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A elles ne produiraient pas les arbres qui j ettent l'encens, les plantes qui portent le poivre, C H. 111.ny les arbres qui donnent la myrrhe ; enfin le païs Cyrenaïque n'auroit pas la plante feru-lacée du Lafer, mais en toutes fortes de regions on verrait indifféremment croiftre touteschofes.
Or chaque païs a ces différentes qualitez à caufe de l'inclinaifon du monde, c'eft-à-direfelon que chaque climat s'approche ou s'éloigne plus du lieu où fe fait le cours du Soleil :& cela n'a pas feulement la force de rendre les fucs de la terre differens, mais il en naift unediverfité d'humeurs qui fe remarque mefme dans les animaux; & cette diverfîté nefe trou-verait point telle , fi les proprietez des terroirs eftoient femblablcs, nonobftant leur dif-férente fituationà l'égard du Soleil: car l'expérience fait voir que le fleuve Cephifus ôc leMêles en Beotie, leCrathis en Lucanie,leXanthusàTraye,& plufieurs fontaines c^ri*-
B vieres dans les terres d'autour de Clafomene, d'Erythrée & de Laodicée , ont cette vertu,que les animaux que l'on envoyé boire de leurs eaux en certains temps de l'année aufquelsils ont accouftumé de concevoir, quoyqu'ils foient tout-à-fait blancs, font des petits,dont les uns en quelques lieux lont de couleur grife, en d'autres de couleur plus brune, &cen d'autres tout-à-fait noirs : tant la propriété de chaque humeur a de force pour commu-niquer fuivant fa nature une couleur particulière à chaque chofe qui eft engendrée: c'eftpour cette raifon que les Troyens ont appelle la riviere qui paffe prés de leur ville, Xan- / aune .thus , parce que les vaches quinaiffent le long de leur rivage font rouffes, & les moutons17 d'un rouffaftrc tirant fur le rouge brun.. < Leucopha*.
Il fe trouve auffi des eaux dontl'ufage eft pernicieux & mortel à caufe du fuc venimeuxde la terre fur laquelle elles coulent, telle qu'eftoit à ce que l'on dit cette fontaine à Terra-
C cine qui eftoit appellee Neptunienne, de laquelle ceux qui beuvoient par mégarde, mou-raient incontinent ; ce qui fut caufe qu'on la combla ; tel eftoit aufli un lac proche desCyderesenla Thrace, duquel on ne pouvoir non feulement boire, mais mefme fe laverfans mourir. Il y a encore une fontaine en Theffalie , qui eft à l'ombre d'un arbre dontles fleurs font de couleur de pourpre, de l'eau de laquelle ny les troupeaux ne veulentpoint boire, ny aucun genre d'animaux n'ofe approcher. Tout de mefme en Macédoineprés le tombeau d'Euripide deux ruiffeaux fe joignent après l'avoir coftoyéà droit & àgauche, l'un defquels aune fi bonne eau, que les paffan's s'y arreftent pour repaiftre : maisl'eau qui coule de l'autre cofté a la reputation d'eftre fi pernicieufe que perfonne n'en ap-proche. En la partie de l'Arcadie qui eft appellee Nonacris, il diftille de certaines monta-gnes une eau tres-froide, que les Grecs appellent Styjv] \jydor i qui ne peut eftre reçue Eau de trifle fe.D dans aucun vaiffeauny d'argent, ny de cuivre, ny de ter , qu'elle ne rampe, & il n'y a quela feule corne du pié d'un mulet où on la puiffe garder. On dit qu Antipater fit porter decette eau par fon fils Iolas dans la province oùeiloit Alexandre, 6V qu'elle fut le poifonqui fit mourir ce Roy. Il y a encore une autre eau dans les Alpes au Royaume de Cottus,qui fait tomber fubitement ceux qui en boivent. Au païs des Fahfques prés du cheminqui va à Naples, dans un bocage qui cft au milieu d'un champ appelle Cornetus, il fortune fontaine dans laquelle on trouve des os de ferpens, de Lézards & d'autres beftes ve-nimeufes.Il y a encore des fontaines dont l'eau eft aigre, comme eft celle de Lyncefte, celle de
AemavAe-^rbtirum in radicibtes comme j"ay corrige : car•r; bien que le moi de Arbarum ne fôit pas tout à faitnecenai-.*"' re , Humor infufus rad'ribw , rendant le fens allez entier ;il eft encore plus certain que le mot Saporum auroit eftétout-à-fait fuperflu, etiant répété a la fin de la période , oùil elt dit que Humor terrenus profundit loci & generis fuifruclus faforem.
17. D'un roussastRE tirant sur le rou-ge brun. Jay fuivy l'opinion d'Alciat, qui croit quel.eucorhsm color eft le roux qui tire fur le rouge-brun. Il fefonde'furPline, qui dit que du mélange de la Rubrique, duSi 1 jaune ,& du Melin , dont on compofoit l'affiete qui fecouchoitfur le bois pour le dorer, on fait le Leucopbaum.Hcrmolausqui croit de mefme que Philander que Leuco-phzum fignifie le gris, a corrigé le texte de Pline, & a
mis Leucophorum , au lien de Leucophaim. Mais il ne fetrouve point que Lcucoph&um fignifie le gris. La difficultéeft dans la lignification du mot grec ph&os , que les Gram-mairiens expliquent par le mot Latin Fufcus : & ils difentque Fufcus , eft color fubniver,c'e(ï-k-dite brun , fans fpeci-fier quel brun ils entendent ; Mais les Auteurs Latins fe"font mieux expliquez quand ils ont dit que la couleur desv figes haflez , & celles des vins qui ne font ny tout à faitblancs, ny tout-à-fait ronges , eft le Fufcus color : car c'eften ce fens qu'Ovide dit Fufcantur corpora C amp o ,& queFc.hrnum eft appelle Fufcum par Martial. Or la couleurdes vins que l'on appelle generofi tel qu'eftoit le Faler-num , ny celle des vilages hâlez n'eft point grife mais fauve,qui cft un roulTaftre tirant fur le rouge-brun.
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