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Les dix livres d'architecture de Vitruve
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265
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LIVRE VIIÎ. i6j

A Quelqu'un qui aura lu Archimede pourra dire que l'eau n'eft point propre à niveler £h VIjufte, parce que cet Auteur eftime que l'eau n'a point cette ligne droite qui eft neceffairepour bien niveler , dautant qu'elle conferve toujours une rondeur dans fa fuperficie , quiFait une portion de cercle dont le centre eft celuy de la terre. Mais foit que l'eau foitdroite, foit qu'elle foit courbée dans fa fuperficie, il eft toujours vray que les deux boutsdu canal qui eft dans la regie , foûtiennent l'eau également, &c que fi le canal eft panchéd un cofté , l'eau qui fera à l'autre bout qui eft plus élevée ne touchera plus le haut du borddu canal. Carquoyque l'eau quelque part que l'on la mette, s'élève toujours dans le mi-lieu elle fait une courbure, il eft impoffible que les deux entremitez ne foient parfaite-

* ment à niveau. 7 La figure du Chorobate fe trouvera à la fin du livre.

Si l'eau eft bien élevée & qu'elle ait beaucoup de pente, elle fera plus aifée à conduire \

g & s'il arrive que le lieu par elle doit paner, ait des creux & des fondrières, il faudrales emplir & égaler avec de la maçonnerie.

pefche la jufte pofition de ce niveau, de plus le bois fepeutétreffir davantage à une de fes extremitez qu'à l'autre, cequi peut changer le parallelifme du rayon vifuel avec la li-gne de la fuperficie de l'eau : & enfin l'œil regardant par destrous ou par des fentes ne peut pas bien determiner le vray

f>oint qui doiteftre dans le rayon vifuel ^ en forte que vou-ant niveler, par exemple à un arbre éloigné de deux outrois mille pas 3 on ne peut eftre affuré fi c eft le haut, ouïebas,ou le milieu de l'arbre qui doit eftre pris pour le vraypoint de niveau.

Pour perfectionner le Chorobate, Monfieur l'Abbé Ma-riotte de l'Académie Royale des Siences a trouvé depuisQ peu qu'il fuffifoit que l'ihftrument euft trois ou quatre piezde longueur ; qu'il n'eftoit point neceffaire qu'il euft despinnules , ny mefme qu'il y euft de ligne droite & paral-lèle à la fuperficie de l'eau le long de laquelle il falluft re-garder-.mais qu'il faut feulement que dans le canal qui doitCftre large, l'eau foit la plus élevée qu'il eft poflible , ce qui fefait en la retenant par lesdeuxbouts avec un rebord de ci-re,, au deflus duquel l'eau s'efleve quelque peu, àcaufe que

l'eau fuit la cire qui eft graflê.Car il ne faut que regarder dansl'eau l'image d'un figne que l'on fait tenir au lieu l'orijugea peu prés que le Niveau eft pointé en faifant haufletou baifler le figne par quelqu'un juqu'à ce qu'il foit mis au.niveau de la lurface de l'eau : ce qui fe fait en cette ma.niere.il faut que ce figne foit un ais de deux piez ou environ,qui eftant noircy ait une bande blanche en travers à cha-cun de fes bouts. Lorfque l'image de la bande fuperieure pa-roiftra dans l'eau autant diftante de la bande inférieure dufigne que cette bande inférieure le paroift delà luperieure,il eft certain que le milieu de la bande inférieure du figne,laquelle paroiftra au milieu de deux autres, fera au niveaude la fuperfice de 1 eau. Cela fe prouve par les reglesde laCatoptrique ,& par une chofe qui eft fort connue, fçavoirquelesimages des objets paroiffent autant enfoncées dansl'eau, que les objets font élevez au deflus.

7. La figure du Chorobate. Cette figure eftperdue' de mefme que les autres que Vitruve avoit mifesdans fon livre : celle qui eft marquée ABC ! ' E, dans la pa=.gc précédente i eft prife des commentaires de Barbaro;

ëHAP.Vlî;

CHAPITRE VII.

'De plufieurs manières de conduire les Eaux-,

ON peut conduire les eaux en trois manières, fçavoir, ou par un canal couvert demaçonnerie , oupar des tuyaux de plomb, oupardes tuyaux de poterie. Mais ilfaut obferver que fi Ton fait des canaux de maçonnerie,elle doit eftre fort folide; qu il faut* p qu'il y ait affez de pente, c'eft-à-dire pour le moins demi pie fur cent piez j qu'il eft ne-ceiîaire que ces grands aqueducs foient couverts par des voûtes, afin que le Soleil ne don-ne point fur l'eau \ & que lorfque l'eau fera arrivée proche des murailles de la ville, il fautconstruire un regard, & proche de ce regard trois refervoirs, & faire qu'il y ait trois tuyaux CafelM;qui diftribuent l'eau également aux refervoirs, qui feront difpofez de telle manière, quelorfqu'il y a aura beaucoup d'eau, le refervoir du milieu recevra celle qui fera de refte dansles deux autres, & par des tuyaux l'envoyera à tous les lavoirs & aux fontaines jalinantes.Mais l'eau de l'un des autres refervoirs ira aux Bains, d' la ville tirera du revenu tous les*ans. L'eau * du troifiémérefervoir fera envoyé aux maifons des Particuliers, & ainfile

1 Qu'i l y Ait a s s e z b e pente. J'ay ainfi para- fon eau également à trois refervoirs D E , H I , &F G ; quephraféle texte Solumquerivi , librement a. habeatfafiigiata, le piemier D E , envoyé l'eau aux Bains pair le tuyau K;ce qui veut dire à la lettre , que la terre fur laquelle l'eau que le troifiémé F G , l'envoyé aux maifons des particuliers

par le tuyau M ; Se que celuy du milieu H I , l'envoyé auxlavoirs & aux fontaines jaliffantes par le tuyau L ; que lorsqu'il vient de l'eau dans le Regard ABC, beaucoup plusqu'à l'ordinaire j elle haultë dans les refervoirs D E , & F G;& que le premier D E , & le troifiémé F G , ayant destuyaux E & F, au deflus de ceux qui vont aux Bains & auxmaifons particulières ,il arrivera que lorfque l'eau monte el-le paffera par ces tuyaux dans le refervoir du milieu, & fejoindra àl'eau qu'il reçoit, de mefme que les autres dure-gard ABC.

/v X X

fl-

ee qui veut dire a îa îcurc , quecoule , doit eftre en pente de mefme que le toit d'un maifon -.Car il ne m'a point femblé qu'il fuft neceffaire dépar-ier de la terre , parce que l'eau ne coule point dans les a-queducs fur la terre, mais dans un canal de pierre ou de ci-

ment.

2. Du troIsie' reservoir. II y a e x qui-hus tertio -Jay obéquibus pour live e* tertie : autrement je necroy pas que l'on puiffe trouver du fens dans ce texte, quià cela prés eft affez clair , le fens eftnnt que le RegardABC } doit avoir trois tuyaux A , B, & C, qui diftribuent