fonctions; mais comine ce velement de dessus a eprouvd quelques variations, nous allons Je faire connaitre. Les Frangais , dans les commencemens , portaient une sorte de vetement ou de mauteau qui leur dtait particulier , et qui, dtant posd sur les dpaules , pendait jusqu’ä terre par- devant et par derriere, et qui, sur les cotds, venait ä peine aux genoux ; mais lorsqu’ils passerent dans les Gaules ils quilterent cette sorte d’habit, et prirent la cotte d’armes ou le sayon des Gaulois , qui passaient ce vetement par-dessus leur armure, ä l’imitation des Grecs, qui,selon Plutarque, servaient ä reconnaitre les Chevaliers. Ce vetement, qui se termiuait ä la naissance des genoux , leur parut plus con- venable ä la profession qu'ils faisaient de la guerre, et sur- lout moins embarrassant dans les combats. Quelques Chevaliers, pour cacher des ddfecluosites du corps, cominence- reut par alonger leurs cottes d’armes , et les firent descendre jusqu’ä mi-jambes. La nouveautb plait ; et des ce moment les Chevaliers , en general, imiterent ce que la diffonmte dun seul avait fait naitre naturellement : tous alongefent leur cotte d'armee, de teile sorte qu’ils la firent descendre jusqu’aux talons. Cette sorte de vetement dtant presque le seul apparent, puisqu’il couvrait les autres, oii les seigneurs, les baronset les Chevaliers, pussent faire dclater leur magni- ficence , ils le portaient assez commun4ment en drap d’or et d’argeut, garui de riches pannes ou de fourrures d’hermi- nes, de martres zibelines, de gris, de vair, etc.; ce qui est parfaitement exprime par Albert, chanoine d’Äix-la-Cha- pelle, dans la description cju’il nous a donnde des cdrbmo- nies observees par Godefroy de Bouillon, et par les autres barons francais, lorsqu’ils se prösenlerent devant l’empereur Alexis Comuene : il dit positivement qu’ils parurenl devant luien grande splendeur, portant uu vetement d’un tissu d’or, garui d’hermine, de ruartre, de gris et de vair, vetement ä fusage des princes francais. On porta jusqu’a un tel point le gout de la richesseet de la recherche dans les vetenieus , qu’en ngo Philippe-Auguste defendit, dans ses ordonnances sur la milice, de porter des habils d’or, d’argent , d’dcar- Jate, des peaux de vair , de gris et d’hermine , dont Ja dd- pense devenait excessive pour le inilitaire. Cet ordre, dit Joinville, fut suivi par Louis IX, qui, en ses voyages d’ou- tre-mer, s’abstiut lui-meme de porter l’dcarlate, le vair et rhermine. « Qu’onques puis en ses abits ne voulut porter na meine vair, ne gris , ne esc.arlate, ne esties ( e'triers) et es- perons dords. » Et cet historien assure que laut qu’il fut ou- 1 22 MONUMENS (re-mer avec le saint roi, il n’y vil pas une seule cotte brodle. Voici la description qu'il donne du vetement que porta ce prince apres la reddilioti de Damiette : « Mais conviut au saiut roy de gesir par six jours sur les matelaz , jusques ä ce que nous fussions ä Acre; El n’avoit le roy nulz abiIle— mens, que deux robbes longues ä manches cpie le Souldan Juy avoit fait taiiler, qui estoient de samys noir fourrees de vair et de gris , et y avoist grant foisson de boutons d’or, » K° 24. . De Saint Denis. Sur le meine cenotaphe en marbre noir , sont cou- chees les slatues de Philippe 111 , dil le Hardi, mort en 1286, et d’Isabelle d’Arragon sa lemrae , morte ä Cozenza, en 1271 , de la suite d une chule de cheval. On voil autour du cenotaphe l’inscription suivante , in- crustde en marbre blaue : D Ysabelle liime. ait paraclis, dnnt le corps gist sous cette ymagefame, le jour de Saint-Agnes seconde l'anmil cc. dis 7. Philippe, apres avoir accordd la paix au roi de Tunis, revint en France, suivi des ossemens du roi son pere,de la reine Isabelle sa ferame, et du comte de Nevers son fiere. Ce prince, l’exemple de la pidtd filiale, fit faire des obseques magnifiques ä son pere jil le porta lui-meme , pieds nus , ä Saint-Denis, chargd sur ses epaules. Les mouumens qui elaient places de distance en distance sur la route de Paris ä Saiut-Denis , furent dlevds de son temps , pour consacrer ä la postdritd le Souvenir de ce ddvoiiement religieux. 11s indi— quaient les lieux oü ce vertueux fils s’dtait reposd pendant le convoi. 1 Philippe III enc.ouragea les artistes ; il fut le premier qui affecta des rdcompenses honorables aux talens. ( Voyez ]e n° 87 . ) ’ Les rdvolutionnaires ont ddtniit ces espfcces de tours, qui s’ele- vaient ä quarante pieds de terre ; elles contenaient les stalues , de grandeur homaine , de Louis IX, du comle de Nevers, de Philippe III, et cclle de Robert, comte de Giermont. DU TREIZIEME SIECLE. 123 N° 23. Des Cordeliers de Paris. La statue, en marbre , de Pierre d’Alencon, iils de Louis IX, mort en 1285. Costum.es. Gelte figure, sans barbe, selon l’usage du temps, comme nous l’avons ddmontrd plus haut, rnontre le compidment de l’habit de Chevalier, dont i’institutiou remonte ä Charlema- gne. Elle porte le haubert avec son chaperon de mailles , jetd en arriere sur lesdpaulesj les manches, les chausses de mailles et le gambson. 1 Dans l’action, le chaperon enve- loppait la tete du Chevalier , 2 qui le jetait par derriere aprös avoir old son lieaume , lorsqu’il voulait se vafraichir sans oler son harnois. Le haubert etait Ia principale arme defensive, faite pour rdsister ä la lancej eile appartenait exclu-^ sivement aux Chevaliers et ä ceux qui avaient./Ze/’ de haubert. 3 4 L’usage de cette arme se prolongea jusque sous Philippe de Valois, mort en i35o, et Ton substitua au haubert une armure toute de fer. ( Voyez la statue de Charles d’Alencon , n“ 46 j celle de Duguesclin , n" 5g , et les autres du rnerne temps, que j'ai reunis dans ce Musde. ) Le vetement d’un ecuyer est semblable ä celui du Chevalier, ä l’exception qu’il ne pouvait se vetir du haubert, ni ! >orter les manches, ni les chausses de mailles. «Item , le larnois de l’dcuyer sera tout pareil ä celui du Chevalier, ex- cepld qu'il ne doit avoir nulle chausse de mailles, ne coef- fettes de maiües sur le bacinet, 4 mais doit avoir un chapeau 1 Le gainbson etait un vetement contre-pointe, garni de ßourre ou de laine, entrelacde et battue aveo du vinaigre , que Pline, liv. VIII, chap. 48, dit resisterau fer. 2 Voyez dans ce Mns^e, les vitraux des deux extrdmit^s de la sallc du treizibme siede. Ces vitraux ont etd fabriquds en 1200. 3 II fallait avoh 21 ans passds pour ceindre le haubert. Les aspi- rans, avant que d’etre faits Chevaliers, portaient dans les combats les armes des Chevaliers , ä l’exceplion du haubert. 4 Bacinet, chapeau de fer ou casque leger , sans visifere et sans gorgerin : it la guerre et dans les tournois ,’les Chevaliers portaient le h^aume , «jn’ils exhaussaient ordinairement d’un cimier ä lour goüt. Le comte da Boulogne , d la bataille de Bovines , lit ajouter ä son beaume des cornes faites de cötes de baieine. Les rois portaient des couronnes sur leur cascjue ä la place du cimier. ( V'oyez les bas-reliefs du tombeau de Francois I er , qui soat dans ce Mus£e. ) MONUMENS 124 de Montauban, et si ne doit avoir nulles bracheres ( bras- sards ou manches de mailles,) et des aulres choses se peut armer comme uh Chevalier. » Le clieval etait housse et. eapanconnd. de soie anx armes et blasons du c.hevaher, et pour la guerre, de cuir bouiJIi ou de bandes de fer , tels qu’ou en voit repvAsentes sur Jes vitraux de l’abbaye de Saint Denis, faits du temps de Säger. Les Chevaliers portuieut aussi des eperons dords , et ä molet- tes aussi larges que la miiin. L’on croit que Serlon d’Abon , dveque deSdez, fut cause que les laiques, ä l'imitatiou des pretres , coupereut aussi leur barbe. Voici ce que les historiens disent ä ce sujet. Le jour de Päques de 1 io 5 , Abon precha coutre la barbe de- vant Henri I er , roi d’Augleterre , qui se fit raser devant tonte sa cour, ä l’issue du sermon par leveque, qui de suite coupa la barbe de tous les assistans avec des ciseaux qu'il avait pris par prdvoyance. Peu de temps apres , Pierre Lombard , 1 dveque de Paris , alla trouver Louis le Jeune, ( dit le Pieux ) et apres lui avoir fait de vifs reproches du crime qu’il avait commiseu- vers trois mille cinq Cents Champenois , qu’il avait fait bruler dans l'dglise de Vitry, ou ils s’dtaient rdhigids, il determina ce prince ä se laisser raser le menton en expiation de son crime. Lombard coupa lui-meme la barbe au monarque repeutant, et de ce moment le peuple , ä l'imitation des rois et des priuces, cessa de porter la barbe , qui ne fut reprtse que sous Francois I er . N° 26. Des Jacobins, rue Saint-Jacques. Statue couchee, en marbre blaue , de Charles de France, frere de Louis IX , mort roi de Sicile et de la Pouille, en 1285, äge de 65 ans. II avait die placö sur le tröne de Sicile en 1266 par le pape Clement IV. Sa mauvaise conduite envers ses sujets occa- sionna lenr rdvolte et le massacre des Francais dans cette ile, le 00 mars 1277, ie iendemain de Päques ; massacre coumt sous le nom de Vepres siciliennes. 1 Le tombeau de Pierre Lombard, qui etait k Saint-Marcel, fut ou- vert en 1793 , et l’on trouva le corps couvert de ses habits ponlifi- caux, ayaut äse s pieds des souliers brodes, montes sur des.semelles de liege j ces restes precieux furent pilles* DU TREIZIEME SIECLE. 125 1! s’dtait fait couronner roi de Jerusalem dnns cette meine annde. K° 27. De Vabbaye de Royaumont. La tombe, en pierre, de Louis, fils du comte d’A- lencon, fils de Louis IX; et de Philippe d’Artois, mort eu 1291. Cette tombe, orn^e des figures de ces jeunes princes, et d’une iuseription en reiief, prise dans la pierre metne , est curieuse par son genre de travail. Elle a et6 tres - xnutilee lors de la revoluuon.. K» 28. Des Quinze-Vingts , rue Honord. La statue , eu pierre de liais, de Marguerite de Provence, femme de Louis IX, morte en 1295. Lors de la ddmolition de cet höpital, qui eut iieu en 1781, cette statue, ainsi que celle de Louis IX , fureut ddpos&a dans ia salle des autiques au Louvre. K° 29. Des Jacobins , rue Saint Jacques. La statue en marbre, et conc’ e. , de Robert, comte de Clermont, seignrur de Bourbon , premier du nnm, sixieme fils de Louis IX , mort le 11 t'evrier iS r 7. Son pere fit venir de Rome Humbert , general des Dorni- nicains, pour le tenir sur fi s fonts de bapleme , qui le nomma Robert , en memoire de Robert d Artois son oncle, tue ä la bataille de la Massoure , le g fe- vrier 1249. Voici son e’pitaphc : Chy - gl st le.fils Mos S.- Loys jadis roi de. France cest a savoir M. Robert comte de Clermont seigneur de Bourbon qui tre'passa le septieme jour de f evrier etfut le lundi apres la purißcation ISotre-Dame. Pries Dien pour l’amede . Ici il y a uua lacunej je pense que c est ly qu’il faudrait. / Des Tournois. L'institution des tournois est tres-ancienne, quoique plu- sieurs auteurs s’accordent ä en donner i’invention ä Geoffi oy de Preuilly, en 1066; mais il parait certain que cebaron ne Jit que renouveler ä cetle>6poque ies r^glemens de cet exer- cice , en y ajoutant de nouveiles manoeuvres. Ce genre d’amuseraent elait particulierement affeciionne par la uoblesse en ternps de paix. On s’y exercait ä manier ja lance et l’<§p£e, ä bien se servir du bouclier, etprincipa- jement ä se tenir ferme ächeval, et ä soutemr ies plus vio- lens assauts saus se laisser dbsarconner. Les Chevaliers qui tournoyaient, Etaient tellement equipes de loutes pi&ces, qu’ils etaient invuludrables; aussi avaient- ils besoin d’une grande adresse pour se mainlenir ä cheval, car une fois qu’ils dtaient ren verses ä terre, ils ne pouvaient plus se relever, et ils etaient en danger d’etre foules par les pieds de leurs propres clievaux ; ce qui dtait tres-frequent dans les combats, et ce dont 011 peut aisement se convainc.re, si l’on veut se donner la peiue ’d’examiner la statue de Robert , que je viens de decrire. .11 est donc certain que les tournois etaient une ecole oü la jeunesse s’exercait ä l’art miliraire; c’est pour cela que les anciens auteurs dösignent ce genre d’amusernent sous le uom de Jeu v militaires, Exerchces militaires, ou preparation ä la guerre, et ce 11’est que depuis qu'on inlroduisit dans cet exercice une manoeuvre toumoyante, qu’il prit le uom de tournois. II y avait des prix pour ceux qui combattaient le mieux; l’on nommait des juges pour examiuer les armes des com- battans qui devaient entrer en lice, et pour adjuger les prix ä ceux qui les meritaient. « Les che.valie.rs tournoyent cTepe.es rabatues, dit un an- cien auleur, les taillans et pointes rompues, et des bätons tels qua tournois appaitient et devoient j'rapper de haut en bas, sans tirer ne sans sagnier. » Ces dpees se nommaient glaives courtois, armes courtoises. Les Chevaliers qui man- quaient aux röglemens , perdaient le prix ,• et payaient une amende. II est communiSment recu que lesannoiries ont pris nais- sance dans les tournois, et que les Chevaliers prirent ehacun une couleur diflerente , des döcorations d’or ou d’argent, qu’ils appliquerent sur leur cotte d’armes et sur leur £cu , pour se dislinguer et se reconnaitre en eombaUant. Richard, roi d’Angleterre sous Philippe-Anguste, ayant dprouve trdf> souvent l’avantage cpie cei excercice donnait ä Ja gendarmerie francaise sur ses troupps , iutroduisit l’usage des lournois en Angleterre; et cel exercice fut irnitd de suite dans tous les dtats de i'Europe. IN 0 3o. De Saint-G er mala-cles-Prds. Une statue en pierre, de grandeur naturelle, repre- sentanl Chiidebert. Cette statue a ete exdcutee en 1200, lorscpie Montereau, cdlebre architecte de ce teinps , rebalit le reiectoire de cette maison. 1 N° 5i. Du meine Heu. Une vierge, en pierre de liais , de grandeur naturelle. Cette vierge dtait placde ä la porle d’une chqpelle, qui a ete bätie sur les dessius et sous la direction du meine architecte ci-dessus citd. N° 02 . De Saint-Denis. Un grand bas-relief en pierre de liais, sur lequel sont rcpresentes plusieurs sujets de devotion. Au milieu on voit un caivaire : d’un coid , saint Eus- tache ä genoux, et de l’autre les jeunes gens dans la four- naise, etc. Cette distributien bizarre tient au inauvais goüt de ce temps. 1 Le goüt decoloiier les monumens de sculpt.ure remonte auxpre- nuöres dpocjues du gouvernement inonarchique. Ce goüt s’est propag^ jusqu’au seizPune sifecle. On remarque que'ce n’dtait qu’une Imitation des Grecs, qai l’avaieilt pris des Egyptiens. ( Vojcz Winckeloiann, Histeire de l’ylrt.J MONUMENS 1 28 r N° 55. Du meine Heu. Un bas-relief cn marbre blanc , plaque sur un fond de marbre noir. Ce bas-relief, qui reprdsentait differens sujets de la vie de saint Denis, a et£ tres-mutild par les maiveillans. N° 54. Du me me lleu. Bas-relief en pierre de liais, representant les armes de France au i5 e siede. N. B. En 1374 , sous Charles V, on ne grava plus sur lYcu de France cf ne trois fleurs de lis ; auparavant eiles 6 taient saus aombre. f Du Tillet.J N° 55. Du meine lieu. Un bas-relief en pierre de liais, representant le mar- tyre de saint Hippolyte, N° 56. j Des Petits-Peres. Un buste curieux, dont on ignore le nom du personnage qu’il represente ; le masque est de marbre blanc, la coiff'ure et le corps sont en gres. N° 5 7 . Des Grands-Carmes. Une croix processionnelle en cuivre dore, execute'e sous Louis IX, et donnee par lui aux religieux de ce couvent. DU TR EIZIEME SIECLE. 1 2C> On croitquece morceau est-de l'execution de Raoul, qui fut le preinier qui recut ä titre de vdcompense des le.ilres de noblesse des mains de Philippe III, en 1280. Saint Eloy, orfevre , ne pres Limoges , fit des pietes d'orlevrerie tves- estiindes pour le lombean de saint Germain, dveque de Paris, qui niournt en 5 j 6 . Clotaire II emploj'a ies talens de cet artisle, quidtait en grande rdpufation pour le goüi dt la reclierclie dans son genre de iravail ; Dagobert I er le fit soii trdsorier. Pres de lä 011 voil trois peliis bus-reliefs en albätre, laNativite, la Rdsurreetiou et IAscension de Christ, pre- cieux, parce qu'ils representent diiTerens mcubles alors en usage. (Ils viennent de l'abb'aye de Marolies-, ou ils üvaient Ad vendus.) N° 42g-. De l'abbaye de Saintdhenis. Fragment d’un pave' mosaiquc , execule clans le onzieme siede, et d’un autre pave du meine temps , grave en creux, et dönt les dessins sont .remplis d’un maslic rouge. Je donne aussi les dessins de ces pavds dn goüt arabe, tels qu'ils elaient avant les destructions rdvolulionnairesi: l'un et l’autre represenlaient dans leur ensemble les douze signes du zodiaque, les ddgradalions de la chaieur et les traVaux agri- coles qui se praliquent annuellement sous chaque signe. Öu voit encore im de ces calendriers antiques sur la principale porte d’eutrde de l’dglise Notre-Dante de Paris, monument dont le citoyen Dupuis nous a donnd une savante descriplion dans son ouvrage sur 1 'Origine de tods les Cultes. II serait a desirerque le 1 ministre de l'iutdrieur m'autorisat ä faire monier ces lableaux precieux que Ion mntile tous les jotirs, afin d’en conserver la trace dans mon Musee; ce serait rendre au citoyen Dupuis l’hommage qui iui estdd, et conservei'des autonies precieuses aux antiquaires. Ces tableaux, qui se trouveut extdrieurement ou intdrien- rement appliquds aux temples des Cliretiens, batis dans les Premiers siecles, prouvent dvidemment que le christianisme 11’est qu’une suite des anciens cullos , dont 011 a ddligurd les principaux personnages ; et, comme nous l’avons ddja demon- trd , nous retrouvons Isis et toutes ses attributions dans la Vierge des Clirdliens; comme eile, eile accouche le 25 d'd- cembrea minuit, dans i’dtable d’un bouvier, et comme eile, 1 3o M O N U M E N S eile allnite uu enfant nouveau nd cju’elle porte sur ses genoux. Sou fils Horus ou Christ, le Dien de lumiere , apres avoir eprouve les tourmentes d’une vie orageuse, meurt et ressus- cite aux raemes epoques ; il est donc evident que c’est Ja meine chose, et qu’ou ne doit pas s’dtonner de voir nos tem- ples decords des emblemes qui se trouvaienten IllgypLe, datis ceux de la ddesse Isis; d’ailieurs , cette faineuse Isis etait Ja divinile adorde des Parisiens, qui ont conservd son vaisseau symbolique pour armoiries. Autre rnosai'que, numerotee 429 , ( bis) representant un religieux ä genoux, qui parait elre l’auteur du pavd dont j’ai parld : l’insnription suivante a dld fabriqude en meine temps que le tableau. Bonofrater hcec ecclesias fecit hoc opus. IN 0 430. Du meine Heu. Un bas-relicf en pierre de liais, execute vers le onzieme siede, et representant Dieu le pere , Jupiter ou le Soleil, assis et entoure des quatre points cardinaux du del; savoir , le lion, le boeuf, l’aigle et 1 homme ; cette allegorie est tres - savamment expliquee par le citoyen Dupuis. Consultez son ouvrage ( Origine de tous les Cultes .) Le dessin de ce bas-relief est d’un style severe, et se rap- prucliaut du goüt de l’aulique; les draperies en soirt liues et d’une exdcution soignde. N° 431. Du meme lieu. Lesdebrisd’unautoben pierre, orne de petitescolon- nes et de sculplures tres-soignees. On ddcouvre encore dans les entre-colonuemens les restes d’anciennes peintures faites ä l’eau d’oeuf, representant des balailles : quelques armures s’appercoivent malgre les des- tructions, entre au tres des casques assez semblables a ceux des anciens Persans. IN 0 432. 1 Bas-relief en albatre de Lagny, repre'sentant l’An- nonciation. 1 433,434,435, sont supprimds; les monumens anciennement dd- crits sous ces oumdros , sout eroployes i\ la ddcoratioa de cette salle. DU TR EIZIEME SIECLE. l3t Ö'un cot; 5 . 011 voit la Vierge pres de son lit , ä genoux, orcnpee ä lire ses heures devnnt nn piie-dieu ; eile se re- tourne , et appercoit, non saus surprise, le jemie Gabriel, vetu ä la maniere du temps, qui ddroule nn inauuscrit sur lequel est dcrit l’objet de sa mission. Au dessus on voit le Pere Eleniel, dont on n dord la face, saus doute pour prindre. la lumiere toute-puissante; c’est de sa bouche que pari le pi- geon oli l’esprit de Dieu, pour aller droit ä la Vierge. On remurque dans rette production bizarre les tneubles , dont les l'ormes ont et 6 probableinent imitees sur c.eux en usnge a rette dpoque. Le citoyen Willemin, dessinatetif et graveur, conjui par l’ouvrage qu’il publie sur les costumes des anriens peuples, m’a l'ait hommage de ce inorceau curieux en faveur de ce Musde. N° 456. De Notre - Dame. Une Statue en pierre de liais, et de grandeur naturelle , represenlant Adam. Les formes qui composent l’ensemble de rptte Statue, ne prdsenlent rien d’agrdable; rependaiit on peilt y remarquer des ddlails naifs et vrais. Les figures'nues de c.e temps sollt exlremement rares, et c’est plus sous le rapport de 1 histoire de l’art que j’ai fait entrer celle-ci daus mit Collection , que pour l’art lui-nueme. MONÜ M E NS' Dü QUATORZIEME SIEGLE. Au retour des croisades, vers la fin dn treizieme siede, les arts dependans du dessin furent tres-cullive's, et les arlistes qui avaient voyage en Asie avec Louis IX, en apporterent un nouveau genre de decoration, et inlro- duisirenl particuüerement dans larchitecture le gout ara- ■besque; des-lors les ogives alongees et elegantes prirent Ja place des voutes surbaissecs , et Ton vit bienlöt, ä l imilation des mosquees, nos teraples s’elever mnjestueu- sement, et leur interieur, charge de domres, de verro- teries et de cuuleurs brillantes, montrer le luxe le plus imposant. Tel est le but que je me suis propose dans la decoration de raon quatorzieme siede, que j’ai com- pose avec des debris pris ä la Sainte-Chapelle de Paris, balle vers la fin du treizieme siede, et termme’e dans le commencement de celui dont je parle. Les apötres sculptes en pierre, de grandeur naturelle , qui ornent cette salle, sont lires de la meme basilique, et sollt tres- remarquables par la na’ivete de leur expression et la sim- pücite de leur execution. Leurs vetemens donnent une idee exacte des etoffes et des broderies que l’on employait h cette epoque, etolfe assez semblablu, pour la finesse de la fabrique, aux schalls des Indes que notis connais- sons, et apportee alors en France par les croises. Lai forme l’espece de fond mosaique en sculpture saillante qui couvre les murailles , les plafonds, etc. , avec des details que j’ai releve's dans l’abbaye de S.-Denis, et que j’ai adapte's et colories comme il convenait pour l’en- semble general de la salle. I.jCS osives aui decorent l’inte'rieur de ce siede sont O 1 egalement tirees de labbayedeSaint-Denis, ainsi que les culs-de-lampes et les Supports de la retombee des voütps. Ges ogives sont garnies de yingl statues des personnages DU QUATORZIEME SIKCLE. St 33 los plus ceiebres, tous veius de leur costume militaire, meines sur des lions, et places chronologiquement dans l’ordre qui suit: Le premier en entrantä droite, reprc- sente Philippe IV, dit le Bel ( voyez dans cet ouvrage le n° 09); Louis X, dit Hutin (/.jo);Robert de France, comte de Clermont , stxeme bis de Louis IX (29) ; Louis de France, comte d'Evreux ( 4 b) ; Philippe V, dit le Long(lß)', Charles de France, cornte de Valois, prernier dp nom ( 54 ); Charles IV, dit le Bel (47); Charles d Elampes (48) ; Charles d’Alencon , tue ä la Bataille de Crecy (46); Philippe de Valois ( 5 a); Pierre de Bourbon, comte de ia Marche, chambrier de France , lils de Louis I er , duc de Bourbon (626) ; Jean II, dit le Bon ( 55 ); Bertrand Dugnescliu ( 5 y); Charles V (60); Pierre d’Orgemont (487); Leon de Lüsiguan ( 65 ); Bureau de la Riviere (60); Louis de Saticerrc ( 5 p); Pierre de Navarre, comte de Mortaigue (79); et Arnould de Bracque (67). N° 58 . JJes Jacobins, me Saint-Jacques. La statue couchee, en marbre blanc, de Margucrite, fiile de Philippe, comte d’Artois , femrnc de Louis de France, comte d'Evreux, morte en x 3 i 1. N° 5 q. De Saint-Denis. La statue en marbre Liane,- de Philippe IV, diL le Bel, mort en 12 14 - Ce fut de son regne, suivant quelques auteurs, que l’ap— plicalion se fi‘t de l’aiguilie aimantee ä la marine , par Flavio- Goja , napolitain. Dantves prdtendent que l'a boussole fut apportde de la Chine par Marco-Paolo , veniiien. II est prouve qu’on en faisait usage en Provence long-temps avant. ( Voyez Guyot de Provins , poete francais, qui ecrivait eil i3oi. ) Philippe le Bel fqncla l’universitd d'Orldans pour le droit I 34 JIOKD MENS seulement; ii en exclut la ’hdologie , et cassn les bulles d’d- reotiou de Clement V, de iooß et de idoy. II rendit le par- lement sddentaire , mais il ne s'assemldait qn'ime ou deux i'ois par an. ( Voyez son histoire, par Baudot de Julld, ) Costurnes sous Thilippe le-Bel. Les vetemens de ce tctnps consistaient eil mie longue rohe trainante jusqu’ä terre, avec nne ceinlure ou capuchon sem- blable ä ceux des moines; aussi le vetemenl des laicpies ne differait de cenx des religieux cjne par la couIeur. Les paysans et le peuple portaient des hahits couvts. On ne porlait point la barbe , et on laissait flotter les cheveux sur les e pan les. Philippe dtablit des lois soniptnaires; des ce moment le luxe auginenla eil raison de la richesse des individus, et cha- cun inventa des inodes nonveiles pour se laire remarcjner; cette recherche dans les vetemens, fit paraitre nne cbaussure extraordinaire et d'un gout bizarre, qu’on nommait souliers it la Pou/ine, dn 110m de Poulain son inventeur; eile se ter- minait en poinle plus ou moins longue, seien la qualilhdes personnes. « Elle dtail de deux pieds de long ponr les prin- co 3 et lesgvands seigneurs, d’un pied pour les riches, et d’un demi - pied pour les gens du ccmmun » De la est venu ce proverbe vulgaire : Se mettte sur un hon pied. Surquel pied est-il ? Charles V aboiit cette mode ridicule en ameu- dant de 10 florins ceux cpii s’obstiueraienl ä la porter. 