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L I V R E X. 5l7
A quelles les boulons entrent : là deiïus la limace tourne, quand des hommes la font aller en Chap. X ï.Ja foulant avec les piez.
La mefure de l'élévation fuivant laquelle la limace doit eft re inclinée, fe prend fur ladefcription du triangle rectangle de Pythagore, qui fe fait endivifantla longueur de lalimace en cinq parties, dont on donne trois à l'élévation d'un des bouts , en forte qu'il yen ait quatre depuis les ouvertures qui font au bas jufqu'à la ligne perpendiculaire de l'é-lévation.
La figure qui eft à la fin du livre, fait aifément entendre comme il faut que cela foitfait. J'ayaufndenmé le plus nettement qu'il m'a efté poiTible les machines qui fe fontavec du bois, pour élever les eaux ; & j'ay tafché de faire comprendre toutes les manièresparlefquellesles roues peuvent en tournant donner des commoditez prefqu'infinies.
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CHAPITRE XII.
Chap.XII.
*De la machine de Ctefibius qui élevé l'eau tres-hauh
IL faut maintenant parler de la machine de Ctefibius qui élevé Peau fort haut. On met1 deux Barillets de cuivre afTez prés l'un de l'autre, au bas de la machine De ces Baril- Modioli.lets fortent des tuyaux qui font une fourche en fe joignant pour entrer dans un petit bajfn catin»s.
* placé au milieu , dans lequel on met* des foupapes appliquées bien jufte fur Je haut de l'ou- Axes.
* verture du tuyau, pour empefeher que ce qui a efté pouffé à force dans le, bafiin ' par le
* moyen de l'air, ne retourne. Sur le baiïm il y a une « ebappe en manière d'entonnoir ren- Pmula.
q verie, qui eft jointe fort jufte & attachée avec des clavettes, qui paflent dans des piJlons> de Cmet.FibuU.
* crainte qu'elle ne foit enlevée par la force de l'eau lorfqu'elle eft 'puiftamment pouffée.
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ï. Deux barillets. J'appelle toujours ainfi ceque Vitruve nomme modiolos , & qui eft proprement icy ceque l'on appelle corps de pompe -, mais parce que modioluseft plus general & qu'il comprend ce qui tient lieu de fou-flets dans la machine hydraulique , 8c les canaux d'airainqui font dans le chapiteau de la catapulte, j'ay crû devoirmefervird'un mot general tel qu'eft celuy de barillet , afinqu'il puft convenir de mefme que modiolus , à toutes les cho-fes différentes qu'il fignifie.
z. D h s soupapes. Selon Feftus axes font tabuU fe ■ttiles : Se A. Gelle dit que les loix de Solon eftoient écritesfur de petits ais, axibus lioneis tncift. Vitruve dans lécha-pitre qui fuit parlant des foupapes qui font aux machineshydrauliques des orgues, y met des foupapes qu'il appelleaxese; torno fubaflos, donnant à ce mot une fignificationbien différente. Mais je croy que quand on dit Amplementaxes f ou que l'on fe fert du mot François/à»/' ape , on doit en-tendre celle qui eft platte comme un ais, appellee clapet ,&non celles qui font rondes & en pointe , comme un focetou cone, telles quefont celles qui font prefentement le plusen ufage, & comme font celles dont il fera parlé cy-aprésdans la machine hydraulique, & qui ne font appellees axes,que parce qu'elles font le mefme effet que les véritables fou-papes qui font plates comme un ais.
3. P a r l e moy in d e l'a ï r. Tout ce que Vitruvedit icy pour expliquer les effets de la pompe de Ctefibius,eft fort obfcur, ck il y a apparence que cet endroit eft cor-£ rompu, foit par la faute descopiftes, foit par celle de l'au-teur mefme, qui peut-eftre n'a pas bien entendu la Philo-fophie de Ctefibius. Car il paroift que le texte de Vitruveveut faire entendre une chofe qui eft tout-à fait fans rai-fon, fçavoir que l'eau monte dans le petit baffin G H , dela féconde figure de la Planche L X 11 , y eftant pouflee parl'air, comme s'il eftoit neceflàire qu'il y euft de l'airentrele pifton qui prefle, & l'eau qui eft preflée -, & comme fi lepifton nepoulïbit pas l'eau immédiatement. Cette abfiudi-té m'a fait penfer.qne Ctefibius peut avoir entendu la cho-fe autrement, 8c que la compreffion que 1 air fait fur l'eaupour la faire monter dans fa machine, fedoit entendre de lacompreffion que l'air fait par fa pefanteur fur la furface detoute l'eau qui eft dans tout le monde , & qui l'oblige demonter dans les efpaces qui font rendus vuides par quelquemoyen que ce foit, en forte que de mefme que l'air qui en-
tre dans un fouflet, lorfqu'on l'ouvre ,y entre parce qu'ily eftpouflépar la pefanteur de 1 autre air qui le prefle ; l'eauentre auffi dans le corps d'une pompe , à caufe de la pefan-teur de l'air qui l'y pouffe 8c qui l'y fait entrer, lorfque lepifton qui occupoit l'efpace du bas de la pompe, quitte celieu eftant tiré en en-haut. Cell pourquoy j'ay traduit, idquod fpiritu in catinurn fuerit expreffum , ce qui a eftépou[fédans le petit bafsin a l'aide de l'air , pour faire entendre quel'air a contribué feulement quelque chofe àcetteexpreffion,fçavoir d avoir fait entrer l'eau dans le barillet , où eftantenfermée elle eft exprimée par le pifton, & non pas que l'airfoitla caufe immediate de cette expreffion ; 8c j'ay cru quecela fe pouvoit entendre de la mefme manière que l'on pour-roitdire que 1 eau eft exprimée à l'uide de la foupape quieft au fond du barillet, 8c non pas que cette foupape expri-me l'eau , parce que c eft le pifton qui l'exprime, & que lafoupape empefehant l'eau de defeendre, elle oblige feule"ment de monter.
4. Une chapPe. parmy les Romains penula eftoitproprement un juftaucorps ; Car les robes des Romains, quieftoient amples & larges, ne fuflifant pas à les deffendredufroid lorfqu'ils eftoient au Theatre , on inventa cette fortede veftement, qui eftoit plus eftroit 8c plus ferré fur le corps,comme remarque Bartholus Bartholinus dans fon traité depenula. Ce mot eft mis icy généralement pour fignifîer unecouverture. Les Diftillateurs fe fervent de la mefme meta»phore, quandils appellent ebappe le dellus de l'Alambic',qui eft tout-à-faitfemblableà cette partie de la machine deCtefibius ,que Vitruve appelle penula.
5. Puissamment pousse'e. lln'eftpas croyable combienil faut de force aux pillons pour pouffer l'eau , fi l'on neprend-garde que le tuyau qui la porte au lieu où on la veutélever, ne foit de mefme grolfeur que les corps de pompe :car s il eft plus eftroit , comme il faut quel eau monte dansle tuyau avec une vitelle plus grande que n'eft celle avec la-quelle elle eft pouflée dans le corps de pompe, il faut agitavec beaucoup de force, dans les corps de pompe pour obli-ger l'eau à avoir cette vitelfe dans le tuyau ; par la mefmeraifon qui fait qu'il faut plus de force pour remuer un desbrasd'une balance quand il eft plus court que l'autre, à pro-portion qu'il eft plus court, parce qu'il oblige l'extrémi-té du grand bras à fe remuer avec une plus grande vi-te lie.
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