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Les dix livres d'architecture de Vitruve
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323
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L I V R E X. W

** A Daufins foûtiennent par des chaifnes 6 des Cymbales pendues à leur gueule, f Un peu plus ^H. XI ILbas font les trous par lefquels les Barillets * ont communication avec le coffre de cuivre,

* 9 dans lequel l'eau eit fufpenduë.

* Dans ce coffre on met le IO Pnïgws qui eft comme une manière d'entonnoir renverfé > S»ffoqumt é

levé les leviers qui lèvent aufli les petits fonds. De plus lesleviers, comme Barbaro les entend,ne font point propre-ment des leviers , mais des rringles qui ne fonr point l'officede leviers comme ceux qui font reprefentez dans noftre fi-gure, qui eftant pofeztur un appuy élèvent lespiftons parun de'leurs bouts, lorfque l'on appuyé fur l'autre. Le textedit encore que ces Daufins ont des charnières & couplets,& ceux de Barbaro n'en peuvent avoir qu'un pour les deux:Enfin Vitruve met les Daufins tout auprès des trous qui fontdeffus les Barillets, & felon Barbaro ils en font éloignez deB toute la longueur de fes leviers, & de celle des chaifnes desDaufins. De forte qu'il me femble qu'il y a plus de vray-femblance que ces Daufins qui font dits fufpendre les cym-bales , font des efpeces de balances qui portent par un deleurs bouts les foupapes des Barillets faites en cone ; car cesbalances ont la forme recourbée du Daufin, & elles ferventen quelque façon de contrepoids, lorfqu'elles aident à faireremonter les cvmbales après que l'impulfion de l'air quiles avoir poullées embas en entrant dans les Barillets 4 a

celle. -

6 DesCymbales, De mefme que j ay cru pouvoirprendre le Daufin pour quelque chofequi avoir reffemblan-ceàla figure que les anciens donnoient àcetanimal,je prensaufli laliberté d'expliquer le mot de Cymbale, en le pre-nant pour un Cone qui a la bafe embas, & qui eft pendu parC un anneau attaché à fa pointe, dautant que cela referableà l'inftrument de Mufique appelle Cymbale. Ma penfée eftque ces cones fervoient de foupapes pour boucher les trousqui eftoient au haut des Barillets , dans lefquels lorfque l'aireftoit contraint d'entrer par la defeente des petits fonds oupiftons , ces cones qui eftoient fufpendus prefqu'en équili-bre aux chaînes des Daufins ,eftoient pouffez en dedans parl'air qui entroit ,& ainfi ils luy donnoient paffage : Et qu'aucontraire quand les petits fonds eftoient retirez en haut,l'ai* faifoit élever les Cymbales ou cones qui bouchoientles rrous incontinent & exactement, n'y ayant rien qui parfa figure foit fi propre a boucher un trou rond qu'un cone.

7°Um peu plus bas sont les trou s. je tra-duis le mot infra, commeeftant un adverbe : je mets un pointaprès Cymbala ex ore , 6c je lis pendentia habent catenis cym-'aU ,au lieu de habentes ■ pour faire entendre qu'outre lestrous qui font au fond denhaut du Barillet pour donner en-trée à l'air quand on abaiflè les petits fonds , il y en a unautre un peu plus bas dans le haut du corps du Barillet, parlequel quand on relevé le petit fond , l'air eft poulie par untuvaudans le col du Pnigeus, comme il eft dit après dans letexte le lis donc,** /»»■»* planifia {Jttnt) forammacir-vtcr'dUtorum ternum , quibusforaminibusproximein verti.culiscollocati treiDelphtm ,pendentia habent catena cym-balaexore Infra, foramin.i(fmt) modtolonm chalata in-tra arcam , quo loci aqua fuftmttur , fuppleant les deux fnntqui font enfermez dans les parenthefes.

S.Ont communication avec le coffhede cuivrî. Le mot CW^n'eft ny Grec ny Latin,mais dérivé du Grec Chalao , qui fignifie l'action par la-quelle les chofes font coulées & détendues d'un lieu en unautre, d'où il y a apparence que les mot de couler, & de carr 1er la voile font venus : De forte que pour donner quel-*■ que fens àcet endroit, il a fallu faire entendre que le tex-te attribué aux trous,ce qui n'appartient qu'aux tuyaux quireçoivent l'air par ces trous: De manière que n'y ayant pointd'apparence de dire, que les trous des Barillets defeendentdans le coffre, parce qu'ils en font éloignez , & qui s ne lefont que parle moyen des tuyaux qui vont du Barillet aucol du fniftus au travers du coffre -, j'ay cru que 1 on pou-voir dire Iff mus par lefquels les Barillets ont communicationAvec le coffre. Dans la figure les tuyaux qui vont^de ces trousau col du Pnipeusw paroiffent point traverfer le coffre,parce qu'il n'eft pas reprefentédans toute fa hauteur & queles bords font abaiffez afin de faire voir ce qui eft dedans :Mais il faut entendre que dans la machine le coffre seleve

D

jufquau canon mouficos, & qtfainfi il eft vray de dire queles Barillets ont communication avec le coffre par les trousqui font le commencement des tuyaux quiletraverfent.