40. Du meine Heu. La stalue couche'e, en marbre blaue, de Louis X, dit le Hutin > 1 mort en i5i6. N° 41. Du meme Heu. La’statue en marbre blanc, du petit roi Jean, mort cn i 3 i 6 , age' de huit jours, lils posthume de Louis le Hutin et d (Jlemence de Hongrie sa seconde femme. ' Hutin , vicux mot, quri signifie mutin et ^uerelleur. i 35 JU quatorzieme siecle. N° 42. Voyez le n° 2g. N° 45. Du mime lieu. La statue couche’e , en marbre blanc, de Louis de France, comte d’Evreux, frere de Philippe le Bel, mort en i 3 ig. On ue sait rien de positif sur les animaux que Ton voit au pied des statues couchöes sur les tombeaux. Millin, daus les Antiquite's nationales, prüfend «quecesont des animaux que ces personnages affectionnaient de leur vivant, ou ceux des leur blason que l'on pla9ait ainsi. » Voici ce que Saint-Foix dit ä ce sujet. « Les Chevaliers morts dans leur lit, etaient reprdsentes ( sur leurs tombeaux sans dpee , la cotte d’armes sans c.ein- ture, les yeux fermes et les pieds appuyds sur le dos d’un l^vrier; au lieu qti’on y repröseutait les Chevaliers lues dans une bataille, l’dpee nue ä la main , le bouclier au bras gau- che, le casque en lete, et la visiere abattue ; la cotte d’armes ceinte sur l’armure avec une echarpe ou-une ceinture , et un lion ei leurs pieds. » Ce que dit Saint-Foix n’a pas toujours dtd observd; car on voit presqu’ä loutes les statues des rois et autres , qui sout dans ce Musee, des lions sous leurs pieds : 011 en voit meine ä celles de leurs enfans , et des chiens que l’on dit elre le Symbole du droit de chasse, appartenaut exclusivement, ä cette dpoque , a la grande noblesse ; cependant fort peu de rois de France sout morts dans les combats. , « On meltait, conlinue Saint-Foix , quelquefois des grilles autour des tombeaux, pour empecher de le«, toucher et de les gäter; mais , outre ces grilles, on en metlait une autre qui couvrait entierement ie tombeau , si c’dtait celui d’un prince ou d’un Chevalier mort prisonnier. « Philippe d’Artois, conndtable de France, ayant ett 5 pris par les Tu res ä la bataille de Nicopolis, en i 3 q 9 , son tombeau, dans l’eglise de Notre-Dame d’Eu, est couvert d’une grille, et comme enferme dans une espece de cage de fer , pour marquer qu’il dtait mort en prison. » JI O N U M E N 8 i36 Ko 44. Des Cordeliers de Paris. La statue en marbre blanc, de Blanche la Jeune, filfe de Louis IX, morte en 1320, veuve de Ferdinand de la Gerda, fils d’Alphonse X, roi de Castille. N° 45. ■ t De Saint-Denis. La Statue couchee, en marbre blanc, de Philippe V, dit le Long, ä cause de sa grande taille, mort en 1 522 . No 46 . Des Jacobins , rue Saint-Jacques. Un tombeau de marbre noir, sur lequel est couchee la Statue en marbre blaue, de Charles d’Alencon, pre- rnier de sa brauche, frere de Philippe VI, et qui fut tue ä la bataille de Crecy, le 26 aoüt 1346. N° 4y. De Saint-Denis. La statue, en marbre blanc, de Charles IV, dit le Bel, mort en 1528. Ce fut sous son regne que fut instituee la Charge d’amiral. N° 48 . Des Cordeliers de Paris. La statue, en marbre blanc, de Charles dEtampes, petit-fils de Philippe III, mort en i 336 . Epoque des armes ä feu , prouvde par un compte de Bar- thelemy Dudrach , trdsorier des guerres, rendu en io38 , d'ou il suit cÄie la poudre ä canou dlait deiä inventee. DU QUATORZIEME SIECLE. N° 4 g. De Saint-Denis et de Notre-Dame. i3 7 Deux vierges en marbre blanc, de grandeur naturelle. L’une avait 6l6 donnde ä l’abbaye de Saint-Denis par Jeanue d’Evreux, femme de Charles IY, dit le Bel. On li- sait l’inscription suivaute dans la chapelle cjue cette femme avait lail peindre ea bleu , et ordonnde pour placer cette vierge ; Madame la royne Jeane d'Eureux , compaigne dv roy Charles que diex absoille , a donnd ceans ceste ymage et ainsijaict paindre et ordonner ceste chapelle , oii eile a fände, une messe pe.rpetuelle , qui chacun jour e.st chantee tantost apres la messe que l en dit aus pcleruts, Van M. CCC. et quarante, le jour de la mi-aoust. ( Voyez Fehbien. ) N° 5 o. De Saint-Victor. La statue couchee, en marbre blanc , de Guillaume de Clianac, cinquieme du nom, quatre-vingt-quatrieme eveque de Paris, mort en 1848 , posee sur un tombeau de marbre noir. Je rapporte ici son epitaphe , qui a ete brisee par des malveillans : 11/c situs est Dominus G de Clianac , patriarcha Alexandrinus, juris dum viveret arca. Mores omatos ad culmen pietatis, Adjungens, gratos actus habuit pietatis, Plebis et Ecclesice prelatus Parisiensis, Cultor justicicB, perversorum juit ensis : Hunc sibi non soliim , sed eum qui post ibisedit Dictus julco , dedit Lemovicense solum. O qucim sollicite , quam sancte, quamque perlte Jus studuit. Cleri libertatesque tuen / Multos promovit quos sancte vivere novit, Clam refovens inopes distribuebat opes : Corde deum sitiens transivic ad atria lucis . Sanctcv luce crucis in maio moriens M O N U M E N S i38 Anno milleno trecento quadrageno Octo. ue cente.nos annos peragens quasi plenos. . Pro dilectoris anima tui dulciter ora Sancti Vicloris conventus qualibet hora. N°5i. De Saint-Denis. La statne couchee, en marbre blanc, de Jeanne de Navarre, fiUe de Louis Hulin ei de Marguerite de Bour- gogne sa premiere femme, elranglee en 1 5 1 5, pour cause dirnpudicile'. 1 Jeanne de Navarre mourut en 104.9 : e ^ e ava 't dpouse Philippe, comle d'Evreux , qui partagea avec elie la cou- ronne de Navarre , donl elie avait iierite en 1028, et qui mourut en 1340. N° 52. Du meme lieu. La Statue, en marbre blanc, de Philippe de Valois, mort cn i55o. Costumes, Sous Philippe, le luxe et les modes nouvelles dtaient les passions lavorites de la nation l'ranfaise. Par innovation , quelques hommes reprirent la barbe, peut-etre par une suite du gout qu’ils avaieut pour la paresse; car ils ne s’oc- cupaient que de modes aussi. frivoles que bizarres; mais cette mode partielle n’eut point d’imitateurs, et les hommes con- tinuerent ä se raser la barbe. Le commerce, les arts et les Sciences dtaient dans un grand dlat d’avillissement. Villnret dit : Les Chevaliers , les ecuyers et les gens du bel-air firenl revivre la longue barbe; des plumets dnormes leur chargeaient la tete, et des chaines servaient d’oruemens ’ Marguerite de Bourgogne , fille de Robert XI, duc de Bourgo- gogne , petite-fille , par sa mere , de Louis IX, et femme de Louis Hutin, ayant die convaiucue d’aduhfere , fut enfermee l’an l3i4, daus le chäteau Gaillard , pres des Andelis , oü eile fut dtranglde avec une servielte ; l’ann^e suivante, Philippe d’Aunai, son amant, fut öcorche vif. DU QUATORZIEME SIEGLE. 13g au cou. Ils portaient des habils si courls et si etroits, qu’ils pouvaienl ä peme cacher les parties que .ta pudern- ordonue de couvrir. Suivanl Bellefaret, le luxe des meubles et des habillemens consistait en fourrures recherchees et en dtoffies les plus prd- cieuses de soie et cl’or. Les Lombards et les usuriers, qui formaient un corps considerable, avaienl des rohes de deux couleurs : leur tetedtait coiflee d’un bonnet pointu, semblable ä leur habit. Philippe, en i 34 g , fit l’acquisition du Dauphind deHum- bert, dauphin. Ce dauphin, par uue nouvelle disposition, fit la cession de ses etats en faveur de Chafles , fils du duc de Normandie, qui en prit possession le 16 juillet. Depuis ce terrips les fils ainds des rois de France avaienl pris le nom de dauphin , selon la condition de la cession. Le leudemain 17, Humbeit prit l’dtat et l'habit des Freres precheurs, dils Ja- cobins, rue Saint-Jacques, oü il mourut. II j avait un tom- heau qui a ete brise par les malveillans. N° 53. Du me me Heu. La statue couchee, en marbre blanc, du roi Jean , dit le Bon , mort ä Londres en i364- II avait dld fait prisonther par les Anglais, en i 356 , ä la bataille de Poiliers; conduit a Londres , il y resta jusqu’en 1060, ety laissa en otage le duc d’Anjou son fils , qui s’evada. Jean retourna ä Londres pour y trailer de la rancon de son fils, et y mourut. N» 54 j Des Jacobins , rue Saint-Jacques. La statue couchee, en marbre blanc, de Marie-d’Es- pagne, femme de Charles de Yalois, comte d’Alencon et du Pcrche, mort en 1 36g. Costumes. Il est bon d'observer que le costume des veuves de ce temps ressemble a celui que portaient les religieuses , parce que les feuimes qui se destinaient au cloitre, prewaient alors l4o M O N U M E N S le vetement de veuve quand les hommes conservaient le leur, et que, depuis l’dpoque de leur foudation, les religieux et religieuses n’avaieut poiut change de costume. N° 55. De Saint-Denis. La statue, en marbre blanc, de Jeanne, veuve de Charles le Bel, morte en 1370. 1 N° 56. Du collJge de Beauvais. La statue de Jean de Dormans, couchee, et en pierre de Hais, ä l’exception du masque et des mains, qui sont en marbre, distincLion feodale du temps: eile est posee sur un tombeau de marbre noir. Ce Dormans fonda le colldge de Beauvais en 1370 , et mourut en i38o. V N° 5y. De Saint Denis. La statue, en marbre blanc, de Blanche , fille de Philippe de Valois, morte en 1371. N° 58. Du meme lieu. La statue, en marbre blanc, de Jeanne de Bourbon, femme de Charles V, morte en 1577. N° 5 9 . De Saint-Denis. Sur un cenotaphe de marbre noir on voit la statue, en marbre et couchee , de Bertrand Duguesclin, sur- Quatante-deux ans apres son mari. mj QUATOBZTEME SIEGLE. 1^1 noramo: le bon connitable , 1 mort en 1 58 o, age de 66 ans, et celte de Louis de Sancerre, connetable, et cornpagnon de valeur de Duguesclin son ami, mort en I/j.02. Snncerre se rendit ceJebre ä la batailie de Bosebecq. II avait de tres-beaux cheveux ; lors de rexhumation des corps ä Saint-Denis, il lut trouve ajant encore trois longues lies* 1 ses d'environ 40 ceutimelres. N os 58 et 60. Du me me Heu. Les statues en marbre blanc, de Charles V, dit le Sage, mort en 1 38 o, et de Jeanne de Bourbon sa femme, posiies sur un celiotaphe compose' avec les debris d’une bolserie ornee de sculpture tres-recherche'e : les bas-relieis qi.1011 y voit represcnlent des sujets de la passion de Christ (provena.es de la Sa.inte-Chapelle'). Le modele en pierre d un edifice gotbique, provenant de l’abbaje de Sainl-Denisj s.’cleve au-dessus de ce monument. Les arts et les Sciences furent cullives avec quelques Sucres sous son regne. II Ihn da i’aeademie de Saiut-Luc pour la peiuture et la sculpture, et en accepla les reglemens et Statuts. Charles fouda atissi i’iiLuversite d’Angers , et disait qu’011 ne saurait Ivop honoier les scieiices et les arts, et que, (ant qu’ils seraient en hcnneur dans. l’Etat, on le verrait toujours prosperer. C’est lui qui forma le premier la bibiiotheque. II fit placer une vinglaine de voiumes dans uue .des tours du Louvre, qu'onnomma la Tour de la Librairie. Cette biblio- lhec|.ue s accrut depuis au point oU nous la voyons, rue de la Loi, ( ci-devant Bicheiieu ). 1 1 Des sa plus tendre enfarce , Duguesclin ne respirait cjue les com- hats. Il ny a par de plus mauvais garaon au. monde y disaif sa mere ; il est toujours Hesse , le, visage dechire, toujours battant ou battu. On l’a dcpemt tel qu’on Je voit par sa sfalue, d’nne peti'e taille , inais forte ; les 4 SIONUMEN3 Alain Chartier, son secretaire particulier, et depuis celui de Charles VII son fils, dtait l’un des plus savans hommes de son siede; il fut meine regarde comme le pere de l’e- loquence francaise. N° 82. De Notre-Dame. Deux statues a genoux, en pierre de Hais, pose’es sur une tombe de pareille nalure, elevee de terre de deux pieds, representant, l’une Juvenel des Ursins , 1 portant l’epee au cöte, et vetu d’une cotte d’armes armoiriee de- vant et derriere; l’autre, representant Michelle de Vitry sa femme. Jean Juvenel s’etant distingue dans plusieurs occasions, Ja ville de Paris lui donna, par reconnaissance, l'hotel des Ursins , dont depuis il prit le nom. Charles VII le fit prdsident au parlement, sdant alors a Poitiers, oii il mourut en i43i- Il avait seize enfans qui lui survdcurent, ainsi que sa femme, qui mourut en i 456. On trouvera, sous le meine numero, uu tabieau representant toute cette lamille, oü l’on voit la coiffure ä laHenin, inlrcrduite par Isabelle de Baviere. Epitaphe de Messire Iean Iuuenel des Vrsins. Cy gist noble komme messire Iean Iuuenel des Vrsins , Cheualier, Baron de Tramel, Conseiller du Roy nostre sire, qui trespassa ä Poitiers, Van degrace., mil quatre cent trente ■vn, le premier iour d'Auril, jour de Pasques. Et dame Michelle de Vitry, sa femme, qui trcspassa a Paris , l'an de grace, <31. iiij. eens Ivj. le x iour de Juin, N° 85. Des Celestins. La statue, en marbre blanc, couchee sur une tombe de marbre* noir, de Jeanne de Bourgogne, duchesse de Betfort, epouse du regem de France, niorte ä Paris en 1432. 1 J’ai fait restäurer les letes de ces deux statues, qui avaient ete cassäes par les malveillans, d’apres les portrails de celte fainille, que j’ai eu soin de recueillir. I)U QU IN ZIEME SIE C LE. l55 Henri V, voi d’Angleterre, 4 tant mort en France le 3 r aoüt 1422 , Jean, duc de Betfort son frere, qui comman- dait l’armde des Anglais contre Charles VII, fut nommd re- g.ent de France pour Henri VI son neveu , age de 9 mois. N° 84. De Saint-Denis. Statue en marbre blanc , d’Isabelle de Baviere, femme de Charles VI, morte en i 435 , detestee de la nation, et portee dans un simple baLelet ä Saint-Denis, accompa- goe'e d’un seul pretre. IN° 439. De Saint-Martin-des-Champs'. La statue, en pierre et couche'e, de Philippe de Mor- villiers, seigneur de Clary et Charenton, premier President au parlement de Paris, mort en i 438. Le buste, en pierre, de Jeanne du Drac sa femme, morte en 1487- Les masques sont en marbre blanc. N° 537. Le buste, en terre cuite, de Jeanne d’Arc, dite du Lys, vulgairement connue sous le nom de Pucelle d’Orleans, consideree comme sorciere par les devotes, les predicateurs et meme par l’universite de Paris, 1 * li- vree de suite ä un tribunal d’eveques inquisiteurs vendus au parti de l’Angleterre qui les soudoya; eile fut condam- nee, comme magicienne, ä etre brulee vive dans la prin-. cipale place de Rouen, le3ö mai i43o, apresavoir rendu les Services les plus importans a la Fratiee. J’ai iait restacirer ce buste par le citojen Beauvallet, d’a- pres une peinture ancienne, 3 pour etre place dans la salle 1 La sorcellerie, dit Voltaire, ^tait alors si en vogue , que Jeanne <1 Are elle-meme fut brülde comme sorcifere , sur la requete de la Sorbonne. 3 J’ai achetä ce tableau pour entrer dans une suite de portraits des persosnages oelejjres en France, que je recuejüepöur ce Musee. 156 M O N U M E N 3 du quinzieme siöcle de ce Mus4e, aupres de celui de Charles VII qu’elle a maintenu sur le tröue , et qui a eu la la- chetd de la laisser p4rir. Cette l'emme cdlebre naquit, l’an 1413, ä Domremi, pres de Vaucouleurs eil Lorraine, d’un paysan appel4 Jacques d’Arc, qui lenait un petit cabaret. 85. De Saint-Denis. Tronc en albätre, de la Statue de Charles VII , mort cn 1461. Le reste de la statue a ete brise par les malveil- lans. Ce buste ,«que Ie citoyen Beauvallet a restaurö avec beau- coup d’art et de soins, est posd sur une colonne de marbre orn4e d’un chapiteau arabesque, que j’ai retir4e des d4mo- litions du chäteau Gaillon. Charles Vllfouda l’universite de Poitiers. IN 10 87. Du me me Heu. Le buste, en marbre blanc, de Marie d’Anjou, veuve de Charles VII, morte en i 463. Le reste de la statue a e'te' brise. Meme description pour l’ajustement, quele n° 85. Costumes sous Charles VII. L’habit de ville des hommes consistait en une espece de camisole fort 4troite, attach4e avec des aiguillettes ä des haut-de-chausses si serr4s, qu’ils laissaient appercevoir le nu ‘ de teile Sorte , que toutes les formes se dessinaient de la ma- uiere la plus inddcente. Les 414ganss’41argissaient les epaules avec des mahoitres ou epaules artificielles, desquelles pen- daient de grandes manches d4chiquet4es; leurs souliers 4taient arm4s de longues pointes de fer. Les galautins laissaient tomber par masse leurs cheveux sur le front, de maniere qu’ils se couvraient une partie des sourcils; le chapeau qui leur couvrait Ja tele, 4tait pointu et de haute forme. «Ün grave magistrat qu’ou avait vu en vobe le matin, on le voyait courir les rues l apres-diner, habille comme un singe. (dit Mezerai. )» Les lernmes quitlereut les rohes trainautes pour DU QUIN ZIEME SIECLE. 15 jr en adopter d’extremement courtes, ornees de bordures extravagantes ponr la largueur ; leurs coiffures' < 5 taient des bour- relets fort larges, surmontds d’un baut bonnet pointu en forme de pain de sucre. ( Vnye.z Montfaucon. ) Cette coiffure ressemble assez ä celle de nos Cauclioises; elles tressaient leurs cbeveux. Charles VII dtablit, en 1448; unetroupe ä laquelle il donna le tilre de francs-archers. Voici ce que rapporte son ordonnance. « Ordonnons qu'en ehaque paroisse de notre royaume ily aura un arclier qui serä et se tiendra conlinueliement en habillement süffisant et convenable de salade, dague, es- pee, arc , trousse jaque. ou uque de brigadine et seront ap- peles \esfrancs-archcrs.» Suivant Mdzerai, il y avait en ce temps-lä peu d’infan- terie en France. Le roi, pour en avoir une bonne et bien entretenue, ordonna que ehaque village du royaume lui four- nirait et paierait un arclier ä pied, choisi J d’entre soixante jeunes liommes, lequel serait franc de toutes tailles et sub- sides; ä cause de quoi onles nomma \esfrancs-archers. Cette milice faisait un corps de vingt-deux ou vingt - trois mille hommes. La salade dtait une espece de casque leger, sans crete, avec ou sans visiere. La jaque dtait une espece de juste au corps qui venait au moins jusqu’aux genoux. Jaque, habillement de guerre rembourrd de. coton. Ces jaques , dont nous avons depuis fait le mot jaquette, dtaient bourrdes entre la dou- blureen toile et l’dtotfe dont on les composait; ce velement servait ä empecher que la lance ou l’dpöe re percat celui 3 ui en dtait couvert. Les Chevaliers de ce temps portaient es jaques sous leur liaubert de mailles: on en faisait aussi en cuir de cerf. La brigadine dtait un corselet de lames de fer attach^es les unes sur les autres, sur leur longueur, par des clous rivds. La trousse dtait une espece de carquois dans lequel les arbaletriers mettaient environ dix-huit fle- ches, suivant l’ordonnauce ci-dessus citde. ( Voyez la milice fran9aise, par le P. Daniel. ) N° 88. Des Grands-Augustins. Un bas-relief, en pierre de liais, representant une re- paration publique (aite aux Augustins et ä l’Universite, pour crime commis envers deux religieux de ce couvent, dont l’un lut tue’. i58 MOSUMENS N° 89. De Saint-Denis. La statue , en pierre de liais et couchee, de Guillaum« Tannegui du Chastel, mort au siege de Ponloise, le 20 juillet i44 i , en defendantlepassagede lariviere d’Oise. On remarquait sur son tombeau l’dpitaphe suivante: Cy gist noble komme Guillaume du Chastel, de la Basse- Bretaigne, pannetier du roi Charles VII, et escuyerd'escurie. de monsieur le dauphin , qui trespassa le ao e jour de juillet, Van de gräce M. CCCC. XLI., durant le siege de Pontoise, en defandant le passage de la riuiere d’Oise, ledit jour que le duc d’Yorck la passapeur cuider teuer ledit sie'ße, et pleut au roi pour sa grande vaillance et les seruices qu il lui auait faicts en maintes manieres , et spe'cialement en la defenss de ceste uille de Saint-Denis, contre le sielge des Anglois; le flt enterrer ceans. Dieu lui face merci. Amen. Du Chastel fut faussement accuse du meurlre du duc de Bourgogue sur le pont de Montereau. ( Voyez Saint-Foix.) Ce fut son neveu qui fit faire a ses frais les obseques de Charles VII. 90. Objets rendus au culte. N° 91. De Notre-Dame. Squelette'en albatre, faussement attribue' ä Germain Pilon. Un auteur ancien le donne ä Francois Geotil , natifde Troyes, et qui a prodigieusement enrichi cette ville de beaux ouvrages. Gentil vivait eneore en 1 5 /jo. Ce morceau, mal sculpte et peu exact dans son dessin, ne peut etresorti du ciseau des artistes habiles auxquels on fat- tribue. Voici le quatrain qui est gravd sur sn bouclier qu’il tient de la main gauche: II n’est vivant, tant soit plein tfart, Ne cle force pour r<$sistance , Que je ne frappo de mon dart, Pour bailler aux vers leur pitance. (Vriez Dieu pour les trespasscs,J )^y DU QUI NZ IE ME SIECLE,' 1 5 () Ce monument gothique dtait autrefois renfermd dans une boite attacb.ee ä une tour qu’on nommait Des Bois, dans le cimetiere desInnocens.il fut portd ensuite ä Notre-Dame, oü on le fit bronzer, et restaurer par le citojen Deseine, sculpteur qui s’est distingud dans son art. J’ai placd dans le piddestal une dpitaphe provenant de la Tombe-Issoire, composde en bouts rimes, et curieuse poun son dpoque. La maison de la Tombe-Issoire est un local sätue faubourg Saint-Jacques, pres Mont-Rouge, dans lequel onadepose, en 1786, les ossemens et les inscriptions qui dtaient dans le cimetiere des Innocens, et qui y furent lransporte3 lorsque l’on fit du cimetiere une place. « Le commandeur de Saint-Jean-de-Latran a daux mai- sons de plaisir, l’une rue de l’Oursine, appelde l’liotelZone, et de l’autre hors la täusseporteSaint-Jacques, qu'on nomme la maison de la Tombe-Issoire. Elle est accompagtide d’uu colombier, d’une c.our, d’un jardin, d un mouliuävent eu pierres de taille, et de sept vingt arpens de terres labou- rables, franches de dimes, avec la ddpouille de qua!re ar- pens de pres, situes au lerritoire de Gentilly. » ( beübien. ) N° 92. De labbaye de Saint-Denis. Une chaise sculptee en bois, ornee d’arabesques. N° 440. De la cathddrale de Chartres. Un bas-relief ? en pierre de liais, diyise en trois sujets separcs par de petits pilastres et de petits colonnes arabesques, d’un travail tres- fini • le sujet du milieu represente l’adoration des Mages: on y voit le chanoine donataire du monument, represente ä genoux ; les au- tres sujets representent, d’un cote, saint Jean dans le de'sert composant l’Apocalypse, et de l’autre cöte saint Jean-Baptiste. Ce morceau, colorid et dor6 selon la goitf du temps, est d’un dessin vigoureux et d’une execulion soignäe : il a £ts exäcutd par Francois Marchand (d’Orl&uis. ) 18 160 MONUMENS N° 44 1 - De l’dglise Saint-Pere de Chartres. Deux colonnes triomphales, en pierre de liais, ornees d’arabesques, posees sur un piedestal decore dans le meine goüt ; l’une supportant la statue en albatre de Francois de Paule, religieux calabrois, appele en France par Louis XI; et l’autre, une statue de devolion. Ces colonnes sont de l’execution de ce meme Marchand, ainsi que neuf grands bas-reliefis representant des sujets pris dans les Actes des Apötres. 1 N° 538. Du chdteau de Gailion. Monument sculpte en bois. Cette boiserie magnifique esl compos^e de trente-trois pan- neaux arabesques, plus Ingers et plus fins les uns quelesautres; de quatorze bas-reliefs enchässäs dans de petites colonnes aussi arabesques et representant des sujets du Nouveau-Testa- ment, au-dessous desquels on voit treize tableaux en mar- queterie, formes avec des bois de couleur incrustdLs, röpr£- sentant divers sujets alldgoriques; le tout formant onze sidges ou stales mouvantes, chargees d'arabesques et d’inslrumens du dessin le plus ldger et d’une exdcution parfaite. Les portes de ce monument surpassent en beautd les autres parties de cette boiserie ; huit grands panneaux arabesques, neuf pilas- tres et neuf moitids de colonnes , orn4es de leurs bases et de leurs chapiteaux composites, charges de chimeres et d’a- nimaux hidroglyphiques, composent l’ensemble de ces portes, sculptees en partie dans la rnasse. Enfin, percdes ä jour pour donner de la ldgdretd a l'ouvrage , elles montrent des difficullds sans nombre vaincues par le talent. Devant etre 1 J’ai cru qu’il convenait, pour donner une idi5e exacte de Wtat des arts dans ckaque si&cle , de placer dans Jes sattes qui composent ce Mus^e , des monumens du commencement du si&cle qui suit celui que l’on voit, afin de faciliter ä l’dtudiant et au curieux l’examen des progrfcs ou de la ddcadence de l’art pepdant t’eco ulement de cent aundes. [ DU QDINZlhlE SIECLE. l6l placees isolement, eiles fout voir sur l’autre face Je style de J’architecture arabe, teile quelle avait dt6 misS eil pratique dans nos contrees depuis les voyages fröquens que les Francais firent en Asie. Ce beau monument, exec.utb en x5oo, pour Ja cliapella d’Amboise, au chateau de Gailion, avait donn£ ä la com» rnune du lieu par l’acqudreur du cbäteau. Le citoyen Barocke, maire de cette commune, dont Ja sollicituda se porte tonte enliere vers Ja prospdritd de cette ville, en a fait hommage au Musde, au nom des liabitans de Gailion , qui ont bien voulu s’en dessaisir en faveur des arts. N° 558 ( bis. ) Description des monumensprovenant du chdteau de Gaillon, qui ddcorent la deuxieme cour de ce Mus de. La deuxieme cour du Musde prdsente quatre portiques immenses , ( ddja deux sont eleves ) composes de deux or- dres d’architecture l’un sur l’autre, Ü la maniere du temps, cliarg^s d’arabesques , de pilastres sculptds, de frises, de bas- reliefs et d’ornemens, du dessin le plus ldger , et parfaite- nient dans le style des arabesques que Raphael a peints au Vatican; plus, une grande colonnade, aussi dans le gout ara- besque, le tout scnlptö en pierre de Vernon. 