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A minée & le Soleil levant; d autant que par ce moyen les Bœufs en voyant ordinairement Chap. I X.
* lalumiere & le feu » ne deviendront point heriffez. C'eftpourquoy les Laboureurs 4 quine font pas ignorans des effets des difterens afpects du Ciel, croyent qu'il ne faut tournerles Etables des Bœufs que vers le Soleil levant. La largeur de ces Etables ne doit pas eftremoindre que de dix piez, ny plus grande que de quinze. La longueur doit eftre réglée furcette iuppofition, fçavoir que chaque couple de Bœufs doit au moins occ uper fept piez.
Les Bains feront encore prés la Cuifine , afin que Ton n'ait pas loin à aller pour le fer-
* vice qui eft neceffaire à des Bains de village. * Le Preffoir doit auffi n'eftre pas éloigné de laCuifine, parce que cela rendra le travail qui eft requis pour la preparation des Olives, plusaifé. Enfuite du Preffoir, fera le Cellier, dont les feneftres doivent regarder le Septen-trion ; car fi elles eftoient expofées au Soleil, le vin fe tourneroit & s'affoibhroit par la
R chaleur. Au contraire le heu où l'on ferre les Huiles doit eftre tourné au Midy, parcequ'iln eft pas bon que l'Huile foit gelée 3 mais il faut que la chaleur douce du Soleil l'en-tretienne toujours coulante.
La grandeur des Celliers doit eftre proportionnée aux fruits qui fe recueillent, & aunombre des Tonneaux , qui peuvent occuper par le milieu quatre piez de place, s'ils font
* 6 de la grande jauge. Si le Preffoir n'eft pointa Vis, mais à Arbre, il faut qu'il ait au moins Cukariaquarante piez de longueur, &feize de largeur; ce qui fufRrapour pouvoir y travaillera
l'aife : que fi l'on a befoin de deux PrefToirs, il faudra que le heu ait vingt-quatre piez delargeur.
La grandeur des Bergeries & des Etables pour les Chèvres doit eftre telle que chaque
Horace écrit à fon amy de faire bon feu dans fa cheminée,C diffohefrigm ligna fuper foco large reponens. Ciceron dit lamefme ehofeà Atticus dans fes Epiftres luculento carninoutendum cenfeo : Et Vitruve mefme cy-après au 7 livre cha-pitre 5, parlant des corniches que l'on fait dans les cham-bres, avertit de les faire fimples & fans Sculpture dans leslieux où l'on fait du feu ; Néanmoins il eft croyable que filesAnciens avoient des cheminées faites comme les noftres,elles eftoient fort rares -, autrement Vitruve en auroit parléplus expreflement, car leur difpofîtion & leur fituation eftune chofe allez considerable dans noftre Architecture.
Mais fur toutles precautions que l'on doit apporter pourempefeher que les cheminées ne fument, font dignes d'oc-cuper les foins d'un Architefte. Je rapporteray à ce proposun moyen allez commode pour cela il confifteaofterla prin-cipale & la plus ordinaire caufe qui fait fumer , qui eft le_ défaut du flus de l'air qui eft necellaire pour aider à faire cou-■*-' 1er la fumée dans le tuyau de la cheminée : car il arrive rare-ment qu'une cheminée fume lorfque la porte ou les fene-ftres font ouvertes. On enferme dans I épaifîeur du plan-cher un tuyau de 4 pouces de diamètre, qui ayant une defes ouvertures dehors Se partant fous le foyer, va s'ouvriraquelqu'un des coins de la chambre. Ce tuyau fournit l'airqui eft neceftàire à l'écoulement de la fumée ; & la chaleurdu foyer qui fe communique en pafTant à cet air, empefchequ'il ne refroidilïè la chambre comme feroit celuy qui en-treroit par la porte ou par les feneftres. Cette manière mefemble plus commode que celle que Phil, de l'Orme pro-pofe,quieftdefefervir d'/£olipile : Car