( «s )
1805. Il fut enjoint à tous les propriétaires de donner la déclaration de la con-tenance de chacune des propriétés ou parcelles qu’ils possédaient; mais il se trou-vait que les contenances déclarées ne cadraient jamais avec celles indiquées parJe plan.
Une masse de terres labourables, par exemple, mesurée et reconnue conte-nir 4 ° arpens, était divisée entre dix propriétaires : en additionnant les por-tions que chacun d’eux déclarait posséder dans cette masse, on n’arrivait qu’à35 arpens ; nouveau mesurage qui confirmait la contenance de 4o arpens, nou-vel appel aux propriétaires pour rectifier leurs déclarations : tous leurs efforts,toute leur bonne foi, étaient inutiles ; eux-mêmes ne connaissaient pas l’étendueexacte de leurs biens; ils ne pouvaient la trouver dans leurs titres d’acquisi-tion, tous ces actes spécifiant seulement tant d’arpens, tant de perches environ,sans garantie de contenance.
Ce nouveau mode de cadastre avec arpentage par masses et expertises par-cellaires, fut d’abord mieux accueilli que le précédent ; mais bientôt les pro-priétaires se rebutèrent par la difficulté même de fournir des déclarationsexactes ; de tous côtés on demanda l’arpentage parcellaire.
Le Gouvernement persista deux ans dans le même système.
1807. Cependant les communes où ce cadastre demi-parcellaire s’exécutait, ré-clamaient vivement l’arpentage détaillé; les plus riches offraient d’en acquit-ter la dépense; plusieurs traitèrent, sans y être autorisées, avec des géomètres;enfin, des conseils particuliers d’arrondissement, des conseils généraux de dé-partement, demandèrent le parcellaire.
Convaincu par ce vœu presque général, le Ministre des finances sentit lanécessité de revenir à ce mode, le seul juste, 'le seul exécutable. Le Gouver-nement balançait encore ; il fallait perdre quinze mille plans de masses, cinqans de travail, et plusieurs millions de dépense.
Les personnes qui proposent aujourd’hui de reprendre ce qu’elles nommentfe cadastre par masses, doivent convenir que, si quelqu’un était intéressé à leconserver, c’était le Ministre qui l’avait essayé pendant cinq ans; elles doiventpenser qu’il fallut les motifs les plus forts, les raisons les plus évidentes, laconviction la plus complète, pour le décider à revenir sur ses pas et à pro-poser de si grands sacrifices ; et c’est un acte de courage qui doit lui fairehonneur,
Il résolut cependant de s’étayer de l’opinion des conseils généraux; et, comme
leur