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Rapport présenté au ministre secrétaire d'Etat des Finances par le commissaire royal du cadastre
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lésés, quoique je vienne Je prouver le contraire, faudrait-il pour cela refuser à lamasse immense des propriétaires qui nont ni acquis ni vendu, une justice quilsréclament depuis vingt-cinq ans! Faudrait-il tromper lespoir de ceux qui, enacquérant, ont compté que le cadastre égaliserait tôt ou tard leur imposition!

Mais si le cadastre doit léser tant de capitalistes, pourquoi donc tout lemonde le réclame-t-il ! On verra dans la troisième partie de ce rapport lenombre de propriétaires qui ont demandé le cadastre, et dont plusieurs ontacquis depuis quelques années : pourquoi sollicitent-ils ce qui est si contraire àleurs intérêts !

En raisonnant dans le sens même de lobjection, on peut répondre encoreque ce nest point la personne qui doit, cest la propriété. Si la propriété est plusgrevée quelle ne doit lêtre, elle se trouve dépréciée, parce quelle nest vendueet achetée, ou portée dans un partage de succession, quà raison de son produit:si elle est trop peu imposée, elle est vendue plus quelle ne vaut.

Il est important que les propriétés ne soient pas altérées dans leur valeur vé-nale par la surcharge ou laffaiblissement de limpôt. Les propriétés doivent,comme la monnaie, circuler pour leur valeur intrinsèque.

Ce nest quune gradation dimpôt bien mesurée sur leurs produits, qui peutétablir cette égalité proportionnelle dans leur circulation. Or, il est impossibledétablir cette gradation sans avoir la connaissance de chaque fraction de pro-priété ;..et cette connaissance ne peut être acquise que par le cadastre parcellaire.

Enfin, la Charte constitutionnelle porte, article 2, que «les Français contri-» buent indistinctement , dans la proportion de leur fortune, aux charges de» lÉtat. » Cest la plus forte réponse à cette objection.

Et, pour lui porter le dernier coup, je ferai observer quelle tend à repoussernon-seulement le parcellaire, mais toute autre opération qui aurait pour butde rectifier la répartition. Cependant la Chambre des Députés est unanime sur unmode quelconque de rectification. Comment pas une voix ne sélève-t-elle enfaveur de ces capitalistes sur le sort desquels ceux qui présentent cette objectionsemblent vouloir nous intéresser ! Cest que cette objection na absolument riende réel.

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