Druckschrift 
Les dix livres d'architecture de Vitruve
Entstehung
Seite
311
Einzelbild herunterladen
 

L I V R E X, 3 n

^ tie , quoyque le vent ne foit pas plus fort, ' ' l'impulfion qui fefaitaufommet, force le Ch.V IIT.vaiffeau à aller plusvifte. Par la mefme raifon les rames qui font attachées à leurs chevil-les avec des cordes, loriquelles font plongées & ramenées à force de bras, pouffent le vaif-

* feauavec beaucoup d'impetuofîté, &c luy font fendre les vagues plus aifément, ll ïileur

* extrémité s'avance bien loin depuis le centre 15 qui eft au droit de la cheville, jufqua lamer.

* Lorfque les ' 4 Portefaix fix a fix j ou quafre à quatre veulent foûlever lourds fardeaux, <phalanrariiils mefurent les baftons dont ils fe fervent pour cela, & font en forte que le centre qui doit hexaphori , re-porter, foit au milieu, afin de partager la charge également fur les épaules de chacun. tr ^ oruPour cet effet il y a des chevilles de fer au milieu de leurs baftons, pour empefcher que lescourroyes qui portent le fardeau negligent d'un cofté ou d'autre. Or quand le fardeau

g s'éloigne du centre, il pefe fur celuy des porteurs vers lequel il a coulé, de mefme quet- * lorfque l'on fait aller le poids & ' 5 l'anneau d'une Romaine vers fon extrémité. Ainfî l * lesbœufs ont également à tirer, la courroye qui foûtient le timon pend juftement du mi-lieu de leur joug: mais s'il arrive que les boeufs n'eftant pas d'égale force, l'un faffetroptravailler l'autre l'on paffe d'ordinaire la courroye, en forte qu'il y ait un des coftez dujoug plus long que l'autre, afin de foulager le bœuf qui eft le plus foible. Il en eft de mê-me des baftons à porter, que des jougs, lorfque les courroyes ne font pas au milieu, &qu'il y a une partie du baftonplus longue & une autre plus courte, fçavoir celle vers la-quelle la courroye a coulé : car cela eftant ainfî, l'on fait tourner le bafton fur l'endroit eft la courroye qui eft le centre, la partie la plus longue décrira par fon extrémité un

P plus grand cercle a & la plus courte un plus petit : & ainfî de mefme que ' 7 les petites roues

11. L'impulsion qui se fait au som-met. Quoyque cecy ioit conforme à ce que die Ariftote ,il n'y a guère d'apparence que la hauteur du mats puifle fer-vir à faire aller le vaiiïeau plus vifte, par une autre raifonque parce que le vent cft plus fort en haut qu'embas ; caron ne demeure pas d'accord que le mas remue le vaiifeaucomme un levier remue le fardeau qu'il levé, eftant vrayque dans l'action du vent fur le navire par l'entremife dumats, il n y a point de centre ou point immobile , fur le-quel on faife tourner les deux cercles inégaux dans lefquelsconfifte , ainfî qu'il aefté dit, la force du levier. Car toutesles parties du mats & le vaillèau mefme , fe remuent d'unpareil mouvement ; qui font des chofes contraires à ce quiarrive au levier dont les parties font remuées de mouve-D mens differens & inégaux : De forte que l'on confidere leseffets que le macs ou plus court ou plus long peut fane com-me tel, &c non comme eftant pouflé par un vent plus oumoins fort, il fe trouvera que la hauteur du mats nuit plusqu'elle ne fert àla vitefle du mouvement du vaillèau , par laraifon que plus il eft haut, & plus il a de force à faire plon-ger la proue > ce qui luy fait rencontrer une plus grandequantité d'eau qui luy refifte. C eft pourquoy on eft con-traint de mettre au devant une voile appellee la Civadierequi fert à empefcher que la proue ne plonge trop dans lamer: & les vailleaux quife tirent dans les rivieres avec uncable attaché au haut du mats ,ont au lieu de Civadiere unecorde qui foûtient la prouë, & quilempefche de plonger :Se lorfque les batteaux font engravez par la proue, on neles tire pas par la corde qui eft attachée au haut du mats,mais feulement par celle qui eft a la proue.£ 12. S 1 leur ext r e mi te' s'av an ce. Bienquelesrames à l'égard de la Galère qu'elles font remuer, foient enquelque façon un levier renverlé à qui la mer fert commed'appuy, il n'eftpas vray néanmoins que la longueur queles rames ont depuis la cheville elles font attachées juf-qu'à lamer, ferve aies faite agit avec plus de force parlaraifon du levier: car par la raifon du levier le contraire de-vroitarriver ; parce que plus la partie du levier qui eft depuisl'appuyjufqu'a la puiflânee qui remue , eft longue, & pluselleade force. Ariftote rend la veritable raifon de l'effet decettelongueurde la rame, fçavoir que cette longueur eft ne-celfaire afin que l'eau eftant frappée avec plus de vitefle,comme elle l'eft plus la rame eft longue , l'eau refifte davan-tage : car fi l'eau n'obeïnoft point, il eft certain que plus larame feroit courte depuis la cheville jufqu'à la mer ,&plus les rameurs auraient de force pour remuer le vaiiïeau,