1 Les neuf bas-reliefs qui decorent la frise de la facade pla- cde ä droite, en entrant dans la cour, reprdsentent des sujets pris dans les Actes des Apotres. Marchand , nd ä Orleans, ’ Le ministre Chaptal, en homme äclairä et en ami des arts, a re- connu l’importance du monument historique que j’älbve aux arts et aux Sciences ; sur ma demande , il vient de mettre it ma disposition les fouds näcessaires pour faire transporter ä Paris quatre portiques et une portion d’architecture assez considärable du chateau de Gailton, que le propriätaire a! bien voulu me cäder pour les conserver, et pour en orner le Musee que je dirige. Mon terrain m’offre, par sa disposition Daturelle , les moyens d’exäcuter un projet que j’ai conyu dans mon plan chronologique des monumens francais. Ii präsente trois cours par son ancienne divisiou , de manibre qu’avec les dämolitions d’anciens äditices, j’en forme trois sibcles differens. La premibre , bätie avec une partie du chateau d’A- net, que j’ai transportäe, repräsentera le seizibme sibcle ; la seconde, composäe avec les däbris arabesques du chateau de Gaillon, construit pour le Cardinal d’Amboise, montrera l’architecture du quinzibrae. Je suis ä la recberche d’un ädifice 'arabe , dit improprement gothique , pour composer l’ensemble de la troisibme cour qui mbne ü l’Elysäe, I I lös MONUMENS Dü QUINZIEME SIEGLE. qui les a sculptds en i5ro, a puisd la majeure parlie des mo- tifs de ces compositions daus les carlons de Raphael , qui les avait dessinds pour etre exdcutes en tapisserie. Ces morceaux prdcieux, que j’ai fait d£mouter et trans- porler avec soin, se sont trouves de mesure conveuable au projet que je me suis propose pour 1'Etablissement d’une cour du quiuzieme sidcle, construite avec les monumens de celte dpoque. 1 ' I/aequisition, la depose avec soin de ces guatre fa^ades naagni- Rques, leur transport de GaiUon au port de la Maison Rouge , leur cmbarquement dans les bateaux, et voyage jusqu’ä Paris , transport du port Voltaire jusqu’au Musee, coütent en deboursds , pour prbs de 7,000 pieds cubes de helles pierres dures, charg^es des plus beaux arabesques , que forme l’ensemble de ces monumens , 14,734 francs , ee qui revient au prix enyiron de la pierce brüte que i’on acbble i Paris pour construire. \ DU S EIZIEME SIEGLE. J-^ES i44° les arts prirent une gravide consideration: dans 1 itahe, les palais eleves par les Medicis et depuis par le grand Leon, les depenses considerables que ces arais des lettres et des arts firent pour occuper les sa- ■vans et les traiter honorablemeut, fnrent iin vchicule si puissant, qu’en tres-peu de temps Rome et Florence virent naitre tous les talens ä la fois et grossir le nombre des chefs-d’ceuvres. Le goüt des beaux arts, apres s’etre repandu dans tonte l’Italie, vint germer en France vers la fin du quinzieme siede, et les effbrts que firent ä cette epoque nos artistes pour rivaiiser Michel - Ange et Raphael l'urcnt extraordinaires ; mais , comme les progres dans les arts et dans les Sciences suivent en gehe'ral la marche de la nature , et qu’il est reconnu qu’on ne peut arriver que par degres’ä la perfection, ceseflortssurprenans neservirentquaindiquer la route, et ce ne lut que vers le milieu du seizieme siede que l’art atteignit en France cette preponderance qui a fixe depuis tous les regards de 1’Europe. Francois I er mit la derniere main a ce grand ouvrage, en appeiant aupresde sa personne Leonard, de Vinci et Prunatice : il e'tablit des ecoles et des manufactures, et bientöt apres paru- rent les artistes les plus celebres. Pour peindre ce siede brillant comme il convenait, j’ai leve des plans dans les mouumens bätis par les Lescat, les Bullant, les Phili- bert, etc., et j’ai enlerme dans raon cadre tous les de- tails que j’ai rccueillis, afin de fixer les yeux des Connaisseurs sur le siede connu dans les arts sous la deno- mination de siecle de la renaissance. La porte de cette salle a ete executee sur les dessins du citoyen Peyre jeune, qui a parfaitement saisi le 164 MONUMENS style qui lui convenait. Les colonnes qui portent le fronton sont d’un marbre rare , de'signe sous le nom de breche doree ; elles se trouvent supportees par des piedestaux, dans lesquels j’ai introduit de petits bas- reliefs eit cuivre dore, execute's par Quermezel, repre'- sentant la nativite de Christ, l’adoration des Mages, la Re'surrection etplusieurs sujets du Nouveau Testament, Les incrustations et les figures que Ton remarque sur le fronton, decrites sous le nurnero i 3 o, sont une imi- tation du genre d’ajustement adopte dans ce temps-lä, ainsi que les plafonds que j’ai decores d’arabesques, de salamandres , de chiffres enlasses, et mente des devises de la clievalerie, placees dans leur ordre exact. La Religion, laPatrie, l’Honneur,l’Ami.tie'et l’Amour, etaient les cinq lois principales de la clievalerie. Du Bel- loy n’a pas oublie de placer ces mots sacres dans la bouche de Bayard, en le faisant entrer eil scene. Tous les objets sacres de mon culte siipreme, Dieu , la France , l’Honneur, l’Amilid, l’Amour ffleme , De Milan vers ces lieux ontfait voler Bayard. (*4Lcte premier, scene premiere. J • Voltaire s’exprime ainsi dans Tarierede : Conservez ma devise ; eile est chbre ä mon coeur j Elle a dans mes combats soutenn ma vaillance; Elle a conduit mes pas et fait mon esperance ; Les mots en sont sacres : c’est l’Amour et l’Honneur. ( slctc troisiemey scene premiere.) Enfm, c’est d’apres les descriptions de nos historiens et de nos poetes, et principalement sur les monumens qui nous restent de ce siede, que j’ai guide mes travaux et que je suis parvenu ä rendre mon portrait exact. * N° 445. De Notre-Dame de Cldry. Le buste de Louis XI , mort en 1482, que l’on conservait dans l’e'glise de Notre-Dame de Cle'ry qu’il avait fait batir. DU SSIZIEME SIEGLE. 165 Le buste de sa statue , que l’on trouvera ddcrite dans cet ouvrage , a dtd exdcutd d’apres ce masque, que l’on dit avoir dtd fait d’aprds nature. Je I’ai fait restaurer par le cit. Bean- vallet. Le piddestal qui le porte est ornd d’arabesques pro- venant du chäteau de Gaillon. , 9 3 . Des Grands-Augustins. Monument erige ä Philippe de Comines, historien celebre, mort en i5og. II avait pris pour deyise : Qui non laborat, non manducet . On voit sa statue et celle d’Hdldne de Chambes sa femme, exdcutdes en pierre de liais, enfermdes ä mi-corps dans un cenotaphe de meme nature. Ce cenotaphe est posd sur un grand bas-relief en marbre blanc, reprdsentant saint Georges combattant un monstre : la corniche et les pilastres arabes- ques qui accompagnent ce morceau prdcieux, sont de la plus grande beautdpourla ddlicatesse du travail. II dtait au chäteau de Gaillon, et a dtd exdcutd par Paul Ponce, qui l’avait fait pour Georges d’Amboise , ministre de Louis XII. 1 Plus bas, une statue couch.de , executee en albätre , faisant partie du meme tombeau, reprdsentant Jeanne de Comines leur fille, dpouse ducomte de Ponthidvre. Je rapporte ici son dpitaphe, qui a dte ddtruite. Epitaphium Dominae Joannse de Cominis. Quingentis annis bis septem et mille peractis In lucern quartam post idus Martins ibat Octavamque parens, Phoebus properabat ad lioram, Comminia occubuit generosa a prole Joanna Pontebrice Comitis , Britanni sponsn Renati Atque Argentonii Domino prognatu Philippo Chambceqe Helenes ; mens huic in pace requiescat. Don Juan de Vitriom , qui a traduir et commentd les Mdmoires de Philippe de Comines en espagnol , compare , daus une de ses dpitres, Louis XI avec Tibere, et tous deux pdtris de levain de dissimulation , d’artifice et de duplicitd; * J’ai introduit dans la compositum de ce monument , entifcrement restaurd sur mes dessins , le beau bas-relief de saint Georges , que j’aiachetä des noureaux propriätaires du chäteau de Gaillon. I 66 M O N U M ENS et Cominesavec Tadte, tous deux eguiement habiles a dd- veiopper les plis et les replis du cceur de ces grauds priuces. K° W\ Büste de Charles VIII, mort en 1498? pose sur une colonne de marbre blaue, provenant du chuLeau de Gaillon. Ce huste , vrai et soignd dans son ex^cution, esl du au talent du sculpteur Deseine. 1 Charles VIII, avant d'dpouser Anue de Bretagne, avait < 5 ld fiance avec Marguerite d’Autriche, fille unique de M ■ xi- milien I er , et de Marie de Bourgogne. Elle naquit en 1480, et vint en France apres la mort de’sa mere. Charles epousa Anne de Bretagne en 1491 , et renvoya Marguerite ä son E ere avant la consommation du mariage 5 Ferdinand et Isa- elle, roi et reine de Castiile , la firent demander pour leur fils unique Jean, qu’elle epousa eu 1497. Cetle feinme avait de i’esprit et beaucoup de courage ; enrarae eile allait re- joindre son epoux , son vaisseau Tut bat tu par une horribie tetnpete, qui la mit sur le point de perir ; dans le moment de la crise , eile montra une fermetd peu commune a son sexe, et composa elle-meme son epitaphe : Cy git Margot, la genle demoiselle , Qu’eut deux maris et si mourut pucelle. Costum.es. Marlot dit que les femmes , sous Charles VIII, se coif- faient en cheveux , et qu'elles portaient des robes de satin hlanc ■ tel dtait le vetement de la reine le jour de son mariage. Les duchesses, continue le meme auteur , etaient coifiees d un chapeau qui etait entourd d’une couronne rele- vee avec des trefles et un plumet; les comtesses u’avaient sur leur chapeau qu’une couronne perlee avec le plumet. 1 J’ai fait ex£cuter ce buste pour suppleer au mouumeat de Charles VIII, qui manquait ä ma coÜeclion. Le mau.?oIde de ce prince, que l’on voyait ä Saint - Denis , 01Y il ^tait repr<*sent (5 de grandeur naturelle et en bronze, a 6 t 6 entifere- ment detruit et fondu en 179.3. De l’abbaye de Saint-Denis. Tombeau de Louis XII, mort en i5i5, et d’Anne de Bretagne, execute en marbre blanc par Paul Ponce Trebati, venu en France vers i5oo. L’art, ä cette dpoque, commencait ä sortir de l’enfance et ä prendre une forme raisonnde. Quoique ce superbe mo- miment soit d’un gout gothique , on y remarque des details pidcieux et un grand caraclere de dessin. Les statues de Louis XII et d’Anne de Bretagne, reprd- sentds dans leur dtat de mort, sont d’une exdcution savante et dtudide. Les ouvertures que Ion voit au bas-ventre de ces deuxstatues, sont lescaracteres de rembaumementet non ceux de la putrdfaction, comme l’ont pnblie plusieurs ecrivains. Ces corps, eflrayans par la veritd des expressions et le Ji- vide de i’liomme qui n’est plus, sont posds sur un cdnotaphe d’un excellent gout, et en ton res de douze arcades orndes d’arabesques les plus recherclides; r,e qui contraste parfaite- ment avec le hideux de la mort. Dans ces arcades sont pla- cds les douze apotres , qui offrent encore des beautds dans le style et dans le choix des attiludes. Les quatre vertus car- dinales, plus fortes que nature , groupaient les angles du mo- nument. Le tout est posd sur un socle qui est ornd de bas- reliefs representant les batailles donndes en Italie par les Fran^ais, l’entrde triomphale de Louis XII dans la ville de Geues, et principalement la bataille d’Agnadel : les reliefs sont reudus avec beaucoup de richesse et de perfection. Ce n’est point au mi de France ä venger les querelies du duc d’ Orleans, rdpondit Louis XII ä Louis de la Trimouille, qui l'avail fait sou prisonnier ä la bataille de Saint-Aubin, et qui craiguait le ressentiment du nouveau roi. On voit au-dessous de la corniche du mausolde, les statues, en marbre blanc et k genoux , de Louis XII , vetu eu habit de cour , et celle d’Änne de Bretagne, femme de Charles VIII et de Louis XII , morle ä Blois en i5i 3 , aussi vetue eu habit de cour. Ce monument, dont la Conservation est importante pour la Chronologie de l’art, est celui qui a le plus souffert des rdvolutionnaires. Des tetes , des nez, des bras et des mains ont dld abattus. J’espere , avec le temps, le readre äson premier dtat. C’est un eugagement sacre que je me suis imposd poür tous les monumens que j’ai Iöö M O N U M E N S etd assez heurenx de rdunir dans ce Musde, malgrd les dan- gers qu’il j avait ä courir ä cerlaines dpoques. On prdtend qu’une partie de ce rnonument a dld fabriqude ä Tours par .Tean Juste , sculpteur ; et l’autre parlie, c’est- ä-dire les figures, ä Paris , holel de Saint-Paul , par Paul Ponce. Les figures que l'on voit dans ce tombeau sont des archdtypes que j'ai fail lever sur les ruarbres , afin de pro- curer aux artistes et anx atnateurs la vue de cesstatues pre- ■cieuses , dont ils n’auraierit pu jouir si je les eusse placdes dans le rnonument, comme eiles y dtaient originairement. N° s 445 et 44^ bis. Les statues, en rnarbre blanc et conchees, de Louis XII et d’Anne de Bretagne, pose’es sur un cenotaphe en rnarbre noir , dans lequel j’ai introduit des bas-reliels representant les conquetes et les batailles de Louis Xil en Italie. Les tetes de lion en rnarbre, qui sont aux extremilds , ont ete tirdesduchäteau de Gailion , ainsi que les camdes qui les accompagnent; le tout a etd exdculd par Paul Ponce , sculpteur particuliev de Georges d’Amboise. Les figures suivan- tes , numerotdes 445, ( bis) la Force, la Justice, la Pru- dence et la Temperance, qui ornaient les angies du tombeau de Louis XII, se trouvent placdes sur des piddestaux et dans les niches du turpoint qui termiue cette salle. N° 446. Tronc en albdtre , de'bris d’une statue de Louis XII, mutile'e en 17^3 au chateau de Gaillon , oü eile avait ete place'epar le Cardinal d’Amboise en i5io. De'mugiano, qui en est l’auteur, a represente sur la cuirasse un combat et desornemens, qu’il a traites avec beaucoup de finesse et dans le style de l’antique. J’ai fait exdcuter en albätre, par le citoyen Beauvallet, la tete et les rnains qui rnanquaient; cet artiste a mis du soin dans son travail et de 1’exactitude dans 1’imitatiou de son modele. J’ai introduit dans le piddestal des panueaux ara^ besques du meme lieu. 93. Ties Cdlestins. Une petite Statue, couche'e surune tombe de marbre noir, representant Renee d’Orleans-Longueville, petite- fille de Dunois, morte en i 5 i 5 , ägee de 8 ans. Jean d’Orldans , comte de Dunois et de Longueville , etait fils naturel de Louis d’Orldans, dont j’ai ddjä parld. IL naquiten i 4 o 3 . Des sa plus lendre jeunesse il donna les plus belles espdrances de sa grandenr future; aussi Valentine de Milan, poursuivant avec chaleur la vengeance deson mari, assassiud par les.ordres du duc de Bourgogne , disait fort sou- vent qu’// n y avait aucun des enfans da duc son mary quifut si bien tailld ä venger cette mort que celuy-lä. Ein effet, d jura une liaine Immortelle aux Bourguiguons ; et nous lisons dans Mdzerai, qu’il expia Ie sang du prince Louis son pere , par celui de plusieurs milliers de Bourguiguons qu’il passa lui-meme au fil de lepde. Ce mausolde offre six bas-reliefs reprdsentant des sujefs du martyrologe dans des pilastres arabesques, le tont execute tres-ddlicaleinent en albatre. Ce mouument, ddtruit en iycß, a etd restaurd tel qu’on le voit sur mes dessins ; je ine suis conforme au goüt du siede en copiant les profils et en employant les ddtails propres a caracldriser cette dpoque de l’art. Le bas du surcot de Renee d'Orldans est pointu, au lieu d’etre arrondi , et eile a par-dessus un manteau retenu par un fermail en pierreries: son cou est ornd d’un Collier de perles et de pierreries, ainsi que la toque qui couvre ses cheveux : cette toque est sur- inontde d’une petite couronne ornde comrae ie Collier. Voici son dpitaphe, gravde en caracteres gotluques sur la table de marbre noir : Ci gist tres - excellente et noble damoiselle Renee d’Or- eeans, en son vivant, comtesse de Dunois, de Tancaruille, de Montgommery, dame de Montreubellay , de Chasteau- Regnault :fille unique delaissee de tres-excellent et puissant prince etprincesse Franqois, en sonuiuant, duc de Longueville, comte et seigneur desdits comtels, et seigneurs connes- table he're'dital de Normandie, et lieutenant-ge’ne'ral et gou- uerneur pour le roi en ses pays de Guyenne, et de Madame Franqoise d’Alenqon, son e’pouse , pere et mere de ladite damoiselle : laquelle trespassa en l’aaga de 7 ans , au lieu de Paris, le a 3 de may, l an 1825. MONUMENS * 1 rjO Coslumes sous Louis XII. L’habillemenl des liommes de la cour et de la viIle con- sistait en un pantalon serrd de soie cramoisie ou couleur de ieu. Une espece de soubreveste ample et piissde , cjui des- cendait a la naissance des cuisses, et dont les manches ser- rdes arrivaieut jusqtfau poignet , servait de premier vete- metit. II elait fixd ä la hauteur des hanches par une ceinlure plus ou moins riclie; ceux qui avalent le droit de port d’ar- mes, altacliaicnt leur epde a celle ceinture. L'habit d'e des- sus etail une granderobe, dont la longueur variail ä voiontd, mais cpii descendait corumundment ä la naissance du pied; cest pour cela quil s’en trouve sur les monumens qui se tenninent a la hauteur du genou, ä mi-jambes, etc. Cette rohe dtait disposde sur le devant, de maniere quelle pouvait s’ouvrir ou se fermer. La houplande dont je parle , c’dtait son nom, ressemble parfaitement, en supprimant les manches , et en rdservant ä leur place une grande ouverture de chaque cole pour le passage des bras , ä celles dont nous nous couvrons l’liiver , et ä laquelle nous avons donne le meine nom. La partie superieure de la houplande du quin- zieme siede se terminait par un grand collet rond ou cha- peron qui couvrail totalement les dpanles ; eile dtait en her- mine, marte zibeline, vair ou hermine pour ceux qui avaient le droit de porter ces fourrures , ou d’uue autre etofle , sui- vatit les chnrges qu’on occupait dans l’Etat. Voyez dans re Musde, salle du quinzietne siede, les statues de la famiüe d’Orldans, n° s 77 et 80. Celle que Louis d’Orldaus portait le jour de son assassiuut, dtait de damas noir fourre de marte. Les souliers etaient des especes de sandales ou panloufles, telles que celles qui se vendent eucore aujourd’hui au palais. Depuis Charles VII, qui fut le premier qui porta un cha- peau rond, les hommes se couvrirent la tete d’un chapeau ornd de plumes, varides suivant le gout du proprietaire. Les leinmes abandonnerent les chapeaux ä la Henin , dont j’ai parle plus haut ; eites y substituerent une toque en forme de cceur, et faisant l’eventail, d’oii sortait un grand voile qui, en se retroussant sur les epaules , s’ajustait assez bien avec leurs cheveux, qu’elles ne reufcrmaieat plus comme dans le siede precedenl. / DU SEIZIEME SIKCLE. 1^1 N° 96- De Samt-Germain-VAuxerrois. Monument execute en albdlre, erige ä Louis de Poncher, niort en i5ai. II esl represenle couche et en habit de guerre,a cote de Roberte le Gendre sa femme. Ce tombeau , prdcieux pour la ddlicatesse du travail, est orud de cinq pelites figures representant des vertus analoglies au christianisme, placdes dans des niclies orudes d’ara- besques. II est bon d’observer qu’ä cette epoque les slatuaires s’oc- cupaient seulemeut des veriles de la nature, et la rendaient dans sa simplicitd. II y avait ä Tours uu sculpteur nommd Juste, qui, vers ce temps, a executd beaucoup de lombeaux de ce genre de travail; mais, conune il ne les a point signes , on n’a que des notions tres-ragues sur ces productions. II ja eu de cette famille Etienne de Poncher, conseiller du parle- inent en i5oo , et Francois de Poncher, eveque de Paris en i5rq. J’ai fait reslaurerce monument d’apres lesdessins quej'en avais faits deux ans avant sa deslruclion. 1 447. * De l'eglise du Temple. La Statue, en albatre et a genoux, de Philippe Villiers 1’lsle-Adam, mort en i534 , ä 70 aus : des delails pre- cieux, delaverite dans l’execution, se font remarquer dans cette Statue. J’ai introduit dans la composition de ce monument, en- tierement restaurd sur mes dessins, des arabesques pris du chateau de Gaillou , un bas - relief representant i’adoralioii ' J’ai fait entrer dans sa composition le cliambranle qui ornait iu- tfrieurement la porte d’eutree de la chapelle d’Amboise ä Gailton, que j’ai acbeG au citoyen Prdvot. Ce morceau , sculpt^ en pierre de Caen ardoisde, est orne des arabesques les plus pr^cieux ; les chapi- teaux qui eouronnent les pilastres , sont d’un travail extraovdiuaire pour la finesse : le couronneinent en forme de coquille , ^tait celui d’une des croisees du meine cbäteau. On trouve dans les environs de Caan, des masses vertes, grises et noires de cette pierre , qui prend uu poli assez vif. M O N U M E N S I73 des Mages, sculpt^ par Pierre Bontemps; 1 Ireize einaux de ia fabrique de Limoges, repr Äsen taut l’eau, la terre el le feu, et des jeux d’enfans; 2 plus, un bouclier representant une ba- taille, que j’ai fait couler en mötal de cloclie , sur le modele de celui qui servait ä Henri II. Philippe de Villiers l’Isle-Adam, Au en i52i grand- maitre de l’ordre de Saiut-Jean de Jerusalem, commandait dans l'ile de Rhodes, iorsque cetle £ le fut assidgde par les Turcs en i 522; il sut, par ses talens militaires et son cou- rage, repousser l’armde ennemie , compos£e de deux Cents mille hommes; enfin Soliman vint commander son armeie en personne; ayant amend du renfort, il pressa le sidge avec tant de force, que Villiers, trahi par d'Amaral, chancelier de son ordre, fut obligd de se rendre le 20 decembre de la meme annde. Estimd du vainqueur, il refusa les offres les plus flatteuses, et prdfdra tenir aux conventions de son ordre et en prit les intdrets avec plus de chaleur; il fut obligd de partir avec ses Chevaliers. Apres avoir errd pendant huit ans Sans avoir une retraite assurde , Charles - Quint lui donna Malte, le Gose et Tripoli de Barbarie en i55o : il en prit possession le mois d’octobre de la meme itnnde. C’est depuis cette dpoque que les Chevaliers de Saint-Jean de Jdrusalem ont pris le nom de Chevaliers de Malte. Il mourut en i 534 , pleurd de tous ses Chevaliers, dont il avait dtd le defenseur et le pere. On grava sur son tombeau l’dloge suivant : C’est ici que repose la vertu victorieuse de la fortune. ]N° 97. Des Cordeliers. / Statue en bronze cTAlbert Pio, prince de Carpi, en Italie, antagoniste d’Erasme, mort ä Paris en i55o, revetu d un liabit de cordelier, dans lequel il voulut etre enterre, quoique Paul Ponce l’ait represenle en habit de guerre et daus l’attitude de la lecture. Erasme composa aussilot l’enterrement sdraphique : Exe - ' J’ai achetd ce bas-relief ä Anet , d’un ma^on qui le destiuait ü faire du moellon. ’ Ces duianx pr^cieux m’ont dtd donnds en partie par le baron de Hoorn, riche Hollandais qui consacre une partie de sa fortune ä des objets d’arts. DU SEIZIEME S IE C LE. iy3 quice seraphicce. Marot, ä cette occasion , dit dans sa seconde lettre du Coq-ä-l'Ane. Tdmoin le comte de Carpi Qui se fit rnoine aprfes sa mort. f Voy.z Piganiol.) J’ai placd pres du tombeau de Carpi le portrait de Didier Erasrne, mort en i536, copid sur bois d’apres Holbeen. Le gdnie dteignantson flambeau, qui est au-dessus de ce portrait, est de Pilon. N° 98. Des Cölestins. La figurede Philippe Chabot, amiral, mort en i543, executee enalbätre 1 par Jean Cousin. Cet amiral est appuyd sur son casque, dans l’attitude du repos. On remarque dans sa main le sifxlet avec lequei il com- mandait la manoeuvre. Ldonor Chabot, grand dcuyer de France, a erigd ce mo- nument ä son pere : ou voit au bas une petite statue en albä- tre , exdcutde par Jean Cousin , reprdsentant la Fortune ren- versde, alldgorie relative ä la perte que faisait la chose publique dans la personne de Chabot. Les bas-reliefs du pid- destal, qui ont dtd multilds par les malveillans, sonl de Pilon, et reprdsententsaint Paul et Melchisedech. ( Ils etaient place's ä Saint-Etienne-du-Mont.) Ce monument, tel qu'on le voit ici, a dt 6 restaure sur nies dessins. w ° 99 - De Saint-Denis. Chapelle sepulcrale, danslaquelle onvoit le tombeau de Francois I er , mort en 1 54 7 • Ce monument funebre, tout en marbre blanc, drigd en i55o au restaurateur des arts, a dtd construitsur les dessins de Philibert de Lorme, abbd d’Ivrj, et ordonnateur des bätimens et manufactures de France , ainsi qu’il est men- 1 A cette epoque il y avait ä Lagny , prbs Paris , des carrieres d’albätre blaac, dont les statuaires tiraient des blocs propres ä la sculptnre. 