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L I V R E X. 3 4 j
* A » Cetras Chalcedonien fut le premier qui fît une bafe de Charpenterie portée fur des C H. XIX,* * roues. Sur cette bafe il éleva 1 un afTemblage de montans Se de traverfans dont il fit'une Arrttlaria. ?*-
hune , dans laquelle il fufpendit un Bélier, & il le couvrit de peaux de bœuf, afin de met- &•?**.tre en feureté ceux qui travailloient abattre la muraille. Depuis ce temps-là on appella
* * cette hutte une Tortue à Bélier , 4 à caufe quelle n avançait que s fort lentement. Ces
fortes de machines ayant eu ainfi leurs premiers commencemens , Polydus ThefTalien lewrdonna la dernière perfection, au fiege que le Roy Philippe fils d'Amyntas mit devant Bi-fance, & il en inventa de plufîeurs autres fortes dont on fe fervoit avec beaucoup de faci-lité. Il eut pour difciples Diades & Chereas qui fervirent fous le grand Alexandre. Dia-desa laifTé quelques écrits dans lefquels il pretend eftre l'inventeur des tours roulantes,& il dit qu'il les faifoit porter démontées quand l'armée marchoit. Il ajoute que c'elï
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ftrudture.
Il dit que la plus petite tour qui fefaffe, ne doit pas avoir moins de foixante coudéesde hauteur , & dix-fept de largeur ; & qu'il faut qu'elle aille en étrefïiiTant 3 de forte que lehaut n'ait de largeur que la cinquième partie de l'empâtement. Il veut que les montans
mens, Se c'eftoit avec cette machine, par exemple, quel'Aurore enlcvoit Tithon. Le Corbeau de Polybe , eftoitpour accrocher les navires des ennemis. La defeription quecette H ifto rien en fait ,eft aftêz obfcure , Se ce que l'on ypeut entendre, eft qu il y avoir une colonne fur laquelle uneéchelle tournoit, Se qu'au bout de l'échelle eftoit une pouliequi foûtenoit une corde, à laquelle eftoit attaché un cro-chet de fer très- pefant, & que l'on laifloit tomber dans lanavireennemy. Il eft dit que la machine fe pouvoir tour-ner aifement de tous les coftez fur la colonne , que de»moifes embraflbient par le milieu, à ce que l'on peut juger,pour l'empefcher de vaciller. La Grue dont on fe fert enFrance pour enlever les fardeaux , êdespofer aifement oùl'on veut, Se qui a efté décrite cy-devant au chapitre cin-quième de ce livre, femble eftre quelque chofe de femblableà cette machine: car il y a au milieu une colonne A A,fur la-quelle eft une manière d'échelle,car les trous qui font dans lapiece C B D , font faits pour mettre des chevilles qui fer-vent d'échelons pour monter & aller porter un cable à la pou.lie qui eft au haut de la machine.Cette échelle eft auffi afrèr..mie par des jmoifes B B, C C, qui embraflènt la colonne parle milieu, eftant échancrées comme il fe voit au droit dçG,& jointes enfemble par des boulions Se des clayettes.
i, C;tras Chaicidonien, Athénée dans fonlivre des machines , dit que 1 inventeur de la bafe de cettemachine eftoit Géras Carthaginois. Il dit auffi que cet Ar-chitecte ne fit pas fon Bélier fufpendu, comme Vitruve l'ex-plique, mais qui! eftoit porté par plufîeurs hommes qui leoouffoient. Il dit encore que quelques autres le faifoientV" couler fur des rouleaux. Au refte j'eftirne que Turnebe a rai-fon de croire que Vicruve a pris d'Athénée la plus grandepartie de ce ou'il rapporte icy des machines de guerre;quoyqu Cafa bon tienne qu'Athénée a vécu long-temps'depuis Vitruve , fe fondant fur ce que Trebeilius Polliorapporte que l'Empereur Gallien fit fortifier plufieurs villespar deux Architecte, Byfanttns ,dont l'un s'appelloit Cleo-damus& l'autre Athénée. Vofilus fuit l'opinion de Turne-be , parce que le livre d'Athenée eft dédié à Marcellus, quivi voit avant Vitruve.
2. UN ASStMBLAGE DI MONTANS ET DE
traversans. Ce que Vitruve appelle Arreiïaria ,Athénée l'appelle Scele , c'eft-à-dirc ïambes, il y a appa-rence que le mot "-cala eftderivé de ce mot Grec , parce que1 échelle eft compofée de deux montans comme de deux jam-bes , & de plufieurs échelons en travers.
3. Une hutte. Je tourne ainfi le mot vara , fuivantl'opinion de Baldus, qui croit que vara vient de varus quifignifie courbé : Se Saumaife dit que c'eft de là qu'eft dérivéle mot Francois fe garrer , comme qui diioït guar are au lieude varare ; ainfi que Cjuefpe eft dit du Latin vefpœ. C'eftpourqnoy il m'afemblé qu'une couverture courbée, fous la-quelle on fe garre, pouveit eftre appellee une hutte.
4. A cause cmi'e l l e n'a vançoit sa beso-gne. Vitruve a pris la raifondu nom de Tortue dans Athé-née Vegece en donne une autre, qui eft la reflemblanceque cette machine a avec l'animal dont elle porte le nom,qui avance la tefte hors de fon écaille , Se qui la retire de-dans de mefmeque le bourdu Bélier s'avance Se fe retirehors de la machine. On peut dire auffi que fon ufage luy afait donner ce nom, parce qu'elle fert de couverture & dedéfenfe tres-forte & tres-puiflante contre ce qui peut tom-ber d'enhaut, & qu'elle met en feureté ceux qui font de-dans , de mefme que la Tortue l'eft dans fon écaille.
5. Fort lentemen T.Plutarque dit que l'Helepoîede Demetrius eftoit un mois à faire un ftade, c'eft-à-direprés de deux ans à faire une lieue.
6. Le Corbeau démolisseur qji e i/o haïpille aussi Grue. Il ne paroift point par les def-criptions que nous trouvons dans les anciens de la machi-ne appellee Corbeau, qu'elle puft fervir à démolir. J. Pol-lux & Polybe parlent d'une machine que l'on appelle Grue,Se d'une autre que l'on appelle Corbeau, dont la ftructureSe les ufages en general femblent eftre pareils, l'une & l'au-tre eftant faite pour accrocher, attirer, Se enlever : car laGrue de Pollux fervoit aux Theatres pour faire lesenleve-