Ê

& en ce cas il feroit meilleur , pour remuer le vaiiïeau avecplus de puiflance, que la plus grande longueur de la rame fuitdepuis les chevilles jufqu à la main du rameur. C'eft pour-quoy Ariftote dit que les rameurs qui font au milieu du Na-vire, ont plus de force que ceux qui font aux extremitez ;parce que le vaifleau qui eft courbé, & qui forme un ventrepar le milieu fait qu'il y a en cet endroit une plus grandeportion delà rame depuis le bord jufqu'aux rameurs.

13. Qui est au droit de la chevil le. J'aycorrigéle texte qui a dans l'édition de Jocundus, à centraparmis, &dans toutes les autres à centro palmis , & je lis Àcentra Jcalmi- } parce que fcd/wa* fignifie la cheville à laquel-le chaque rame eft attachée :& il eft vray que cette chevil-le eft le centre des cercles que la rame décrit par fon boutdans la mer quand on la fait agir*

14. L e s Portefaix. Le mot Phalangarii fignifieceux qui portoient les fardeaux fur leurs épaules avec desbaftons appeliez Phalanges. Le mot Grec l J halanx fignifieroprement un rouleaudebois, par métaphore c'eftoit unataillon parmy les Grecs, peut-eftre parce qu'il avoit lafigure d'un rouleau debois, eftant plus long que large, ily a auffi apparence que c'eft par la mefme raifon de cette fi-gure que les os des doits font appeliez Phalanges par Ga-lien, &c long-temps avant luy par Ariftophane au rapportde Pollux.

15. L'anneau d'une Romaine. Bien qu'examenfoit proprement la languette de la balance, je ne crois pasqu'il y ait rien à la Romaine qui puitfe eftre appelle examenque l'anneau auquel le poids eft attaché ; parce que le fléaufe levé ou fe panche felon que cet anneau s'avance ou fe re-cule , de mefme que la languette fuit toujours l'inclinaifondu fléau des balances. C'eft pourquoy j'ay crû que je devoistraduire examen, l'anneau.

16. Les Bœufs, Iumentum fignifie toutes fortes d'ani-maux de fervice , je l'explique par le bceuf, parce que nousn'avons pointdc coutume de mettre des jougs aux chevaux,ou l'on s'en fert comme aux charrettes appellees Four-gons , ils ne font point mis fur la tefte des chevaux , mais ilspendent à leur col felon la manière que les Anciens avoientd'atteler les chevaux à leurs chariots.

17. Les petites roues ont plus dépei-ns a rouler. La refiftance que les roués apportent auroulement vient de deux chofes : la premiere eft l'inégalitédu plan, qui fait que pour rouler deflus , il faut que la puif-fance qui les fait rouler, les eleve fur chacune des eminen-ces qui font cette inégalité. L'autre chofe qui fait cette refi-

*!

i^Ki