174 MONUMENS iionne dans les memoires de la chambre des comptes, que ]’ai ievds, et que je donne ä la suite de cet arLicle. Francois I or et Claude de France, sa femme, y sont re- presenlds dans leur etat de mort. Ces deux slatues , plus for- tes que nature , sublimes par leur exdculion et la conuais- sance profunde de l’anatomie que l’artiste Pierre Bontemps, sculpteur, n 6 a Paris, _y a dd.crite avec beaucoup d’art, sont posees sur une eslrade onide d'une l'rise en relief, reprdsen- lant les batailles de Mariguan et deCerisoles. On v reniarque la forme des canous, des liabils de guerre et des costumes en usage alors, et pvinc.ipalement de l'arba- löte , introduite sous le regue de Philippe - Auguste. Une grande voiite , composee d’arabesques et de bas-reliefs exe- cutespar (-fennain Pilon , represente des gdnies eteignant le llambeau de la vie; l immortalitd de l’ame, ingdnieusement exprimde par l’allegorie de Christ, vainqueur des tdnebres, et les quatre prophetes de l’Apocalypse, enveloppentces deux figures intdressautes. Seize colonnes cannelees, d’ordre i'oni- que, dans la proportion de six pieds, supportent l’entable- ment, au-dessus duquel sont placees cinq figures sculptdes en marbre blaue ; savoir , Francois I er et Claude sa femme , xetus en habit de cour, et reprdsentes ä genoux devaut leur prie- dieu ; les trois autres, aussi ä genoux, sont Francois, riaupliin , soupeonne d avoir dld empoisonne par Catherine de Mddiris ; Charles, duc d'Orldans, ses deux fils , et Charlotte de France sa fille, morte a huit ans. Les plafonds arabesques qui couvrent les deux passages et tous les ornemens qui ddcorent ce tombeau , ont dtd sculp- tes par Ambroise Perret et Jacques Chantrel, ornemanistes, ainsi qu’il est inentionne dans les mdmoires de la chambre descomptes, du 28 fdvrier 1555. Je viens de rendre ce prdeieux monument, qui avait dtd niutile par des barbares, ä son dtat primitif, en le faisant restaurer d’apres des dessins que j’en avais fails dans nia jeu- nesse, pour i etude particuliere de mon art. J’ai fait graver sur une table de marbre noir, qui entre dans la ddcoration de cette chambre sdpulcrale, les noms des hommes les plus celebres qui ont paru dans ce siede memorable. N° 448. L9 statue, en marbre blanc et coucliee, de Francois I er , represente en etat de mort. Pour faciliter les etudes que Fon peilt faire d’apres cc DU SEIZIEME SIECLE. I j5 chef-d’ceuvre , je me suis determiue u Je poser sur un socle de marbre noir, dans iecjuel j’ai introduit Jes modeles des bas-reliefs que l'on remarque au tombeau ci-dessus cldcritj savoir , les batailles de Mariguan et de Cerisoles, ahn de donner ä ce monument le caractere de son siede. ( Voyez, la description du tombeau , sous le n" gg. ) Nota. Deux mille barbares envirou 011 t porle une main tdmdraire sur ce chef- d’ceuvre ; ils ont grave leurs noms avec une pointe sur les parties les plus interessantes de la statue; malheureusement 011 peut le vdrißer sur le monument meme. Voici les plus remarquables : Hugues Belauld, i58o; Fison , Estiot', Mulzinger , Lorme , 1 584- ? Eebours, Es- iienne Plessier, i586; Basse, iE>g 2 ; Alexandre Syts est le dernier qui s’est gravd illustre comixie Eroslrale; il a quitte la ville de Gand pour ajouter son nom au nombre de ceux que je viens de citer. Amis des arts, permctlez-moi d’im- primer sur cette liste lecachet de l’ignorance et de l'infamie. Citoyens conservateurs, qui avez dans vos mains les helles statues de la Grece , voilez Ja statue d’Apollon si jamais un Alexandre Syts osait souiller sou sanctuaire. 1 N° 55g. De Vabbaye de Haute-Bruyere. Urne sepulcrale qui renfermait le coeur de Francois I er . Cevase, sculpte en marbre blanc, est ornd de quatre bas- reliefs imitant le camde , reprdsentaut la peinture, la sculp- ture, l’architecture et la geometrie. Des mascarons et des, cartouclies ornent aussi cette urne , qui est surmontee de deux petifs gdnies dteignant le flambeau de la vie. Le tout est supportd par un piddestal aussi de marbre blanc , ddcore de quatre mddaillons formant bas-reliefs, et reprdsentant la podsie, la podsie lyrique, l’astronomie et la musique. Pierre Bontemps, ( de Paris ) qui a exdcule avec beau- coup de soin ce beau et magnifique monument, a fort iu- gdnieusement placd les arts et les Sciences autour de ce vase, qui contenait ce qui restait de plus precieux de leur ami et de leur protecteur. Voici les inscriptions qui sont gravees autour de ce chef-d’ceuvre : ’ Une loi rendue par la Convention nationale, condamne ä dix anales de fers les destructeurs , degradateurs et dilapidateurs des mo- numens des arts. M O N U M ENS I76 Rex Francisce tuum superis quum jata dedera Ocyiis IhaccB fata seuera domus , Contemptis lachrymis desiderioque Tecenti Amplius hoc quo te proseqiieremur erat : Puluere in exiguo quum magni pectoris exta Cor quantum Hectorea strenuitate iacet. Christianiss. Regi Francisco primo , victori triumphatori Änglico, Hispamco, Germanien , Burgundico , lustiss. Cle- mentiss. Principi , Henricus secundus Rex Christianiss. Amantiss. Patri Pientiss. filius. Fxtrait des registres de la Chambre des Comptes, concernant les sdpultures faltes en l’Sglise de Saint-Denis , payees pour la construction de la sepulture da feu roy Francois , dernier decede. Sculpfeurs. 1 Pierre Bontemps, raaitre sculpteur , bourgeois de Paris, confesse avoir fait marchd et convenant ä M. Pliilibert de Lorme , abbe d’Yvry, conseiller ordinaire , architecle du roy, commissaire ordonnd, el depute par ledit sieur sur le fait de YeJJigie et tombeau du feu roy Francois, que Dieu ab- solve, ä ce prdsent, de faire et parfaire , bien et duement comme il appartient au dit d’ouvriers et gens connoissans les ouvrages de basse taille qu’il convient faire en pierre de mar- bre blnnc au stylobastre, entre la corniche et basse d’icelle, autant que contient une face de la moitid,de la sepulture du- dit fpu roy Francois, pour elever et driger les histoeres de deffaite de la journde de Cerisoles, selon la tape de l’histoere des annales et chroniques de France, ladite parlie faisant le reste du pourtour de ladite face et en suivant ie convenement ja parluifait pour les figures de ladite sepulture et tombeau, auquel reste dudit pourtour et face seronl faits, sculptez en ' J’ai pens£ qu’il diait inutile de rapporter ici les pifeces pre'c£~ dentes , qui contiennent ies comptes entre Philibert de Lorme et Jacques Chantrel, Bastien Galles , Pierre Bigoigne , Jean de Bourges et Atnbroise Perret , 1ous sculpteurs, ornemanistes, employ pour elre fundues. .Tai remplace ces figures par un grotipe de marbre blaue, reprdsentant la Charite et six apotres sculptds en pierre de Vernon , venant du chäteau d'Änet. Anne de Montmorency, guerrier intrdpide,sauva la France sous Francois I er , en lfm ; il ddfendit la ville de Mdzidres conlre farmde de Charles-Quint, et obligea iecomle de Nassau ä lever honteusement le sidge. Apres avoir recu liuit blessures dangereuses ä la bataille de Saiut-Denis, en i 56 y, ce vieillard, abandonnd des siens danscet dtat, rassembla le peu de force qui lui restait, et, l'epde ä la mnin , il tun un oflicier ennemi; lorsque Stuart, genlilhomme ecossais, lui tira un coup de pissolet dans fes reins, il en mourut apres avoir casse deux dents ä sou assassin; il avait alors 74 ans. K° 45o. Les statues couchees d’Anne de Montmorency et de Magdeleine de Savoie sa femriie, par Prieur. 1 II j avait quatre colonnes de marbre vert airtique , dans le nom- bre de cellps qui d^coraient le toipbeau d’Anne "de Montmorency; elles ont enlev&es pour le M usee central des ar ts j j’y ai suppige par deux 'autres colonnes« de marbre noir et deux 4- ma-i’brp de kanguedoc, ‘ ' . DU SEIZIEME SIECLE. Costumes. l83 Les Chevaliers qui perdaient la viedans les combats btaient reprbsentbs sur leurs tombeaux, armbs de toutes pidces, Je easque en tete, l’dpde au cole avec les bperons ä la chaussure et les ganlelets aux mains. Ceux qui, apres avoir recu uue blessure mortelle, ne mouraientpas sur le cliamp de batailie, elaiont representds armds d’une cuirasse , la tete nue, le cas- que et les gantelets ä cote d’eux. No io5. Des Cdlestins. Une colonne torse, ornee de lauriers et de feuilles de vigne, haute de neu!'piedssur quinzepoucesdediametre. Elle est l’ouvrage de Barthdlemy Prieur, artiste distiu- gub, que le connelable Anne de Montmorency aimait et protegeait, et qui mit vingt ans ä exbcuter ce monument, pris dans uu seul bloc de marbre, eleve ä Ja gloire de son brave protecteur. La Statue en bronze qui s’bleve sur le sommet du chapiteau , reprbsente la Justice. J’ai fait exbcuter un pie- dastal pour soutenircette belle colonne, avec les dbbris meme du monument que j’ai pu recueillir; l’dpde du connbtable et les autres dbtails prdcieux en marbre blanc, incrustbs dans du campau isabelle, ont etb executbs par Prieuri L’inscription du monument, composee de petites lettres decoupees en marbre blanc, incruslbes dans du marbre noir, lorrne le second socle. Voici ce qu’ony iit: Ci-dessous gist un coeur plein de vaillanee, Un coeur d’honneur , un coeur qui (out savait , Cceur de vertus qui mille coeurs avait, Coeur de trois rois et de tonte la France. Cy gist ce coeur qui fut notre assurance , Coeur qui de coeur de justice vivait, Coeur qui de force et de conscil servait, Cceur que le ciel honora dbs t’enfance , Coeur, non jamais, ni trop baut, Di remis. Le coeur des siens , l’effroi des ennemis., Coeur qui fut coeur du roi Henri son maitre, Roi qui voulut qu’un sdpulcbre commun Les enfermät aprbs leur mort, pour etre Comme en vivant, deux meines, coeurs en un. I 84 M O N D M E N S 3 N° 45 1. De la chapelle d’Ecouen. Un autel en pierre de liais, execute’ pour Anne de Montmorency, par Bullant. Ce morceau, unique pour la pr^cision et la correclion, d’un style fin et dölicat, presente des perfections rares dans ses de- tails; il est ornd de qualre colonnes de marbre noir, de huit bas-reliefs, de cbiffres ei d’entrelas. Le bas-relief en marbre blancdu r^table, reprdsente lesacrifice d’Abraham; le dessin en est fin, gracieux et,correct; ceux qui decorent l'autel, repr^sentent les quatre Evaqg^listes, la Foi, la Religion et la Force. Cettesculplure magnifique passe pour etre de lamain de Bullant, ami particulier de Jean Gougeon, dont iJ avait refu des leyons ae sculplure. On ne sera pas £loign6 de ce 3entiment, si l’on obserre les rapports harmoniques qu’il y a dans la sculpture et l’architecture de ce chef-d’oeuvre. Les figures qui couronnaient le monument, ainsi que celles qui dlaient dans les niches, ont etö brisöes par l’armöe t6- volutionnaire : j’y ai supplee par deux autres figures que j’ai fait archelyper sur un monument du temps. N° 452. Du meine Heu. Un groupe de grandeur naturelle, repre’sentant 1 ’e’du- cation de la Vierge, execute en albätre de Lagny, par Bullant. On retrouve dans cette Statue qui accompagnait l’autel ci-dessus decrit, la raeme fincsse, la meme grace et la meme touche dans le travail. N° 106. Des Cdlestins . Une colonne de marbre blanc, d’ordre composite, haute de dix pieds six pouces, diametre de quatorze pouces, ornee de couronnes et de chiffres, elevee ä Ti- moleon de Gosse; comte deBrissac, en 1672. -V Sfc DU S EIZIEME SIEGLE. l35 Son chapiteau , du gout de ceux que l’on voit ä Rome au temple d’Auguste, est d’un travail prdcieux, et ornede quatre aigles. ( Voyez Millin, tome III. ) ]N° 107. Monument enge ä la memoire de Jean Gougeon, ar- chitecte et sculpteur de l’ecole francaise, ne ä Paris en.... et tue’ d’un coup d’arquebuse en travaillant au Louvre sur son echafaud, le 24 aout 1672, jour de la Saint-Barthe- lcmy. (II etait calviniste.) C’est le sculpteur le plus habile cjui ait paru en France : il avait obtenu le titre glorieux de Phidiasfrangais. Toutce qui est sorti de son ciseau est admirable.On remarqueentre autres ouvrages, la fontaine des Innoncens, covnposee de bas-reliefs representant des Nymphes, le triomphe de Vdnus, d’Am- phitrite , etc. Au Louvre, dans la salle de l’Institut, quatre figures caryatides et colossales soutenant une espece de tri— bune. Dans l interieur du vieux Louvre, plusieurs figures de bas-relief dans le gout de celles qu’il a exdcutees ä la fontaine des Innoncens , dont la premiere pierre fut posde en i 55 o. A i’hotel de Carnavalet, rue Culture Sainte-Catherine, des bas-reliefs representant deux lious, des vicloires et des re- nommds; et dans ce Musäe un bas-relief du plus beau travail et du dessin le plus correct, representant le Christ au tombeau. Les Giecs n’ont rien produit de plus parfait. Tout est rduni dans ce morceau que des mal-adroits avaient misen couleur, et que j’ai fait restaurer. Pour honorer la mdmoire d’un artiste qui a si dignement illustre la France dans le seizietne siede, j’ai cru devoir lui driger un monument. Puisse-t-il durer aussi long-remps que son nom! C’est le voeu des amis des arts. Pour la composition de ce monument, j’ai du employer les ouvrages de Jean Gougeon meine ;pe que l’on voit dans les deux nymphes qui accompagnent son buste. Ces bas-reliefs sont des modeles de ceux qu’il a exdcutds au Louvre; celui que i’on remarque plus bas est de la fontaine des Innoncens. Le buste, en marbre, de Jean Gougeon, que l’on voit dans un encadrement circulaire, modele par Michallon, qui l'a exdcutd d’apres une mddaille fondue de ce temps, revetue de cette legende, A J. J Gougeon, a dtd termineapres la mort de ce sculpteur, enlevd aux arts par une chute qu’il fit en travaillant au theätre de la Rdpublique, le 30 fructidor an 7, par Francin fils son beau-pere. i86 M O N U M E N S N° 253. On voitici le lombeau de Jean Cousin, que j’ai com- pose avec deux figures en albätre, exe'cutees de sa main. Voici l’inscription : A la memoire de Jean Cousin , peintre. et sculpteur,fon- dateur de le'cole J'ranpaise , mort en x55o. K° 45/,- Le tombeau de Germain Pilon, compose dans le mcme Systeme, est orne de deux figures, la Sculplure et la Pru- dencej dun bas relief en bronze, representant le Christ inort. A la memoire de Gennain Pilon, sculpteur de l'Jcolefran- $aise, mort en i 5 <) 0 . N° 455. Du chäteau d’Ecouen. Deux tableaux en faience, representant des batailles, dessinees et cxecutees par Bernard Palissy b Ces deux morceaux, uniques et precieux servaient ; de paye- ruent dans la chapelle du chäteau d’Ecouen : leur fabrique dale de 1542 . « Les esmaux de quoy je fais ma besogne (dit Palissy),sollt falls d’estaing, de plomb,de fer, d’acier, d au- limoine, desaplive de cuivre, - da reue , de salicort, de ceu- dre gravelde, de litharge et de pierre de Perigord.» Bernard Palissy, surnommd, suivant Peyrec , Bernard des 1 Bernard Palissy, ageuois , prenait le titre d’ouvrier de terre,et d’inyenteur des rnstiques figulines du roiet d’Anne de Montmorency, pair et coun^table de France. Palissy annouce qu’il a dessind, fait des recherclies sur la peinture sur veric , et ipi’il a pralirpi^ lui- meme cet art ; d’apres cela il parait probable , d’apres te iilre qu’il prenait, qu’il a peint 11011 seulement les paves du cluiteau d’Anne de Montuuueucy ä F,coueu , mais encore les vitraux que l’ou y voyait, et placrs aujourd’liui dans la galerie du Musde des momnnens fran- ciis , representant l’histoire de Psyche. Cela parait plus que prouve, puisqu’il dit lui-metne qu’il s’est particuli^rcinent atlaehd ä copier les ouvrages de Raphael. 3 Prepsration de cobalt. DU. SEIZIEME SIECLE. I 87 Tuileries, parce qu’il demeurait au Tuileries, vis-ä-vis de ja Seine, est un de ces genies extraoi’dinaires qui s’elevent d’eux-memes au-dessus des antres. Nd caiviniste, il echappa ä la Saint-Barthdlemy. On croitqne Charles IX le sauva avec Ambroise Pareson medecin. Lacroix Dumaine son contem- porain, assure qn’il llorissait ä Paris en 1 584 : Philosophe naturel , dit-il en parlant de cet komme cdlebre, komme d’un esprit merveilleusement prompt et aigii ,fait des leqons de sa science et profession ; il mourut, si Ton en croit d'Aubigne, l’an i 58 o, äge de 90 ans. Palissy, dont la profession dtait la poterie, 1 dtudia, dans sa jeunesse, la gdometrie pratique. Celte Science le mena naturellement ä l’art du dessin , et, apres avoir pris pour modele Albert Dürer , Leonard de Vinci, Raphael, Primalice , elc. il produisit des dessins singulierement estimes; il s’adonua ä la chimie, ä l’hydraulique , et publia plusieurs ouvrages sur la nature des eaux, des fontaines, des mdtaux, des sels, des pierres, etc. Les citoyens Fanjas de Samt-Fond et Go- bet 11011s ont doinie une nouvelle ddition de ses ceuvres in- 4“, imprimees en 1777. N° 455 bis. Quatre medaillons en faience, de la fabrique de Palissy, qui ornaient la cour du chateau de Saint-Germain- en-Layc. IN' 0 108. De la Culture-Sainte- Catherine. Monument engeäRene Birague, chancelier en 1870 , et depuis Cardinal, mort en i585. On voit la statue ägenoux, de Birague , fondueen bronze. Balbianisafeimne, vetce ä la manieredu temps, couchdesur im lit, et dans l’atiitude de la leclurc; au-dessus d'elle est un bas-relief oü celte hemme est reprdsentee en dtat de mort. Ce bas-reiiel'est un chef-d’oeuvre d’amtomie. Deux gdnies dlei- gnant leurs ilambeaux terminent la composion de ce monu- 1 Bernard Palissy, natif d’Agen , et polier de terre de profession, dtabli ä Saintes , a ecrit un Traitd sur la nature des eaux et fon- tair.es, des mdtaux , des sels, des pierres, eie.; il ne savail ni greo ni latin , et cependant il a parld de toutes ces choses avee esprit. 11 vi- vait eucore gn 1584, et etait pour lors ägd de (juatre-riagts aas. l88 MONUMENS ment, ex^cute en marbre et en bronze par Germain Pilon. Betontest posd sur uncduolaplie de breche verte, anlique, provenant de Saint-Sulpice. Le monument, tel qu’on le voit aujourd'hui, a dte recomposd sur mes dessins , et avait pro- digieusement souffert des mutilations. Ce Birague, Italien, aveo les Guise , les Gondi et Catherine de Mddic.is, formereut et dirigerent le complot de la Saint-Bar th^lemy. N° iog. De l’Ave-Maria. Statue, en marbre et ä genoux, de Jeannede Viyonne, fille d’Andre de Vivonne, Seigneur de la Chastaigneraye, gouverneur de Francois, dauphin, fils de Francois 1 er , mort en i583, et mere de Claude-Catherine de Cler- mdnt-Tonnerre, femme illustre. N° no. Des Cordeliers. Statue, en m«rbre blanc et ä genoux, de Catherine Nogaret de la Valette, femme de Henri de Joyeuse % morte en 1587 . Cette sculpture , d’un travail tres-grossier , n’a point d’au- teur connu. Voici l’dpitaphe de cette Nogaret: lllustri heroinae Catharince Nogarettce Volle tas Henrici a Joiisa, Qui tum Buchiacii comes, post dux Joiisce , ( Bouchage ) Vestiarii Regii magister, Audibusqe, Ccenomanis , Perchensibus', Turonibus Procfectus erat. Conjugi suavissimce , sanctissimce, incomparabili Cujus heu ! nimis. Acerbo fato prcereptce, an. et. XXII. prid. C. id. aug. an. M. I0 . LXXXVIL ' Connu sous le Dom de Frire j 4 .nge, qu’il prit en se faisant ca- puciu aprfes la mort de sa femme, II mourut en 1608 , äge de 41 ans. DU SEIZIEME SIECLE. 189 Vir desolatissimus de.sideriumfere.ns insolcibiliterdamnato seculo, totum se Deo in cctpucinorum instituto mancipavit. Henrica Catharina Guisai ducissa Concordis conjugii unicurn pignus. Monummtum hoc fieri statuamq ' marmoream poni curavit. Vale mater dulcissima et quiesce. N° Hl. Des Cdlestins. Les trois graces, prises dans un seul bloc de marbre, clief d’oeuvredeGermain Pilon,hauteur quatrepieds trois pouces, porte sur un piedestal, en forme de trepied anti- que, de trois pieds six pouces de haut, aussi en marbre blaue, orne de feuillages, palmetes, figures et cartouches. Vdnus-Uranie avait sans doute communiqud ä Pilon ce sentiment fiu et ddlicat qu’il fallait pour peiudre les graces ddeentes. O11 remarqne aisdrnent combien cet artiste, sensible aulant que spirituel dans sa touche, s’est pdudtrd de son sujet : e 11 es se louchent sans se toucher; eiles foulent Ja terre sans la foulet - ; ieur respecl est mutuel, et leurs mains innoncentes se commnniquent aveeuue douce emotion. L’origine des Graces a varid chez les Anciens,suivantl’ima- gination despoetes qui les ont chantdes; cependant plusieurs auteurss’accordent ä les faire descendre de Jupiter et d’Eury- liomd , falle de l’Ocdan. Les Grecs les appelaient x.d.oirt( , cha - rites , distinguees par JEglaea, Thalia, Euphrosine. Selon Pausnuias, les Lacdddmoniens n’en reconnaissaient que deux, Cleta et Phaenua; elles dtaient les oompagnes assidues de Vd- nus,etiis les represenlaienlnues. «Chez lesEliens, leurhabit elait dord, le visage, les mains et les pieds de marbre blaue j l’une tenait une rose, l’autre un de, et la derniere un rameau demyrte. »La multitude des monumens anciens qui nous les montrent nues suffit pour ältester que cette opinou dtaifc plus generalement adoptde : les vraies Graces, disaieut-ils, existent dans ellss-mömes, ei sans emprunter aucun eclat ex tdrieur. O11 voit ä Rossane un marbre reprdsentant les Graces j elles sontvetues, adossdes contre unecolcnne, et se tenaut par la maiu. Ce groupe a dtd fait pour supporler une urue coutenaut les coeurs de Henri II et de Gallieriue de Medicis, IC>0 M O N U M E N S Pilon a representd Mddicis dans i’ime des Graces. On fit firapper a cette epocjueune medaille representant les Graces accompagnees de Catherme de Medicis. Watelet, dans soii ouvrage sur la pemlure, pretend que ce groupe represente les trois verlus theologales. de rap- porte les trois disliques latins gravds sur le piödestul, pour prouver que ce sont ies trois Graces. l’REMIERE E A C E. Cor junctum amboruni longum testatur amorein Ante homines junctus , Spiritus ante Deum. SECONDE PACE. Cor quondmn chantum sedem , cor summa secutum Tres c.harites summa vertice jure jerunt. X ROISIEME PACE. Wie cor deposuit Regis Catharina mariti Id cupums proprio condere posse smu. IN 0 II2. De Saint-Denis. Une colonne de marbre campan Isabelle , ornee d’un ebapiteau aile^orique eu albatrc. ( WLuteur inconnu. ) Ce monumenta dtd drigd ä Charles de Bourbon , Cardinal, proclamd roi ( Charles X) en i58q par le duc de Mayenne , cornmandanl pour laLigue, et mort en i5qo, ä Fontenaj'- le-Comte en Poitou, oü il dtait gardd avec soin par les ro 3 r alistes; le 3 juin suivant se fit la lameuse procession de la ligue. La statue qui etail placee au-dessus de la colonne , a dtd ddlruite par les ennemis des arts. J’ai substitud a la place un vase en bronze, qui date du meine temps, et dans le piddestal on voit un bas-relief en pierre de liais, represen- tant le Christ au tombeau : ce morceau , de la plus grande beautd pour la vdritd des expressions et la correction du dessin , est de Gougeon. Les bas-reliefs des cotes sont enal- batre, et de l’auteur du chapiteau. La paix et l’Abondance, fondues eil bronze par Prieur, accompagnent cette colonne. II y a eu des medailles frapppees au noin de ce Cardinal. Lescoius de ces medailles se sont trouyds chez les Jösuitcs. DU SEIZ1EME SIECLE. 10)1 N° 456. De Saint-Cloud. Une colonne torse, en marbre campan isabelle, d’or- dre composite, ornee de feuilles de lierre, de palmes et de chiffres enlasses, representant dans lern- milieu une H, haute de neufpieds, exe'cutee par Barthelerny Prieur, dans un seul bloc, et erige'e ä Henri III, par Charles Be- noise son secretaire particulier, qui l’avait lait elever dans l’eglise paroissiale de SainL-Cloud, ou Ton avait de'pose le coeur de ce prince, en memoire de son assassinat par Jacques Clement, le 2 aout i58g. Le vase qui contenaitce coeur a ete detruit enliercment; je l’ai remplace par un genie en marbre blanc, qui brule unpoignard avecson flambeau qu’il tient renverse; celte ligure, ajustee pour ce monument, est aussi de la main de Prieur. J’ai placd dans le piddestal de campan isabelle, exdcutd siir mes dessins, deux frises de fruils composees d’agate et de pierres prdcieuses que j’ai achetdes, ainsi que les deux bas-reliefs qui garnissent les principales faces du monument. Le premier, qui est sculptd par Jean Gougeou, reprdsente la Mort et la Rdsurrection , alldgoriquement exprimees par une nymphe profonddment assoupie : pres d’elie est plac.d un genie qui renverse le flambeau de la vie, landis que der- riere eile on voit des Faunes, des Satyres et des lJryades, Symbole de la fecondite , de la rdgdndration, de limmorta- lildenfiu, former uu concert me.lodieux de leurs instrumens. L’autre bas-relief, de la meine dpoque, est une imitation de l’antique ; il reprdsente Apollon et Marsias. Adsta viator, et dole regum vicem. Cor re.gis isto conditum est sub marmore, Qui jura Gallis Sarmatis jura dedit, Tectus cucullo hunc subtulit sicarius. Abi viator, et dole regurn vicem. Ce monument, d’un travail soignd, et dont l’exdcution prdsente de grandes difficultes vaincues, avait dte vetidu avec le domaine qui le renfermait; j’ai cru devoir l’acqudrir, non seulement comme objet prdcieux sous le rapport de l’art, mais principalement comme monument iudispensablement neces- saire h la collection que j’ai formte. 