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Les dix livres d'architecture de Vitruve
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258
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Chap. III.

Bridé.

I

i 5 8 VITRUVE

tent a en foy I5 une fubftance quia la force d'endurcir & de coaguler > de manière que \lorfqu'une grande 14 quantité de cette fubftance fe trouve eftre meilée avec l'eau de ces *Fontaines qui l'emportent dehors, elle eft ramaifée & épaiflie par la chaleur du Soleil Ôcde l'air, comme on voit qu'il arrive aux marais l'on fait le fel.

Il y a auiïï des Fontaines que le fuc de la terre dont elles fortent rend tres-ameres, telqu'eft le fleuve Hypanis au Royaume de Pont, qui depuis fa fource par l'efpace d'environquarante milles eit doux, mais quand il eft parvenu à un lieu diftant de cent foixante mil-les de fon embouchure dans la mer, une petite Fontaine qu'il reçoit rend amere toute foneau, quoy qu'ilfoit un très-grand fleuve. Cette amertume vient d'une mine de Sandara-que qui fe trouve prés de la fource de cette Fontaine qui la fait devenir ainfi amere.

Or il eft à croire que les diverfes proprietcz delà terre font aufïï-bienla caufe des diffé-rents goufts dans les eaux, que dans les truits : car files racines des arbres & des vignes, & Bles femences des plantes ne prenoient pas chacun pour la production de leurs fruits un fucqui tint de la nature de la terre, les mefmes fruits auroient en tous lieux un mefme gouft.Cependant on fçait que le vin nommé J Protyroncroift dansi'IiledeLeiboSjCeluy qui eft *appelle CatafakAumenos en la Mceonie, le Meliton en Lydie, le Mamertin en Sicile, le Fa-lerne en la terre de Labeur, le Cœcube à Terracine & a Fundi -, & que les autres vins quel'on recueille en divers lieux font de nature différente : or cela peut arriver ainfi, parce

16 des arbres, q

pi

que l'humeur qui eft dans la terre communique fa propriété aux racinesla reçoivent pour la faire paffer dans le bois, qui la porte jufqu'aufommet des branches, elle donne aux fruits un gouft fuivant la qualité particulière de la terre. Car fi la terre *n'eftoit remplie de fucs différents, la Syrie & l'Arabie ne feroient pas les feules qui au-roient tant d'odeurs dans leurs rofeaux, dans leursjoncs&dans toutes leurs plantes, Se ç

Le texte en cet endroit n'a au-

difE-t

n. Une substance. Le texte en cet enarou n a au- eftun corps plus oumoins fubtil & àz dihvrente nature

enn fens ny aucune conftruction raifonnable. il yam his dans de differens fujets. Car il y a quelque raifon de croiie

locis & in ea terra quïbus is nzfcitur fueem , fubefi ceignit na. que ce font les corpufcules fubtil s & mobiles du feu qui rei.-

tnr& flmitis. )'av traduit comme s'il y avoit in his locis & in dent les métaux fluides, que c'en: la ferolicé qui empefche

ea terra ambus fons nafeitur [meus fubefi coaguli natur& (i- que le lait ne fe caille , que ce font les parties plus liquidesmilislettre,

ayant ---------------

'14. Qu antit e'. C'eft ainfi que j'ay cru qu'ilfalloit in-terpreter le mot vis & non pas proprhté , comme a fait J.Martin. Car il n'eft point vray qu'une propriété, une for-ce , ou une puiflance foit coagulée ou congelée, mais bienqu'elle coagule & qu'elle gelé : & il eft audi fort raifonnablede dire en parlant de la îubilance coagulable qui cft dansles fontaines , que lorfqu'elle eft abondante l'eau eft ai-sément coaeulée par la chaleur de l'air. Car Vitruve attri-

empefche l'introduction dans les intervalles des autres par-ties de l'eau : De forte que foit que la chaleur du ç oleil & del'airconfume les parties de l'eau qui font interposes entrefes parties coagulables pour faire la pierre, ainfi que Vi-truve dit, foit que la privation des parties plus fibtiles quel'eau fouffre par le froid exceffif quand elle fe glace , ainfiqu'Hippocratel'a jugé, après avoir veul'eau diminue & devient plus légère en

par experience que r^fe gelant ;il femble

pierre ou fel qui s'engendrent dans l'eau par la jonction premier volume de mes Eiïais de Phyfique.des parties coagulables , laquelle fe fait par ['evaporation 15. Protyron. La plufpart des exemplaires ont Pro-

ies parties aqueufes dont l'interpolition empefehoit cette tyron , que Philander & Barbaro corrigent pour mettre Projonction tropon , qui fignifie la mere-goute : mais j'ay crû qu'il eftoi

' Et en effet on peut dire ce me femble avec quelque proba-bilité que cette raifon de la coagulation des corps peut fufli-re pour expliquer toutes les efpeces de concretions , fansmefme excepter celles"que l'on eftime eftre faites par tranf-mutation, telle qu'eft la concretion de l'eau quand elle fe ge-, & celle de toutes les autres fubftances tout le corps eft

coamilé, fans qu'il paroiiîè qu'il y fou arrivé aucune dimi-" 'expreffion des parties fubtiles dont l'interpo-

fiution, parl'expi

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ eftoitplus à propos delai&ei: Protyron , parce que Vitruve appor-te cet exemple pour prouver que les differens lieux donnentdes goufts differens aux fruits de la terre ; & la difference dugouft qui fe trouve entre les vins de mere-goute & ceux depreffûragenefait rien à l'intention de Vitruve : car il s'agitd'apportericy des exemples des vins dont le nom foit prisdu lieu ils croilfent , & non pis d'aucune autre qualitéqu'ils puilîènt avoir d'ailleurs. De forte que la raifon qu'il p

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fition facihtoit le mouvement qui eftoit dans toutes les par- pourroit y avoir de mettre Protropon au lieu de Protyties du corps fluide,avant la concretion.Car il femble que les ne devroit point eftre, à mon avis, à caufe que Protropon fi-diffèrences des caufes desdilfolutions ne dépendent que de gnifie la mere-goute, mais parce que c'eft le nom d'un peu-la diverfité des puilfances qui introduifent un corps liquide pie felon Pline , qui dit que zAbdlinates peuples de l'A-entreles parties du corps folide & endurcy par la jonction poiiillefontappellez Protropi : Mais cette raifon ne peutimmediate de fes parties coagulables. J'appelle parties co- eftre reçeuë -, parce que le vin dont il s'agit eft de l'Iïle deaoulables celles qui font figurées de telle forte qu'elles Lefbos. Quoy quil en foit il n'y a aucun inconvenient,ont des faces plattes qui font que deux corps qui font que du temps de Vitruve il y ait eu un vin appelle Protjrtn,joints immédiatement par ces faces ont delà peine a fe fe- à caufe du lieu il croilfoit, & qu'il ne nous foit point re-parer iufqu'à ce qu'elles le foient alfez pour laillèr entrer fté d Hiftoriens ny de Géographes qui fanent mention dedans l'efpace qu'elles forment en fe feparant, la fubftance ce lieu.

liquide qui empefehant la jonction immediate de ces faces i<5. Des a r bres. Il y a dans tous les exemplaires

plattes rend tout le corps fluide : Et cette fubftance liquide Terrenus humor fapormn in radicibtts infufus , nuis le fens