Druckschrift 
Les dix livres d'architecture de Vitruve
Entstehung
Seite
245
Einzelbild herunterladen
 

" . Tt*!*fTifim

LIVRE VII. 24;

A La Rubrique fc tire en abondance de plufieurs lieux ; mais il s'en trouve peu dans les Ch. VII-endroits ou elle eft bonne, comme à Sinope au Royaume de Pont, en Egypte, à Major-que & à Minorque proche d'Efpagne, & aufll en l'lfle de Lemnos,dont les revenus ont efté

* lailTez aux Athéniens par le Sénat & le Peuple Romain. * La couleur Para:tonienne a pris

* Ton nom du lieu elle fe trouve. * La Meline auffi eft appellee de ce nom, parce qu'il fetrouve une grande quantité de ce minerai en l'Ifle de Melo, qui eft l'une des Cyclades.

* 5 La Terre verte naiftaufTi en plufieurs lieux, mais la meilleure vient de Smyrne. LésGrecs l'appellent Theodotion, à caufe qu'elle fut premièrement trouvée dans un lieu quiappartenoit à Theodotus.

* L 'Orpin qui en grec eft appelle 6 Arfeniconfc tire au Royaume de Pont. 7 La Sandara-que fe trouve en plufieurs lieux, mais la meilleure eft celle de Pont, dont les mines font

B auprès du fleuve Hypanis. Il y a d'autres endroits, comme aux confins de Magnefie &d'Êphefe, on la trouve toute prefte à eftre mife en œuvre, en forte qu'il n'eft point be-foin de la broyer ny de la pafler, eftant auffi fine que celle qui a efté long-temps broyée.

3. La couleur Par/eionibnni Ce nom vientdu lieu oïl on la trouvoit. Celieueftoit en Egypte. La cou-leur eftoic blanche.àce que dit Pline,ellerendoitlesendunsplus durs. ;

4. La M ELi n 1. Vitruve dit que la couleur Melineeftoit un métail, fuivant l'ufage des An ciens, qui appel-loier/t indirFeremmentmetailtoutcequifetiroitdela terre:car il eft confiant, & c'eft l'opinion de G. Agricola que Me-linum eft une terre. Auffi Diofcoride dit que c'eft une terrealumineufe. Les Auteurs ne s'accordent point ,C\x la cou-leur de cette terre. Pline la fait blanche ; Servius croit qu'el-le eft fauve j Diofcoride la met jaune. La couleur que les

Peintres appellent Ocre de Rut, approche fort de la deferi-ption que Diofcoride fait de la terre Meline.

5. La terre verte. P Inlander croit que creta viri.dpsde Vitruve eft la couleur que l'on appelle terre Verte.Barbare dit que c'eft le vert de montagne.

6. Arsenicow. Noftre Arfenic n'eft pas \ Arfenic ondes Anciens , qui eft un minerai naturel, d'un jaune doré ; aulieu que noftre Arfenic eft artificiel eftant fait de l'Orpin ouArlenic naturel cuis avec du fel & réduit en cryftal.

7. La Sandaraque. Voyez les remarques fur lechapitre troifiéme du huitième livre.

CHAPITRE VIII.

Ch. VIII.

*De ce qui appartient au Alinium.

* TE vais maintenant parler de ce qui appartient za? Minium.On tient qu'il a efté premiere-J ment trouvé au pais des Cilbians prés d'Ephefe : la manière de le tirer & de le preparera quelque chofe de curieux. On trouve par mottes une efpece de terre qui eft appelleeAntrax avant que l'onl'ait fait devenir Minium enla préparant. La veine de ce mineral eft Charbon.de couleur de fer un peu rouflaftre, & elle eft couverte d'une poufficre rouge. Lorfque

l'on fouille le Minium, les coups de pic font fortir quantité de gouttes de vif argent queDies ouvriers recueillent. Ces mottes de terte font amaflees &jettées dans le fourneau,afin d'en faire fortir l'humeur dont elles font pleines, caria chaleur du feu fait élever unefumée , qui retombant fur l'aire du fourneau le change en vif argent. Quand on tire cesmottes du fourneau, les gouttes de vif argent qui font éparfes dans la fournaife, &qucl'on ne fçauroit ramaflér à caufe de leur petitefle, font balayées dans un vaiffeau pleind'eau, elles fe joignent & fc confondent enfemble. De ces gouttes ainii amaiîéesla me-lure de quatre feptiers pcfe cent livres j & fi on en emplit quelque vaifleau, une pierre dupoids de cent livres nagera deflus, fans qu'elle puiiTe par fa pefanteur prefler affez cette li-queur pour la feparer & s'y enfoncer. Que fi au lieu d£ la pierre on met feulement unferu-pule d'or il ira au fonds. Ce qui fait voir que la pefanteur des chofes nefe doit pas mefu-

* rer par l'abondance de la matière pefante dont elles font compofées,* mais par leur propreE

i. Le Minium. Cette couleur fi eftimée des Anciens 2. Mais par leur propre nature. C'eft-à-dire par

eft un minerai en forme de pierre rouge que l'on appelle la proportion qui eft entre la grandeur de leur Volume &laCinnabre minerai : on le pile, onlepalle , &on le lave pour quantité de la matière pefante qui les compofe : Car un,

l'avoir pur & feparé des pierres. Noftre vermillon qui eft fait morceau de bois qui nage fur l'eau a plus dematiere pefantede fourrre & de vif argent, Se que les Auteurs appellent que la cendre que l'on en tire ,& qui cependant va au fonds,

parce qu'elle a un moindre volume que le bois, qui ne nagefur l'eau,que parce qu'il n'y fçauroit enfoncer qu'il n'enfafleélever une quantité égale à Ion volume ; & il ne le fçauroitfaire, parce que l'eau dans ce volume a plus de matière pe-fante que le bois n'en a : & c'eft par cette raifon que les Bat-teauxde cuivre dans lefquels le Roy a fait paner le Rhin àfon armée cette année 1671. fe font trouvez être plus corn-modes que les b.uteaux de bois, parce qu'ils eftoienc plus

Cinnabrt artificiel , tient à prefentlieu de Minium aux Pein-tres ;& le Minium des Anciens ou Cinnabre minerai , n'eftpas ordinairement il beau. Nous avons une autre couleurrouge que Serapion appelle Minium, & les Droguiftes mi-nt de plomb : elle eft faite avec la Cerufebrûlée. Les Anciensl'appelloient uftam , felon Pljne , quoy <\\\ujta fuft auffi lenom de l'Ocre brûlée , ainfi qu'il fera dit cy-aprés fur le cha-pitre onzième. La couleur eft un rouge orange fort vif.