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Les dix livres d'architecture de Vitruve
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LIVRE VI. 119

A à caufe de la terre qu'ils fouftiennent, qui peut caufer une infinité d'inconveniens. Caria Chap. XI.terre n'eft jamais en un mefme eftat, eftant d'une autre façon en efté qu'en hyver t auqueltemps elle s'enfle & devient plus pefante à caufe des pluyes qui la pénètrent -, ce qui faitqu'elle preiTe & qu'elle rompt la Maçonnerie. Pour remédier à cela il faut en premier lieudonner au mur une épaiffeur proportionnée à la terre qu'il foûtient* il faut de plus luy fai-**re*en dehors 4 des éperons & aresboutans qui doivent eftre baftis en mefme temps que le ^nnrUts.Erif.

* mur : » ils feront diftans les uns des autres par des efpaces égaux à la largeur que l'on adonnée au mur qui foûtient la terre. Mais il faut qu'ils avancent dans terre par lepié,

* * autant que le mur mefme a de hauteur ; qu'ils aillent en diminuant pardegrez depuis lebas j & qu'ils ayent autant de faillie vers lehaut que le mur a d'épaiifeur. De plus il faudrafaire en dedans des Dentelures en forme de fcie qui foient jointes au mur, & oppofées

B à la terre; en forte que chaque Dentelure ait la mefme épauTeur que le mur > & qu'elle s'é-loigne autant du mur qu'il foûtient, que la terre qu'il foûtient eit haute. Enfin vers l'ex-»tremité des Angles, après s'eftre éloigné de l'Angle intérieur d'un efpace égal à la hauteurdu mur qui foûtient la terre, on fera une marque de chaque cofté , & de l'une de ces mar-ques à l'autre on fera une muraille diagonale, du milieu de laquelle une autre partira quiira joindre l'Angle du mur. Par ce moyen les Dentelures avec cette Diagonalle empefehe-ront que la terre ne preffe & ne pouffe le mur avec tant de force.

J'ay donné ces avertiffemens à ceux qui entreprennent des Baftimens, afin qu'ils ledonnent de garde des fautes que l'on peut commettre en baftiffant : car pour ce qui eft desprecautions qui font neceffaires pour la Couverture & la Char penterie, elles ne font pasde fl grande importance , parce que s'il arrive que ces chofes foient gâtées, on en peut fa-

C cilement remettre d'autres ; & c'eft ce que j'avois à dire fur les moyens qu il y a de ren-dre fermes & fiables des Edifices , qui femblent ne le pouvoir eftre de leur nature.

Mais quanta ce qui regarde les chofes neceffaires pour l'exécution de ce que j'aypreferit, cela n'eft pas du fait de l'Architecte: parce que, comme il a efté dit cy-devant,on ne trouve pas en tous lieux ce dont on a befoin, & il dépend de la volonté du maiftre

3. En dehors. Ceft-à-dire à la face du mur laquelle courbez, & font de la mefme efpece que ceux que Vicruve

foûtient la terre. Le texte a in frontibus qui eft opposé à in.tnrsû< contra terrenum : en forte que je crois que Vitruveentend qu'il y a des éperons aux deux faces du mur, dont lesuns font droits & parallèles, fçavoir ceux qui font en dehors& devers la terre, les autres font des angles qui font uti den.tesferratim conftruiïi. Ainfi qu'il fe voit en cette Figure.

dit reifembler a des dents de fcie marquez C.

5. Ils seront distans les uns des au-tre s. Le texte Latin eft fi corrompu en cet endroit qu'iln'a point de fens , & celuy qu'il femble avoir, eft contraireà la raifon: car il femble que ce texte evueille dire qu'il fautque les éperons foient autant diftans les uns des autres quele mur qu'ils foûtiennent a de hauteur , ce qui n'eft pointraifonnable : Car plus lemur que les éperons appuyent eflhaut, & plus les éperons doivent eftre proches les uns desautres , parce que plus ce mur eft haut & plus il a befoind'eftre appuyé par un grand nombre d'éperons. De foi te quej'ay cru qu'il y avoit faute dans le texte par la tranfpofitionde deux lignes, & qu'au lieu de deinde in frontibm amen-des five erifms. fint , una ftruantur, eaque inter fe difienttanto fpatiô,quanta altittido fubftruElionis efl futu a t craffitu-dine iem quâ fubflrucl'O. Procurrant autem ab imo quan-tum crajfitudo confiitutafuerit ftbfhuclioms A faut lire, re-mettant ces lignes àleur place. Deinde in frontibus antcrLdes five erïfma fint , una ftru >ntnr, crajfituime eadem quâfubftruftio -, exque inter fe difient tanto jpatio, quanta crafsitu.do ccnfUtuta fuerit fubftutionis Procurrant aUt m ab imoquantum altitud' fu'flruftionis eftfutura. Carcette grandeurde l'empâtement des éperons qui croift à proportion que lemur qu'ils appuyent eh plus haut, me femble plus raifonna-ble, que celle qui diminue leur nombre à proportion que lemur eft plus haut. On pourroit dire ne nmoins que la rai-fon qui ma porté à chercher quelque moyen de rétablir cepafTage, eft fondée fur une opinion & fur une penfee qui eft4.. Des éperons et apcsboutAns. Les mots contraire à celle de tous les Architectes, qui veulent, ainfiGrecs Amendes & Frifm* que Vitruve a mis icy , fignifient qu'il a efté remarqué fur le cinquième chapitre du premierdes appnis ils viennent du Verbe Eriiin appuyer, refifter, livre, que les empatemens des murs foient proportionnez& ponftèr contre. Nos mots françois d'Eperon & Arcfbou- àleur largeur, & non pas à leur hauteur. Mais je crois quetans font metaphori ques & defignent les deux efpeces d'ap- ceux, qui comme moy, ignorent les raifons que l'on a d'enpuis que l'on met aux murs : Car les uns marquez A , qui ufer ainfi, s'en tiendront a celle que j'ay alléguée d'en uferfont perpendiculaires au mur font appeliez Eperons, parce autrement, qui eft ce me femble aifez évidente,qu'ils font attachez au mur, de mefme que l'Eperon 1 eft au 6. Autant que lemur mesme a »b h a p-

Talon : les autres marquez B , nommez Arcibontans , fout Teui. Il faut entendre que cecy eft dit de la hauteur du mar

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