Chap. II I.
Nom du Pilotede Mendaus,
Qmraifonne furles naijfances*
L'ufage des in-Jlrttmens qui fer-vent aux obfer-varions Aftro*Homiques.
. 8i V I T R U V E
lever fur la terrej ce qui fait que Tonne fçait point quelle eft leur figure ; comme il fe Aprouve par l'Etoile appellee Canopus , que nous ne connoilTons que par le rapport des mar-chands qui ont voyagé dans les extremitez de l'Egypte , & jufqu'aux terres qui font aubout du monde.
J'ay enfeigné exactement quel eft le cours des Aftres autour de la terre, & quels fontles douze lignes du Zodiaque, avec la difpofition des Etoiles qui font vers le Septentrion& vers le Midy , parceque la conftrudtion des Analemmes dépend de ce tournoy cment dumonde, du cours que le Soleil fait dans les Signes du Zodiaque par un mouvement con-traire , & des ombres Equinoctiales des Gnomons. Car pour ce qui eft du refte, fçavoirquelle eft lapuuTance des douze fîgnes, quelle eft celle du Soleil, de la Lune, & des cinqautres Pianettes fur la vie des hommes, il s'en faut rapporter à TAftrologie Ôc aux Chal-déens, qui poffedent particulièrement cette fcience Gencthliologique, qui rend raifon pour- Bquoy Ton peut fçavoir par les aftres le pafTé& l'avenir : caries inventions qu'ils nous ontlaiflees par écrit, font voir quel a efté le fçavoir 8c Tefprit des grands perfonnages qui fontfortis de cette nation des Chaldéens ; entrelefquels Berofe a efté le premier, qui eftantve-nu enTlfle de Co y enfeigna cette fcience, en laquelle Antipater & enfuite Achinapolusayant étudié, ont monftréquelaGenethliologiedoit eftre fondée plutôt fur la concep-tion que furlanaiifance.
A l'égard de la connohTance des chofes naturelles, des puiffances qui gouvernent laNature , & des caufes qui produifent tous les effets qui fe voyent au monde, Thaïes Mile-jfîen, AnaxagoreClazomenien,PythagoreSamien,Xenophante Colophonien, & Dc-mocrite Abderitain ont laiiTé par écrit tout ce qu'ils ont inventé ; Et fuivant leurs opi-nions Eudoxus, I0 Euchasmon, Calippus > Meto, Philippus, Hipparchus, Aratus, & les C *autres Aftrologues, à l'aide de I: la Parapegmatique ont fait des obfervations plus exactes *qu'ils ont lailîées à la pofterité fur le lever ïc fur le coucher des Etoiles, & fur les faifons deTannée. Ces fciences à la vérité méritent d'être admirées dans les écrits de ces grands per-fonnages , qui ont tellement travaillé, que J1 les predictions qu'ils ont faites des change- *mens du temps ont paru venir d'une connoiffance plus qu'humaine. Et c'eft pourquoy ileft raifonnable de s'en rapporter à eux après la peine & le foin qu'ils ont pris à examinertoutes ces chofes.
io. EncHiEjios. Turnebe corrige cet endroit, & auHeu de End ■ mon , Callift;ts y Meto qui font dans les exem-plaires imprimez, il lit Euchœmon , Calippus , Meto quifont les noms des illuftres Aftronomes dont Ptolomée faitmention.
u. La Parapegmatiqjie. J'ai traduit à la mar-ge Parapegmata, l'ufage des inftrumens qui fervent aux ob-fervations u4ftronomiques , fuivant l'opinion commune 8ccontre le fentiment de Saumaife qui croit que Parapegma encet endroit fignifie une table d'airain fur laquelle eftoit gravéela figure du Ciel , le lever & le coucher des Etoiles , & lesfaifons de l'année. De forte que Parapegma felon Sau •maifeeft l'effet & la production de la fcience mefme qui aefté trouvée par les moyens qui font appeliez Parapegmataparceux quifuivent l'opinion vulgaire. Mais cette opinionvulgaire me femble eftre plus conforme au texte, parcequ'il eft dit que les Aftronomes ont trouvé la fcience desAftres par la Parapegmatique , Siderumoccafus ejr onus pa.rapegmatum difciplina invenerunt. Or Parapegma eft un motgrec qui fignifie en general une chofe clouée & fichée quelquepart, comme fondes lames d'airain dans lefquelles les loix,
les declarations des Princes, & les bornes des heritageseftoient gravées, & que la langue Françoife exprime allezbien parle mot dl'affiche. Mais il fignifie auffi l'aflèmblagede plufieurs pieces ; ce qui convient bien aux inftrumens deMathématique , qui fervent aux Obfervations Aftrono- r\miques.
ri. Les predictions qu'ils ont faites.L'Argument de Vitruve eft bon quant à la forme, mais laprincipale des propositions eft fauflc , qui eft que les Aftro-loguespredifent le changement des Saifons, & l'on peut parle mefme raifonnement conclure fort bien que les predi-ctions que les Aftrologues font du changement du temps,eftant faufles, comme elles font , celles qu'ils font de la for-tune des hommes le doivent eftre encore davantage : parceque la raifon du peu de fuccez de leurs predictions en ce quiregarde la fortune des hommes qui eft la liberté de leur vo-lonté, man que à l'égard des Elemens qui n'ayant rien quirefifte aux impreffions des Aftres, ne devroient jamais man-quer de faire par oiftre les effets de ces impreffions confor.mes aux predictions des Aftrologues , fi ces Philofophesavoient la connoiffance des caufes de ces impreffions.