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Chap. IL
298 VITRUVE
rieure de la moufle J des tenailles de fer dont les crochets s'accommodent aux trous que Al'on fait pour cela dans les pierres. L'effet de toute la Machine pour élever & pofer enhaut les fardeaux, eft que l'on attache le bout de la corde au Moulinet, qui,eftant tour-né par les leviers 3 bande la corde qui eft entortillé à-1'entour.
deau par la raifon que par les deux replis que la cotde fait furles poulies des moufles, il arrive que la corde qui defcend aumoulinet, fait le double du chemin qu'une des moufles fait«n approchant de l'autre ; & par confequent elle n'a befoinque de la moitié de la puiflance qui feroit neceflaire, fi el-le ne palïbit que fur une poulie , & fi la defcente de la cordevers le moulinet eftoit égale à la montée du fardeau. Cettemachine eft reprefentée par la premiere figure delà Planche
L1X.
3. Des tenailles de F e R. Je lis avec Philan-der Forcipes qui fignifiedes tenailles : au lieu de Forces quifignifie descifeaux. Ces tenailles de fer dont Vitruve parleicy, font ce que nos ouvriers appellent Louve, qui eft un in-finiment de fer avec lequel on accroche les pierres pour lesenlever avec les engins ou avec les grues. Je trouve troisefpecesde Louve,fçavoircelledes Anciens , dont Vitruve
Îarle icy,celle dont Phi-ander dit qu'on fe fer*voit à Rome de fontemps , & celle dontnous nous fervons àprefent en France ^el-le des anciens eftoitcompofée de deux pie-cies de fer A D, B C ,jointes par un clou aumilieu comme des ci-feaux ou des tenailles.Ces pieces eftoient unpeu recourbées par em*bas pour ferrer la pier-re ,& elles avoient cha-cune un anneau par en-haut comme des ci-féaux, afin que la cor-de E, eftant paflee dansces anneaux fift appro-cher en tirant les deuxbranches d'enhaut 8cferrer par confequentles deux branches d'em-bas. Philander croitque ces deux branches d'embas embraflbient toute la pier-re , mais le texte de Vitruve qui a Forcipes, quorum dentésinfaxa forata accommodantur , fait entendre qu'il y avoitdeux trous C D , furie lit de deflus dans lefquels on met-toit les bouts de la Louve, qui eftant tirée par fes anneauxferroit feulement la partie de la pierre qui eftoit entre lesdeux trous. On voit ces deux trous en chaque pierre dansles anciennes ruines & entr'autres aux Tuteles à Bordeaux,où chaque tambour dont les colonnes font compofées à trois
trous, fçavoirun au milieu pour une barre de fer qui enfileplufieurs tambours , & deux autres diftans de celuy du mi-lieu chacun d'environ fix pouces. Il eft vray que l'on voitaudi des pierres en plufieurs autres rui-nes très-anciennes qui n'ont qu'untrou pour la Louve : Se il femble qu'ileftoit fait pour quelqu'autre forte deLouve pareille à celle dont parle Phi-lander.
La féconde efpece de Louve dont gPhilander parle eft plus feure que lapremiere qui peut lailfer tomber lapierre, pour peu que les branches, quidoivent eftre longues , & par confe-quent foibles , viennent à s'écarteren pliant, ou que le cable qui eft pafledans les anneaux des branches s'allon-ge &c s'étende: car cela peut arriver lorfque le poids du far-deau eft extraordinaire. Cette autre efpece de Louve fe metdans un feulrrou qui doit eftre creufé dans la pierre,de for-te qu'il foit plus large par le fond qu'à l'entrée. On metdans ce trou les deux coins A B , dont la partie la plus lar-ge eft vers le bas. Au milieu de ces coins on en met un troi-fiémeC, qui n'eftpas plus large en bas qu'en haut, maisqui eft fait pour écarter les deux autres, & les ferrer contreles coftezdutrou. Ces trois coins font percez par en haut & £)enfilez avec l'anfe I D L ,par la cheville I L, qui aune tefteL, & une pointe I , arreftée avec une clavette. Ces troiscoins ainfi joints enfemble forment une queue d'irondellequ'il eftimpofliblede faire fortir de la pierre qu'en oftant lecoin C , qui eft au milieu.
La troifiéme efpece de Louve , qui eft celle dont nousnous fervons, eft encore plus commode que la féconde ; carau lieu des fix pieces de fer dont la féconde eft compofée,celle-cy n'en a que trois qui font un ferà queue d'irondelle A , gamy d'un an-neau B, qui tient lieu de Y Anfe, Se deuxcoins C D , qui font égaux &auffi largesà un bout qu'à l'autre. Pour fè fervirdecette Louve on fait un trou de mefmeque pour lafeconde , lequel a parlehautla largeur du bas de la queue d'irondelle JQA , Se qui par embas , outre cette lar-geur du bas de la queue l'irondelle a en-core la largeur des deux coins. La queued'irondelle eftant enfoncée, on y met^^^^^ auffi les deux coins l'un d'un cofté & l'au-
tre de l'autre, qui font le mefme effet que fi la queue d'i-rondelle eftoit élargie comme elle l'eft dans la féconde Lou-ve par le coin du milieu : Mais ces deux coins rendent laMachine plus fimple & plus commode.