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Les dix livres d'architecture de Vitruve
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318
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318 V1TRUYE

Ch*p, XII. Au defTus on foucle avec la chappe, un autre tuyau qui eft drefTé à plomb &qufc l'on nom- Ame la trompe.

Au deffous de l'entrée des tuyaux qui font au bas des barillets, il y a des foupapes, quiferment les trous que les barillets ont en leur fond. De plus on fait entrer par le haut des

Emboli mafculi. Barillets ' despiflons polis au tour &c frottez d'huile i lefquels eftant ainfî enfermez dans les *barillets 5 & eftant hauffez & baiffez par un mouvement frequent , à l'aide des barres & desleviers 3 prelTent tantoft l'air qui eft à l'entour , + tantoft l'eau qui eft enfermée par les fou- *papes qui bouchent les ouvertures par lefquelles elle eft entrée dans les barillets, & ainfîpar leur compreffion ils forcent l'eau d'aller dans le petit balTin par les tuyaux qui y abou-tiffent j où eftant rencontrée parla chappe' qui eft deflus, elle eft exprimée & envoyée en *

6. Des pistons. On appelle ainfi en François la par-tie des pompes ou feringuesqui entre dans le tuyau ou corpsde pompe, & qui eftant levée ou pouflee, attire ou pouffel'eau ou l'air. Ils font appeliez emboli mafculi, parla mefmeraifon que dans une des Clepfydres qui font décrites au gchapitre du 9 livre, le petit Tympan qui entre dans le grandeft appelle Tympanum mafculum. Lespiftons font appeliezau chapitre qui fuit funduli ambulantes,

7. T a n t o t i'e a u. En confequence de l'explicationqui a efté donnée au texte , & fuivant la fuppofnion quel'on fait que Vitruve & Ctefibius entendent que la com-preffion de l'air dont il eft icy parlé, eft celle que l'air fait parfapefanteur,il a fallu corriger quelque chofe au texte pourluy donner un fens raifonnable : car au lieu de Emboli quiultro citroque frequenti motuprementes aerem qui erit ibi cumaquàaxibus obturantibus foramina , cogunt ejr extrudunt in.flando prefsionibns per fiftularum nares aquam in catinum. ilfaut lire, Emboli, qui ultri citroque frequenti motupremen-tes aërem qui erit ibi, turn aquam ( au lieu de cum aqua ) axi-bus obturantibus foramina , cogunt & extrudunt, &c. Carla vérité eft que lorfque les piftons font hauffez dans lescorps de pompe , ilspreflènt l'ait qui eft à l'entour en s'éle-vant, & que lorfqu'ils font baiffez ils pretïènt l'eau qui eftentrée par la force de la compreffion de l'air caufée tant parfa propre pefantenr, que par la compreffion que les piftonsfont fur l'air en fehauflànt.

8. Qu 1 est dessus. Je corrige encore cet endroitqui n'a point de fens , & au lieu de e quo recipiens pennla fpi-ritus exprimât , &c. je lis quam (fcilicet aquam ) recipiens pe.nula fuperpofita ( au lieu de fpiritus ) exprimit , rjrc. Si cetteexplication & cette correction ne plaifent pas, il eft libreau leûeur de retenir le texte qui, traduit à la lettre, eft tel,De plus par le haut des barillets on fait entrer des piftons po-lis au tour & frottez, d'huile ; lefquels eftant ainfî enfermez,dans les barillets font hauffez, & baiffez, par un mouiernentfrequent a l'aide des barres efr des leziers, qui preffant l'airqui eft là avec l'eau , ejr les ouvertures eftant bouchées par lesfoupapes, l'eau eft contrainte par la comprefsion & forcéed'entrer par les tuyaux d.ms h petit baf in, d'où la force delair qui la pouffe contre la chappe , l'exprime, er la fait puf-fer en haut par la trompe. L'explication que Barbaro donneà cet endroit, a beaucoup fervy à me faire croire que Vitru-