5?. Dans lequel l'eau est suspendu»C'eft une chofe affez étrange qu'il n'y ait que le feul mocde fufiinetur dans toute la defeription d'une machine hy*draulique ,qui puillè faire deviner à quoy l'eau y fert : carle vent attiré dans les Barillers, & de-là pouffé dans le cof-fre , femble eftre fuffifant pour faire agir la machine, fansqu'il foit befoin d'eau : mais il eft certain que l'impulfionviolente & interrompue que l'air reçoit par l'action des pi-ftons ou petits fonds, feroit un fort mauvais effet fans l'eau:parce que le fon que cette impulfion d'air produiroit dans lesfluftes, feroit inégal & interrompu -, Et en effet le Père Kir-Ker n'a point compris que l'eau fervift à autre chofe dans la,Machine hydraulique , qu'à faire ce que le tremblant faitdans nos Orgues. Cependant il fe trouve que c'eft tout lecontraire, &c que l'ufage de l'eau dans cette efpece d'orgue,n'eft point autre que d'empefeher que l'impulfion des deuxpiftons n'ait un effet inégal & interrompu comme le trem-blanr. De forte qu'il faut concevoir qu'il eftoit neceffairequ'ilyeuft quelque chofe qui obeïffant à cette impulfionquand elle eft trop forte & trop foudaine , ou fuppleant àfon défaut quand elle celle , entretint une impulfion avec lacontinuité & l'égalité qui eft neceffaire au ion que l'inftru-ment doit rendre ; ce que l'eau eft capable de faire, eftantcomme il eft dit, fufpenduë : Car ayant fuppofé que dansun coffre découvert & à moitié plein d eau, il y en a un au-tre moindre appelle Pni eus qui eft renverfé , & dont lesbords d'embas ne touchent pas au fond du grand , parcequ'ils font foutenus par des billots ; il eft certain que lorf-que l'on fait entrer avec violence dans le coffre renverfé,plus d'air qu'il n'en peut contenir , il pouflè l'eau qui cedeen s'élevant dans le grand coffre, où eftant fufpenduë', ellefert àfuppléerpar fon poids, au défaut qui arrive dansl'interruption des impulhons, & à en modérer audi la vio-lence , en cédant &en s'élevant à proportion que la forcequi la pouffe agit avecplus de puiflance.

io. Le Pnigeus. Il y a faute dans tous les exemplairesqui ont ineft in id genus uti infundibulum inverfum , au lieude inefi Pnigeus. La faute n'eftoit pas difficile à découvrirparce qu'une ligne après il eft parlé de ce Pnigeus : il eft vrayqu'il eft encore mal écrit dans tous les exemplaires où il y aPhigeos , aulieu de Pnigeos: Or ce mot vient du Grec Pnix,qui lignifie fuffocation, & c'eft proprement un infinimentfait pour éteindre le feu ou un flambeau en l'étouffant, telqu'eft celuy avec lequel on éteint les cierges : il fignifie auflîune cheminée. L'inftrument dont il s'agit, eft ainfi appelleà caufe qu'il étouffe &empefche l'air de s'évaporer. Sa fi-gure aufïi qui va en érreciffant reffemble à la hotte d'unecheminée, & à ces chapiteaux dont on efteint les cierges.Cette figure luy eft neceffaire pour rendre plus égale la pe-fanteur dont l'eau fufpenduë'dans le coffre preffe l'air quieft dans le Pnigeus : Car la pefanteur de l'eau qui montehors du pnigeus dans l'efpaceBB, ou dans l'efpace CC,lorfque l'air qui eft envoyé des Barillets dans le Pnigeus A,ou dans le Tnigeus D , l'y pouffe, eft plus grande plus ellemonre haut -, & il eft certain qu'elle monteroit plus haut,fi l'efpace de dehors du Pni feus eftoit égal, ainfi qu'il l'eftenC C,que s'il alloit en s'élargiffant ainfi qu'il fait en B B.

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Ces precautions néanmoins ne rendent point l'impulfion"de l'air fi egalle qu'elle l'eft par le moyen des fouftlets des or

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