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qui fait baftir , d'employer la brique, le moilon , ou la pierre de taille. Car enfin on juge Aen trois manières des ouvrages j (Ravoir felon que l'onenconfidere ou le Travail, ou laMagnificence, ou la Difpoiition. Quand on voit un ouvrage où on a employé tout ceque la ncheffe d'une perfonne puiffante peut fournir, on loue la Dépenfe : fi on remarquequ'il eft bien finy Se bien recherché , on eftime l'Artilan qui y a travaillé ; Mais quand ileft recommandable par la beauté de fa proportion , c'eft alors que Ton en admire l'Archi-tecte. Il faut pourtant qu'il feache que pour bien reiimr il ne doit pas négliger les avis queles moindres Artifans, & ceux-mefmes qui ne font point de fa profefïion luy peuventdonner : car ce ne font pas les feuls Architectes, mais généralement tout le monde, quidoit juger des ouvrages. Il y a néanmoins cette difference que ceux qui ne font pas Archi-tectes ne peuvent juger de l'ouvrage qu'après qu'il eft achevé; 7 Mais l'Architecte connoift *la beauté d'un Baftiment dont il a rormé l'idée , avant mefme que d'avoir commencé àBl'exécuter.
Ayant donné les règles qu'il faut fuivre dans la conftruclion des edifices particuliersle plus clairement qu'il m'a efté polfible, il me refte à parler des ornemens qui les peuventembellir, &. des chofes qui les confervent long-temps & les empefehent de fe gafter. C'eftce que je pretens faire dans le livre qui fuit.
«jui foutient la terre auxbaftimens foucerrains , ainfique le•ex te l'explique enfuitc.
7. M a i s l'A rchitecte coNNoiST. Jeiie fçayfi cet endroit de Vitriwe eft caufe de la vanité de la plufpartdes Archite&es qui veulent que l'on croye qu'ils n'ont quefoire de modèles que pour faire comprendre à ceux pourqui ils baftillènt & aux Ouvriers, quelle eft leur penfee, &non pas pour U rectifier & pour la corriger : mais il eft cer-
tain que la prefomption que Vitruvc veut icy qu'un Ar-chitecte ait de fa capacité , n'eftoit point dans l'efprit d'undes plus célèbres Architeftes denoftre lîecle , qui non feu-lement n eftoit point allure des defleins qu'il avoit long-temps eftudiez & méditez mais qui après en avoir fait fairedes modèles, abattoit juiqu'à deux ou trois fois les bafti-mens lors qu'ils eftoient achevez pour y corriger des de- r*fauts qu iln'avoit peu prévoir auparavant.
PREF ACE.
LE SEP TIE'ME LIVRE
DE VITRUVE.
PREFACE.
IL faut avouer que nos Anceftres ne pouvoient rien faire déplus fageny de plus utileque de mettre par écrit leurs belles inventions.Car c'eft ce qui nous en a confervé la mé-moire : & il eft arrivé que chaque fîecle ayant adjoûté quelque chofe aux connoiifances desfiecles precedens,les Arts & les Sciences ont efté portées à la perfection où nousles voyons Dmaintenant. On ne fçauroit donc avoir affez de reconnoiffance pour ceux qui ne nous ontpoint envié par leur filence les belles connoiifanccs qu'ils ont eues ; mais qui ont pris leloin de les communiquer à leurs defeendans. Car on auroit éternellement ignoré ce quis'eft paffé à Troye, & nous ne fçaunons point quelles ont efté les opinions de Thaïes , deDemoçiïte x d'Anaxagore | de Xenophanes & de tous les autres Philofophes touchant leschofes naturelles, ny par quels préceptes Socrate, Platon, Ariftote , Zenon, Epicure , &les autres ont réglé les mœurs & toute la conduite de la vie j Enfin jamais nous n'aurionsentendu parler des actions de Crcefus, d'Alexandre , de Darius, ny des autres Rois, fî nosAnceftres n'euffent pris le foin d'écrire des livres qui confervaifent la mémoire de toutesces chofes pour en faire part à toute la pofterité. £
Mais fi ces grands perfonnages mentent beaucoup de louange, il faut avouer que l'onjje peut affez blâmer ceux qui ont dérobé leurs écrits pour en paroiftre les Auteurs, &: quel'envie qui les a portez à vouloir fupprimer les ouvrages d'autruy pour s'en faire honneur,demande quelque chofe déplus que le blâme, & mérite une punition tres-fevere. L'on
Voit des exemples d'une telle punition parmy les anciens, & je crois qu'il n'eft pas hors depropos de rapporter icy quel a efté le jugement qui fut autrefois rendu con
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jugement qui rut autrerois rendu contre ceux qui letrouvèrent coupables d'un tel ctime.
1 Les Rois Attahques qui aimoient extrêmement les belles lettres, ayant dreffé à Per- *
1-.
Lis Rois A t t a i, i qu $ s. Plutarque écrit que cette Bibliothèque des Rois de Pergame eftoit de deux cent mille