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On sait qu’en 1791, lorsque les répartiteurs firent les premières matrices, 1803.ils évaluèrent très-haut, d’abord les bois dont la nation7 qui -en était encorepropriétaire, payait la contribution, ensuite leur ancien seigneur, par l’effetde l’animosité qu’on avait inspirée aux habitans des campagnes contre laclasse noble , enfin les propriétaires qui, ne résidant pas dans la commune,ne pouvaient défendre leurs intérêts.
Les trois particuliers ci-dessus, l’ancien seigneur, le non-domicilié, et l’ac-quéreur de bois, se trouvaient donc très-surchargés, quoique la commune enmasse fût ménagée. Si on augmente d’un quart le contingent de cette com-mune, ils supporteront leur part de cette augmentation; leur surcharge primi-tive augmentera; et c’est ainsi que l’arpentage et l’expertise par masses empirentles inégalités de la répartition générale.
Cette opération était diamétralement opposée aux vœux des communes : elletendait à faire connaître au Gouvernement leurs revenus, et ne leur donnait pas lesmoyens de répartir également leurs contingens d’impôt entre les propriétaires.
Les communes auraient préféré une opération inverse, qui, comme en Piémont,aurait égalisé la répartition individuelle et dérobé au Gouvernement la connais-sance du revenu total.
Enfin, j’ai supposé, par concession, que l’opération par masses ferait connaîtreles revenus des communes ; mais l’expérience a prouvé le contraire : plusieurs com-munes ont été successivement cadastrées des deux manières; l’arpentage et l’exper-tise parcellaires ont prouvé toute l’inexactitude, toute la défectuosité de l’arpentageet de l’expertise qui avaient été exécutés antérieurement par masses de cultures.
Ce système, nommé depuis très-improprement un cadastre par masses, excitales réclamations les plus vives. O11 n’y vit qu’une opération purement fiscale, qui,sans rendre justice aux contribuables, ne tendait qu’à donner des moyens d’aug-menter les contributions; et ce reproche pouvait paraître alors aussi fondé qu’ill’est peu aujourd’hui, lorsqu’on J’applique au cadastre parcellaire.
Les géomètres éprouvèrent les plus grandes difficultés : on les poursuivit,on les maltraita, on arracha leurs jalons, on brisa leurs instrumens ; et lecadastre, si recherché, si demandé aujourd’hui, dont les communes offrentd’avancer les frais, inspirait alors une terreur générale.
Cependant le Gouvernement, qui n’avait jamais perdu de vue la nécessité jBoj.de rectifier la répartition individuelle, tenta d’y parvenir par la confectiond expertises parcellaires faites sur plans par masses tde cultures.