LIVRE V. w
a * ,0 des machines Hydrauliques faites en limaçon, & par des roiies, ou par des Tympans, Chap XIIon vuidera l'eau qui eft entre ces deux digues ; ôc dans cet efpace après qu'il aura efté def-feiché, on creulera les fondemens jufqu'au folide fi c'eft terre, & on les baftira de libagesjoints avec chaux & fable, les faifant plus larges que ne fera le mur qu'ils doivent foufte-nir. Si le lieu n'eft pas ferme on y enfoncera des pilotis d'aune demy-brûlez, ou d'olivier,ou de chefne, dont les intervalles feront remplis de charbon, comme il a elle dit en par-lant des fondemens des Theatres ôc des autres murailles. Là defïus on élèvera le mur depierres de taille dont celles qu'on poiera en boutiife leront les plus longues qu'il fera pof-îîble , afin que celles qui font entre les boutiifes , foient plus fermement liées 5 on rempli-ra de mortier fait de chaux ôc de cailloux ou de maçonnerie ce qui fera en dedans du mur :cette maif; aura allez de force pourioûtenir une tour il on la veut bâtir dejfus.
Cela eftant achevé il faudra prendre-garde en baftiffant les Arfenaux pour les navires,
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qu'ils foient tournez vers le Septentrion, car l'afped du Midy à caufe de la chaleur eft fu-jet à engendrer ôc à entretenir les vers ôc les autres beftioles qui carient le bois. Il faut aufïîle donner de garde de les couvrir de bois, de crainte du feu : leur grandeur ne fçauroit eftredéfinie, mais elle doit eftre capable de contenir au large les plus grands vaiffeaux.
Apres avoir écrit dans ce livre tout ce que j'ay jugé eftre neceifaire ôc utile aux Villes ence qui regarde la perfection des Edifices publics, je me propofe de traiter dans celuy quifuit, des utilitez ôc des proportions des baftimens qui fe font pour les particuliers*
croyent feulement av'jlhi eft le Phycos des Grecs, quoyque Pline allure qu'il n'y a point de mot Latin pour lignifierle Phycos pareeque c'elc un. arbnflèau, & opLAlgàtk uneherbe. Anguillare dit que quelques-uns ont cru qu'^7 •*~, eft la Typhi àz Diofcoride t fçrvoiï cette efpece de jonc qui*-■ a des irafles au fommet, mais il declare que ce n'eft pointfon op.nion. je croy néanmoins qu'.lle a quelque proba-bilité eftant fondée far le texte deVitruvc; car il fe trouveque les Anciens fe fervoient des feuilles de ces joncs à maf-fes pour faire des nattes & des matelats , & elles y font fortpropres fi on les prend avant que le jonc ait jette fa tige ; deforte aue je croy que les Ptrôna, M rones , ou Hcrones,foit qu'orties interprète des facs, des mannequins , ou des
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LES IXIE'ME LIVRE
V I T R U V E.
P R E F A C E.
cabats, eftoient des pacquets de terre graflê enveloppée deces feuilles de joncs qui iont longues d'un pié & quelque-fois de deux, larges d'un doit, dures & pliables : parce queces fuéilles négligemment entrelacées fervoient à empef-cher que la craye ou terre grafle ne vint à fe dillbudre troppromptementdans l'eau : & quand on peftriflbit ces paquetsaprès que les batardeaux eneftoient remplis , ces herbes quife rompoient & fe délioient, n'empefehoient pas que les pa-quets de craye ne fe mefl iftent &c ne fe joignirent enfemblcpour faire le courroy du baftardeau.
16. Des machin ts h y dr a ulique s. Ces machi-nes font expliquées aux chapitres 9 & 11 du to livre.
VR.EFACB.
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ON dit que le PhiîofopheAriftippedifciplede Socrate s'eftant fauve d'un naufrage1 en ï'Iile de Rhodes, ôc ayant apperceu des figures Géométriques tracées fur le fa-ble du rivage, dit en s'éenant à ceux qui eftoient avec luy, ne craignons rien, je vois desveftjges d'hommes : Ôc que là s'en allant à la Ville, il entra dans les Echoles publiques, oùayant difputé de la Philofophie,il fe fit tellement eftimer,que la Ville luy fit des prefens ca-pables de l'entretenir honneftement & ceux qui eftoient de fa compagnie. Ces gens ayantenvie de retourner en leur Pa'fs, & s'eftant enquis de ce qu'il vouloit mander à les enfans;iîles chargea de les avertir qu'ils fongealtent de bonne heure à acquérir des biens qui fuf-I lent de telle nature, que s'il leur arrivoit quelque jour de faire naufrage, ces biens pûlfentnager &c venir a terre avec eux : parcequ'il avoir reconnu qu'on ne fe devoir affeurer dansla vie que fur ce qui n'eft point îujet aux changemens que la fortune, le renverfement desRépubliques, & les malheurs de la guerre peuvent apporter. Theophrafte qui eftoit aufïlde cet avis confeilloit de fe fier plus fur la doctrine, que fur les richeffes, ôc difoit qu'en-tre tous les hommes il n'y a que ceux qui font fçavans qui ne foient point étrangers hors deleur païs, qui après avoir perdu leurs amis _, ne manquent point de perfonnes qui les ai-ment , qui font citoyens de toutes les Villes, ôc qui dans les dangers les plus terribles fonttoujours fans mal ôc fans crainte: au lieu que celuy qui fe fie fur le bon-heur de fa fortune,
1. En i/Isle de Rkodes. Galien rapporte cette fcliftoired'Ariftippe, &dit que ce fut prés de Syracufe qu il fit naufrage.