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^-, -yVTTT ' e moyen des leviers qu'on paflbit à chacun de leurs boutss^H.AVlll. bandoientles cables qui dévoient élever la pierre , laquellecitant élevée un peu pins haut que l'endroit oùelledevoitefire pofée, fut pouflée avec toute la machine au deflùsde ce endroit, ce qui fe fit en faifant avancer le fécondplancher qui couloir fur d'autres rouleaux pofez entre lesdeux planchers ,
Or la difficulté elloit de faire que les cables quiclevoientla pierre fuflènt toujours également bandez , car on ne pou-voit pas eflre aflèuré qu'il y eult allez d égalité dans la
froflëurdes treuils nydans celle des cables pour faire queien qu'en tournait tous les treuils enfemble , il fuft cer-tain que les cables tiraflënt toujours tous également, & queles uns ne fulTent pas quelquefois lafehes pendant que lesautres eftoient bandez : joint que des cables d'une mefmegroflèur peuvent preflèr &r s'alonger l'un plus que l'autre.Pour remédier à cet inconvenient , le Maiftre eftoit fur lapierre pendant qu'elle montoit , & il y marchoit commedans une gallerie pour toucher tous les cables l'un aprèsl'autre 3 afin que connoiflànt par là celuy qui eftoit plus ban-dé que les autres, il ordonnait que le treuil qui bandoit cecable, ceffaft d agir pendant que les autres continuoient àeftrebindez. Pour cet effet les treuils avoient chacun leurnom , & il y avoit ordre d'obier ver un grand filence, afin«pie les commandemens peulïênt eftre entendus. On au-roit peut-eftre puobmettre quelqu'une de ces precautions,mais on crut qu'en une chofe je cette importance on nepouvoit prendre allez de feuretez.
Dans cette veuc&dans la crainte qu'on pouvoit avoirdene pas connoiftre allez exactement les différentes tentionsdes cables & de manquera y remédier , j'avois propofé unemanière qui fut jugée tout-à fût infaill ble , Se fuivant la.quelle il eftoit impoffible qu'un endroit de la pierre fuft fou-levé qu'elle ne le fuft également par tous les autres. J'enfis faire un modèle qui eft au Cabinet des machines de laBibliothèque du Roy : car le modelle de cette machine efttel que quoyqu'on rafle plier l'atlèmblage de charpenterie<jui foutientla pierre en appuyant, foit par lemilieu, foitparles bouts, la pierre qui y eft f ifpenduë en douze endroits nepeut plier, parce qu'elle ne fçauroit eftre tirée Se fouteniieen un endroit plus qu'en un autre , ainii qu'elle auroit eftédans l'autre machine fi quelque effort avoit fait plier l'af-femblage de charpenteiie : de forte que dans ma machineiln'auroit point efté necefTaire de fe mettre en peine d'ob-ferver les différentes tenfions des cables , parce qu'ils feferoient toujours entretenus d'eux-mefmes dans une éga-le tenfion. Pour faire voir par experience que cela eftoitainfî,jefis que le modèle de la pierre eftoit difposc deforte que quand hors delà machine, on lefoutenoit par lesdeux bouts ou feulement par le milieu, il feplioit en arcpar fon propre poids, ce qui ne luy arrivoit pasquand ileftoit dans la machine , quoyqu'on nft plier la machine : cequi faifoit voir que quand quelque accident auroit fait plier
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la machine, la pierre ferait toujours demeurée droite Se fan'auroit point plié.
