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Les dix livres d'architecture de Vitruve
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277
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LIVRE IX i 77

A de que fi ces rayons, pour faire leur effet, fe répandoiènt en rond par tout le monde , & Chap IVqu'il ne fuft pas neceffaire qu'ils s'eftendifTent en droite ligne pour former un triangle \ ileft certain que les corps feroient plus échauffez à mefure qu'ils feroient plus proche du So-leil : ce qu'Euripide Poète Grec a bien remarqué lorfqu'il dit dans la Fable de Phaeton1 1 que ce qui eft éloigné du Soleil eft beaucoup plus échauffé, de que ce qui en eft prochen'a qu'une chaleur modérée.

De loin fa chaleur ejl brûlanteDe prés elle ejl moins violente >

De forte que la raifon, confirmée parle témoignage de cet ancien fcoete, fcmble devoirfaire juger que la chofe eft telle que je l'ay expliquée cy-deffus.

g La Planète de Jupiter , qui fait fon cours entre Mars de Saturne, le fait plus grand queMars de moins grand que Saturne : de ainfi généralement les autres Etoiles, plus elles fontéloignées du dernier Ciel de proche de la terre, moins elles femblent employer de tempsà achever leur cours : parce que celles qui font leur cours dans un plus petit cercle, devan-cent & paffent par plufieurs fois deffous celles qui font plus hautes. Car de mefme que fifur une roue de Potier il y avoit fept fourmis dans autant de Canaux creufez autour ducentre de la roiie, de tous plus grands l'un que l'autre, en forte que les fourmis fuiTent con-traintes de marcher en rond, pendant que la roue va d'un mouvement contraire à celuydes fourmis, il eft certain qu'elles ne laifferoient pas nonobftant le mouvement contrairede la roue', de pourfuivre leur chemin, de que celle qui marcheroit le plus prés du centrede la roue , auroit bien plutoft achevé fon tour que celle qui va dans le dernier canal, quoyque l'une marchaft aufti vifte que l'autre > parce que l'une a un bien plus grand cercle a. par-courir que l'autre-.Tout de mefme les Aftres qui vont contre le cours univtrfel du Ciel,font chacun leur circuit particulier, mais ce cours univerfel qui s'achève en un jour, lesrapporte inégalement vers le lieu d' ils viennent.

Or il y a des Etoiles tempérées, d'autres font chaudes, d'autres froides, & cela vient

* de ce que tout feu pouffe fa flame en haut. 1% C'eft par cette raifon que le Soleil enflame &brûle par fes rayons tout cet efpace appelle Mther qu'il a au deffus de luy, de que l'Etoilede Mars qui paffe par, eft fort ardente ; au heu que celle de Saturne qui eft plus éloignéede qui touche les extremitez du Ciel qui font gelées, eft extrêmement froide , de que Jupi-ter qui marche entre l'un de l'autre , eftant également éloigné de ces deux caufes de la cha-leur de du froid, ne produit que des effets médiocres.

j) Apres avoir icy expofé tout ce qui m*a efté enfeigné par mesMaiftres touchant le cer-cle des douze Signes, les fept Pianettes , la diverfité de leur puiffance de de leur mouve-ment , de par quelles raifons &c felon quels nombres en paffant d'un Signe en un autre, el-les achèvent leurs cours> je diray maintenant comment la lumière de la Lune croift &: de-croift, ainfi que je l'ay appris des anciens.

Berofe qui eft venu du païs des Chaldéens en Afie de qui y a enfeigné cette Science, ditque la Lune eft une boule dont une moitié eft éclatante de lumière, & l'autre eft de cou-leur bleue : Que cela luy arrive lorfque faifant fon cours elle fe rencontre fous le Globe duSoleil, pareequ alors elle s'enflamme par l'ardeur de fes rayons de devient éclatante parlapropriété qu'elle a de concevoir de la lumière par une autre lumière : Qu^eftant attirée audroit du Soleil, cette partie éclatante eft tournée vers le haut, de l'autre qui ne l'eft pas,

E n'eft point viable, parce qu'elle eft femblable à l'air, de ainfi eftant perpendiculairement

gne qui font comparez à celuy dont il s'agit, font appeliezcomme les Signes fe font les autres afpc&s ; Or ayanteilédit que l'afped trine fe fait au cinquième Signe , parceque le Soleil l'a atteint, il faudroitdire audi que les autresafpe&s font faits au troifiéme 5c au quatrième Signe ,&non au fécond & au troifiéme.

H.QjlE CE QJ1I EST ELOIGNE' DUSolEîl EN

est beaucoup nus tcH AUFf'i. L'opinion quel'on peut avoir que le Soleil échauffe davantage les corpsqui font éloignez,eft fondée fur ce que la moyenne regionde l'.iir qui eft plus proche du Soleil, nous paroift plus froi-de que la balle qui en eft plus éloignée : mais la confequen-

ce que l'on tire de cette experience , eft fauffe, parce que lamoyenne region n'eft pas froide , àcaufe de la foiblefle dela chaleur du Soleil, mais parce que les corps qui font en cetendroit, font moins capables de recevoir 1 impreffion de fesrayons faute de l'opacité neceffaire pour cela, & qui arre-ftantles rayons du Soleil, eft caufe de la chaleur que le So-leil ne produit point dans les corps tranfparens fesrayons ne font point arreftez, ainfi qu'ils font fur la terre.

il Et c'estpar cette raison que t e So-leil enflame. Cette raifon s'accorde mal avec ce quel'Auteur à dit fçavoir, que le Soleil échauffe davantage lescorps qui font éloignez de luy.

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