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Les dix livres d'architecture de Vitruve
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297
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LIVRE X.

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A & les cinq autres Pianettes, nous remarquerons que leur mouvement qui nous apporte la Chat.I.lumière & fait meurir les fruits, eft caufé par une Machine qui les fait tourner. Etc'eftfur ces modèles, que les anciens ont inventé des Machines {1 utiles & fi neceffaires à la vie,& qu'ils ont rendu des ouvrages aifez à faire par le moyen des Machines & des Organesqu'ils ont perfectionnez déplus en plus par leur étude & par leur induftrie, lorfqu'Us enont reconnu la necelTité.

Ce qui eft le plus neceiîaire, & qui a eftre inventé avant toutes les autres chofes,eft le veftement : pour l'inventer il a fallu à l'aide de plufieurs inftrumens, trouver moyend'entrelacer la chaifne aveclatreme, & cet entrelacement a produit une chofe qui n'eftpas feulement neceffaire pour couvrir le corps , mais qui luy fert d'un grand ornement.Nous n'aurions aufli jamais eu l'abondance des fruits dont nous fommes nourris, Il l'on

B n'avoit trouvé l'invention de fe fervir de bœufs & de charrues: & fans les moulinets & lesleviers qui fervent aux preiToirs, on ne pourroit faire des huiles claires & des vins agréa-bles comme nous les avons: & tous ces biens ne pourroient eftre portez d'un lieu en un au-tre, fi l'on n'avoit inventé les charrettes, leshaquets& les batteaux pour les tranfporterfur la terre & fur l'eau. Les balances & les trebuchets ont aufli efté trouvez, afin de fairefçavoir quel eft le poids de chaque chofe, & pour empefeher les tromperies qui fe fontcontre les loix.

Ilyaune infinité d'autres Machines, dont il n'eft point neceiîaire de parler prefente-ment, pareequ elles font allez connues, comme font les rôties, les foufflets des ouvriers,

* les carro{fes, 10 /f5 chaifes roulUntes , le tour_, & les autres inftrumens dont on ufed'ordi- Cl/îa.naire. Mais il faut commencer à parler des Machines qui font plus rares , & les expli-

C quer, afin qu'on entende quelle eft leur fabrique.

1. Les chaises roulantes. Les Anciens avoient Ciceron les appelle chaifes volantes : aujourd'huy nous lesdes caroil'es à deux roues qu'ils appelloienc Ufa , dont ils fe appelions chafes roulantes,fervoientpour aller commodément & en grande diligence.

CHAPITRE II.

<Des Machines qui fontfaites pourtirer , Ç& donton fe fert auxTemples

{j? aux Ouvrages publics.

NOustraiteronsenpremierlicudesMachinesqui font neceffaires pour laconftru-6tion des Temples & pour les autres ouvrages publics : elles fe font en cette forte.D On drefTe trois pieces de bois proportionnées à la pefanteur des fardeaux que l'on veutélever ; elles font jointes par ennaut avec une cheville, & écartées pas embas. Le haut qui

* eft attaché & retenu des deux coftez par des écharpes, foûtient une moufle, appellee par

* quelques-uns rechamus , dans laquelle on met deux poulies, qui tournent fur leurs gou-jons. Le cable qui doit tirer, ayant efté pafTé fur la poulie d'enhaut, on le fait paffer en-fuite fur une autre poulie, qui eft dans la moufle inférieure -, enfuite on le fait revenir paf-fer fur la poulie qui eft au bas de la moufle fuperieure -, & on fait encore defeendre la cor-de pour en attacher le bout au trou qui eft en la moufle inférieure. L'autre bout de la cor-de defeend embas vers l'endroit les grandes pieces de bois équarries fe retirent en arriè-re en s'écartant, & aufquelles font attachées les amarres qui reçoivent les deux bouts duMoulinet afin qu'ils y puilTent tourner aifément. Le Moulinet vers chacun de fes bouts a

E deux trous difpofez en forte que l'on y puùTe paffer des leviers. On attache à la partie infe-

Chap. II.

1. Une moube. Le mot Trochlea eft icy ce que nosouvriers appellent une Moufle. Ce nom tant en Latin qu'enFrançois eft donné à toute la Machine à caufe de l'unede fes parties : Car Trochlea en Latin ou Trochalea enGrec fignifie proprement une pouiiequi eft appellee dans letexte de Vitruve orbic lus. Or le nom A'Orbiculus auffi-bien que ceiuy de Trochlea qui fignifie une roue , convientmieux à une poulie qu'à la moufle qui eft quarree & qui en-ferme les poulies dans des mortaifes. Le mot de moufle audifelon fon etymologie Françoife , ne convient qu'aux pou-lies dont la moufle eft compofée, &c qui font appellees mou -fles à caufe de la reflêmblance qu'elles ont à la bouche

quand les lèvres font beaucoup relevées & avancées en de-hors , ce que l'on appelle vulgairement en François moufleou moue.

x. R e c h a m u s. Ce mot qui fignifie la mefme chofe queTrochlea & moufle , ne fe trouve que dans Vitruve : c'eftune des deux parties de la moufle qui eft divifée en fuperieure& inférieure. Ces moufles font des morceaux de bois danslefquels il y a des mortaifes les poulies font enchaflées.L'effet de cette machine eft que l'une des moufles eftant at-tachée au haut de l'engin, 6c l'autre au fardeau , la cordequi le doit lever produit Ion effet en faifant approcher lesmoufles l'une de l'autre ; & elle facilite l'élévation du far-

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