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LIVRE VIII. u 7
A de la maçonnerie ; Se alors il arrivera qu'ils iront fort loin dans le fond de la vallée felon Ch. Y 11,Ion niveau, qui eft ce que l'on appelle ventre, dit Koilia par les Crées. Par ce moyen lorf-que les tuyaux feront parvenus au cofteau oppofé, ils contraindront i'eau qu'ils refferrentde remonter affez doucement à caufe de la longueur de ce ventre : car s'ils n'avoient eltéconduits par ce long cfpace qui eft à niveau le long de la vallée, ils feroient en remontant
* tout court, un coude * qui forceroit l'eau à faire un effort capable de rompre toutes les
* jointures des tuyaux. Dans cet efpace qui s'appelle Ventre, il faudra faire 2 des Ventoufes, CoUtmnaria.par lefquelles les vents qui ieront enfermez, puiffent fortir. C'eft ainfi que relferrant l'eau
dans des tuyaux de plomb, on pourra fort commodément la conduire, foit en droite li-gne , ou par des détours, foit en montant ou en defeendant. Il fera encore fort à propos,yayant une pente raifonnable depuis la fource jufqu'aux murailles de la ville, de bâtir des re-£ garas , diftants l'un de l'autre de la longueur de vingt-quatre mille pie^ , afin que s'il y a quel-que chofe à refaire aux tuyaux, on ne foit point obligé de fouiller tout le long de la con-duite, mais que l'on trouve plus aifement l'endroit où eft le mal. Ces regards ne doiventpoint eftre faits fur les pentes, ny dans les enfoncemens que nous avons appeliez ventres,ny aux endroits où l'eau eft forcée de remonter, ny dans les vallées, mais feulement dans
* les lieux où les tuyaux auront 9 une longue de égale fuite.
Si l'on veut conduire l'eau avec moins de dépenfe, on employ era des tuyaux de poteriequi doivent eftre épais pour le moins de deux doits, de plus étroits par un bout afin qu'ilspuiffent s'emboeter l'un dans l'autre. Leurs extremitez feront jointes avec de la chaux de-trempée avec de l'huile. Aux endroits où ils defeendent pour faire le ventre on mettra àl'endroit où fe fait le coude un morceau de rocher rouge, qui fera percé, afin de recevoirq le dernier des tuyaux qui defeendent, & le premier de ceux qui doivent aller à niveau pourfaire le ventre ; & tout de mefme le dernier de ces tuyaux qui font le ventre entrera dansune autre pierre dans laquelle le premier des tuyaux qui remontent, fera auffi emboeté dela mefme manière.
La conduite de l'eau eftant ainii réglée, tant pour ce qui regarde celle qui fe fait pardes lieux plats, que celle qui oblige l'eau à defeendre pour remonter, les tuyaux ne fe-
* ront point fujets à eftre éclatez par la violence de l'eau : *° car il arrive fouvent qu'il s'enfer-me des vents dans les conduits des eaux de que ces ven c s ont affez de force pour rompremefme les pierres ,f] l'on ne prend-garde delà faire entrer peu à peu par la premiere em-bouchure,& de renforcer par de bons liens, ou par la pefanteur du fable les endroits où les
I) 7. Qu i f o R c e r. o 1 t l'eau. Cela n'eft point vray:car 1 eau pour remonter tout court, n'en eft point plus for-cée ;&r plus la conduite eft longue dans la vallée , & plus ily a de danger que les jointures ne fe rompent ; parce qu'il ya davantage de jointures.
8. Des ventouses. Les Interprètes font en peinefur le mot de t olumnaria. Quelques-uns, comme Beroal-ous dans Suétone, &Jocundus, le corrigent peur mettrei olluvsaria c'eft-à-dire des égouts, ou ( loaques. D'autres,comme Laè't, lifent Columbaria , qui fignifie des trous deBoulins où les pigeons font leurs nids, & ils croyent queVitruve a entendu par là les trous des Robinets, par lef-ouels on doit donner air aux tuyaux & les décharger quandil eft befoin : D'autres comme Baldus & Philander, retien-nent Columnaria, parce qu'ils croyent que Vitruve entendpar là qu'il faut enter des bouts de tuyaux qui s'élèvent
E comme des colonnes fur ceux qui font dans les lieux baspour leur donner de l'air. Ces trois opinions font proba-bles , parce que des Robinets &c des tuyaux élevez fontpropres adonner de l'air aux tuyaux, & des cloaques font
neceflaires auffi en cet endroit pour faire écouler l'eau quel'on eft contraint de laiifer fortir lorfqie l'on donne de l'airaux tuyaux : Cela a fait que je me fuisfervy du mot de ven-toufe, qui comprend & fuppofe toutes les trois opinions, &qui eft un mot uficé parrny les Fonteniers.
9. U n e jl o n g u't et égale suite. J'ay interprétéà la lettre le texte qui a in perpétua aqualitate, & qui au.roiteu befoin d'eftre expliqué par uneparaphrafe : car cet-te longue & é>/aie fuite n'exprime pas tout ce que Vitruveveut dire, qui eft que les regards, par exemple A B C Dne doivent eftre faits qu'aux endroits où les tuyaux font àpeu après au niveau de la fource, & du lieu où l'eau doiteftre conduite;c'eft-à-dire aux endroits où l'eau n'eft pasbeaucoup ferrée dans les tuyaux , & non aux autres en-droits où l'eau eft au delfous de ce niveau ; quoyque lestuyaux foient là d'une longue & égale fuite , foit que cefoient ceux qui font dans la defeente H E, foit que cefoient ceux qui font dans la montée F L , foit que ce foientceux qui font dans la vallée E G F,oùeftle ventre.
5. Car il arkivh souvent. C'eft icy l'en-
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