INTRODUCTION. ^5
sa patrie, passa sur une terre etrangere, pour exercer lapeinture avec la liberte qui convenait a son genie j il ymourut. 1
Les peintres et les slatuaires furent tres-occupe's sousLouis XIV, qui avait le plus grand desir de perfectionnerles talens j mais les artistes, entraines par Lebrun dansun style nouveau qu’il introduisit dans ses academies ,abandonnerent totalement la simplicite de la nature etle gout de l’anüque. Ce Systeme nouveau prit avec fureur,et ce fut pour les arls dependans du dessin l epoque deleur decadence. Lesueur, le faible Lesueur eut le cou-rage d’y resister seid, et mourut a trente-huit ans, vic-time, dit-on, du despote Lebrun. 2
Sous Louis XV, Vanloo et Boucher furent les apotresd’un gout si deprave, que l’art et l’enseignemenl tom-berent dans une entiere degradalion.
« Raphael n’eut pas l’avantage d’etudier dans uneacademie ; ( dit Reynolds) mais Rome entiere , l’an-tique sur-tout, et les ouvrages de Michel Ange, furentson academie. »
1 Roger de Piles , article Poussin, dit:
II conimeii^a dans la galerie du Louvre les travaux d’Her-cule, dans le temps que la brigue de lecole de Vouet le clra-grinait par des mddisances et de mauvais discours. Cela ,joint k la vie tumultueuse de Paris, dont il ne pouvait s’ac-coimnoder, lui fit prendre la resolution secrete de retourner äRome, sous pretexte de mettre ordre ä ses affaires domes-tiques; mais, quand il fut ä Rome, il ne voulut jamais reve-nir eil France.
Ou lit dans Fontenay, article Poussin :
.La galerie de ce palais (le Louvre ) devait re-
prdsenter les travaux d’Hercule; maisil trouva trois envieuxä combattre : Lemercier, premier architecte du roi; Vouet,qui dtait eu grande reputation; etFouquiers, fameux peinlreflamand. Il fit des memoires pour se defetidre de leurs ca-lomnies et pour juslifier son ouvrage; enfin, las de toutes cesüisputes, etc.il s’en relourna ä Rome en 1642.
2 Watelet, parlant de Lebrun : ct Sa conduite orgueilleuseet despolique avec les artistes fut expiee par les morlifica-tions quil dprouva sur la fin de sa vie, et que laicausa Mi-"gnard, qui lui dtait inferieur.»