192 SIOSU M ENS N° II 5 . Statue en pied, d’Henri IV,assassineen 1610, en ha- bit de guerre, executee en rnarbre par Francavilla 011 plutot Francheville. Cette statue est une des plus vraies , pour la ressemblance, qui ait dtd faite d’apres ce prince; remarque que j’ai 616 ix por- tde de faire sur lui-meme; car lors de l’exhumation des corps desrois, qui se dt ä Saint-Denis en 1793, il fut trouvddans un tel dtat de Conservation, qu’il ofFrait encore des formes sou- tenues et sans aucune alteration. J’ai placö dans le piddestal de cette statue un bas-relief d’un travail extremement pre- cieux, reprdsenlant la bataille d’Ivry, donnee en i 5 go par Henri, qui y est reprdsenid ä cheval chargeant les ennemis; ce bas-relief, d’une ex^cution savante, est du au ciseau de Francheville. N° 114. De Notre-Dame. Statue en marbre blanc et ä genoux, d’Albert de Gondi, mareclial de France en i 5 y 4 , mort en 1602. Cette fainille , originaire de Fiorence , joua un grand role en France, sous les regnes de Henri II, de Catherine de Mddicis, Charles IX, Henri III, et meme sous Henri IV. L’histoire rapporte qu’Albert de Gondi apprit ä iurer et ä blusphdmer ä Charles IX , qu’il fut un des conseillers de la Saint-Barthdlemy, et qu’il alla s’en excuser aupres d’Iilisa- beth, reine d'Angleterre. La composition de ce monument est la meme que celle de Pierre de Gondi. Sur le cenotaphe on lit I'inscription suivante : sEternce memorice lllustrissimi et generossimi Alberti de Gondi, Ducis Retzii, marchionis Bellinsulce , Paris Francice, equitum magistri, Reg. trirem. prcefecti, Duorum regum christianissimorum Caroli IX et Henrici III Cubicularii, Utriusque militice regio terque PU SEIZIEME SIEGLE.' ipä Donati Quinque regibus nostris Quibus trium maximarum provinciarum Prores octiesque exercituum Regiorum cum imperio ductor, quinque Prceliis permultisque obsidionibus Egregiam operam navavit; Ob inaustriam etfidem pergrati Gravissitnis et difficillimis Legationibus, omnibusque belli ac Pacis muneiibus summa cum Integritatis laude perfuncti. Frater, uxor.iJilii, nepotes Posuere 106:2. K° 11 5. De VAva-Maria. Slatue, en marbre blanc, de Claude-Catherine de Clermont-Tonnerre, epouse du duc de Retz, mort en i6o3; proteclrice des siefice^ et belles-lettres, qu’elle pos> sedait eminemment: eile remporta sur le chancelier Bi- rague le prix d’un discours qu’elle fit et prouonca en la- tin. Elle a ete sculptee par Prieur, qui l’a representee ä genoux devant un prie-dieu. Cette statue est supportee par quatre colonnes de vert de mer , provenant d’un tombeau qui avait dtd drige ä la Familie Boucherat, dans le temple dit Saint-Landry, et qui a etd ddlruit. Le bas-relief en albätre que l’on voit au bas, est de Piion , et represenfe Jesus au jardin des Olives ; le socle , qui porte un lion cliimerique , est orne aussi d’un bas- relief tres-ddlicatement sculptd en albatre,et de quatre md- daillons bronzds, representant Cosme de Mddicis , grand dun de Toscane , mort en 1674 ; Ferdinand II, successeur de Cosme-, mort en 1668, et de Ldon-Baptisle Alberti, archi- tecte et chanoine de Florence , mort en i55o : il fut consi- ddrd comtae un des restaurateurs de l’architecture , dont il possddait dgalement la pratique et Ja tlidorie. O11 ignore l’auude de sa naissance. L’autre reprdsente une alldgorie. J’ai dtd obligd de changer la forme de ce monument, qui tenait tellement ä la construction du local ou il avait dtd placd , que la statue se trouvait posde dessus une porte. i!5 1^4 MONDMENS Voici l’iuscriptioii qui est gravee sur le cenotaphe : CLAUDIA C A T II A R I N A, CLA'RCMONTI A? Retiorum dux , heroina ciim quavis prisci cvvi comparanda . pietate , pudicitid , ingenii elegantid , in litteratos eximio Javore , in tenuiores benignitate ac munißcentiä, erga omnes comitate insignis; vetustissimce gentis spleftdon etiam all- quid addi passe, judicasnt, si animum liberaliori doctrind suprä sexum excoleret eoque nomine regibus ac prmcipibus quorum plures arctu necessitudine contmgebat acceptissima. Juit, ut qui eam soepius de rebus gravissimis ac Omnibus disciplims admirabili facundid disserentem , libentissime audirent; iis prcestantis ingenii dotibus enituit prcesertim cinn Polonorum legati Carolum IX. Henricum novum Polo - niae regem , Catharinam reginam parentem latino sermone alloquerentur. Ipsi enim pi'incipes üsi sunt interprete Claro- mantia legatis apposite respondente. Joanni Annebaldo Clau- dii illiusfamosi maris prcafäcti filio primiim nupsit ; quo pro patriä et rege in prcelio Druidensi fortiter.dimicante occisio, cum Alberto Gondio Retiorum duce, Fremdes Pari , equitum tribunorum principe, triremiumque Gallica'rüm generali ob grudentiam et animi magnitudinem de Gallia bene merito ; ob annos unanimi connubio vixit. Obiit Lutetiae Paris, mense feb. anno S. i6o3. cvtatis 60. Henricus Gondius Retiorum dux , ex Carolo Bellas, insulae marchionefilio nepos avice pientissimcs ; Henricus Parisien - ' sis episcopus. Philippus Emmanuel Juniaci Coities, trirb- mium Gallicarum prcejeclus generalis. Joannes divi Albi Abbas, filii matri suavissimce mcerentes posuerunt; « Ce futcelle femme qui repondit en lalin , pour Catherine de Medicis, aux ambassadeurs de Pologne, qui apportaient ä son fils le de.cret d'ölection ä cette couroune ; quoiqu’elle n’eut eu qu’un jour pour se pr^parer a r^pondre ä ces ambassadeurs, son discours remporta )e prix d’une comimiue voix sur ceux du chancelier Birague et du corute de, Chi- verni, qui avaient aussi repondu , le premier, pour le roi Charles IX , et l’autre pour le duc d’Aujou. » ]N° 11G. La statue en pied, d’Henri IV, csccute'e en marbre, par Barthelerny Prieur. , DU SEIZIEME SIECLE.' Ip5 Gelte stalue , placke originairement dans Ia galerie de Saint-Cloud, avait 6l6 donude ä cetle maison par Louis XV ; depuis eile avait Ct6 transportde au jardin de Mousseaux , ou la main droite, qui avait dte brisde, a 6t6 restainee par Fernex , sculpleur qui s’est distingud dans l’art de faire un buste. L’auteur d’un ouvrage sur les Cui'iosite's de Paris , regarde ce morceau, fait en i5y8, comme un ouvrage mddiocre, et s exprime ainsi : « Ce monument, de renfanee de la sculp- ture francaise ( il avait oublie qu’ä cette dpoque nous avions eu en scuipteurs habiles, Juste, Jean Cousin, Jean Gou- geon et Germain Pilou ), serait peu fait pour nous frapper et nous seduire si on le considdrait en lui-meme. » Cepen- dant les jeux les moins exercds reeonnaisseut le ciseau de Prieur. N° 457. De Charenton. Les statues, a genoux et en marbre blanc, de Bailty du Sejour et de son e'pouse. Ges figures portent un grand ca- ractere de verite, tant dans l’execution des chairs, que dans les e'tofies : l’auteur en est inconnu. 3 N° 117, „ ■ De Notre-Dame. Statue, en märbre et ä genoux, de Pierre de Gondi eveque de Paris et Cardinal, mort en 1616, agede^ans. Cette slatue medior.re est placde sur un entablement posd sur quatre colonnes de marbre noir , au milieu desquelles on voit un grand cdnotaphe de pareil marbre, revetu de i’ins- cription suivante : i Fetrus S. R. E. Presbiter cardinalis De Gondi, Vir notce in Deum pietatis, In ecclesiam observantiä. in regem Jide In subditos curä In patriam charitate, in suos amore, Domi dignitate, publice prcesertim In pauperes vinctos religiosasquß ig6 MOMTUMENS Familias liberalitate, Autoritatis , juris, disciplince Ecclesiasticce tenax , sacrarum cedium Collapsarum restciurator, Novaruin ccdificator Frequens ad pontifices maximos Legatus, Regibus Carolo IX et Henrico III. Imprimis charus ; Henrici magni cum pontifice maximo Et Ecclesice oonciliator Ludovici XIII. In christo progenitor Mortalitatis memor hoc sibifuneri suo Annis quatuordecim superstes Monumentum poni curavit. Excessit anno domini 1616 , aitatis 84. 10 calend. martii. N° Xl8. Des Minimes. La statue, en marbre blanc, de Diane de France, du- chesse d’Angouleme, fille naturelle de Henri II, repre- sente'e ä genoux, par Boudin, morte en 161g. N° 119. La statue, en marbre, de Diane,dans la proportion de deux pieds. Cette statue est placee dans une niche du por- tail d’Anet. ( Voyez le n° 54 o, page 2o5.) N° 120. De SaintDenis. Une statue en marbre blanc, representant le Genie de I’Etude. Cette statue porte un caractere simple et fin ; son expres- sion est vraie. O11 croit qu’elle peut etre attribude ä Leonard de Vinci : eile dtait placke dans le trdsor de l’abbaye de Saint-Denis. Des malveillans en ont mutile les pieds et les maifls. Leonard, nd en 1445, au ciiätean de Viuci pres Fio~ DU SEIZIEME SIECLE. I97 rence , pratiquait avec uti tigal succes la peinture, lasculp- ture, 1'architeclure, i’bydraulique et les lettres. Francois I er l'ailira en France pour y perfectionner les arts. II y mournt en i 520. Perm Vinci, son neveu , qu’il avait formd avec soin, s’est distingue particulierement daus la sculpture. N° 121. Une Statue en marbre blanc, representant David, vainqueur de Goliath, executee par Pierre Francavilla, en i 58 o. On remarque dans les productions de cet artiste une graride maniere de Faire, et un goüt qu’il avait puisd ä Flo- rence. Le piedestal qui porte cette statue a 6t& formd des ddbris de la chaire des Grands-Augustins, eomposde de six petites caryatides et d’un bas-relief representant la Sama- ritaine et saint Jean prechant dans le ddsert : Je tout de Ger- main Pilon. N os 122, 12§, 124. ( Kendu au culte .) TS° 458 . Les statues, en marbre blanc et couchees, de Henri II et de Catherine de Medicis, representees en e'tat de mort. Germain Pilon, auteur de ces figures,y a transmis avec beaucoup d’art un sentiment profond de sensibilite. N° 125. Une statue couchee , en marbre blanc, representant une etude anatomique. Ce morceau, restd ä son ^bauche, offre de grandes vdrilds dans ses d^tails , et une connaissance exacte de l’anatomie. Pilon, son auteur, a reuni dans ce. modele toutes les v^rit^s de la nature, qu’il a su präsenter avec beaucoup de graces dans l’effigie de Henri II, pour l’exdcution de laquelle il l’avait’ fait. N° 4 %. Plusieurs archetypes, d’apres Pilon, representant une femme en etat de mort, des enfans, figures academi- ques, et le Christ au tombeau. 198 MONUMENS N° 128. Des Grands-Augustins. Terre cuite, de grandeur naturelle, repre'sentant saint Francois, en habit de capucin, ä genoux sur un rocher, les bras etendus vers un cruciiix, executee en 1588, par Gerrnain Pilon. Celte figure, d’une expression vraie et sentie avec force, exc.ite l’admiralion des Connaisseurs. Raoul Boutray, enson livre intiluld Lutetia, en a donnf; une description curieuse. . N° i3ö. De Saint-AndrS-des-Ares. Deux figures acade'miques, executees en bronze, par Barthelemy Prieur, placees sur le fronton de la porte de cette salle. Les colonnes qui portent ce fronton, sont en breche doree. N° x33. De Sainte-Genevieive. Le Christ portant sa croix, et le Christ au lombeau, bas-reliefs en pierre de Tonnerre. On en ignore l’auteur. II parailrait avoir indiqud ä Jean Gougeon son style et sa maniere de faire , que ce dernier a port<$s au plus haut point de perfection. ( Voyez, dans la salle du quinzieme siede, les quatre bas-reliefs du meine, places dans la partie circulaire de cette salle. ) N° 460. Deux bas-reliefs, repre'sentant un combat et l’entre'e triomphale de Louis XII dans Milan, par Paul Ponce. N° i35. Une cuve en pierre de liais, ornee d’arabesques, exe'- / r DU SEIZIEME SIECLE. I99 cutee en 1542. ( W'ojez le portail du chateau de Gailion dans la deuxieme cour. ) N° i56. Un vase cn bronze, orne d’arabesques execute par Benvenuto Gellini, artiste venu en France sous Francois I er ;, pour qui il travailla d’orfevrerie. N° 137. Modele en plätre , de plusieurs bas-reliefs de Ia fon- laine des Inuocens, par Jean Gougeon. 1 Inscription proposSe en i j 8 i , pour la fontaine des Innocens 3 lorsque le cimetidrefut converti en marchd. Quce locaßebilibüs squabellant fceda sepulchris , Suppeditant lautas civibus ecce däpes. Hinc pete. quod rapides tibi de.t.producere vitce Tempora ; supremam sed meditare dieni. J. Ph. Jannet. 461. Du chdteau de Seaux. Une statue en marbre blanc, representantPomone, par Barthelemy .Prieur. 142. De Saint-G er main-l*Auxerrois. Deux bas-reliefs , en marbre blanc, Tun represen- tant la Justice, et l’autre la Paix, par Barthelemy Prieur, e'leve de Pilon. 1 Tous les objets qui se trouvaient dderits dans les prdeddeotes dditions 3 sous les numdres supprimds dans celle-ci, ont cUangd do destination. 200 M O N U M E N S N° 144. De Saint-Eustache. Le Christ au tombeau, bas-relief en pierre de liais, attribue ä Daniel Ricciarelli , connu sous le nom de Daniel de Yolterre. Ce morceau est un ehef - d’ceuvre de l’art. N° 145. Le buste, en bronze, de Francois I M . L’auteur de ce buste est incorinu : on pourrait l’attribuer ä Jean Cousin. — Autre buste, de meine matiere, re pr Eisen taut Francois I er en habit de guerre, par le meine artiste. No 146. De Saint-Germain-des-Pres. Monument erige ä Charles-Quint, mort en i 558 , ou l’on voit son medaillon en bronze, orne de masca- rons et autres oruemens , par Jean Cousin. Dans les bas-reliefs que j’ai placös dans le soubassement de ce monument, exdcute sur mes dessins, on v#it Francois I er ä cheval. N° i 47 * Du depöt de Nesle. Le me’daillon, en bronze, de Henri II. On croit qu’il a apparlenu a Diane de Poitiers. L’artisle en estinconnu. N° 148. Des Cordeliers. Guillaume Frcelich, grand capitaine , ne ä Soleure en i 522 , mort ä Paris en i 56 a. L’auteur de ce buste est inconnu. / DU SEIZIEME S IE C 1 E201 Frcelich secouvritde gloire en i544> a la bataille gaginie par les Francais sur les Espagnols, pres Cerisoles , village du Piemont. N° i4 9 . Des Grands-Augustins. Le buste, en marbre, de Jean-Baptiste de Gondi, frere du Cardinal, mort en i58o, dgede quatre-vingts ans, par Prieur. N os 462 et 463. Le buste de Michel Montaigne, mort en i5g2,par Leitier fils. Le buste du meine personnage, par le ci- toyen Deseine. N° i5o. De Saint-Andr 6-des-Ar cs. Le buste, en marbre, de Christophe de Thou, Seigneur de Bonneuil, etc., premier president au parle- ment de Paris, mort en i584- ( Vojez les n os i65 et 166. II servit avec courage Henri II, Charles IX et Henri III, qui ie pleura amerement , et lui fit des obseques solennelles. Ce buste, dont i’ex^cution est exacte et belle , est de Bar- thelemy Prieur. N° i52. De Saint- Germain-l’Auxerrois. Deux bustes, en marbre blanc, representänt, Tun Francois de Montholon, garde des sceaux , mort en i5go; et l’autre, Jacques de Montholon, fils du president , homme de loi, mort en 162 2 . Ce dernier a publie un ouvrage sur les plaidoyers. 202 M O N U M E N S N° i55. Des Cordeliers. Le busle , en marbre, de Thomas d’Elbene Eri- connet, secretaire da roi, mort en i5go. N° i54. Des Grands-Augustins. Les bustes, en marbre blanc , de Nicolas Brulard et de sa femme. Nicolas Brulard ifut celebre en i5Ög et x5g8. ' N° i55. Des Minimes de Paris. Le buste, en bronze, d’Olivier Lefebvre, seigneur d’Ormesson, par Paul Ponce. No 464 . Le buste, en marbre , de Dominique Sarredc de Yic d’Ermenonville , sergent de balaille , successive- ment gouverneur de Calais et ensuile d’Amiens , lors de sa reprise par Henri IV en 1571 . Sarrede s’estdis- tingue ä la bataille d’Iviy , ou il eul la jambc empoclee d’un boulet. S 011 amour pour Henri lV etait si graud , que, passant par la rue de la Ferronneric deux jours apres la perte de ce prince, il y fut saisi d’une teile douleur , qu’il en tomba presque mort sur la place raune, et en expira le lendemain. On lui drigea un tombeau ä Ermenonville avec ses armes, dont on fit un trophöe: on lit au bas l'inscription suivante : En ce bocage oü ton laurier repose Sur le joli myrte d’amour, Ton fidble sujet d£pose Ses armes ä toi pour toujours. O mon eher, ®on bien aim6 vnaitre F J’ai d£jä, sous ton ^tendard, 2o3 DU SEIZIEME SIECLE. Perdu de mes roembres le quart; Te voue ici mon restant etre. Que si d’un pied marche trop lent pour toi* Poiut ne faudroit meilleure aide; Car pour combattre pour son roi, L’amour fera voler Sarrede . N° 465. Du chäteau d’Ecouen. Deux hustes, bas-reliefs, en marbre blanc, repre- sentant Platon et Aristote, par Bullant. N° i56. I De Saint-Mdry. Une mosa'ique repre'sentant la Vierge , le Christ en- fant et deux Anges adorateurs , execute'e ä Florence en i5oo. Ce tableau curieux a dtd apport^ ä Paris par un Francais nommö David. ( Voyez la salle du quinzieme siede.) N° De l*ELve- Maria. Un recueil de petits tableaux en e'mail, compose de trente-quatre petits sujets , dont quinze sont tires de la Passion du Christ , et les autres sont des porlraits de rois, eveques , poetes et hommes celebres de ce temps. L’auteur de ces tableaux, qui datent du commencent de ce genre de travail en France, est inconnu. ( Voyez la salle du quinzieme siele.) N° 466. Du chäteau d’Anet. La Statue , en marbre , et ä genoux, de Diane de Poitiers, femme celebre par ses amours et par son ta- lent ä manier les affaires du gouvernement , morte 204 M O N U M E N S en i566 , posee sur un sarcophage de marbre noir , revetu de l’inscription ci-jointe, et porte par qualre te- tes de spliynx , le tout pose sur un piedestal Supporte par qualre figures de femrae. Ce tombeau, dont j’ai achetd les ddbris ä Anet, dtait dans un dtat d’abandon lei que les animaux les plus vils paissaieut dedans; il vient d’etre restaurd sur nies dessins. Nayantpu me procurer le prie-dieu qüi dtait placd devant Diane, j’ai posd pres d’elle unchieu, symbole de la fiddlild conservant le flambeau de 1’Amour, et plus loin on voit l’Atnour assis sur des volumes, dcrivant l’histoire de cette femme illustre. J’ai eleve ce inonument sur un piedestal que j’ai fait sup- porter par qualre nj’mphes. Pilon, leur auteur a mis de la grace et du gout dans l’invention ei l’exdcution de ces figures; qu’ilavaitsculptdesen boispoursupporter la chasse de Sainte- Genevieve. Les dmaux que j’ai iutroduits dans ce piddestal, conviennent parfaitemeut, puisque d’un cotd ony voit Francois I", et de l’autre Henri II n genotix devant Diane, entern ree des las et des chiffres amoureux dont il faisait oruer tous les monumens drigds par ses ordres. ( Voyez le n° i58. ) Sur le devant on voit encore Francois 1” reprdsenld en saint Paul, et sur l’autre face l’amiral Chabot. ( Voyez le n° i5g.) Les dmaux placds dans le socle represeutent des sujets de devotioii, exdcutdes ä Poitiers d’a pres les cartons de Raphael Epitaphe sur le sarcophage de Diane de Poitiers. Hic tecum riieditans paulisper , siste viator; Prole, opibusque potens , gelido tarnen ecce Diana. Marmore proteritur, vermibus escajacens. Terra cadaver habet, sedmens . tellure relicta, Morte novans vitam, regna beata petit. Vix.it an. LXVI, mens. III. dies XVII. Obiit an. Christo nato M. D. LXVI. VI calend. maii. Aster nai memorice Diance Pictoniensis, ducissce Valentince, Lodoici Bresasi, Apud JSormanos senescalli, Uxoris. Pietate ac religionis integritate laudabilis, Hujusque sacrce cedis conditricis. Charissimce rnatris pietissimceßlice 20 5 DU SEI ZIEME SIE C LE. Lodoica, principis illustrissimi Claudii Lotliarceni , clucis Aumallcui, Fransc.isca, Roberti Markiani Slrenuissirni ducis Buillonensis Conjuges, Mcestissimce posuerunt. N° i58. ( Voyez le tombeau de Diane de Poitiers, n° 466.) De la Sainte-Chapelle. Deux grands emaux, Tun donue par Francois I er , et l’aulre par Henri II. Les £maux sont de la fnbrique de Ldonard Ie Limousin, peiuts en 1 553 , d’apres les dessins de Primatice. Ils reprd- senlent la passion du Christ, divis^e en plusieurs sujets : au bas du premier tableauon voit en pied les portraits de Francois I er et de Claude de France sa femme, et au bas de l’autre cetix d’Henri II et de Diane de Poitiers. Les compositions de ces tableaux sont grandes, l’argement distribudes , et ordonnees tont ä fail dans le goüt de Raphael , sur-tout ies mddaillons reprdsentant le Christ port£ au tombeau, et le Christ porlant le bois de sonsupplice. Les deux grands nxMaillous tiennent plus au style et aux dessins de Jules Romain. ]N° i5g. ( Voyez aussi le n° 466. ) Des Feuillantines. Deux emaux, executes par Leonard de Limoges, d’apres les dessins de Jannet, celebre peinlre de por- trait de ce temps , representant saint Pierre et saint Paul. Latete de ce deruier est le profil de Francois I er , et l’autre le portrait de face de l amiral Chabot. On peut pr&umer que le reste des douze apötres qui manquent reprdsentait les personnages les plus distinguös de la cour de Henri II. N° 540. Portiques du cbaieau d’Artet, executes sur les des- 20 6 M O N U M E N S sins de Philibert de Lorme, orne’s de sculptures de Gou- geon, servant d’entree ä la salle d'introduction , et for- mant l’ensemble de la premiere cour de ce Musee. L’origine du chäteau d’Auet, situe au bord de l’Eure, est fort ancienne. Une charte, dalde de 1169, nous apprend que Simon d ’Anet, alors seigneur de ce bourg, donna la pa- ! roisse de Rouvres, situde ä cinq kilometres en-de tenu des morc.eaux prdcieux qui avaient dtd veudus des les premieres'dpoques de la revolulion. Ces ddbris, appartenans au tombeau de Diane de Poitiers, m’ont servi ä la compo- sition de ce monument, que j’ai restaure , en reunissaut dans son ensemble dlflerens' morceaux prdcieux qui representent cette femme cdlebre , öu qui ont des rapports avec son liis- toire. ( Voyez la description du monument, u” 4 66 .) J’ai obtenu aussi des bronzes de Gougeon, qui ddcoraient i’une des portes du chäteau ; ils seront employes daus les archi- voltes des deux autres porliques de la cour; deux portrails mosaiques et un groupe complet de marbre, de la main de l’auteur de la fontaine des Innocens , representant Diane chasseresse , appuyde sur un cerf , et accompagnde de ses deux chiens, Procion et Syrius. J'ai fait restaurer ce groupe magnifique, que des malveillans avaient brisd , et dout les ddbris avaient dtd transportds ä cinquante kilometres au-delä, par le citoyen Beauvallet: placd dans le jardin Elysde, 011 peut juger de sa magmficence et de la beaute de la sculpture. ( Voyez le n° 467- ) Cour du seizieme siecle. i° Le principal portique , 1 ornd de reliefs de Jean Gou- 1 L’acquisition, la depose , le transport par terre el la restauration de ce beau portique tel qu’on le voit aujourd’bui, coütent en tota- litd 2 i, 3 i 2 fr. 74 cent. , sur laquelle j’ai payd par echange, et Sans botirse ddlier, uu ä cotupte de 14^087 fr, 3 i cent, Ces miSmoires ont DU SElZlEME SiECLE. 20t) geon, sert de fahnde a la porte d’entree de la salle d’intro- ductiou, ainsi que je l’ai exposd plus haut, et dans mon rap- port sur le chateau d’Anet. 2 ° Des murs lisses, garnis siin- plement de pilastres, et ornds de uiches, viendront, de cha- que cotd , rejoindre deux autres porliques Couverts , cons- truits avec les meines colonnes du chateau d’Anet; les Frises et les bas-reliefs de Gougeon seront placdes dans ies archivol- tes, ainsi qu’ils avaient dtd disposes par Philibert de Lortne. S 3 Uue parlie circulaire viendra rejoindre Jes deux porti- gues, qui laisseront voir une avenue d’arbres, conduisaut ä im ajuslement d’architeclure forrnant portique, et qui, de- corde par une colonnade rdguliere et ä jour, laissera voir, de la porte d’entree du Musee donnant sur la rue, le jardin Elysde; ce qui produira une perspective agrdable, comnie on peut le juger par le dessin que j’ai preseutd au ministre, et que j’ai fait graver. Cette cour, ainsi decorde, et servant d'entrdeau Musde historique de la France, m’a paru devoir etre consacrde ä la memoire des arlistes et des hotnrnes qui ont illustrd la natiou f'rancaise; ce qui m’a ddtennind ä pla- cer, en avant de la portion circulaire, une colonne corin- thienne surmontee d’une Renommee , sur iaqnelle je ferai graver l’inscription suivante : a la biemoire des iiobimes Celebres en raANCE. Leurs bustes garniront ies dix-neuf niches quf composent la ddcoration entiere de la cour. De la verdure et des arbres feront ies fonds du bätiment, et laisseront eucore des percds propres ä rnultiplier les points de vue. La corniche du premier ordre du grand portique circu- lera autour de la cour , et couronnera toute i’architecture , ainsi qu’elle dtait disposde ä Anet. J’ai achetd, du consenlement du ministre, au cit. Honord, propridtaire ä Ecouen , six colonnes canneldes , avec leurs chapiteaux et leurs bases; deux plafondsarabesques magni- fiquementsculptds,des frises et des bas-reliefs provenant de l’ancien pdristile du chateau d’Ecouen , pour cotnposer et ajuster la porte d’entrde du Musde donnant sur la rue des Petits-Augustins. Ces beaux monumens, de la composition de Jean Bullant, architecte ceiebre, qui ilorissait en i54o, ont dtd payes 5oo fraucs. i!t^ appvouv^s par le ministre , qui n’a eu 5 payer reellement, pour cette gcande Operation, qu’une souame de 6,425 fr. 48 cent. z 4 210 MONUMENS ]N° 467- Du mente Heu. Un groupe, en marbre blanc , representant Diane appuyee sur un cerf, et accompagne'e de ses chiens Procion et Syrius , pose' sur une espece de vaisseau aussi de marbre, orne d’ecrevisses, de crabes, de cliilTres de Diane et de Henri, et des emblemes les plus galans; le tout compose, execute avec beaucoup de recherches et de talens. Ce vaisseau btait groupe de quatre ldvriers en bronzequi ont dtb fondus , (je les retablirai) portds par un support en marbre blanc, ornds de peiites arcades que j’ai ddcordes de peliles tetes de lion en bronze, archetypbes sur des modeles de Gougeon. Un dessin vigoureux et du plus grand style, et une exe- cution ferme concourent a l’eusemble de ce morceau magui- fique que i’on croit du ciseau de Jean Gougeon, qui i’avait compose pour servil - de lonlaine dans le parc de Diane da Poitiers a Anet. N° 468. Du mente lieu. Deux archivoltes representant deux nymphes por- tant des torches, executees en bronze par Jean Gougeon , placees aux portiques de la premiere cour. ( Voyez le n° 54 o.) N° 469. Monument erige a Philibert de Lorme, architecte ceiebre, ne ä Lyon dans le commencement du seizieme siede, et mort en 1670, apres avoir laisse des monu- mens d’archiiecLure fort eslimes , et un ouvrage sur la pratique de son arL et sur la coupe des charpentes. 1 1 J’ai compose ce monumem avec des bas-reliefs de Gougeon son ami. Ün voil son porlrait en mödaiilon dans le milieu du monument. DU SEIZIiiME SIECLE. N° 160. 