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Les dix livres d'architecture de Vitruve
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278
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V I T RU V E

Chap IV ^ ous ^ e Soleil > toute la lumière eft retenue au deflus ; & qu'en cet eftat elle eft appellee pre- Amiere Lune ; Que lorfque paiTant plus outre vers l'Orient, elle n'eft plus ii fortement atti-rée par le Soleil, l'extrémité de fa partie éclatante fe laiiTe voir à la terre comme une petiteligne de lumière, auquel temps elle eft appellee féconde Lune ; &c que quelques jours aprèseltant plus éloignée , elle eft appellee troifiéme & enfin quatrième Lune : Qu/au feptiémejour le Soleil eltant vers l'Occident , & la Lune entre l'Orient & l'Occident, c'eft-à-direau milieu du Ciel, elle tourne vers la terre la moitié de fa partie éclatante, parce qu'ellecft éloignée du Soleil de la moitié du Ciel : mais que lorfqu'il y a entre le Soleil & la Lunetout le plus grand efpace du Ciel ; & qu'elle a paffé à l'Occident lorfque le Soleil regardel'Orient > alors à caufe qu'elle eft éloignée du Soleil autant qu'elle le peut eftre, elle faitvoir fa partie brûlante toute entière, ce qui ai rive le quatorzième jour ; & qu'enfuite di-minuant de jour en jour, elle accomplit le mois Lunaire en s'approchant & fe reculant du BSoleil.

Le Mathématicien Ariftarque qui eftoit natif de Samos a une autre opinion qu'il fon-de fur des raifons très-fortes tirées de la connoiffance qu'il avoit de plulleurs fciences ; &voicy quel eftfonfentiment. Il tient que c'eft une chofe évidente que la Lune n'a pointde lumière d'clle-mcfme, mais qu'elle eft comme un miroir qui reçoit celle du Soleil : carla Lune qui eft celle des fept Pianettes qui fait fon cours plus prés de la terre & en moinsde temps, palTant chaque mois fous le Soleil, il arrive que le premier jour avant qu'elles'en foitfeparée elle paroift obfcurcie, & parcequelle eft conjointe au Soleil, IJ il n'y a*que la partie qui regarde le Soleil qui foit éclairée : en cet état elle eft appellee nouvelle.Le jour d'après, qui eft le fécond, paflfant plus avant, & s'éloignant un peu du Soleil, cliclahTe voir une petite partie de l'extrémité de fa rondeur. Le troifiéme jour qu'elle s'éloi- Cgne un peu davantage, cette lumière commence à croiftre, & ainfî s'éloignant tous lesjours jlorfqu'au feptiéme, quand le Soleil fe couche, elle en eft éloignée environ de lamoitié du Ciel, elle ne fait voir que la moitié de fa partie éclairée. Le quatorzième lorf-qu'elie luy eft diamétralement oppofée, elle eft pleine, & elle fe levé lorfque le Soleil fecouche, parecque tout l'efpace du Ciel eft entre-deux, ,4 & qu'elle renvoyé toute la fplen- *deur qu'elle reçoit du Soleil. Le dix-feptiéme lorfque le Soleil fe levé elle eft proche ducouchant. Le vingt & unième le Soleil eftantlevé, la Lune eft environ au milieu du Ciel,& la partie qui regarde le Soleil eft illuminée, le refte ne paroiffaut point : & ainfi conti-nuant fa courfe elle fe trouve le vingt-huitième fous le Soleil , & alors elle achevé lemois.

Il me refte à expliquer comment le Soleil paiTant chaque mois dans un Signe augmen- fjte ou diminue éV les jours & les heures.

ij. Il n'y a que la partie cuii regarde leSoleil. J'ay remis icy en fa place une ligne que je croyavoir efté tranfpofée : Car il y a dans tous les Exemplaires.I tuque quot menfii us , ( c'eft-à-dire, fngulis menfibus ) fubrotamfolis radiofque primo die antequam praterit latens obf-cttrjtur, & quoniam eft cum Sole , nova vacatur , efre. Quo-tiàie verb difceiens cum pervertit ad diem feptimum, diftansà Sole accidente, circiter médias cceli regiones dimidia lucet,& ejus qua adfolem pars fpetlat ea eftHluminata. Or cesmots efr ejus qua ad Solempars fpetlat ea eft illurninata ,nefont point en leur place & ne fignifient rien : C'eft pour-quoy je les ay mis ainfi en leur ordre. Itaque quot menfibusfub rotam radio<J"queprimo die antequam preterit, latens obf-curatur , & ejus qua. ad Solem pars fpeilat, ta ( tantum ) efiillurninata i & quoniam tjicnm Sole ) &c.

14. E T QJl'E LLE RENVOYE TOUTE LA SPLEN-DEUR. Ce texte n'a point de fens dans tous les Exemplai-res il y a que quand la Lune eft pleine, totius orbis Solisinfe recipit fplendorem : Caril eft toujours vray qu'en quel-que eftat que foit la Lune , elle reçoit toujours la lumièredu Soleil d'une mefme manière : mais elle ne renvoyévers la terre toute la lumière qu'elle reçoit du Soleil, quelorfqu'elle eft pleine. C'eft pourquoy j'ay crû qu'il faut lire,tonus orb'n a fe rejicitfplendorem : Car bien qu'en tout tempsla Lune rejette abfolument toute la lumière du Soleil, demefme qu'elle la reçoit toujours toute entière ; il eft pour-tant vray qu'il ne s'agit icy que de ce que la Lune fait à l'é-gard de la terre, fur laquelle elle renvoyé tantoft plus, tan-toft moins de cette lumière , quoiqu'elle la reçoive toujours Eégalement.

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