Cette machine eftoit comme l'autre un aflemblage decharpenterie qui formoit comme un toit. La pierre quieftoit fous ce toit avoit fix crampons de chaque cofté,à chacun defquels eftoit attachée une poulie, & fui le faiftede 1 aflemblage il y avoit auffi des poulies au droit de l'en-tredeuxdes crampons. Un cable attaché au premier cram-pon àcoftéd'undes bouts de la pierre , paflant fur la pre-miere poulie du faifte, alloit palier fous la premiere poulieattachée au feconderampon de l'autre collé, Se remontantfur la féconde poulie du faifte alloit palier fous le fécondcrampon de l'autre cofté, auquel la premiere poulie de cecofté-là eftoit attachée , & partant tniuite fur la troifiémex>ulie du faille defeendoit comme la premiere fois pour paf-erfous la féconde poulie de l'autre ; Se ainlî le mefme ca-ble continuoit à aller d'un cofté à l'autre paflant fur les pou- 1lies du faifte, Se fous celles de la pierre jufqu'au bout-, demanière que les poulies d'un des codez de la pierre eftoientattachées à celles de 1 autre, comme les ceillets d un descollez d'une vefte font attachez aux ceillets de l'autre coltéar le moyen d un lacet. Cela eftant ainfi, il eftoit impoflï-
e qu aucune des poulies attachées a la pierre fuft tirée plusfortement qu'une autre, le cable gliffant par leur moyen: ceque l'expérience demontroit lors qu'on faifoit plier le mo-dèle de la machine par quelque effort : car alors le modèledelà pieire neplioit point, & on voyoit feulement tournerles poulies à caufe que le cable qui s'élevoit vers la partiede la machine qu'on avoit fait élever par l'effort, au lieud élever la poulie fous laquelle il paflbit y couloit feulement,Se en fui te coulant dans toutes les autres poulies, faifoit quele tirement fe diftribuant à toutes les poulies, fon effortagifloit également fur toute la pierre. r*
Pour élever toute la machine à laquelle la pierre eftoitattachée j'employois encore le mefme principe mettantdes poulies dans la [ outre qui faifoit le fa.ftage Se d'autresdans une autre poutre pofée au deffu<;, de forte qu'un mê-me cable eftant pallë dans toutes ces poulies, on pouvoir;avec peu de force élever la machine fans qu'elle fuft endanger d'eftre tirée à un endroit plus qu'à un autre , de lamefme manière que la machine ne pouvoit tirer la pierrepar un endroit plus fortement que par un autre. Et parcequ'il auroit elle difficile d'avoir un cable allez Ion? & aflëxfort pour faire l'élévation tout d'un coup, je fuppofois qu onpartageroit toute l'élévation,& qu'on la feroit à plufieursreprifes , foûtenant la pierre & la tenant arreftée fur despoutres qu'on auroit mifes delfous , pendant qu'on auroitporté la poutre d'audeflus à un étage plus haut. Toutes les ^chofes qui concernent ces deux machines font rendues ™intelligibles parles figures de la planche précédente, dans1 explication de laquelle on trouve beaucoup departicula-ritez qui n'ont point efté mifes dans cette Notte pour évi-ter les redites inutiles.
Ch.XIX.
CHAPITRE XIX.
De ce qui fert à battre ou a défendre une place , & en f rentier lieu de l'invention
du Bélier , & en quoj confijte cette machine.
AP R e's avoir traité de ces chofes le mieux qu'il m'a efté pofïîble 3 il me refte à expli-quer par quelles machines on peut prendre ou défendre une ville. Le Bélier, à ce ©c[ue l'on dit, fut premièrement inventé en cette manière.
Lorfque les Carthaginois mirent le fîege devant Gades,ils jugèrent à propos de démo-lir promptement un chafteauqui avoit efté pris : mais n'ayant point d'outils propres pourcela , ils fe fervirent d'une poutre, que plufieurs hommes foûtenoient de leurs mains &du bout de cette poutre frappant le haut de la muraille par des coups redoublez, ils fai-foient tomber les pierres qui eftoient aux rangs d'enhaut : ainlî allant d'afïife en afïïfe ilsabbatirent toutes les fortifications Apres cela un Charpentier de la ville de Tyr, nomméPephafmenos, inftruit par cette premiere experience , planta un mas, auquel il en penditun autre comme une balance, avec lequel par la force des grands coups que le mas donnoitallant & venant, il abatit le mur de la ville de Gades.