2a Des Graiids-jdugustins. Monument erige ä Gui du Faur , seigneur de Pi- brac, president ä monier du parlement de Paris, mort en i586, äge de soixante ans, avec un marbre sur le- cjuel est grave 1 abrege de sa \ie en latin , et de ses qua- trains en vers francais. Je rapporte ici Tun et l’autre. EPITAPHE. T V M U L V S VidiFabri Pib RACH II. H'ic tegintur cineres tantum , et ossa Vidi Fcibri Pibra- ehii : nomen ejus, virtusque spirat in ore et admiratione populorum omnium, quos non soliim orbis christianus, sed oriens, et intinia Scy tharuni ora vidit : genus illi ä slirpe veterum Fabronum, cjuce neminem habuit , in tcun longa Serie annorum plus quam trecentoruni, qui non aut ex or- dine. Senat nun in toga illustris, aut inter fortes rei militaris ac belliccv glorid jamdque. insignis fue.rit; ipse qui nasci ab ill;s fortuitam neque ultra duxit, cum per omnes ire.t dignitatum et bonorum g’adus , tribunal emptum nummario precio nec insedit. nee appetivit unquarn; virtute non censu, meritoruni cestimatione , non divitiarum magnitudine ratus censeri mumis . et religimiem judicantium. Sub Carola IX pTimum m: preetura T'dosana accitus in urbem et missus Tridentum ? qu'n tum sanandis .jörmandisque rebus Ecclesice adversus Jurentem impietatem sectariorum convenerant secta Regnorum et Provmciarum nominis christiani lumina) sic re.nuntiavit summam imperates legationis /sic Gallici nominis prccrogativam, Regisque. sui jus , ac dignitatemjandi prudmtiä et ubertate. assexuit, ut cum gratice causa nihil diceret. omnia tarnen essent illic omnibus grata quee dice - ret : illinc reversum, non in prioris prnvincicp preetura et magistratu otium, sed altior honos ad negotia traxit. evec - tum ad regicc advocationis munus in augjsliore. et primario Gallice totius senatu, ubi ciim auctiorfama virtutum in-dies cresceret et triumpharet ejus oratio , raptus est velut in selectiorem et sanctiorem illorum ordinem, qui arcana regni et tacitas principis meditationes cognoscit ac regit, et mosc, 212 MONUMENS deinde Henrico III quem tune Pnloni publico , solemni , comitiorurn ordinumque regm sui decreto regem sibi remen- tiara. it, datus omnium auctor ac princeps consiliorum , quee sic temperavit arte, judicio , sapientiaque , ut brevi praeter spem omnium, in tanla rerum dijjicultate avito eum Gallia- rum regno tuendo rursus incolumem et salvum reddiderit; et queereutes nihilominus per secessionem Polonicv prnceres, cui se., regnique jura permitterent , aliquandiu interim in prioris sacramenti flde et regis obsequio continuent; tüm bis perfunctum; et redditum sibi excepit rursum senatus , sed inter preesides suos , otiumquefecit, in quo patriis ver- bis tetrasticis numeris ea suis vitce prcecepta cemposuit, quee propter eximiam vim sapientice populorum omnium ser- mone versa teruntur, non . ine prcecipua autons sui apud Turcas . etiam et Barbaros veneratione. Ad extremum quo- que Francisco Henrici regis fratri minori, quem inferioris Germania' populi ducem , ac principem sibi dixerant , a rege queestor sacri palatii , et cancellarius sero missus ( qui e rebus jam desperatis ac pene eversis ) cum inde redisset, morbo diem suum glorios plenus feliciter clausit an. x584» a. maii. QUATRAINS. Dien tout premier, puis pere et mere, honore., Sois juste et droit, et en toute saison; De Vinnocent prends en main la raison, Car Dieu te doit lä haut juger encore. Heureux qui met en Dieu son espe'rance, Et qui l’invoque en sa prosperite Autant ou plus qu’en son adversite , Et ne seße en humaine assurance. II est permis souhaiter un bon prince ; Mais tel quil est, il le convient porter; Car il vaut mieux un tyran supporter, Que de troubler la paix de la province. Songe long-tems avant que de promettre; Mais si tu as queligie cliose promis, Quoi que ce soit, et fust-ce aux ennemis , De l'accomplir en devoir tefaut mettie. Gui du Faur fut d^pute aux Etats d’Orl^ans en i56o ; Charles IX lui donna ensuite le titre d’ambassadeur au Con- cile de Trente. S'etaut distingud daus plusieurs occasions, le DU SEIZIEME SIECLE. 210 chancelier de Lhospiial Ie fit noninier avocat gdndral au parlernent de Paris eil 1 565. Aprds s'elre montrd avec dclat, ll smvit ie duc d’Anjou eil Pologne , et rdpondit pour Ini dans Ie; harangues. Ce prince lache, fujanl secrelement de Ja Pologne, et abandonnant ses sujets, laissa Pibracä Cra- covie, qui fulexpose ä la furetir des Polonais , qui voulaient se venger sur lui de la fnite du duc d’Anjou. N° 4?°. Du chdteau d’ylnet. Un bas-relief, en pierre de Vernon, representant 1’adoralion des lYIages. Ce monument, d un style agrdable , avait dtd exdcutd pour Tantel de la chapelle d’Änetj il a dtd rnulild avec acharne- ment; enfin , je Tai acquis pour l'enlever des maius de la deslruction : on le destinait ä servir de palier ä une porle. ( Voyez le tombeau de Villiers TIsle-Adam, n° 447 .) N° 54 i. Du village de Ckamouteux. La Statue du chancelier de Lhospital, pose'e sur un cenotaphe , dans lequel j’ai introduit un bas-relief en marbre , representant le jugement de Salomon , alle'- gorie qui rn’a paru applicable ä ce vertueux magislrat. z On voit dans Tarriere corps du monument, le buste, en marbre, de Michel Hnrault son fils, que j’ai accompagnd de deux gdnies en albätre, sculplds par Germain Pilon, et achetes des demolitions de Saint-Andre-des-Arcs. N° 542. Du chdteau de Gailion. Une cuvette , de forme antique, et son pied , en marbre blaue , decoree d’arabesques , de mascarons et des ornemens les plus pre’cieux. ’ Ce beau bas-relief appartenait ä un artiste 47- Le buste, en albatre, de Henri IIj par Germain Pilon. 548. Le buste, en marbre, enchasse dans des vetemens en albdtre colore ? de Charles. IX; par le meine. DU S EIZIEME SIECLE. 2loq MONUMENS La premiere , qui est en latin , est du Pere Lallemand, chanoine regulier de Sainte-Genevieve ; la seconde, en Iran- gais, est de Gaspard Fieubet, conseiller d’etat, mort en i6g4- Renatus Descartms , Vir suprä titulos omnium retro Philosophorum, nobilis genere, Armoricus geilte, Turonicus origine. In Gallia , Flexice studuit; In Pannoniä miles meruit; In Batavia philosophus delituit ; In Sueciä vocatus occubuit. Tanti viri pretiosas reliquias Galliarum percelebris tune legatus Petrus Chanut, Christines Sapientissimce Regince, sapientium Amatrici, invidere non potuit JV ec vindicare patrice , sed quibus lieuit Cumulatus honoribus pregrinoe terrce , Mandavit invitus. Anno domini i65o , mens, Febr. IQ, cetatis 154< Tandem post se.ptem et decem annos In gratiam ciiristianissimi Regis Ludovici decimi quarti Vironun insignium cultoris Et remuneratoris, procurante Petro D a l i b e r t. Sepulchri pio et amico violatore Patrice reddita sunt ; Et in isto urbis et artium culmine Positce : Ut qui vivus apud exteros otium Et famam queesierat, mortuus Apud suos cum laude quiesceret, suis Et exteris in exemplum Et documentum futurus. 1 nunc, Viator, Et divinitatis , immortahtatisque animee Maximum et darum assertorem , aut jam Crede felicem, aut precibus redde. Jlesoarfes , dont tu vois ici la sepulture , A dessille les yeux des aveugles morteis ; Et gardant le respect que l’on doit aux autels , Leur a du Monde eutier ddmontrd la structure. Son nom par mille ecrits se rendit gloneux ; Son esprit mesurant ct la terre et ies cieux , En pen^fra l’abyme, cu per£a los nuages; Opendant corame un autre il cfcde aux lois du sort ^ Lui qui vivrait autant que ses divins ouvrages, Si le sage pouvait s’afFranchir de la tuoct. Dix-sept ansapres la mort (le Descartes, ses ossemensei; ses cendres furent transporl.es en France par son ami Dali- bert, trdsorier de France. N° 1 S 1 . Des Minimes. Statue, ä genoux, en marbre blanc, de Madeleine Marcliand, femme du president Lejay de Tilly, morte en i65o. N° 182. Du meine lieu. Statue couche'e, de Charles de Yalois, duc d’Angou- lerae, comte d’Auvergne, fils natur; 1 de Charles IX et de Marie Touchet , fille du lieutenant particulier au presidial d’Orleans. Marie Touchet öpousa depuis Francois de Balzac, Seigneur d’Fjntragues, dont eile eut Henriette de Balzac, l’une des maitresses d’Henri IY. Charles de Valois lut successivement grand prieur de France, comte d’Auvergne et duc d’Angouleme ; il mourut en i65o. N° i83. Des Celestins. Groupe, en marbre blanc, repre'sentant Henri Cha- bot, duc de Rohan, mort en i655, age de 3g ans. Il etait parent de Philippe Chabot. Anguier, auteur de ce groupe, a reprAentd ce persounage mourant, soutenu par deux Gdnies, 202 M 0 N U M E N S ; % : n ° 184. De Saint-Nicolas du-Chardonnet. Monument erige ä Jerome Bignon, conseiller d’e’tat, mort' en 1 656 . Bignon , par son esprit, par son savoir et par sa probitd, a 6l6 l’admiration de son siecle; ce qui est parfaitement ex- prime par i’inscription suivante , placee au bas de son busle, executd en marbre par Anguier. Hieronymus Bignon, Sui sceculi amor, decus , Exemplurn, miraculum. Les deux Vertus , en pierre de Tonnerre, assises sur un cenbtaphe, represenlant, i’une la Jnstice, et l’autre ia Tem-. pdrance, sont aussi d’Anguier. Le bas-relief, de meine mutiere , represenlant saint Jerome , que j’ai placd dans le sou^ bassement du tombeau, est de Girardon. N° i 85 . Des Minimes. J_ies statues, en marbre blanc , du duc et de la du- chesse de la Vieuvil’e , repre'sentes ä genoux ; par Gilles Guerin. On voitdansle socle deux bas-relicfs represen- tant des enfans en pleurs , portant leur ecusson; par l’Espingola. La Vieuville , alors surintendant des finances, employa tout son crddil pour faire monier Richelieu au suprerne pou- voir; celurici s’en servit pour dcraser le surintendant. N° 186. Des Feuillans. Statue, en marbre blanc, de Charles de Roslaing fils de Tristan, mort en 1660. Du College Mazarin. Le mauSolee de Jules Mazarin, Cardinal , raort en 1661 , en marbre blanc : on y voit ce Cardinal repre- senle' ä genoux; derriere lui un Genie portant un fais- ceau d’armes : le tout pose sur un cenotaphe en marbre portor. La base est de marbre blanc veine, sur laquelle sont assises trois figures de bronze, de 6 pieds de nro- portion, representant, 1’u‘ne la Eidelite , une autre la Prudence, ct la troisieme l’Abondance. Ce monument, que beauconp de Connaisseurs preferent, ponr l’exdcution, ä celui de Richelieu, est entierement du ciseau de Coyzevox. N° 188. Des Jesuit es, rue Saint-Antoine. Monument e’rige a la me'moire de Henri de Bourbon Conde, par Perrault, president ä la Chambre des comp- tes cn i 665 . Ce monument est composd de cjuatre figures assises , re- prdsentant Ja Foi, la Prudence , la Religion et la Charild; de quatorze bas-reliefs representant des sujets de rAncien Testament , allegoriques anx principales actions de Henri de Conde , et de deux Gdnies, l’un tenant une dp de , et l'autre une table, sur laquelle est une inseription; le tout en bronze , executd sur les dessins et les modeles de Sarrasin , et jeles en l'onte par Perlan et Duval. Ce monument, qui vient d’etre rdlabli sur mes dessins , excita l’admiration du cavalier Beruin, lors de son sdjour 4 Paris. J’ai fait monier les beaux bas-reliefs de ce mausolee, dont on voit plusieurs modeles dans la galerie du dix-sep- tieme siede, sous le n° 473. Extrait des registres des deliberations de la cömmission exe- ■ cutive de lmstruction publique, du 10 Jructidar, an III de la re'publique Jranqaise , une et indivisible. Arlicle II. Le citoycn Lenoir est autorise ä faire monier 234 M O N U M E N S les bas-reliefs et les statues qui sont dans le Musde qu’il di- lige. II surveillera lui-merae celte Operation. Signe le commissaire Ginguene. N° 4 7 5 . Archetypes des bas-reliefs de Sarrasin, decrits sous le n° 188. N° 18g. Du Pont-au-Change. Statue en bronze et en pied , d’Anne d’Autriche , morte en 1666; executee par Guillain. N° 474. Du me me lieu. Statue en pied et en bronze, de Louis XIV enfant; et deux grands bas - reliefs en pierre de liais, repre- sentant des groupes d’esclaves et des trophees de guerre, provenant du meme monument; par Guillain. Ces qualre pieces faisaient partie du beau monument que l’on admirait autrefois au bas du Pont-au-Change, et qui sera incessamment restaurd; on y lisait cette inscription : Ce. pont a e'td commence' le 19 septembre i 63 g, du glo- rieux regne de Louis le Juste, et achevd le 20 d’octobre 1647, rdgnant Louis XIV, sous l’heureuse re'gence de la reine Anne d'Autriche, sa mere. N° igo. De Saint-Eustache. Un grand bas-relief en marbre , representant Hm- mortalite soutenant le medaillon de Marin Cureau de la Chambre, me'decin ordinaire de Louis XIV, et raem' bre de l’academie francaise, mort en i 66 g, ä 7 5 ans» Ce morceau , bien composd, a dtd exdcutdpar Tuby, d’a- pres les dessins du cavalier Beruh]. N° igi. De Saint-Jean-de-Latran. Monument erige ä Jacques de Souvre'-Courlenvaux, commandeur de Malte, mort en 1670. Un groupe en marbre blanc, reprdsenlant ce commandeur ä larlicle de la mort, et coucbe pres d’un enfant en pleurs, qui le souleve avec peine ; expression parfaitement rendue. Deüx carialides, en pierre de liais , soutiennent un cenolapiie pose sur quatre tetes de lions qui couronuent une frise d’un beau travail. Ce monument, prdcieux pour son ex£cution , est de Michel Anguier, et a dte compose lei qu’on le voit aujourd’hui par la rdunion de plusieurs debris de la meine main. Jacques Souvrd , recu Chevalier de Malte ä l äge de 5 ans T se dislingua au sidge de Casal , en i 63 o, puis il cornmanda les galeres de France au siege de Porto-Longone : il y acquit beaucqup de gloire. Chargd, par son Ordre, d’ambassades ordinaires et extraordinaires aupres de Louis XIV, il s’en acquilta avec succes. Il fut nommd grand prieur de France en 1667. Apres avoir soulenu ce caractere avec beaucoup d dclat, il mourut en 1670, ägd de 70 ans. Il avait fait balir le superbe hötel du Temple, pour la demeure ordiuaire des grands prieurs de France. N° IQ2. j Des Celestins. Statue, en marbre blanc, de Rene' Potier , duc de Tresmes, represcnle ä genoux , arme de sa cuirasse , mort en 1670, äge de g 3 ans. On aMribue cette statue 3 Anguier. a36 MONUMENS K° 193- De Saint- AndrS-des-Ares. Un grand bas - relief consacre a la memoire d’Anne- Marie Martinozi, princesse de Conli, morte en .1672, dgee de 35 ans, consistant en une belle figure de rnar- bre blanc, ä demi-bosse, accompagne'e des altributs qui designent la Foi, lEsperance et la Charite, vertus caracteristiques de cette princesse. Ce monument, drigd par ses deux fils, a ^te executd par Girardon. On remarque de cliaque cötd une branche de cy- pres, prdeieuse pour la delicatesse du Iravail. A Tage de ig ans, pendant la famine de 1606 , eile vendit toutes ses pieneries pour nourrir les pauvres du Berri, de Ja Champagne et de la Picardie. Elle lestitua tous les biens dont lacquisition lui dtait supecte, jusqu’ä la somine de liuit Cent mille livres , etc. N° 194. De Saint-Germain-des-Pres. Tombeau de Jean Casimir V, roi de Pologne, mort en 1672. Balthasar Marsy a reprdsentd ce prince ä genoux, abdi- quant sa couronne , et revetu des liabits du rulte. Le bas- relief que l’on voit dans le sonbassement du tombeau , re- prdsente une bataille donnee en 1661, par le meine Casimir, contre les Moscovites en Litliuanie. Ce roi, venu en Erance en 1667, y bil accueilli par Louis XIV, qui lui donna l’abbaye de Saint-Germain-des-Pres et autres benehees ; il mtwirut ä Nevers en 1672. Ce bas-relief a 616 foudu en plomb sur le modele de Thi- baut, frere convers du couveul. In 0 iq5. 1 1 Le monument de Turenne , qui £tait ä Saint-Denis , que j’ai sauvd de la destruction , ct que l’on a vu dans ce Musde pendant cinq ans, a lransporl£ au temple de Mars le I er vend^miaire an IX; par an eie des consuls. ( Voyez dans ce voluine Je n° 5 ji. ) v DU DIX-SEPTIEME SIECLE. zZj K° 475- De Cluny. Monument de Frederic-Maurice de Bouillon, frere du grund Tu renne. 1 Les administrnleurs-du departement de laCote-d’Or, apres avoir annoncd au minislre de l’Inlfh-ieur qu’il exis- tait dans le diäteau de Cluny un monumenl magnifique en marbre, ont inviid ce minislre ä faire Iransporter ä Paris, pour le Musde des monumens franfais , ce inausolee qui avait ete erigd ä Frederic-Maurice de Bouillon , frere du mardchal de Turenue : il est encore ä Cluny. N° 196. De Saint- Gerniaind’Muxerrois. Statue, en marbre, d’Etienne d’Aligre, garde des sceaux en 1672, represente ä genoux, mort en 1677, äge de 85 ans ; par Anguier. K° 197. De Saint-Nicolasdu-Chardonnet. Monument enge par Charles Lebrun ä sa mere. II a ete execule sur ses dessins, par Tuby et Collignon. La mere de ce peinlre esl representde par une figure en marbre, qui sort du tombeau au son d’une Irompelte embuu- cliee par un ange. Celle figure , d'une expression admirable, inarque parfai- temeut 1 avidile qn’ell’ a de jouir de la gloire cdleste. Elle est due au talenl de Collignon; fange est de Tuby. N° 198. Du Calvaire du Marals. Un petit monumenl, en marbre blaue, representant 1 J’ai publie une description de ce beau monumenl dans mes pr£- «ödentes tfditions, et j’en doanerai la grayure dans mon ouyrage iu-8°. M O N U M E N S 238 la Force, qul tient un coeur ä Ia maln , eleve ä Paul de Gondi, Cardinal de Retz, en 1679; par Girardon. N ° * 99 - De Saint ■ Germain-VjLuxerrois. Monument erige ä Henriette Selincart, femme d’Is- rael Sylveslre, graveur celebre, morte en 1680. Charles Lebrun , ä qui cette femme etait chere, l’a peinte ä l’article de ]a movt, sur un fond de marbre noir. J'ai com- posd ce monument tel qu’011 le voit aujourd’hui dans ce Mu- sde. Le mddaiüon etait originairememt atlachd ä un pilier, sans autre ornement. N° 200. De Saint-Eustache. Monument erige’ ä Jean - Baptiste Colbert, ministre d’Etat, mort en i 685 , qui ä juste titre avait obtenu le surnom de Mecene francais. Ce ministre , reprdsenle ä genoux , en marbre blanc , de grandeur naturelle , revetn des habits de l’ordre du Saint- Esprit, est de l’ex^culion de Coyzevox La figure de l’Abou- dance , qui l’accompagne , est aussi du ciseau de cet artiste. La Fid^lite, qui est placde de i’autre cotd , est attribuee a Tubv, ainsi qu’uu äuge qui portait un livre. Cet ange a ete detruit par les malveitlans. N° 200 bis. Le buste, en marbre, du meme Colbert; par Coy- zevox. J’ai achete ce buste au citoyen Dumon. 1N° 201. De Saint-Germain-des-Pres. Deux statues de femmcs, de grandeur naturelle, pro- DU DIX-SEPTIEME SliiCLE. 289 venant du lombeau des Castellans, dont eiles tiennent lesbustes, executees par Girardon, posees en i685. Le reste du tombeau a eLe brise. N° 202. Des Petits-Peres. Monument e'rigeä Jean-BaptisteLulli, morten 1687, execute par Cotton. Cemonuinent est compose d’un cdnotaphe de marbrenoir, aupres dutjuel sont adossdes deux femmes dplorees. Deux Genies en pjeurs dlevent la composition , et sont groupds au bas du buste en bronze de’ ce musicien celebre. Cotton dtait dleve d’Anguier. IN 0 203. De Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Monument en marbre, erige ä Charles Lebrun , peintre de l’e'cole francaise, ne ä Paris en 1619, et mort en 1690, par Suzanne Butaj sa femme. Ce monument, exdculd par Coyzevox son ami, est d'une composition simple et noble. Devant une pyramide qui s’d- leve tres-haut, on voit le busle de Lebrun , montd sur un soubassement ejui renferme son dpitaphe. D’un cold on re- marque la Pidld qui porte ses regards vers ce buste, et de 1’aulre la Peinture affligee. Coyzevoz a ddploye dans cette figure tous les moyens de son art. II a su rdunir la grace et la noblesse ä la sensibilild la plus profonde ; sentiment qui contraste parfaitement avec l’expression froide et sdvere de la Pietd , qu’il a rendue avec un mdrite aussi dislingue. Je rapporteici son dpitaphe teile qu'on la vqyait autrefois. Elle a ete mutilde par des inalveillans, et il in’a eie impos- sible de la faire restaurer entierement. ■ A LA MEMOIRE DE CHARLES LEBRUN, Ecuyer. sieur de Thionville, premier peintre du roi, di- ' recteur des manujaetwres royales des Gobelins, directeur chancelier de l'academie royale de peinture et de sculptui-e. MONUMENS 2<4o Son genie vaste et supdrieur le mit en peu de temps au- dessus de tous les peinirres de son siecle. Cefut Ini quiforma la ce’lebre academie. de peinture et de sculpture que Louis le, Grand a depuis honore'e de sa royale protection , qui a Jburni des peintres et des sculpteurs a tonte l’Europe, oü eile a toujours tenu le premier rang. L’ academie de. dessin de cette superbe Rome , qui ava.it eu jusqu ä present l’ avantage. des beaux-arts sur toutes les au- tres nations, le reconnu t pour son prince en 1676 et 1677. Ce sont ses dessins qui ont repandu le bon goüt dans tous les arts , et sous sa direction lesfiameuses ni(iniifdctures des Gobelins ont Jburni les plus pre'cieux meubles et les plus magnifiques ornemens des maisons royales. Pour marque eternelle de son mdrite. Louis le Grand le fit son premier peintre, lui donna des lettres authentiques de noblesse, et le combla de ses bienjciits. li est ne ä Paris, le 2,2. de mars 1619, et y est mort dans le sein de lapiete, le 12 fevrier 1Ö90. SuzanneButay, sa veuve, apres avoir e'leve! ä son illustre e'poux ce monument de sön estime et de sa reconnaissance, l'a rejoint dans le tombeau le 26 juin 1699. N° 20/,. Des Feuillans. Statue, en marbre blanc, de Tristan de Rostaing, cbevalier des ordres, mort en 1691. N° 2 o 5 . Des Capucines. Un groupe de marbre blanc, seuipte' par Girardon, represenlant Francois-Michel Leleilier , rnarquis de Louvois , ministre dEtat, mort en rßgi. LTIistoire, figuree par une femme qui tient un livre ouvert, sem- b!e lourner ses yeux mouiiles de larmes vers Louvois, cn lui moulrant ie passage de* ce livre oü ses operations dans IcPalatinat sont rapportees. On voitau bas de ce monument deux stafues en bronze , l’une represenlant la Sagesse, par Girardon; et I'autre repre- BU DIX-SEpTIEME SIECLE. 24t sei)tant la Vigilance, par Desjardins. Le bas-relief placd dans le soubassement representant le Christ an tombeau, par Girardon; il dtait place sur le maitre-aulel de la cha- pelle oh dtait drige ce monument, qui vient d'etre rendu au culte. N° 206. De Sain t-jlndrd- des-yd res . Un grand bas-relief representant Minerve appuyee d’une main sur un lion , et tenant de l’autre le me- daillon de Francois-Louis de Bourbon, prince de Conti, mort en 170g, execute par Girardon. IN 0 207. Des Celestins. La pyramide de Longueville, ä quatre faces , de marbre noir, oü sont incrustes cn marbre blaue des bas-reliefs allegoriques aux Sciences, aux arts libe’raux et ä la guerre. Hauteur, treize pieds huit pouces; face de la base de la pyramide, deux pieds deux pouces. Deux bas-reliefs en bronze dord, placds dans le piedestal de la pyramide , l'un representant la bataille de Senlis, et l’autre les secours accordds ä la ville d’Arques. On appercoit sur ce dernier, Henri IV ä cheval. Quatre autres pelits bas-reliefs en marbre blaue, prove- nant du meine monument, representant f Abondauce , la Justice , Ja Force, sous l’embleme d'uu combat eutre un iiou et un ours, et la Prudence par une tele alldgorique ä deux faces. Les quatre angles du piedestal sont acoinpagnes de fi- gures representant la Force, la Justice, la Tempdrauce et la Prudence : le tout par Michel Auguier. Ce monument, dlevd ä la memoire de Henri I er , duc de Longueville, mort en i5go, a dtd termind par ordre d’Anne- Genevieve de Bourbon, duchesse de Longueville, ejui le fit servir de mausolde pour Henri II, duc de Longueville, fÜ 3 du prdeddent, et son mari, mort en i663. ( Pour plus de renseigneraeus sur ce monument , voyez Millin, toine III.) 2 .^ 2 . »IONUMENS N° 208. Monument eleve avec les debris que j’ai recueillis de celui de la place des Victoires. Les bas-reliefs qui ornent Ie pi^destal, composes et ex&s eutds par Desjardins , repr^sentent Je traitd de la France avec l’Espagne, en 1662; la conquete de la Franche-Comte en 1668 , le passage du Rhin eu 1672, et la paix de Nime- gue en 1678. La slatue que l’on voit sur la colonne que j’ai fait poser sur ce piddestal, est de bronze; eile reprdsente l’Abondance et l’Iigalitd. N° 209. De la Municipalitd de la Rochesur-Seine. Statue, en marbre, de Tun des Silly. II est repr&enld ä genoux devant un prie-dieu, sur lequel est pos6 un de ses enlans nouveau-ne. Ce nionument est un ex-voto. II a dtd sauvd de la destruction par le citoyen l’Es- trade, vieillard respectable et maire de sa commune , auquel 011 a voulu faire perdre la vie pour celte bonne action. W° 210. Des Invalides. Une statue colossale, en marbre blanc, execute'e par Coyzevox, representant Charlemagne. ]\° 211. Du me me Heu. Une statue colossale, en marbre blanc, exe’cutee par Coustou, representant Louis IX. N° 212. Louis XLV ä clieval, modele en bronze de la statue qui se voyait ä la place Vendöme, execute' par Girardon. DU DIX-S E P T IK j\l E SIECLE. 