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Les dix livres d'architecture de Vitruve
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324
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Ch.XIII.

Regie mufîcale.

Tetrœordes.He'xdcerdis. Otlg-

cordes.

TMt,

Cojles:

Chômai*.Pinna,

dA

32,4 V I T R U V E

fous lequel font des billots de l'épaifTeur d'environ trois doits, qui foûtiennent fon \d'etnbas à une égale diftance du fond du coffre. Le haut qui va en s'étreciffant & qui faitcomme un col, eft joint à un petit coffre qui foûtient la partie fuperieure de toute la ma-chine: cette partie s'appelle Canon muficos, & elle a des canaux creufez tout dulong^aunombre de quatre, fi i'inftrument eft à quatre jeux ; ou de fix , s'il eft à, fix ; ou de huit, s'ileft à huit. Chacun de ces canaux a un robinet, dont la clef eft de fer ; par le moyen de cetteclef, lorfqu'on la tourne, on ouvre chaque conduit par où l'air qui cil dans le coffre paffedans les canaux ; le long de ces conduits il y a une rangée de trous qui répondent à d'au-tres qui font à la table qui eft deffus, appellee en Grec Pinax. Entre cette Table & leOt-non on met des règles i 1 percées enfemble, qui font huilées, afin qu'elles foient aifément *pouifées,& qu'elles puifïent auffi facilement revenir ; on les appelle Pleuritides , & elles font Bfaites pour boucher & pour ouvrir les trous qui font le long des canaux lorfqu'elles vont& qu'elles viennent. Il y a IJ des reports defer qui font clouez à ces règles & qui font joints *auiïi avec les marches f lesquelles eftant touchées font remuer les règles. Sur la Table il y a

gués qui fe font à prêtent : car bien que le poids qui chargeun foufflet pefe davantage vers la fin lorfqu'il baille, qu 'aucommencement lorfqu'il eft levé-, l'effet de la pefanteur nebriffe pas d'eftre toujours pareil, parce que la quantité d'airdont le foufflet eft plein quand il eft levé , rendant l'air ca-pable d'eftre plus fortement comprimé & reflèrré en lui -•mefmc, rendaulïï fon impulfion plus forte , en forte qu'àmefure que cette difpofition diminue par l'abbaitfement dufouflet, le poids croilfant à proportion il fe fait une corn-penfation qui rend l'effet toujours égal.

ii. A u n o m b r e d e qji a t r e. Le Père KirKer s'eft-encoretrompé icy, à mon avis, lorfqu'il aeftiméque Vitru-ve appelle la Machine hydraulique, tetrachorde , hexachor.de, ou odlochorde, parce qu'elle avoit ou quatre, ou fix,eu huit tuyaux & autant de imrches : & il faut pour conce-voir cette penlée avoir eu bien peu d'attention au texte deVitruve, qui fait entendre fi clairement que le nombre descordes, qui font mifes ici pour les tuyaux, ne fignifie pointle nombre des tuyaux qui répondent à pareil nombre demarches, mais le nombre des différentes rangées dont cha-cune répond à toutes les marches, qui eft ce que nous appel-ions les diffèrens jeux : car il eft dit que ces canaux qui eftant-au nombre dequatre,defix onde huit,font appeller l'Orguetetrachorde,hexachordeou odtochorde , font en long in Ion.gitudine ,8t il eft certain que les marches font en traverser*dinata in tranfverfo foramina.W eft dit que le vent entre dansces canaux par des Robinets qui apparemment font l'officede ce que l'on appelle les Regiftres dans nos Orgues j & levent entre dans les tuyaux, lorfque des règles qui repondentà chaque marche, & qui font percées chacune d'autant detrous qu'il y a de canaux , font poulïées par les marchesquand on les abaifle pour faire que leurs trous fe rencon-trent au droit de ceux qui font aux canaux, & de ceux quifont à la table qui porte les tuyaux : car lorfque la marcheen fe relevant Iaiffè revenir la règle, fes trous n'eftant plusau droit de ceux des canaux , & de ceux de la table destuyaux, le chemin eft bouché au vent. De forte qu'il y a ap-parence que ces Robinets eftoient comme des Regiftres def-

