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Les dix livres d'architecture de Vitruve
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328
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I ,

, i8 VITRUVE

C h XIV circonférence ; & placer clans le corps du carroffe, une boete qui foit auïïï fermement ar- Areftée ayant un autre Tympan, mais qui foit mobile & placé en couteau & traverfé d'uneffieu. Ce Tympan doit eftre également divifé 4 en quatre cent dents , qui fe rapportent *à la petite dent du premier Tympan. Il faut de plus que ce fécond Tympan ait une petitedent à cofté qui s'avance au delà de celles qu'il a à fa circonférence. Il faut encore un troi-fîéme Tympan placé fur le champ, & divifé en autant de dents que le fécond, & enfermédans une autre boete, en forte que fes dents fe rapportent à la petite dent qui eft à cofté dufécond Tympan. Dans ce troifiéme Tympan on fera autant de trous à peu prés que lecarroffe peut faire de milles par jour, & on mettra dans chaque trou un petit caillou rondqui pourra tomber, lorfqu'il fera arrivé au droit d'un autre trou qui fera à la boete danslaquelle ce dernier Tympan fera enfermé comme dans un étuy ; ôc ce caillou coulera parun canal dans un vaiffeau d'airain qui fera au fond du carroife. Cela eftant ainfi, lorfque 3la roue du carroffe emportera avec foy le premier Tympan dont la petite dent poulie àchaque tour une dent du fécond, il arrivera que 400 tours du premier Tympan feront fai-re un tour au fécond, & que la petite dent qu'il a à cofté ne fera avancer le troifiémeTympan que d'une dent, & ainfile premier Tympan en 400 tours n'en faifant faire qu'unau fécond, on aura fait 5000 piez, qui font mille pas, quand le fécond Tympan » aura *achevé fon tour - y & par le bruit que chaque caillou fera en tombant, on fera averty quel'on a fait un mille, & chaque jour l'on fçaura par le nombre descaillous qui fe trouverontau fond du vafe combien on aura fait de milles.

En changeant peu de chofe on pourra faire le mefme 6 en allant fur l'eau. On fait tra- *verfer le navire dun cofté à l'autre par un effieu dont les deux bouts fortent dehors, auf-Cquels font attachées des roues qui ont quatre piez de diamètre & des ailerons tout autourqui touchent à l'eau. Cet effieu vers le milieu du navire traverfé un Tympan qui a une pe-tite dent qui excède un peu fa circonférence : en cet endroit on place une boete, dans la-quelle il y a un fécond Tympan divifé également en quatre cent dents proportionnées à lapetite dent du premier Tympan que l'eifieu traverfé, &c qui a auffi une petite dent quiavance par delà fa circonférence. Enfuite on joint une autre boete qui enferme un Tym-pan pofé fur le champ de dentelé comme l'autre, en forte que la petite dent qui cft à co-fté du Tympan pofé en couteau faffe tourner le Tympan qui eft pofé furie champ } enpouffant à chaque tour une de fes dents. De plus ce Tympan fur le champ a auffi des trousoù font des cailloux ronds ; & la boete ou étuy qui l'enferme, a une ouverture & un canal Dpar lequel le caillou n'eftant plus arrefté par l'étuy quileretenoit, tombe 6V fait fonnerlcvafe d'airain. Ainfi lorfque le navire fera pouflé par l'agitation du vent ou des rames, ilarrivera que les roues du vaiffeau tourneront, parce que l'eau rencontrant les ailerons lespouffera en arrière avec beaucoup de force. De telle forte que les roues venant à tourner,l'effieu qui tournera, fera auffi tourner le Tympan, dont la petite dent à chaque tour pouf-fant une dent du fécond Tympan, le fera tourner médiocrement vifte : & après que les ai-lerons auront fait faire quatre cent tours aux roués du vaiffeau, ils n'auront fait fairequ'un tour ? au Tympan qui eft en couteau par l'impulfion de la dent qui eft au premier *

4. E n 400 dents. Cette machine qui eft tres-inge-nieufe nefçauroit eftre execiuée de la manière que Vitruvela propofe : Car une rone qui a 400 dents, doit avoir pourle moins deux piez de diamètre , pour faire que chaque dentait une ligne de largeur, qui eft le moins qu'elle puiffe avoir.Or les dents d'une roue de deux piez de diamètre ne fçau-roient donner prife de la fixiéme partie d'une ligne, à uneautre dent, qui tourne ainfi que Vitruve l'entend. La ma-chine que nous appelions Conte-pas , qui n'eft rien autrechofe que celle que Vitruve décrit ici renouvellée & perfe-ctionnée , fait par des moyens differens le mefme effet par-quant les diftances par le nombre des tours des roues d'i ncarroffe: Mais il n'y apointdeConte-pas où les roues de lamachine ayent un fi grand nombre de dents.

5. Aura achevé' son tour. C'eft ainfi que j'aicrudevoir interpreter progrejfum Tympani fuperioris , quoi-que le mot de progrejfus ne fignifie que le cours fimplement,&non pas le cours entier d'une revolution.Maisla notoriété dela chofe m'a femblépouvoir autorifer cettelicence,qui étoitablbUimentneceffaiie pour rendre le difeouts intelligible.

£. En allant sur l'e a u. Cela n'eft pas vray,parce que les roues qui vont par l'impulfion de l'eau tour-nent plus vifte à proportion, quand le vaiffeau va vifte, quequand il va lentement ,puifqu'il eft vray que le vaiiïèaupourroit aller fi lentement que les roues ne feroient pointdu tout remuées : parce que pour peu que la machine appor-tait de refiftance, le mouvement du vaiffeau ne feroit pascapable de lafurmonter ; dautant que l'eau obeïroit & ce-deroit à cette refiftance: Ce qui n'eft pas de mefme fur terreoù les roues eftant poullées par le poids du carroffe, fonttoujours leurs revolutions d'une mefme manière, foit quele carroffe aille vifte, foit qu'il aille lentement.

7. Au Tympan qj.i i est en couteau. ]e cor•rige encore cet endroit où il y a fans doute une faute : car ouil faut lire centies &fexagies milites au lieu de cjuater centies,c'eft-à dire 160000 , au lieu de 400 ,ou au lieu de Tympa-num planum , lire Tympanum in cultro } ainfi que j'ai fait.J'ai choifi cette dernière manieredecorrection , parce qu'el-le rend le texte conforme à ce qui a efté dit ci-deffus en par-lant de la manière de mcfuier le chemin que l'on fait fur

Tympan.

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