2 ^ On voil sur un socle le statue, fondue en 1792. X° 21 5 . De Notre-Dame. Statue, en marbre blanc, de Louis XIV; par Coy- zevox. X° 214. Statue, enpied, de Louis XIV, exe'cule'e en marbre par Michel Anguier. Pour sacrifier an gout de son temps , cet arlisle a blessö les convenances du costume , en donnant ä son lieros un vetement romain. Getle remarque peilt s’dtendre sur une multitude de peinlres et de scuipteurs ses conleinpornins , qui, comme iui, 011t aflaibli Jeurs ouvrages par de sembla- bles flagorneries. Cette statue est d’uii travail tres-soigne , et preeieuse dans ses delails. N° 476. Du Palais-Bourbon. Groupe , en marbre blanc, par Sarrasin , represen- tant Louis XIY jeune, foulant aux pieds la Fronde-, represente'e par un soldat renverse, dont la lance est brisee, et ajant son casque surmonte d un rat. Voici rhistorique de cette statue que l’on avait enterree dans les caves du Palais - Bourbon, et qui m'a dtd remise lorsqu’on y a ötabli le conseil des cinq-cents. Le prevot des marchands et les eclievius öleverent sur un piödestal , dans la cour de l’hotel de ville de Paris, Ja statue de Louis XIV, qu’ils avaient fait sculpter par Sarra- sin, et se rendirent en cdrdinonie, le a 3 juin 1654, la veille de la Saint-Jean, en prdsence de la statue. Ils eurentsoin de prendre un jour de rejouissance publique, pour ne pas an- noncer une fete commandee. Le peuple, enco-re möconient, et enclin aux soulevemens, ne l’eüt probablement pas goütee. La statue fut ölevöe une detni-heure avant d’allumer le feu. pied gauche original de cette 2 44 M O N U M E N S Louis XIV est reprdsenlb habil 16 en romaiu, foulant ln Fronde , et la raontrant vaincue avec le bälon de comman- demeut qu’il lient ä la main. Celle ligure resta en place jusqu’au 3o janvier 1687. Gelte annee Louis XIV vint diner ä l’holel de ville un jour de rejouissance publique, et dit en enlrant dans la cour : Otez cette, Jigure; e.lle. n est plus de saison. De Fourcy eLait alors prdvöt des marchands. La nuit nierae on ota la statue; eile lut portee ä Chessy, dans la maison de Campagne de M. de Fourcy, qui la ÜL dlever dans ses jardins. Quelqne temps apres la maison de Condd üt faire l’acquisition de ce monu- ment, et, pour le derober a la connaissance du public, eile ie fit enterrer dans les caves de son palais. Le 14 juillet 168g , deux ans apres, on dleva dans la cour de l'hötel de ville, ä la place de la statue dont je viens de parier, celle en pied et en brouze de Louis XlV, faite par Coyzevox, que la revolution a fait fondre en 1792, et dont on voit le modele dans le Musde , sous le 11° 340. On remar- quait ä cöle de la statue, les medaillons en brouze de M. de Fourcy et de M. de Gesvres , gouverneur de Paris. Je viens d'acheter au citoyen Vallin , marbrier , deux mö- daillons en marbre , par Coyzevox , representant Louis XIV et M. de Fourcy, qui faisaient partie de ce monument. La statue dont je viens de parier, n'est interessante que sous le rapport liistorique ; je la regarde cointne iudigne du ciseau de son auteur. N° 215. De Saint-Benoit. ’ Un groupe, en terre j:uite, representant la Trinite, que Ton croit avoir eie execule en i63o, par Dupre. L’abbe Dinouart, voulant personnifier le Verbe , fit ajou- ter la colombe que l’on voit sortir de la bouche du Pere- Eteniel. N° 477. De la Forle Saint-Antoine. Deux stalues, plus fbrtes que le naturel, execule'es eit pierre de liais, par Michel Anguier, representant la Force et l’Esperance. K° 2 i 8. (liendu au culte.) 245 DU DIX-SEPTIEME SIKCLE. N° 220. ( Vojez le n° 449 ’ ) K° 223. Du Val-de-Grace. Un groupe , en marbrc klanc, compose de tröis fi- gures representant la ISativiLe du Christ, execute par .Anguier. Cet artiste , souvent empIoje dans les monumens pnblics drigds de son ternps , a luit uu chef-d’oeuvre dans la figure du Christ, quil a reprdsente endormi. N° 22g. ( Kendu au culte. ) W° 23 r. ( Kendu au culte.') IN' 0 232. De Saint-Gervais. Monument urige ä Michel Letellier, chanceiier, mort Ie 5 o oclobre iG 85 , age de 83 ans. On voit unsarcophage en marbre noir, sur lequel est cnu- chde la figure de ce chaucelierj la Religion et la Force, d« grandeur naturelle, accompagnent ce monumeut , executc par Pierre Mazeüne et Simon Hurtrelle. Le bas-relief en bronze qui orne le support du sarcophage, representant saint Charles gudrissant des pestildrds , est de - * Girardon, ainsi cpie les cleux tetes aussi de bronze, qui de- corent les deux autres piedestaux. N° 234. Statue, en marbre hlanc, de six pied's de proporliön,. representant la Religion , executee par Girardon. N os 220, 228, 255 et 478. 1 ‘ Ces numdros , ainsi que ceux qui manquent dans cettc suite , appartenaient ä des objets qui oat eu une autre destiaation. M O N U M E N S 246 479- Du chdteau de Seaux. Un groupe, en marbre klanc, representant le bap- t;'me de Christ, exe'cute par Tuby : on lit au bas: A la memoire de Jean-Baptiste Tuby, qui a execute ce monument; il est mort en 1700. N os 480, 481 et 482. Du me me Heu. \ Trois statues , en pierre de liais, copiees d’apres l’an- tique, par Marsy, representant, l’une Jupiter, l’autre, Minerve, et la troisieme Junon. N os ^56, 257, 258 et 25g. Les statues, en picd , dans la proportion de trente pouces, de Nicolas Poussin , d’Eustache Lesueur , de Jacques Sarrasin et de Pierre Puget. Nicolas Pousin , peinlre de l’dcole francaise, nd anx An- delys eil Normandie, en i5q4, mort ä Rome en i66'5, fut surnoinmd le. Peinlre des philosophes. Euslache Lesueur, peinlre de l'dcole franpaise, nd ä Paris en 1617, mort dans la meine ville en i635, lut suruommd le Raphael frangais. Jac ques Sarrasin, peintre el sculpteur de l’dcole francaise, ne ä Noyon en i5q8, mort ä Paris en 1666. Pierre Puget, sculpteur, peintre et arcliilecte de l’ecoie fran- puise, nd ä Marseille en 162.2/, mort dans la meine villeen 1(194 > ftit surnommd le Michel-Auge franytis. Ges quatre statues, que j’ai fait faire pour etre placdes ä la suite des grands liomraes qui ont illustre la France dans le dix-seplieme siede, ont dtd exdculees d’apres des md- dailles aulhentiques , par le citoyen Foucou , artiste, qui s’est distinque dans d’autres occasions. Les masques ou larves que fon voit dans le jardin Jiilysde, sont du meme artiste. BU DIX-SEPTIEME SIECLE. 247 1 N° 484. De l* Arsenal de Paris. La Statue , en pied et de grandeur naturelle, de Pierre Corneille, terre cuite, de Caffieri : le marbre de cette statue se voit ä l’Institut national de France, au palais des Sciences et Arts. N° 240. Statue, en bronze, d’environ douze pouces de hau- teur,et enpied, representant Louis XIV. (Elle a e'te derobe'e un jour d’exposition publique.) N° 241.. Des Feuillans. Un bas-relief en plomb, representant, sous le portrait de Minerve , Louis de Marillac , mare'chal de France. Malgre ses exploits, ce militaire encourut Ja disgrace du Cardinal de Richelieu, et eut la tete tranchee le 10 mai i 632 . N° 242. Des Cdlestins. Un bas-relief en bronze , sur Iequel est repre'sente Louis Potier de Gesvres, dans son dernier combat. On voit la renommde cjui puhlie ses exploits, et les Par- ques qui vont trancher ses jours. Ce bas-relief est attribud ä Guiilan. N° 245. Des Jacobins. Bas-relief en bronze, execute par Joly , represen- tant la bataille gagnee en 1677, sur ^ es Iniperiaux , par Francois de Crequi , marechal de France, ä Kochersberg en Alsace. On voit au-dessus le buste, en marbre blanc, de cs ma- * £48 M O N U M E N S rdclial, representd ä mi-corps cuirasse , et ayant Ies main 9 jointes, exdeuld par Coyzevox. Le monument tfiii lui avait eie drigd a 6l6 eutierement detruit. Le buste est toutcequi eureste. N° 485. De Vincennes. Un bas-relief allegorique, represenlant le gouverne- ment francais recevanL la paix des mains d’Hercule ; la Victoire le suit, et pres de lui un Genie tient Cer- bere enchaine; plus loin l'Envie ronge ses serpens; les Sciences ct les Arls, pres de la France, annoncent la prosperitc*. Ce marbre, d’un bon style, et d’une belle execulion, de lamain d’Anguier, avait dliveudu au citoyen Baudri, mar- brier, auquel je I’ai achete pour une somme de 120 francs; son pendant, cjue j’ai fait cherclier , a eld detruit. N° 244- De Sainte-Croix-de-la-lBretonnerie. Un bas-relief ovale, en marbre blanc , represcntant une femme dans la doulcur; par Sarrasin. ]S° 245. Des Jesuites. Deux inscriptions, en marbre blanc , ornees de grou- pes d’enfans; par Sarrasin. Ces inscriptions proviennent d’un monument erigd ä Louis XIII par les ovdres d’Anne d’AiUriche. IN 0 246. Du meine lleu. Quatre me'daillons , en marbre blanc , represenlant la Justice, la Charite, la Force et la Prudence. Ces bas-reliefs, d’un style tres-c.orrect, 011t dld execul^S par Sarrasin, pour le meine monument que ci-dessus. 13 U DIX-SEPTIEME SIECLE. N° ^4 7 . Du Val de-Gi'ace* La prescntation du Christ au temple, bas-relief en bois , sculpte par Sarrasin. ■ Nota. Une partie des bronzes ddcrits dans les prdcedentes dditions, sous les numdros 2Öo, etc., 011t 616 veudus a l’hotel de Nesle, me de Beaune, comme inutiles ä ce Musäe. N° a51. Des Feuillans. Un bas-relief, representant Henri III accucillant le plan du couvent de Paris, que lui presente dom Jean de la Barriere , fondateur du monastere de la rue Saint- Honore. Ce modele unique est altribue ä Anguier. N° 262. De l’Oratoire. Un bas-relief, sculpte en pierre de Tonnerre, representant la Justice tenant lc portrait dun magistrat. Ce morceau, d’un style soigne , est d’Anguier. N° 254. De Saint-Jean-de-Latran. Deux lions, en marbre, sculples par Francois Anguier , places au-dessus des portes cl’entree de la salle du dix-septieme siede. IN 0 256. ( Rendu au culte. ) J N° 253. De Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Un bas-relief, en bronze, representant saint Charles \ 2,5 O MONUMENS donnant la communion a des malades de la peste j par Girardon. ( Voyez le n° 252 . ) N° 260. De Saint-jdnd.rd-des-A.rcs . Un petit bas-relief, en marbre, representant les der- niers devoirs Fendus ä l’Humanite ; par Girardon. N? 486. \ De Seaux. Bas-relief representant le Purgatoire, exe'cute en mar* bre par Tuby. N° 487. Bas-relief representant un combat d’athletes, execute en marbre par Legros. Ge morceau vient du cabinet du citoyen Panckoucke. N° 261. (Renda au culte.') N° 264. Des Feuillans. Monument allegorique e’rige ä Henri de Lorraine , comte d'Harcourt. On voitdans un bas-relief plac^ dans lesocje, Ja Victoire qui präsente son ii^ros ä la Religion; alldgorie qui exprime ses succes conlre Jes non catholiques. Ce mouument est de Nicolas Regnard, en i6g3. N° 488. LTn grand medaillon, en marbre blanc, repre’sentant Louis XIV passant le Rhin ; par Goustou. DU D IX—S EFTIEME SIECLE. z5 I BUSTES ET POR TB. AI TS EN MEDAILLON. N° ^65. Le huste, en marbre , d Henri IV, mort en 161 o j par Barlhelenry Prieur. Ce buste, extrememenl soignd, est d’une exdcution par- faite. ]N° 266. Büste, en marbre, de Louis XIII enfant ; par Prieur. ]\° 267. Du depot de Nesle. Le buste, en bronze, de Louis XIV. La draperie est en albälre oriental. On l’attribue a Cojzevox. JN° 268. De V slcademie des Belles-Lettres. Le medaillon , en bronze, de Louis XIV ; par Be- noit, artiste tres-peu connu. N° 26g. Le buste d>e Louis de France, fils de Louis XIV, et aicul de Louis XV, mort en 1711. N° 270. De Saint - Germain-1’DLuxerrois . Le buste, en marbre blaue, de Pompone de Bellie- vre, surintendant sous Henri III, mort en 1607, äge de 78 ans ; par Barthelemy Prieur. 11 etait surnommd le Nestor de soh siecle. 2 5a MO N U M E N S N° 271. Des Bernardins. Le buste, en marbrc blanc, de Guillaume Duvair, garde dessceaux en 1616, eteveque de Lisieux en 1618, mort en 1621; par un artiste inconnu. Duvair a laisse plusieurs ouvrages de liltdrature. N° 278. Büste de Claude-FabridePeyresc, ce'lebre en 1610, mort en 1637 ; exe'cute en marbre par Francin bis , artiste vivant. J'ai du l’exdcution de ce marbre ä la mömoire de ce grand liomme. 1 N° 274« Büste, 6n marbre , d’Armand-Claude de Bullion 5 surintendant des finances , mort en 1640, sculptc par Anguier. N° 275. Buste de Maximilien de Beduine , baron de Rosny, ' duc de Sully, marechal de France et ministre d’Henri 1 Y, mort en 1641 •> ä Villebon , au pays Chartrain. N« 276 et 277. Le buste, en marbre , d’Armand - Jean Duplessis, Cardinal de Richelieu, ministre d’Etat, mort en 1642; par Coyzevox. N° 278. Le buste de Jean Rotrou , poete dramatique, mort en i 65 o. 1 Note des bustes des grands liommes, dont l’exdcution a etd au- toris 6 De Saint-Eu.stache\ Un medaillon en marbre blanc, representant Francois de Chevert. Voici l’inscription qui est au-dessous du medaillon, que l’on dit avoir et 6 composde par d’Alembert: Fuancois de Cheveut, Gouverneur de Givet et de Cliariemont, Lieutenant g£n£ral des armöes du roi. Sans aieux , saus fortune, sans appui, Orphelin dös l’eufance , II entra au Service & Tage de XI ans ; li s’lleva , malgc£ t’envie ? ä force de mente , Et chacfue grade fut ie prix d’une action d’e 61 at. Le tilre senl de uiarechal de France ‘ A manc/ue 5 non pas & sa gloire, Mais ä l’exemple de ceux -qui le prendrout pour ; modMe; Ii £tait n6 a Verdun-sur-Meuse , Le z fdvrier 1693. II mourut h Paris Le 24 janvier 1769. N° 40 3 - Buste, en terre cuite, de Claude-Adrien Helve’tius, mort en 1771. IN 0 404. Buste, en terre cuite, d’Alexis Piron, mort en 1776; par Catfieri, avec delte epitaphe trouvee dans l’eglise Saint-Roch : Ci git qui ne fut rien , , Tas tueoie aoaddujicieu. /" 280 M O N U M E N S N° 4 q 5 . Büste de Piene-Laurent Buiret du Belloi, auleur dramatique, mort en 177 5; par le meme. N os 406 et 4°ö bis. Büste, en marbre, d’Arouet de Voltaire, de l’acade'mie francaise, mort le 3o mai 1778, age de qualre-vingt- quatre ans; par Iloudon ’, mernbre de 1 Institut. O Parnasse ! de douleur et d’effroi ; Pleurez, Muses } brisc2 vos lyres Immortelle.? ; Toi dont il fatigua les cent voix et )es ailes , Dis que Voltaire est mort, pleure et reposp-loi. ( Petr le citoyen LeeRUN. ) Autre buste de Voltaire; par Pigalle. N° 407. Büste de Jean-Jacques Rousseau, mort le a juillet 1778, age de 66 ans, execute en marbre par Boyer, eleve d’Alegrain. N° 408. Buste, en marbre, de Jean-Louis I_ieclerc, comte de Bul'fon, celebre naturaliste, mort en 1788; par Pajou, membre de l’lnstilut. N° 409. Buste de Lamoignon de Malesherbes; par Chaudet. Malesherbes fut condamnd ä mort en 1793, pour avoir reju cbez lui secretement la "protestation du Pariement de Paris contre les opdrations de l’Assemblde Constituante. II fut un des defeuseur du roi Lou',s XVI. N° 5o5. Buste, en marbre bianc, de d’Alembert,mort en 1783; par Francin. * J’ai aclietii ce beau buste au citoyen Sellicr, rue de Seiua. DU DIX-IIUITIEME SIECLE. 2,8t .7’ai fait faire ce busle sur le modele qu’en avait fait ie eitoyeu Lecomte, d’apres ce pliilosophe. N° 4IO. Büste moulesur la naturc de Marc-Rene Montalem- bert, doven des generaux, et doyen des academies des Sciences de Paris et de Pelersbourg, decede le 7 ger- ininal an 8 de la repubhque Irancaise , ou 28 mars 1800, age de qualre-vingt-six ans neuf mois. II se trouve chez le citoyeu Boureleau , moulenr, grandc rue Saint-Antoine. * TS ° 412. Busle dp Denis Diderot,.mort en 1784; terre cuile de Collet. K 03 4 1 5 et 4.14. Des Cordeliers, Un medaillon en marbre, represenlanl M. et madame Gougenot; par Pigalle. Le buste, en bronze, de l’abbe Gougenol, liomme de letlres; par le ineme. N° 41 5 . Büste du cbevalicr Gluck, celebre musicien, inort en 1787, execute en marbre par Francin fils , d’apres Houdon. On lit au bas: II prefdra les Muses aux Syren.es. N° 41C. Büste de Guillaume-Thomas Raynal, mort en 1796 (an 4 de la republique Irancaise); par Espercieux sön ami, artiste vivant. N° 41 7 - JDes Grands-Augustins. Une grandc epifaphe en marbre blanc, surmontee d’un / 1H O N U M E N S 2,82 cartcl cn bronze, entoure eie branches de cypres, erigee ä Bernard Cherin, genealogiste: monumenl execule par Chardin, ariiste vivant. IN» 418. Le buste de Sylvaiu Bailly, des ci-devant academics francaise, des Sciences, des belles-lellres; premier President de l’assemblee nationale, seante ä Versailles au mois de juin 1789.; premier inaire de Paris lc 16 jnillet suivant, condamne ä mort le 11 novembre 1793. De- seine, artiste vivant, a execule ce buste. N° 5 o 4 . Buste de Dewailly, architectc. Cet artiste , meinhre de l’Institut, enievd aux arts au mi- ]ien d’une carriere brillante, a rendu de grands Services au gouvernement par plusieurs decouverles interessantes. Le citoyen Pajou, sculpteur, qui s’est distiugue par les slatuesde Pascal,Bossuet et Psyche, qu’ila exdculees pour la Rdpubli- que,amis beaucoup de vdrite et d-expression dans le beste de son ami, dont l’hommage en a 6l6 l’ail ä ce Musee par la veuve Dewailly. Onvoitchez le citoyen Fourcroy, conseil- ler-d’dtal, une collec.tion prec-ieuse de dessins de cet artiste cdiebre, dont le mdrite est beaucoup au-dessus de i’excel- lente reputalion dont il jouissait. IN 0 5 o 5 . Un medaillon, en marbre blanc, de Vaucanson, me'- canicien celebre; par Pajou. 419. Un vase en marbre blanc, ohne de feuillages de vigne et d un bas-relief, representant d un cöle Paris recevant la porame des mains de Mercure, et de l’autre les trois Deesses. Ce vase est une imitation de l’antique, par un auteur inconnu. DU BTX-HUITIEME SIECIE, 2o3 IN 0 420 . De Sahit-Eustache. Un grand bas-rclicf, imitantle bronze, representant la Charite, la Moisson et la Vendangej peint sur marbre blanc par Sauvage, arlisle vivant. 1 N° 1^11. Mosaique moderne, representant en rnedaUlon le por- trait de Louis XV et celui de la Pompadour Dn pavd mosaique de 1 1 pieds de long sur 7 de large, exe- cute a Rome par un arliste auquel Walelet avait (omni les moyens d'etudier cet art qu’il voulait introduire en France. Le ministre a autorisd l’acquisition de cetle mosaique , que je destine au pavement de la salledu dix-liuitiemesiede. Gelte mosaique a dte restaurde par le citoyen Belioui. Note sur l’art de la Mosaique. L’objet principal que l liomme s’est proposd dans les arts depandans du dessiu, c’est l’hoinme; cependant il a quel- quefois ndgligd cette dtude profonde et sdrieuse pour s’occu- per des arts relatifs a la decoration des palaiset des temples. Le Äeflaayaqtsuivi le necessaire, le besoin d : offrir ä l’ceil les varietds de la nature , a fait naitre le goüt des orne.mens. L’ar- chiteclure, consideree comme ndcessaire, a pvis peu ä peu du ddveloppement: bientot 011 asubslitud des cornichessculpldes et des entablemens anx simples pieces de bois qui servaient äsoutenir la couverture des reduits oü l’homme naturelgow-, tait, au milieu de sa l'amille, les douceurs.de la philosophie. et du repos; l’on a mis des colonnes a la place des pieces de support, et le goüt ä su y placer des bases et des cliapi- teaux. L’ornement s’est dpurd dans la irdquenle application qu’en firent les architectes dans les monumens publics; Les sculpteurs s’empresserent aussi de publier des modeles iioti- veaux, et la bienlaisanle nature leur offfit un champ vaste : lesanimaux, les plantes de tonte espece , l'urent imite’s , et cetle brauche de la sculpture fut portee ä la perfection dans toute la Grece. Callimaque publia, sous le nom d 'ordre co- rinthien, le chapiteau qu’il modela dans les cliamps de Co- MOSUMENS 284 rinlhe, d’apres le panier Henri qui ombrageait les cendres d’une jeune beautd que la tendresse maternelle avait enf’er- rnees dans ]a tombe, apres les avoir arrosdes de son lait et de ses larmes, ( Voyez Vilruve. ) Les malheurs de Carie, viIle du Pdloponese , donnerenl lieu ä l’invention des ca- riatides. La mosaique, considdrde comme un genre de ddcoralion , a pris son origine ä la suite des arts d’imitation, et des sa naissance eet art Tut employd par les arcbitectes dans les mo- linmens publics, soit en incrustation, soit eu pavemeut.il serait ä desirerque nos habiles archilectes, ä i’itnitation des Anciens, liassent ä leurs savantes dldvations cet artintdres- sant qui est stisceptible de produire les plus grands efFets. Avant que d’arriveräla pevfection de la mosaique, l’on a ciomrnence par inscrusler des cailloux , des morceaux de verres colords, des pates et des plaques d’dmaux 011 de mar- bre : peu a peu on les reduisit en pelites parties, et cet art, cullive avec soin , prit une si gründe prdponddrance dans la Grece, que les arlistes ies plus cdlebres s’eu occupereut, et qu’ils parvinrent a produire les lableaux les plus irappans. Pline parle d’un certaiu Sosus qui travaillait ä Pergame, et qui exceilait dans l’art de fabriquer ies mosaiques. Eil iy 63 on ddcouvril ä Pompdia plusieurs mosaiques de la main de Dioscoride, si l’on en juga,d’apres les inscriplious dout elles sont revelues. Les Golhs labriquerent aussi des mosaiques; mais, comme ils n’avaient aucune counaissance des regles du dessin,ils ne produisirent que des figures informes, ainsi qu’on peut le vdrifier dans ce Musde, d’apres la tombe qui couvrait Fjv'degonde, morle en Ö97 , ddcrite dans ce volume , n° 7. Idans le onzieme siede 0:1 fabriquait aussi des mosaiques en France. ( Voyez le n° 4 2 9 ci-dessus citd. ) La pralique de la mosaique se perpetua malgre l’iguorance qui dominaif alors , et cet art lut cultivd dans Rome vers le quatorziemesiede , et a Florence apres. Un prdsidentau par- lementde Paris, nomme David , fit fabriquer, sous ses yeux et ä ses frais, une mosaique qui est dalee de löoo. ( Voyez dans le quiuzieme siede, le 11" 1 56 . ) Vers la lin du siede dernier, le goüt pour les mosaiques prit ä Rome avec cetle fureur qui mene necessairement ä la perfection; et les derniers papes lirent des depenses considd- rables pour soutenir et encourager des mosaisles habiles, dont ils etaient jaloux de possdder exclusivement les productions. Usfirent executer par ces artistes une grande partie des ta- bleaux du Vaticaji, de la mailt de Raphel; et,cesmonu- mens, capables de rdsister aux siedes et aux barbares, font encore i’orneinent de l’dglise Sainl-Pierre. C’est n la Republique francaise qu’dtait rdservde saus donte la Conservation de cet art prdcieux; eile peut s’en emparer. Le citoyen Betloni, mosni'ste rojnain, dtabli danscette ville depuis trois ans, indrite de fixer l’attenlion dn gouvernementj aussi le ministre a Cbaptal vient-il d'dtablir unedcole de rao- sai'que en faveur des sourds et muets, dont il a donnd la direclion au citoyen Belloni. Cette institutiou fait lionneur au ministre dclaird qui dirige les arts. Qu'il sera glorieux pour la nation francaise, de rendre eler- nelles les dtounantes productions des arts qu’uu gdnie rdg i- ndrateur a fait dolore a la fiu du dix-huilieuie siede ! Les tableaux des artistes qui auraient remportds des prix dans lesconcours, peuvent entrer en lice, et l’on verra avec plaisir convertir en matiere solide et durable les belles coinposi- tions des David, des Vincent, des Regnault , des Gerald , des Girodet et des autres artistes non moins recommandables. Oh 1 combien seront grands les efForts que feront les dleves pour arriver ä cet lionneur 1 Les artistes out des droits a la reconnaissance publique ; et certes, celui qui consacre sa vie ä etudier et ä mediter sur son art pour accroitre la gloire de son pays, mdrite une attention toute particuliere. Vien uous a ouvert la carriere du vrai beau dans les arts dd- peudans du dessin; les systeines de la vieille dcole sont ou- idids : travaillons ä surpasser, s’il se peut, les G-recs; ane- antissons le siede de Colbert, et ddrobons ä la posterite tous les talens ä la fois. N° 422. L’e'pitaphe en marbre blanc, de Jacques - Benigne Winslow, celebre anatomiste, qui avait sa sepulture ä Saint-Benoit. D. 0. M. Hic jacet Inspem beatas immortalitatis, JaCOBVS Benigus VlNS- LOfE , patrid Danus , commoratione Gallus, ortu et genere nobilis , nobilior virtute et doctrina, parentibus lutheranis natus, hceresim quam infans imbiberat, vir ejuravit, et ad- liitenteill. Episcopo Meldensi Jacobo Benigno Bossuetio, cujus nomen Benigni in confirmatione suscepit ad ecclesiam satholicam evocalus, stetit in ejus Jtde, vixil sub ejus lege, 286 M O' ‘ U M ENS obiit in ejus sinn; vir cequb verax et pius , in pauperes summk misericors , milldque erroris aut vitii pravitate ajflatus. Re- gius linguarumteutonicarum interpres, salubernmcvjaculta- 'tis Pansiensis doctor-regens illum mediccv artis et prassertim niiatomicce doctorem acprofessoremperitissimum regia erudi- torum societas Bercilini, regia scientiarum academia Lutetia; socium communi sujfragio elegere, et utraque dignissimum ejus scientia judicio comprobavit. Vita excessit V. nonas Aprilis, an sal. M. CC. LX. aatätis XCI. Pio conjugi et parenti, u'xor et Liberi hac monumcntum mcerentes posuere. IN 0 5 o 6 . ( Vojez le n° 5 i 5 du lorabeau d’Abdlard, page 102. ) Vas'e en marbre gris, pose sur une pierre, debrisde celles cpii couvrait Heloise; j’ai fait graver aut,our de cette picrre les noms de ces aoians infortunes. Des cypres et des roses ömbragent ces noras, donl le Souvenir plait encore. N° 553 . De la ville de Magny. Ce monument Tut enge en 1785, ä la memoire de M. Dubuisson, eure, doyen de l eglise de Magny, raon le 14 octobrc 1784, äge de 81 ans, par son neveu, le citoyen Beltencourt, qui l’a fait elever ä ses frais, pour laisser un temoignage de sa reconriaissance en l’honneur de celui qui avait pris soin de son jeune age. Le citoyen Dejoux, membre de l’Institut national, a mis de rint(5ret dans la cbmpOsition gdnörale du sujet, etinil- nimentd’art dans l’exdcution du bas-relief qu'il a sculpte eil marbre blanc, et qui forme la base principale du mausolee. Ou y voit une femme ( la Charit6 assise , accompagude de deux enfans en pleurs , dont l'un s’appuie Idg^rement sur sa mere et clierche la consolation dans son sein; tandis que l’autre , dgalemeut affectd, soutient le mbdaillondu miuistre bienfaisant, et le montre aux liabitans de la ville, qui le consid^raient comme leur pere. 1 * Les citoyens Carillon et Rivette, maire et adjoint de la rille de Le citoyen Bettencourt a fait hommage de ce monument au Mus£e. Voici i’^pilaplie donl il ölait orne, que Ton du avoir et 6 composee par Condorcet. Pfere plutöt (jue pasteur, II soulageait ou pr^venait les besoins de ses eufansj II les Iclairait par ses couseils 5 Les soutenait par son courage , Et les iöstniisait par ses exemples. Ses inoeurs furent rlouces et pures ; Ses vertus sans faiblesse et saus faste. is o 554. Hercule, apres mi long repos, est r^presente ici dans le momcnt oü il s’apprete ä combattre pour le maintien des lois. Cette figure alldgorique, d’un dessin vigoureux et d’une belle execulion, est le modele du colosse exäcut6 pour le Pauthdou francais, par le citojeu Boichot, sculpteur, dont les talens uous rappellent pavfaitement celte ^poque brillante pour les artsddpendansdu dessin, qui vit naitre Michel-Ange, Mddicis , Georges d’Amboise , Raphael, Lfon X et Francois I er . Ce morceau präcieux a 6te dornig ä ce Musee par le citojen Leblond , bibliotbbcaire des Quatre r Nations. Urnes sepulcrales t sous les n os 507 , 5o8, 5og, 5io, 5i 1 , 5i 2 et 5 1 3. Les peuples les plus sauvages ont respecte les morts : ce Sentiment religieux'a du naitre dans le coeur de l’homme vertueux , et 1 houime vivant voyanl encore 1'homme dans 1’homme qui n’est plus, a mis son bonheur ä cöu- server aupres de lui les restes d’un pere, d’une epouse, d’uu fils ou d’un ami. Ces exemples de la pidte sociale et d’uu atlnchement particulier se sont generalises , et ont u^eessai- rement hd les liommes par les devoirs les plus saerds : des ce momeiit la sepullure est devemie l’objet d un culte public, et les cör^monies usit^es daus les pompes funebres out pris une forme en raison de la superslitiou qui dirigeait les peuples. Magny, ont mis toute leur sollicitude pour pniserver de la destruc- tion ce morceau interessant, aiosi que les statues de la tamille des Villeroy, dont j’ai parld plus haut, n° 55i. HI O N U M E N S 288 Les lipyptiens embaumaieut leurs morts , et les ddposaient dans des coffres de bois de sicornore grossierernent sculplds, (pi'ils chargeaient de figures et de caracteres hidroglyphi- ques . 