. ve a mal entendu Ctefibius : car cet interprète voyant queVitruve veut que l'air ferve à quelque chofe dans cette ma-chine , il ne luy attribue point de compreffion , parce qu'ilignoroit que l'air en puft faire par fapefanteur, & il parlefeulement de l'attraction qu'il croit que l'air produit, lorf-que fuivant le pifton par laneceffité d'empefcher le vuidel'eau fuit auffi l'air parla mefme neceffité : mais cela n'a au.cun fondement dans le texte, & il n'eft point neceflaire demettre de l'air entre le pifton & l'eau pour faire que l'eaufuive le pifton lorfqu'il eft levé. De forte que voyant queny Barbaro, ny la raifon ne veulent point que l'air enfermédans la machine de Ctefibius ferve à comprimer l'eau qu'el-le fait monter ; il m'a femblé que les mots de comprefsion Sed'<»>eftant dans letexteil y avoit apparence que Ctefibiusa entendu que cette compreffion de l'air eftoit celle qu'il faitpar fa pefanteur fur l'eau, & que cette compreffion de l'eaueft la caufe qui la fait entrer dans le corps de pompe; néan-moins fi l'on ne veut rien changer au texte on peut enten-dre que la machine de Ctefibius eftoit pareille à celle qui eftau Cabinet de la Bibliothèque du Roy, &c laquelle fert àlancer de l'eau fort haut dans les incendies : ce que cette

machine a de particulier , & qui n'eft point dans les autres Rde cette efpece, dont la defeription fe voit dans le livre des **.forces mouvantes de Salomon de Caux, eftant qu'avec unfeul pifton par le moyen de l'air, l'eau eft pouflee de manie -re qu'elle a un cours continu, & qui n'eft point interrompulorfque le pifton attire l'eau : car dans cette machine l'eaueft poufféed'un corps de pompe A, par un pifton B, dans uncatinus ou pot F G , dans lequel l'air qui remplit fa caviténe peut avoir d'iffue pour peu qu'il y ait d'eau ; parce que letuyau appelle tuba EF, defeend prefque jufqu'au fond dupot ; & il arrive que l'eau qui eft pouflee par le tuyau D,du corps de pompe A, tombant au fond ferme le bas de latrompe marqué F, Se empefche que l'air n'y pane: de for-te que lorfque le pifton pouffe de nouvelle eau dans le potavec violence , cette eau qui le trouve plein , moitié d'eauparle bas, & moitié d'air parle haut, fait effort fur l'un &fur l'autre de ces elemens , Se il arrive que l'eau ne pouvantfortir par la trompe avec autant de viteflè qu'elle eft pouflee Qpar le tuyau du corps de pompe, parce que l'extrémité E dela trompe qui lance l'eau en dehors, eft percée d'un troubeaucoup plus eftroit que n'eft celuy par lequel le tuyau Ddu corps de pompe la reçoit; cette eaupourtrouver placedans le pot, comprime l'air, qui pour retourner en fuite àfon premier eftat preflel'eau à fon tour, & fait que pendantque le pifton efthauffé pour faire entrer l'eau dans le corpsde pompe , auquel temps il ne pouflè point d'eau dans lepot, l'eau ne laiffe pas de jallir par le petit bout de la trom-pe à caufe de l'aétionde l'air comprimé qui la pouflé. Maispour faire que cette manière de lancer l'eau fe trouve dansle texte de Vitruve , il fautlire/ptnV«au lieu de fpiritus, enforte qu'au lieu de lire extrudunt aquam in catinum, e quorecipienspenula fpiritus , exprimit per fifttdas in altitudinem,on life, e quo recipiens penula [fc ] icet aquam) fpiritu ( earn)exprimit per fiftulat in altituiinem. Car il n'y a point de rai- Dfon de dire ny que penula fpiritus recipit e cattno , ny quepenula fpiritus exprimit ; mais bien que penula fpiritu expri-mit. Néanmoins il y a apparence qu'il ne s'agit point détourcela dans la machine de Ctefibius : dans laquelle il n'eft pointneceflaire d'enfermer de l'air , parce que l'effet de l'air en-fermé dans la machine des incendies, n'eft que pour donnerun cours continu à l'eau, qui n'eft point neceflaire dans lamachine de Ctefibius, laquelle amaffe l'eau dans un refervoird'où elle peut couler d'un cours continu où l'on veut.

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