Druckschrift 
Les dix livres d'architecture de Vitruve
Entstehung
Seite
255
Einzelbild herunterladen
 

L I V R E V 111. %S5

A pafïe fous des montagnes defcrtes , il coule parles Regions Méridionales dans le Marais Chap. II.Ccloë qui environne rifle de Mero'ë , qui eft l'Ethiopie Méridionale ; & après eftre fortyde ces marais il fait plufieurs détours, & s'eftant divifé en deux bras nommez Aftafobam& Aftaboram, & encore en quelques autres, il vient entre des montagnes à la cataradte, &de courant vers le Septentrion, il paffe à l'lfle Elephantine 3c à Siene & par les campa-gnes de la Thebaïde en Egypte, il prend le nom de Nil. Or on juge que la fource duNil eft en Mauritanie, de ce qu'en la partie oppofée du Mont Atlas, on voit les fources

* de beaucoup d'autres fleuves s qui fe déchargent dans l'Océan Occidental à l'endroit ounaiffent les Icneumons, les Crocodiles & plufieurs autres genres d'animaux & de poiffonsoutre les Hippopotames.

Puis qu'on voit donc dans la defeription du monde, que les plus grands fleuves fem-

B blent tous venir du Septentrion & que les campagnes d'Afrique qui font dans les regionsMéridionalesfortprochesdu cours du Soleil, ne paroiifent point avoir d'humidité, &n'ont en effet que fort peu de fontaines & de rivières ; il eft certain que les meilleures four-ces des fontaines font celles qui coulent vers le Septentrion, ce n'eft qu'elles paffent pardes lieux Sulphurez, Alumineux ou Bitumineux, qui changent leur qualité & qui les ren-dent chaudes : ou qui fans les échauffer leur communiquent une mauvaife odeur ou quel-que gouft defagreable. Car il ne faut pas croire qu'il y ait aucune eau qui foit chaude defa nature propre, mais c'eft qu'elle s'échauffe en paffant par un lieu brûlant ; ce qui fe con-noift en ce qu'eftant fortie bouillante des veines de la terre, elle ne peut demeurer long-temps chaude, mais elle fe refroidit bien-toft. car fi elle eftoit naturellement chaude, ellene perdroit pas fa chaleur, lln'eneftpas de mefme del'odeur &dela couleur dont elle

C conferve mieux les qualitez ; parce que l'eau fe méfie fort exactement à caufe de fa fubtili- avec les matières qui les peuvent produire.

8- QjJ I SE DECHARGENT DANS l'O C E A N OC-CIDENTAL. Les Géographes n'ont point remarqué ces

fleuves, & il n'y a que le Nigçr qui fe décharge dans l'O 'cean Occidental ; mais il ne vient point du Mont Atlas.

CH A PITRE III.

Chap.III.

Des Eaux chaudes, & quelles font les qualite7que leur communiquent 1 lesMinéraux dont elles viennent, (£ de la nature de plufieursFontaines , Fleuves & Lacs.

T L y a des fontaines chaudes 1 dont l'eau paroiftfî bonne à boire, que celle qui fepuife

D làla fontaine des Camcenes , ou celle qui fe prend au jet delà Martienne n'eft pas meil-

* leure. Or ' la chaleur fe communique aux eaux en cette manière.

* Lorfque 4 le feu s'allume dans l'Alun, le Bitume, ou le Souffre fous la terre, celle qui eftalentour s'échauffe tellement qu'elle envoyé en haut une vapeur tres-brûlante,cn forte queles fontaines d'eau douce qui font au delfus 3 s'échauffent dans leurs conduits foufterrainsfans que leur gouft foit aucunement changé. Il y a des eaux froides dont l'odeur & le gouftfont defagreables, parce qu'ayant paffé fous terre par quelques-uns de ces lieux brûians,elles coulent encore long-temps cachées, & ne fortent point de terre qu'elles n'ayent per-

I. Les Minéraux. Le texte porte Metalla^ parceque les Anciens nediftinguoient point les métaux des miné-raux , & ils appelloient Metalla tout ce qui fe tire de la ter-re, comme l'Ocre , les pierres , le fel & les autres chofesp qui depuis ont efté appellees Mineral a & Frjfilia. Mais ileft confiant que Vitruve n'a point entendu parler des vraismétaux dans ce chapitre -, parce que ce ne font point tant lesmétaux que les minéraux qui donnent aux eaux minéralesles qualitez qu'elles ont.

i. Dont l'eau paroist si bonne a boire.Vitruve ne dit point que ces eaux foient bonnes & falutai-res, mais feulement que leur gouft n'eft point difrérent deceluydes meilleures eaux: Caria vérité eft que les eaux mé-dicinales telles que font toutes celles qui font naturellementchaudes ,ainfi qu il eft dit cy-arprés, ne font point proprespour la boiflon ordinaire, quoyqu'elles n'ayent point demauvais gouft -, & elles ne peuvent avoir d'ufage que pourla guerifon de quelques maladies, il eft befoin de deflè-

cher & d'échauffer. C'eft pourquoy Galien dit que ny l'airny l'eau ne fçauroient eftre fains quand ils ont une qualitémédicinale , parce que leur ufage eft neceflairement conti-nuel , &les facilitez médicinales ne doivent eftre employéesqu en certaines rencontres : Et la vérité eft fi l'on en croitHippocrate,que toutes les eaux minérales font de leur na-ture abfolument contraires à k vie,fuivant cette regie gene-rale qu'il eftabl t , que tout ce qui échauffe & ne nourritpoint, épuife l'humidité naturelle des parties : Or il eft cer-tain que toutes les eaux minérales , ou du moins la plusgrande partie, ontla vertu d'échauffer.

5. La chaleur se communi cyi e a n x e aux.Il a efté parlé des caufes de cette chaleur fur le fixiéme cha-pitre du 2 livre.

4. 1 e f e 11 s'a l l u m f d a n s l'a L u n. Entre tou-tes les efpece d'Alun il ne s'en trouve point dans lequc 1 lefeu s'allume, & il y en a mefme qui eft moins combuftiblequelespierres& que les métaux.