1 La disposition particuliere du pays des Egyptiens, que le JNil inonde tous les ans vers le miheu de l’dtd , obligea ce peuple a preudre plus de precaution qu'on ne fiiisait ail- leurs; pour prdvenir la prompte deslruclion des toinbeaux de leurs peres , ils essayerent d’en mettre les monumens liors d’isulte, et meine de preserver le corps mort de la pourriture. C est dans celte vue qu’ils les embaumaient, et qu’apres les avoir dtroitement enveloppds de bandelettes treinpdes dans des essenc.es aromatiques, ils les enlerraient pour l’ordinaire dans des caveaux adroitement taillds au fond du roc ou d’uu tuf qui se trouve sous le sable de la plaine d’Iigypte; quel- quefois dans des rnasses de pierreset debriquesimpdftdtrables ä l’eau, ou meine plus dlevdes que l’eau. Ce peuple aita- chait un graud prix et portait une grande veueralion aux inomies de ses peres; c’etait dans les affaires particulieres Je gage le plus prdcieux qu’il pouvait ofi’rir en nantissemeut d'une dette , et ceiui qui ndgligeait de retirer ce gage res- pectable, dtait ddshonore, et demeurait privd de la sdpulture s'il mourait sans y avoir satisfait. Les Grecs aussi aimaient a conserver les restes de ceux auxquels ils avaient dtd lies pendant la vie ; ils brulaient leurs corps et en ddposaient les cendres dans des urnes, dans des lombeaux de rnarbre ou de pierre. Souvent, dans la douleur, ils sacrifiaieut k Familie leur clievelure, meme les animaux qu’ils chdrissaient le plus; les ddposaient sur le lit funebre de leur ami, qui se construisait commundment sur un bucher. Homere , dans son Iliade, chant , nous apprend qu’Achille, apres avoir pleurd la mort de Patrocle , lui a fait dlever un mouument ä la place du bucher qui avait consume ses ddpouilles mortelles. Les Romains imiterent les Grecs dans leurs pompes fu- nebres; chaque famille eut le droit de se construire un tom- beau particulier, et des catacombes furent etabliespour de- poser en commun les cendres des morts qu’ils dtaient dans l’usage de vetir avant de les deposer sur le bucher. Et les Goths aussi respectaient les morts; ils faisaient bouillirles corps pour en ddtacher les chairs, et conserver les ossemens dans des tombes de pierres creusdes dans la masse. Enfin l’usage des embaumemens s’est propagd jusqu’ä nous, et 1 On voynit dans la bibliothbque de Sainte-Gcneri&ve, un de ces coffres de momie parfnitemeat conserye. DU DIX-IIÜITlfeME SIECLE. 289 I’homme sensible peilt encore clever des mausoldes a Ja re- connaissanc.e et ä l'amilid. Le sdnat liancais a rendu plusieurs decrets en favenr des sepultures particulieres , et les monumens cpie j’ai dleves sur nies dessins, et cjui contieiment les corps de Descarles, de Moliere, de La FontaiüP-, deMabilion, de Montlaucon et de Turentie, sont une suite de sa reconnaissance eu iuveur des talens. ]N° 307. Urne sSpulcrale de RenS Descartes. Sarcophage en pierre dure, et creuse da ns son inte- rieur, conlenant les restes de Rene Descartes, mort en Suede en i 65 o , Supporte sur des griflons, animal astronomique , compose de l’aigle et du lion , tous deux consacres ä Jupiter, et l’embleme du soleil dem ils re- presentent le domicile. Des peupliers, dout la cirne monte jusqu’äux nues, des ifs et des fleurs, ombragent ce 1110- nument , erige au pere de la pliilosophie , ä cclui qui le premier nous appnt ä penser. N° 5 o 8 . Urne sepulcrale de Moliere. Sarcophage en pierre dure, et creuse dans son inte- rieur, contenant le corps de Jean-Baptiste Poquelin de Moliere, mort en 1678, porte sur quatre pilaslres aussi en pierre dure , le tout orne de masques comiques et des atlributs de Thaüe. On y lit Tinscription suivante : Moliere. et Thalie reposent dans ce tombeau. Le tout entoure de myrtes, de roses et de cypres. L’arclieveque de Paris refusant de lui accorder Ja sepul- ture, la veuve de ce grand iiomme sVcria les.yeux baign^s de pleurs : On refuse un tombeau ä celui ä qui la Grece au- rait dressd des autels. Le pere liouhours, qm savait. appre- cier Jes talens de ce pliilosoplie , lui fit cette dpitaphe: '9 / MONUMENS Tu rtTormas et la villc et la eour ; .Mais quelle en fut la recompense? Les Frangais rougiront un jour De leur peu de reconnaissance. 11 leur fallait un comedien Qui mit a les polir sa gloire et son £tude ; Mais Molifere ä ta gloire il ne wanquerait rien Si, pariui Ieurs defauts que tu peiguis si bien, Tu les avais repris de leur iugratitude. N° öog. Urne sepulcrale de Jean La Fontaine. Sarcopliage en pierre, creuse dans la masse , conte- nant le corps de Jean La Fontaine, mort en i6g5, pose sur un socle dans lequel sont incrusles deux bas-reliefs, Tun representant la iäble du Loup et de l’Agneau, etl’au- tre celle du Loup et de la Grue; au-dessus du sarco- phage, sur lequel on lit d un cote : Jean s’en alla comme il dtait venu , et de l’autre, Jean ha Fontaine est dans ce tombeau, on voit un renard qui tourne sa lete vers le buste de ce philosophe. Voici son Epitaphe, composee par lui-meme: Jean s’en alla comme il r ’ -.ob Les vilraux de la maison dite des Celestins , construite vers i5qo, sont de differentes mains et de diflerenles dpo- quesjcequi aunonce qu’apres avoir essuyd des ddgradations, ils ont etd refaits entierement. Les plus anciens de ce temple sont deux portraits peints, dans la proportion de dix-huit pouces, l’un representant le roi .Tean, et i’anlre Charles VI. Ces deux vilraux, exdcutes du temps de'Charles VI, sont prdcieux pour le costume : puis apres viennent ceux de la chapelle d’Orldans : loute cette familley est reprdsenlee en pied. On y voit aussi Francois I", Henri II, Charles IX , etc. , etc. L’execution en est attribuee ä Bernard Van Orlay, nd ä Bruxelles; et qui llorissait en i535. Charles - Quint, protecteur de ses talens , le fit sur intendant des peintui'es et tapisseries de ses dtats. Ces vitraux offrent des difiicultes vain- cnes bien singulierement. Dans un ornementoü l’artiste avait besoin d’une draperie bleue semde de lleurs de lis, il s’est servi d’un verre, non pas bleu dans sa päte , mais seulement bleu sur les deux faces , puis il a fait ereuser dans son verre des fleurs de lis q'u’il a peintes en jaune, et apres cette opd- ration il a ombrd le tont comme il convenait. Ils ont dte de- truits en partie. DE LA PEINTUEE o o OOQ Jean Cousin a peint, pour ce inonaslere , un vitrail re- prdsentanl un calvaire, dont j’ai recueilli quelques debris : ce cpii en resle lait regretler ce qui a eie detruit : le dessin eil est fier et vigoureux, la couleuv belle et l'ajustement d’uu graud style : oti appercoit aisemenl que ce mailre etait nourri des productions de Raphael. Vitraux de la Sainte-Chapelle de Vincennes. Les plus beaux moiiumens de ce genre qui soient en France soot les vitraux cjtie Jean Cousin a peints dans la chapelle de Vincennes, J’ai long-lemps sollicild leur depla- cement pour les preserver des degradations auxquelles ils ont ete livrbs depuis plusieurs anndes. Le ministre Benezecli , dont le zele et l’amour pour les arts sont reconuus, m’a au- torise ä ies rdunir dans (e Musde que je dirige, pour coin- pleter uue collection prdcieuse ä la chimie et ä l'histoire de l’art du dessin. Plusieurs de cos vitraux out etd totalement abymds par ia grele ; ils reprdsentaient divers passages de l’Apocalypse. Ceux qui sont conserves sont au nombre de sept. Les deuxplus beaux dtaieut dans le sanctuaire : la com- position en est vigoureuse ; eile represenle la chüle du monde inrdes approches du jugement dernier : la terre est ebranlee; des ilammes soulevent les Hots de la mer ronlant des mal- heurenx qui cherchent a couibattre la mort qui veut les Trapper. Des anges, au milieu des dclairs, sonnent la trotnpelle universelle. Ces contrastes sont frappans et louchent Tarne du spectateur. Chacun des sujets est divise par des encadre- inens peints en grisaille, formant des voules , de i'acon a donner de la suite aux sujets. Ou voit dans les angles du haut les chifi’res d’Henri II et de Diane de Poifiers , et dans le bas des grpupes des trophees de gnerre, ornes de salamaiH dres. Les vitraux de lanefont la meine distnbution; ils re- presentent les portraits en pied de Francois I er et Henri II, de grandeur naturelle. Plusieurs out ete tres - degrades par les passaus, qui y lancaienl des pierres, etc. Au bas de l’uu des deux, on voit la Vierge ayant l’enfant Jesus sur ses genoux. Ces peintures sont sublimes; elles ont plutot I’air d’etre exdcutees sur la toile que sur le verre. Jean Cousin y a reuni et employe toutes les ressources de son art. Son dessin sein-* ble etre celui de Jules Romain ; sa couleur et son l’aire , celui du Corrdge. Une fausse tradilion annoi^aii que Jean Cousin avait exd- cutc ses peintures sur des cartons de Jules Romain ; c’est uue SUR VERRE. 309 erreur accrdditde par des gens qui ne savent pas trouver dans les ouvrag.es des grands maitres c.es trails fins de seusibilite qni les caractdrisent, ä n’en pas douter. Je suis heureux de combattre un bruit suscitd, pent-etre du temps meine de l’auleur, par la jalousie des artisl.es ses conlemporains , et que depuis l’ignorance ou l’indiffdrence des artistes a laissd parvenir jusqu’ä nous. C’est une palme de plus que j’ai l’or- gueil d’attaclier ä la gloire de Jean Cousin. Ou voyait dans la sacristie un vilrail de cet auteur, reprd^ sentant TAnnonciation, que j’ai recueilli. Vitraux de Passy. Les vitraux des Minimes de Passy datent du temps de Louis XII. Le peintre a reprdsente Anne de Bretagne dans plusieurs de ses tableaux. Plusieurs artistes verriers ont tra- vailld dans diffdrentes parties de cette maison. Les plus beaux et les plus remarquables sont ceux qui dtaient places dans l’dglise; aussi out-ils dtd les plus maltraitds. Depuis le dd- part des religieux, les passans se faisaient un plaisir de lancer despierres dans ces chefs-d’ceuvres. Je ne puis leur assigner un auteur 5 mais, correction de dessin , grand style et belle couleur, tout annonce qu’ils out dtd exdcutds sur les cartons d'un artiste Italien. Ceux du refectoire paraissent avoir dtd exdcutds antdrieu- rement ä ceux donl je viens de parier : le caractere du dessin et les idees libres que Tauteur s’est permis d’exdculer, tout m’aulorise ä Taffirmer; aussi ont-ils dtd plus mdnagds. Le cloilre dtait ornd de vitraux precieux; il n’en est pas restd le moindre vestige : comme lls dtaient placds a hau- teur d hotnine, les ignorans ont eu peu de faligue ä les briser. Ceux du cloitre desChartreux de Paris ont dprouve le meme sort. Les mutilations commises sur les monumens des arts out dtd affreuses. Je citerai pour exemple les destructions exer- cees avec acliarnemenl dans la ci-devaut abbaye de Sainl- Deuis, que dix siecles avaient enrichie des plus belies pro- ductions de l'art. Tout y estravagd, malgrd les sollicitudes de la Commission des arts , qui , ä plusieurs reprises, y a envoyd des commissaires conservaleurs. Pour arracher les grilles, on a brisd sans ressouixes les marbres prdcieux du sancluaire : des balustrades eu vert de iner; de grands pan-. neaux en grand antique, inarbre extremement rare; le sar- cophage de Dagobert, eu lumachelle, a die rdduit eu petits rnorceaux : j’ai eu soiti d’eu reuuir les debris, et dans ce- D17, LA PEINTURE 3io moment je le fais restaurer. ( Voyez le n° 5.) Plus de So daltes de marbre lioir , de huit pieds et demi, sur cinq pieds de large, ont dtd rdduites en plus de 4° morceaux ; des pavds mosai'ques, executes dans le douzieme siede, 011 t die arra- dids. ( Foyez leur descriplinn , n° 429 . ) Ces barbaresn’ont- ils pas voulu ddtruire les vitraux anliques , pour en retirer environ 6 00 livres de plomb, 1 soi - disant pour faire des balles ? Enfin , la faux du temps, qui toujours travaille, ri’au- räit pas. ddlruit pendant vingt siecles ce que six rnois de barbnrie oni perdu. La Commission des arls, ä qui la pos- lerild devra beaucoup, a heureusement porld sur-le-champ sa main prdservatrice sur ces vitraux , les plus anciens que nous connaissons. A Montmorency, meine ddgradation, etc. , etc. Le lom- beau d’Anne'de Montmorency, par Prieur , et les qualre colunnes de breche verte anlique, ontdld heureusement res- pecldes. Sous’ Franfois I er , beaucoup de chäteaux el de temples ont etd adieves; et des beautes sans nombre dans leurs vitraux, teis que reuX de Sainl-Victor , oü se voyait l’liistoire de 1‘Enl'anl Prodigue, ceux de Saint-Lazare, et autres, peints par Robert Pinaigrier. Ces mouumeus n'existent plus. Vitraux d’Ecouen. Les vitraux du chäleau d’Ecouen, qui represenfent l’his- toire de Psychd, exdcutes en i 545, en grisaille, d’apres les cartons de Raphael, sont au nombre de trente : j'en ai exposd vingt-deux parties dans les galeries. Les compositions en sont agreabies , savantes, et portent un grand style dans le dessin ; fexdcution n’en a pas dt 6 extremement soignde ; les couleurs, ä la cuisson , se sont trop etendues, ce qui donne de la ron- deur au dessin, et le ddnue de ses finesses. Ces morceaux ont aussi souflert des mutilations et des de- gradations. Voici un fait. Un vitrier d’Ecouen , voulant les nettoyer, les frotta avec du gres en poudre , et enleva par ce moyen toutes les demi-teintes, et laissa de grandes parties de verre ä nu. Gelte peinlure , seulement fixee sur le 1 En i 527, lors rin pc de Borne par le coun^table de Bourbon , le$' vitraux peihts au Vatican environ quinze ans auparavant, par Claude, peintre sur verre , furent brises pour faire des balles de mousquet. Ce sont les propres termes de Pauleur de 1’ ^dbecedario Pittorico } artiele Cl.VCJDE , pagen8, Mä la disgrazia del sacco di Koma porro chefussero infracti j vetri dalli nemici per lera^e il piomlo da J'ormare lalle da mosqvetle . SUR VERRE. 3i i verre, et non y incorpor<5e, n’a pu r^sister ä ce genre de frot- tement. II en est de meme pour les lableaux prdcieux qui tombent dans les mains des restaurateurs ignorans. Les vitraux de la chapelle d’Ecouen, que j’ai egalement recueillis, sont beaucoup plus soignds et mieux conservds. Deux panneaux en forment la eollection : ils ont dtd exdcu- tes d’apres le Prhmatice, et reprdsentent la Nativitd du Christ et sa Circoncision. Les compositions en sont belles, riches, et les airs de lete fort gracieux. Ils sont postdrieurs de quelques anndes ä ceux ci-dessus citds. Je les ai places dans la salle du seizieme siede. Pmaigrier, dont j'ai parld plus haut, a peint beaucoup de vitraux ä Paris : les principaux dtaient ä Saint-Jacques- la-Boudierie , ä Saint-Etienne-du-Mont, a la Madeleine et ä Sainle-Croix en la dtd; ceux-ci, malgrd mes observations, ont ete detruits. II avait aussi peint ceux de' Saint-Mery et de Saint-Bartlidlemy. L’histoire dit que Lebrun et Mignard allaient admirer ä Saint-Mddard ( je ne sais dans quelle chapelle ) d’anciens vitraux, pour la correctiou de leurs dessins et la purete de leur slyle. Vitraux de Saint-Gervais. Les vitraux de ce temple sont prdeieux : trois artistes fa- meux yont laisse de leurs productions. Jean Cousin a peint en 1587 l es vitraux du chceur ; les plus beaux sont le mar- tyre de saint Laurent, la Samaritaine conversant avec le Christ, et le Paralylique. Un de ces vitraux a dtd ddtruit. Les autres vitraux , moins prdeieux, sont de Pinaigfier, ci-dessus citdj ils n’ont rien de piquant , et sont encore sur place, ainsi que ceux de Jean Cousin. Pinaigrier a peint dans la catiddrale de Chartres plusieurs vitraux signes de 1527 et de i53o. Lesueur , eraploye ä la de'coration d’une des chapelles du temple dit Sainl-Gervais , dont on remarque un tableau re- prdseutant le Christ portö au tombeau, ( tableau que j’ai fait restaurer ) qui mainlenant est au Musdum, a faitpeindre sur ses dessins en i65r, par Perriu , trois panneaux repre,- sentant le martyre de saint Gervais , celui de saint Prolais, et une fuite en Egypte. Ils ont el£ execut^s en grisaille. Ces morceaux, ornös d’arabesques du meme auteur, ontdtdreu- nis par mes soins dans ce Musee. 3l2 DE LA PEINTURE Vitraux de Samt-Paul. Les vitraux da temple de Saint-Paul remontent vers 14Z0. On en voit un assez curieux d un nomine Herron, reprAeu- lant Adam et Eve : son exreution est un pen golhique. Ceux des charniers, niaiutenant rdunis an Musde, out £te peinls d’ahord par Robert Pinaigrier etses fils Jean , Nicolas et Louis ; par Desaugives ou Percher, Perrier etdautres, auxquels Vignon Je pere avait lourni les dessins, tels que ceux que l’on voyait ä l’Ave-Mana et dans d’autres lemples. Nicolas Pinaigrier avait peint sur verre , en 1600 , dans le chäteau de la niaison de Brifl’e, sept tableaux gnsailles, chac.un d’environ dix pouces sur six de haut , repihsentant les Arts. Ces tableaux, magniliques pour la prdcision de l’execution et la finesse du dessin , 011t eld exfomds d’apres les dessins de Franfois Floris ou Franc-Flore, nd ä Au vers en i 5 ao , qui les avait pemts a l’huile pour le salon des Arts de Nicolas Songheliugh. Us out. eie graves par Corneille Cort. J’ai rduni dans ce Musde six de ces vitraux prdcieux. Vitraux de Saint-Etienne-du-Mont. Les vitraux de Saint-Etienne-du-Mont, peinls par Robert Pinaigrier, offrent une des plus riclies collections qui soient sorties de son pinceau. IIs ont ete sauves de la barbarie. Vitraux des Feuillans. I.es tableaux qui dtaient. places au centre des vitraux du cloitre des Feuillans, rue Saint - Ilonord , representent des sujets de la vie de Jean de la Barriere; les plus beaux, au nombre de douze , ont ete faits par Benoit Michu , en 170 6, sur les dessins de Mathieu Eiye , peintre flamand. Les au- tres sont niddiocres, taut pour l’exdcution que pour l’inven- tion. Les caclres datenl de 1711 , et ne sont pas d’une main aussi habile. Tous sont au Musde; ils ri’onl dprouve que de- legeres inutilalions, a l’exception des bordures qui ont dte hrisdes. Le portrait d’Henri IV, qui y dtait represente eu pied, en habit de cour, a ete derobd. Vitraux de la chapelle de Versailles. Les vitraux de la chapelle-de Versailles sont ä peu pres du meine teinps, et presentem la meine exdcutiou. SUR VERRE. o •» OIO Vitraux du parc de Versailles. En 1740, sous Gabriel, architecle, Desosier, peintre suu verre, executa dans le parc de Versailles, sur les vitres du boscpiet dit du Dauphin, plusieurs sujets et emblemes ana- logues a ce bosquet. Vitraux de Notre-Dame. En 1726, la rose du temple de Notre-Dame, du cote de l’archeveclie, fut conslruite a neuf, ainsi que ses vitraux. E11 1781, on en fit autant a la rose au-dessus de l’orgue. Les deux plus belles que l’on puisse voir pour la varidle des Couleurs , sont celles de l’abbaye de Saiut-Denis ; elles sont dmailldes des plus vives Couleurs. En 1755, les deux freres , Pierre et Jean Levieil, peinlres en verre et vitriers de Paris, ont refait, dans Notre-Dame, les vitraux ornds de peinlures , qui sont du cötd du midi. Un de ces artistes a publitS un ouvrage sur l’art de la pein- ture sur verre. De la Pratique de la Peinture sur Verre. Si l’on voulait a prdsent exdcuter des vitraux comme on en faisait autrefois, on y parviendrait tres-aisdment • car les subslances dont on se sert pour peindre l’dmail, sont abso- Jument les memes , ä l’exception c.ependant que les teintes doivent etre plus fortes; que toujours, dans les endroits om- bres , on est obligd de peindre le verre de deux cotds, tels que pour les barbes , les cheveux et les draperies foncdeä , ainsi qu’on sera a meme de le vdrifier sur les vitraux que j’ai mis en evidence dans le Musde que je dirige. Voici la maniere d’executer de grands ouvrages de pein- tures sur verre. On commence par tracer le dessin gdndral sur des cartons assembles, de la meme grandeur que cloit etre le tableau. Ensuite on partage les cartons en autant de parties qu’il cloit y avoir de pieces de verre , et on leur donue precisdment la meme forme. On met sur cliaque piece de c.arton un numdro que l’on repete sur le verre. On applique la piece de verre blaue , si c’est pour des carnations, ou coloriee, si c’est pour des vetemens, sur la partie du dessin que l’ou veut repre- senter , puis on trace avec le pinceau les contours et les om- bres qu’on appercoit ä travers le verre. Le tout etaut termiue, 3l4 DE I>A PEINTURE SUR VERRE. on le passe au four, potir que Je feu , eu les faisant ix/ugir , parfonde les couleurs et les rende iualldrables ä toute espece d'agent. lies inatieres qui enlrent ordinairement pour colorier les grands carreaux de verre, et qu’on jette dans leurs creusets avant de les en retirer, sont toules tirees du regne mdtal- lique. Lecobalt sert pour le bleu. Les diffdrentes nuances de rouge , de brun , de brun-mar- ron se font avec des chaux de fer portees ä difierens degres. Le brun-rouge se fait aussi avec de la chaux de cuivre, obtenue lorsque les chaudronniers, pour des travaux quel- conques, pl-ongeut des barres de cuivre rouge dans l’eau. Le vert s’obtieut aussi du cuivre dissous par des acides vd- gelaux , ou dissous par d'autres acides, mais prdcipites par de l’alcali fixe. Les verres de couleur pourpre se font avec de la chaux d’or. Un grain d’or colore vivement quatre Cents parties de verre. Les chaux d’argent sont aussi teignantes , et donnent le jaune, qui se fait aussi avec de Ja chaux de plomb unie ä de l’antimoine. Le violet s’obtient d’une substance mindrale, appelde man- ganese. Les verres ainsi prdpares, re5oivent de l’artiste le dessin des .cartons, les ombres, les demi-teintes, puis ou repasse le tout au feu. 1 1 Le cifoyen Leüru , fils, chimiste distingue , a obtenu , d’aprfes cette pratiquc , des rdsullats tr^s-satisfaisans. FIN. NOTE. La premiere partie d’architecture venant du chäleau de Gaillon, situe pres Rouen, ddjä dlevde dans la troisieme cour de ce Musde, a employe 4, 1 g 5 pieds cubes, ou 145 metres de pierres chargdes du travail Je plus ddlicat, recueillies des ddmolitions de ee palais, que Louis XII avait fait construire pour son premier ministre Georges d’Amboise. Ou peut ju- ger de Ja beauld des sculptures qui l’ornaient par cetle facade. La majeure partie de ces belles pierres, ainsi que toutes celles qui furent employdes ä la construotion de ce monu- ment, dlevd par la magnificence de Louis XII, a dte tiree des carrieres qui se trouvent dans les environs de Vernon ,mais de l’autre cold de la riviere. Cette pierre est tres-blanche , sonore, fine, et tres-serrde dans ses moldcules ; son defaut est d'etre seche, et d’dclatpr facilement sous l’outil, ce qui me fait croire qu’elle est plus teudre et plus iiante lorsqu’elle sort de la carriere, et qu’elle se durcit ä l’air, car il aurait dt 6 impossible d’obtenir , dans son dtat de secheresse, les finesses et les delids que prdsentent les sculptures doutcelles- ci sont cliargdes. Voici finscription acceptde par leministre, qui doit remplir le tableau du milieu de cette facade : LES EACADES QUI DECORENT CETTE COUR EAISAIENT PARTIE DU CHATEAU DE GAILLON , BATI IAH l 5 oO, POUR GEORGES D’AMBOISE. CE MONUMENT A ETE TRANSPORTE ET RELEVE SOUS LE CONSULAT DE BONAPARTE ET LE MINISTERE DE CHAPTAL, - DANS LES ANNEES X ET XI DE LA REPUBLIQUE ERANCAISE. ERRATA. Page 162, ligne 5 , au lieu de 7,000 pieds cubes , lisez 8,000 , dont 24 pieds cubes en marbre, emptoy^s au mausoMe du conseiller Deponcher, n“ 96, page 171.