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Les dix livres d'architecture de Vitruve
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329
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LIVRE X. 3l9

A Tympan. Cependant à méfuï'e que le Tympan qui eft fur le champ, fera Ton tour, & qu'il C H. XI Y*amènera les cailloux au droit du trou qui eft à fon étuy, ils tomberont par le conduit &8 feront entendre par le fon qu'ils rendront, le nombre des milles que l'on aura faits furl'eau.

Les machines dont j'ay parlé, jufqu à prefent font celles dont en temps de paix on peuttirer quelque utilité , & qui fervent pour le plaiflr : Et il me femble que j'ay expliquéallez clairement de quelle manière elles doivent eftre conftruites.

terre, fçavoir que le Tympan en couteau fait un tour pen-dant que les roues ducarroflè en font 400.

8. Et feront entendre r a r le son qu'i 1 srendront. Pancirole dans fon livre des anciennes &des nouvelles inventions, dit que l'invention de nos hor-

p loges eft prife fur cette machine : &c en effet les roues & lespignons qui font dans l'une & dans l'autre de ces machinesfont les mefmes effets, qui font de mefurer le chemin dansles unes & le temps dans les autres, par la proportion desprogreffions que les roues & les pignons ont les unes auxautres , & qui eft toujours certaine à caufe de l'engagementque les dents d'une roue ont dans celles d'un pignon: car cetengagement fait, par exemple, qu'un pignon qui a dix dentsfait necellai rement faire cinq tours à la roue, au pivot delaquelle il eft attaché , quand il eft remué par une roue qui a50 dents, il eft encore vray que cette roue qui a des trouspour mettre de petites pierres ,eft le modèle fur lequel a eftéprife l'invention de la roue de conte des horloges fonantes :& il y a apparence que les anciens auroient appliqué auxhorloges ces inventions dont ils ne fe fervoient que pourmefurer le chemin j fi leurs heures avoient efté égales com-

(2 melesnoftres. Car l'inégalité de leurs heures dans les hor-loges dependoit d'une difpofition particulière du Cadran, la-quelle il falloir avoir foin de changer tousles jours pour fai-re que les heures fuiïênt inégales , quoique le mouvement

de l'horloge fut toujours égal , ainfi qu'il a efté expliqué ci-devant dans les Clepfydres ; & il auroit falu changer auflïtous les jours la difpofition de la relie de conte, qui contientles cailloux ; ce qui auroit efté fort difficile. Il y a néan-moins fujet de croire que les anciens avoient quelquechofe dans leurs horloges quidonnoit moyen à l'oreille auffiibien qu'ai' ceil deconnoiftre l'heure, tant par ce qui a efté ditci-devant au neuvième chapitre du neuviémelivre , feavoirque leurs horloges jettoient des cailloux pour faire du bruiten tombant dans un baffin d'airain -, que de ce qui eft remar-«que par Athénée , que Platon inventa une horloge pour lanuit : car il femble que ce n'eftoit rien autre chofe qu'unehorloge qui faifoit connoiftre à l'oreille ce que l'obfcuntéde la nuit ne permet pas d'eftre connu des yeux. Ft il eft dieau mefme endroit que cette machine eftoit compofée deplufieurs fluftes.

Aimoin parle d'une horloge à peu prés de cette manière,qui fut envoyée à Charlemagne par le Roy de Perfe : il dieque c'eftoitune Clepfydre qui faifant tomber de temps erttemps des boules de cuivre dans un baffin du mefme metailjfonnoit les heures :mais le nombre des heures n'eftoit pointmarqué par cette fonnerie , comme dans nos horloger fon-nantes: car il eft dit que les boules de cuivre n'eftoient qu'aunombre de douze, & il faut 7S coups pour fonner douzeheures.

CHAPITRE XV.*Des Catapultes & des Scorpions.

Chap. XV.

IL faut maintenant traiter des proportions qu'il eftneceffaire d'obferver pour la con-ftruction des machines de guerre, & dont on a befoin pour fe défendre, fçavoir l des

* Scorpions, » des Catapultes <k des Balliftes. Et en premier lieu des Catapultes éc des Scor-pions. *

j) La règle de la proportion de ces machines fe prend fur la longueur du dard qui eft jet-te , dont on prend la neuvième partie pour determiner la grandeur des trous de la Cata-pulte par lefquels on bande les cordes faites de boyau qui attachent les bras des Catapul-»tes. Or afin que les chapiteaux où font les trous > ayent une largeur & une épaiiTeur con-venable , on les fait en cette manière.

Les pieces de bois que l'on appelle parallèles, & qui compofent le haut & le bas du cha-piteau , doivent avoir d'épaiffeur le diamètre d'un des trous ; leur largeur doit eftre d'undiamètre Se de trois quarts d'un diamètre, en forte que vers l'extrémité elles n'ayent que

* la largeur s d'un diamètre tk demy. Les poteaux qui font à droit & à gauche doivent

1. Des Scorpion s. Il a efté dit fur le premier cha-pitre de ce livre, quelle machine c'eft que le Scorpion,■p pourquoi il eft ainfi appelle , & en quoi il diffère de la Ca-tapulte, qui felon la plus commune opinion elt un grandScorpion, de mefme que le Scorpion eft une petite cata

les machines des anciens, quoique de mefme nom & demefme genre, n'eftoient pas toujours de mefme ftmcf ure,Se qu'endifferens temps elles ont efté fort différentes.

2. Les Catapultes. Pelté qui communément fi-gnifie en Grec un petit bouclier rond , fignifie quelquefois

pulte. C'eft pourquoi bien que ce chapitre foit intitulé des un javelot, au rapport d'Hefychiusd'où il y a apparence queCatapultes & des Scorpions , il ne traite que des Catapul- la Catapulte qui lance des javelots,a pris fon nom.tes, à caufe que ces deux machines eftoient peu différentes 3. D'un diamètre et demy. Dans ce chapitrel'une de l'autre. De la manière qu'Ammian Marcellin dé- & dans ceux qui fuivent, je traduis foramen , diamètre , par-ent le Scorpion il le fait reifembler à une Ballifte plutoft ce que la largeur d'un trou & fon diamètre font la mefmequ'aune Catapulte : car il dit que le Scorpion eftoit fait chofe. Or les caracf ères qui font dans le texte Latin, & quipour jetter des pierres par le moyen d'un morceau de bois fignifient les nombres de la mefure des parties des machinesqu'il appelle ftyle, & qui eftoit engagé dans des cordes at- font la plufpartdiverfement expliquez par Jocundus & partachées à deux branches de bois courbées comme elles font Meibomius, j'ai fuivi l'opinion tantoft de l'un , tantoft dsaune feie, en forte que le ftyle eftant tiré parquatre hom- l'autre , felon qu'elle m'a paru plus probable, ne faifant pasmes & enfuitelafché, il jettoit la pierre qui eftoit dans une grand fcrupule de me mettre au hazard de me tromper dansfronde attachée au bout du ftyle. Mais il faut confiderer que le choix que je ferois, non feulement parce qu'on nefçau^

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