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Les dix livres d'architecture de Vitruve
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146
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Chap.VIII.

PREPACE.

Ï46 VITRUVE

ACHAPITRE VIII»

Comment les Autels des 'Dieux doivent ejlre bâtis,

LEs Autels doivent eftre tournez vers l'Orient , & ils feront moins hauts que les Ima-ges des Dieux, afin que « felon la différente dignité de chaque Dieu elles foient éle- *vées audeffus de ceux qui leur font des prières & des facrifices : la difference de leur hau-teur doit eftre telle que les Autels de Jupiter & des autres Dieux du Ciel foient fort hauts,& que ceux de Vefta & des Dieux de la Terre & % de la Mer foient plus bas : & ainfi les *Autels feront placez dans les Temples felon les loix de la Religion,

Apres avoir traité de l'ordonnance des Temples dans ce Livre, je veux parler de laBdiftribution des autres Edifices publics dans celuy qui fuit.

1. Selonla différente dignité' de cHA- fçavoir celle d'embas, eftoit de pierre, & l'autre de cendre*c^u e Dieu. Paufanias dit que l'Autel de Jupiter Olym- 2. De la mer. Mon manuferit a Vefts, , métrique Ter-pien eftoit élevé fur des degrez , qui avo : ent parle bas cent ru , au lieu de Veftm,, Terra Manque , &c. qui fetrouvedansvingt-cinq piez de tour; & que la moitié de ces degrez , tous les autres exemplaires.

CINQU IEME LIVRE

D E V I T R U V E. C

P R E F A C E.

BIEN Qji'i L foit vray que ceux qui ont compofé de grands ouvrages remplis de bel-les penfées & d'excellens préceptes, ayent toujours acquis beaucoup d'eftime,& queje peuffe bien aufli prétendre que mes études feroient capables de me fournir affez de ouoiamplifier mes écrits, de étendre ma reputation> il y a néanmoins des raifons qui font quecela ne me feroit pas aisé qu'on le pourroit croire. Car traiter de l'Architecture , écrireuneHiftoire,&compofer un Poème, font des chofes bien différentes. I L'Hiftoire de *foy attache & divertit le Le&eur, l'entretenant toujours par l'attente de quelque nou-velle avanture Dans un Poëme la mefure & la cadence des vers & les ornemens du lan- Dgage qui eft particulier à la Poëfîe, avec les entretiens des différentes perfonnes que l'ony introduit, rempliffent l'efprit & les fens d'une douceur dont on ne fe dégoûte pointquelque long que foit l'ouvrage. Il n'en eft pas ainfi des traitez d'Architecture, les ter-mes , dont on eft obligé de fe fervir, font la plufpart étranges & éloignez de l'ufageordinaire, qu'il eft impofîible que le langage n'ait beaucoup d'obfcurité : de forte quequi voud'oit expliquer des préceptes qui font fort vagues par de longs difeours compo-sez de termes que l'on n'entend point, ne produiroit qu'une confufion dans l'efprit desLecteurs, qui demandent dans ces fortes de matières peu de paroles &c beaucoup de

clarté.

Eftant donc contraint de me fervir de termes peu connus pour expliquer les mefuresdes Edifices , je fuis refolu d'abréger mon difeours autant qu'il me fera poflible, afin de £ne charger pas la mémoire de ceux qui s'appliquent à cette feience. Outre que je confîde-re que les affaires publiques tk particulières occupent tellement tout le monde dans cetteville, qu'il y a peu de perfonnes qui puiffent avoir le loifir de lire mon Livre, s'il n'eft biencourt.

C'eft pour cette raifon que Pythagore & ceux de fa fecte fe fervoient des nombres cu-biques pour enfeigner leurs préceptes, & qu'ils reduifîrent leurs vers l au nomble de ti6.mais en forte qu'ils n'en mettoient pas plus de trois à chaque fentence. Or on fçait que le

1. L'Histoire de so y. Pline dans une de fes lettres ne fçauroit plaire à moins que d'eftre autant excellenteà Tacite qui l'exhortoit à écrire l'Hiftoire , eft de mefme qu'elle le peut eftre. Orationi & carmini eft parva gratia, r.ififentiment queVitruveen ce qui regarde l'Hiftoire, fçavoir eloquentiafit fumma.

que fa matière la rend toujours divertilïànte, quelque for- 2. Au nombre de deux cent seize. Lesme qu'on luy puiiTe donner -, mais il ne demeure pas d'ac- Pythagoriciens eftimoient ce nombre, parce qu'il vi-ntcord qu'il en foit de mefme de la Poefie, & il pretend qu'elle de 6 } qui eft le premier des nombres parfaits, ainfi qu'il a,

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