quels on fe fervoit ou pour avoir des jeux diffèrens ou pouraccorder plus facilement les diffèrens tuyaux qui elloientfur une mefme marche : & il eft étonnant que cela n'aiepoint elle pratiqué dans des Orgues qui ont elle faites long-temps depuis i car nous avons encore des Orgues qui lontfaites il n'y a gueres plus de loo.ans, commecellede Neftre-Damede Paris,& dej\ T oftre-DamedeReims,qui n'ont qu'unjeu compofé de vingt tuyaux fur chaque marche fans aucunsregiftres. Cela doit faire croire que les Orgues ont efté in-ventées en ces païs-ci par des Ouvriers qui n'avoient point pde connoilïânce de celles qui font dédites par Heron ^parVitruve & parles autres auteurs de l'antiquité.

ïi. P e r c e'e s e n s e M b l e. Je traduis ainfi ad eum-dem moâarn forafd. pour lignifier que les règles & le canonfont percez au droit l'un de l'autre ; afin que quand les ie*gles font poulïées par les marches, leurs trous fe rencon-trent avec ceux du canon ; de mefme que dans nos Orguesles trous des règles qui font les Regiftres , fe rencontrentau droit des trous qui font à la féconde chappe du fommierqui porte les tuyaux.

15. Des ressorts de fer. Je n'ay pu fuivre l'opi-nion de Turnebe & de Baldus , qui au lieu de C horagia lifentCnodacia qui font des boulons de fer, parce que des boulonsde fer ne font point propres, eftant attachez aux règles, àfaire ce qui eft necefiaire au jeu de ces règles, qui ont befoind'un refîbrt quilesfallè revenir quand elles ont efté pouflees r\par les marches du clavier : car cela me femble pouvoir ■eftre fait afïèz commodément par du fil de fer fervant dereffort. Heron dans fes Pneumatiques dit qu'on fe fervoitde cordes à boyau pour faire relever les marches aprèsqu'elles avoient eftébailfées : Mais l'action des rellbrts defer de Vitruve eft bien exprimée par le mot de Chorao-iumqui eft mis pour Choragus qui fignifie celuy qui fait danferjparce que ce reffort fait fauter les marches du clavier, lorf-qu'il fait revenir promptement les règles après qu'elles ontefté poulfées par ces marches. Ce mot de Chora?ia pourChoragi a efté mis de mefme qu'icy au 9 chapitre du cinquiè-me livre,où il eft parlé de ceux qui ont la conduite des Balets.

EXPLICATION DE LA PLANCHE LXIII.

Cette Planche reprefente la machine hydraulique qui efloit l'Orgue des anciens. ^A , efi lecoffre de cuivre qui efl fur la bafe B. C C , font les règles élevées a droit ft) a, gauche quifont jointes enfemble en forme d'échelle. EE > font les Barillets de cuivre enfermcT entre lesrègles. FF /font les petits fonds qui fe hauffent & qui fe baiffent par le moyen des barres defer G G, qui font coudées par des charnières & jointes à des leviers HU. 11 ,font les pla-ques qui couvrent le haut des Barillets : ces plaques font percées par des trous , auprès defquelsfont les Daufins KK t qui foûtiennent par des chaifnes les Cymbales ou foupapes en forme decorn marquées L L. Au droit d'MN' 3 font les trous par lefquels les Barillets ont communica-tion avec le coffre de cuivre. N, efl le Pnigeus. O, efl le petit coffre qui foûtient le Canonmuficos a. et QQfV', e fi un? des clefs des Robinets qui laiffent entrer le vent dans le Ca-non