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Les dix livres d'architecture de Vitruve
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HHBHHI

LIVRE VIII.

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A de Cuivre, de Plomb, & d'autres femblables Métaux ; mais elles font fort mauvaifes, & Chap IIIelles ont des qualitez opposées à celles qui font dans les eaux chaudes qui viennent deslieux il y a du Souffre, de l'Alun, ou du Bitume: car lorfqu'eftant beuës elles paifentpar les veines dans le corps,, elles endurciffent les nerfs & les enflent, ce qui caufe aux piez& aux mains une grande foibleiîe, en forte que les parties dont les nerfs font ainil enflez& racourcis deviennent fujetesàla goutte & aux autres maladies des parties nerveufes,parce que les porofitez du corps font abbreuvées par des humeurs crues t épaiffes ÔcFroides.

Il y a une autre eau, qui outre qu'elle n'eft pas fort claire, a de plus comme une écu-me ou fleur qui nage deffus, de couleur de verre rouge. On en voit de cette forte princi-* paiement auprès d'Athènes : cette eau eft conduite ll dans la ville mefme, & prés du portB de Pyrée, elle fait des jets d'eau dont on ne boit point, mais on s'en fert pour laver, &cpour quelques autres ufages ; mefme par la crainte que l'on a qu'elle ne nuife, on ne boitque de l'eau de puits. Les Trefeniens n'en peuvent pas faire de mefme, car ils n'ont pointd'autre eau que celle de Cybdele, & à caufe de cela ils ont prefque tous la goutte auxpiez. Au contraire le fleuve Cydnus, qui pafle dans la ville de Tarfe dans la Cilicie , acette propriété, que ceux qui s'y lavent les jambes, font foulagez de la douleur des

gouttes

8 ne

comme

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terr

e trouve encore plufieurs autres efpeces d'eaux qui ont de différentes proprietez,

le le fleuve Himerc en Sicile, lequel après eftre forty de fa fource fedivife en deux

ras, dont l'un qui defeend vers le Mont ^Etna, eft bon à boire, parce qu'il pafle fur une

:rre douce, l'autre qui coule fur une terre d' l'on tire du fel, a fon eau fort fallée. De

quilontainiilalezacauledes mines de iel par lefquelles ils pilent. D'autres qui coulent par des veines de terres on&ueufes, paroiflént eftre menéesd'huile : tel eft le fleuve Liparis qui pafle à Soli ville de Cilicie, dans lequel ceux qui na-gent ou qui fe baignent, lortent de l'eau tout huilez. Il y aun Lac en ./Ethiopie qui faitla mefme chofe ; tk dans les Indes il s'en voit un autre qui jette une grande abondanced'huile quand le ciel eft ferain. A Carthage on voit une Fontaine fur laquelle il nacre auffide l'huile qui a l'odeur de la raclure d'un citron, & dont on a accouitumé d'oindre le be-ftail. A Zacynthe & prés de Dyrrachium & d'Apollonie il y a des fources qui jettent par-

D my l'eau une grande quantité de poix. A Babylone il fe trouve un très-grand Lac appelle

Limné ajphaltis , fur lequel il nage un Bitume liquide, duquel Semiramis fit joindre les bri- Lac bitumineuxques dont elle baftit les murailles de la ville. Il y a aufli en Syrie prés de Joppe, & en la par-

* tie de 11 l'Arabie qui eft proche de l'Afrique, des Lacs fort larges qui jettent de grandespieces de Bitume que les habitans d'alentour attirent au bord ; cela vient de ce qu'il fetrouve proche de quantité de carrières dont on tire du Bitume dur, &c que l'eau arracheen paffant le Bitume & le pouffe dans le Lac. Il y a encore en Cappadoce proche du che-min qui eft entre Mazaca & Tuana un très-grand lac, dans lequel fi on met tremper unecanne ou quelqu'autre chofe, on la trouve le lendemain quand on la tire, pétrifiée par lapartie qui a efté dans l'eau, celle qui eftoit dehors eftant demeurée en fon naturel. On voitauffi auprès de Hieropolis en Phrygie une groffe Fontaine bouillante, qui dans lesfoflez

E qui font autour des jardins & des vignes elle coule, engendre une croufte de pierre dechaque cofté du foffé, que l'on en tire tous les ans, & dont on fe fert pour faire les fepara-tions des terres.

Cela fe fait par une raifon naturelle qui eft qu'en ces lieux la terre d' ces eaux for-

gation, qui demande une acreté diflol vante Scdeterfive quine fe trouve fouverainement que dans les eauxfalées &dansles nitreufes.

11. Dans la v ille-mesme. 11 a déjà efté remar-qué que Afc fignifie enGrecune Ville, & que les Athéniensappelloient leur Ville {implement la. Ville par excellence. Ily a apparence que Vitruve qui ne fçavoit la langue Grec-

que que médiocrement, a ignoré cela.

il. L'Arabie qjii est troche de i'Afrique.Arabia Numidarurn, doit,ce me {emble,eftre ainfi interpré-tée. La Numidie eftant aflez éloignée de toutes les Arabiespour faire qu'elle ne puillèfignifier icy autre chofe que l'A-frique, qui eftoit anciennement nommée du nom de qucl-qu une de fes Provinces comme delà Lybie &des autres.

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