outre que l'itoli-pile ne fournit qu'une très-petite quantité d'air à comparai-fon de ce qui vient par le tuyau qui eft enfermé dans leplancher, elle ne peut faire impulfion qu'en un des coftezdeE la cheminée, ce qui eft caufe que la partie de la fumée quifera pouftée par le cofté oùl'^Eolipile agit, retournera parl'autre cofté pour reprendre fa place , faifant une circula-tion ; & quand mefme l'air que î'v£olipile peut fournir fuf-firoit au flus qui fe doit faire dans le tuyau de la cheminée,l'air qui demeureroit dans la chambre s'échauferoit d'unemanière tout-à-fait infupportable à ceux qui y feroient,devenant ce que l'on appelle étouffé j c'eft-à-iire mal pro-pre aux ufages de la refpiration, tant à caufe des vapeursqui fortent inceflamment de tous les corps tant vivans qu'in-animez , qui eftant retenues dans un lieu chaud acquièrentune mauvaife qualité -, qu'à caufe des utilitez que les ani-maux reçoivent de l'air pur qui communique au fang panantdans le poumon certains fels dont il a necetlàirement befoin:
or par la manière que je propofe , tout l'air de la chambre ferenouvelle inceflamment &c demeure pin fans eftre refroidy.Qujndle vent eftcaufê que les cheminées fument, il n'ya point de remède plus leur que d'en élever le tuyau au def-fusdubaftiment ,tous les autres eftant fouvent inutiles,parla rai fon que ce qui empefche la fortie de la fumée eft letourbillon que le vent caufe en frappant contre le haut dubafliment : car ce tourbillon faifant faire à 1 air des circu-lations qui tournent tantoft en enhaut tantoft en embas, files unes font favorables à la fortie de la fumée les autres larepouflent neceuairement en dedans, nonobftant toutes lesprecautions que l'on peut apporter pour fare qu'il y aittoujours une ouverture à l'oppofite du cofté d'où le seniloufïle ; par ce que le tourbillon tourne alors en embas. Orcomme cette circulation ne s'étend pas beaucoup au deflusdu toit, l'élévation du tuyau empefche infailliblement fonmauvais effet ; pourveu que ce tuyau ne foit pas trop large,&c que ce ne foit pas une fbuche compofee de plufieurstuyaux : car cette largeur pourroit caufer un toutbillon demefme que le haut dubaftiment. Et c'eft peut-eftre par cet-te raifon que les Anciens au contraire de ce que l'on fait àpreient, aftldoient defeparer les tuyaux de leurs chemi-nées & deles faire eftroites en manière decolomnes, ainiïqu'ils font àl'Efcurial.
3. N E DEVIENDRONT POINT HERISSEZ. Fo-
ves lumen ejr ignemfpeflando horridi non fiunt. Columtleexplique cela en difant t bovesmtidiortsfiuntJi focum proxi-rnurn habeant^rf- ignis lumen intendant.
4. Qji 1 ne sontpas ignorans. Ilya dans laplufpart des Exemplaires , agrtcolœ reg-onum imperiti. Quel-ques-uns ontperiti ; cela m'a femblé eftre de meilleur fens.
5. Le pressoir doit aussi n'hstre pa4éloigne'. Marcus Cato dit qu'il faut que les huylesfoient tenues dans un lieu le plus chaud qu'il fera poflble.Columelle fait entendre qu'il doit y avoir de l'eau chaudedans les prelloirs à huyle pour laver les olives quandellesfont fales, & pour échauder les vailleaux où l'huyle doiteftre gardée. Il dit néanmoins qu'il faut éloigner le feu leplus que l'on peut des preffoirs à caufe de la fumée qui efttellement nuifible à l'huyle dans le temps qu'on la fait qu'ilne doit jamais y avoir plus d'une lampe allumée dans cha-que preflbir.
4. De lagrandeJauge. J'explique ainfi le motde Culearia y parce que Culeus qui contenoit 1600 pintes quifont prés de quatre de nos muids , eftoit la plus grande me-fure des choies liquides.