ni VITRUVE
Ch. VIII on ne ^ a ^ eur vlent p oin t &ire chez eux. Ceux qui font trafic des fruits de la terre , doivent Aavoir à l'entrée de leur maifon des Etables, des Boutiques, & au dedans des caves , desgreniers, des celliers, & d'autres commoditez qui foient plus pour ferrer leur marchandi-fe, que pour l'ornement &: la beauté de leur maifon. Les Gens d'affaires & les Partifansont befoin d'appartemens un peu plus beaux & plus commodes, mais qui foient bien fer-mez , afin d'eftre en feureté contre les voleurs. Les gens de Judicature , & les Avocats lesveulent encore plus propres & plus fpacieux, à caufe de la multitude du monde qui a àCaire à eux. Les perfonnes de plus haute condition qui font dans les grandes charges, &qui fervent le public, doivent avoir des Veftibules magnifiques , de grandes falles, desPeriftyles fpacieux, des Jardins avec de longues allées d'arbres, & il faut que tout foitbeau&majeftueux. ils doivent de plus avoir des Bibliothèques, des Cabinets ornez de gTableaux, & des Bafiliques qui ayent la magnificence que l'on voit aux Edifices publics :parce que dans ces maifons il fe fait des affemblées pour les affaires de l'Eftat, & pour lesjugemens & arbitrages par lefquels fe terminent les différends des particuliers.
Les Edifices eftant ainfi difpofez felon les différentes conditions des perfonnes, onpeut dire que l'on aura fatisfait à ce que demande la bienfeance dont il a efté parlé dans lepremier livre ; parceque chaque Edifice aura tout ce qui fe peut defirer pour fa commodi-té & pour fon accompliffement ; ce qui ne fervira pas feulement pour difpofer & ordon-ner les maifons de la ville, mais mefme celles de la campagne , qui ne font différentes les
„,. , r . unes des autres .qu'en ce qu'aux maifons de la ville , les Veftibules font proches delà por-
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te, & a celles de la campagne, qui nejontpas de Jimples métairies , la partie qui elt pour lelogement du Maiftre, a des Periltyles à l'abord, & enfuite des Veftibules entourez de Por- ^tiques pavez, qui ont veue furies Paleftres & fur les Jardins.
Apres avoir enfeigné fommairement & le mieux que j'ay pu, comme j'avois promis, dequelle manière il faut difpofer les maifons de la ville, 1 il me refte d'expliquer quelle doit*cftre la difpofition qui peut donner à celles de la campagne la commodité que leurs ufagesdemandent.
tout le refte du monde. J'ay crû que ce fens fetrouveroit plaires commencent à cet endroit le neuvième chapitre,mais
dans le texte , fi au lieu de ht aliis officia pr^ftjnt ambittn- mal-à-prapos comme Philander a obfervé. Je m'eftonne
do , qua ab aliis ambiuntur, on lifoit , hi aliis officiapr&- pourquoy cette remarque ayant efté approuvée par tous
fiant ambiun do , nequt ab aliis ambiuntur , mettant feule- ceux qui ont écrit fur Vitruve depuis Philander, perfonne
ment ntque au lieu de quœ. n'a reftitué à ce chapitre ce qui luy a elle ofté fans raifon, &
z. Il m £ reste d'expliquer. Tous les Exem- je crois en avoir beaucoup de l'avoir fait.
Chap. IX CHAPITREIX.
Ds la manière de bâtir les Maifons delà campagne , avec la description& les ufages des parties qui les compofent.
POur bien fituer une Maifon de campagne il faut en premier lieu confiderer de mê-me que quand il s'agit de bâtir les Murs d'une Ville, quelle expofîtion eft la plus fai-ne , & tourner la maifon de ce cofté-là. La grandeur d'une Maifon de campagne doit eftreproportionnée aux terres qu'elle a, & aux fruits que l'on y recueille : La grandeur de ' fes *Cours & leur nombre fera déterminé par la quantité du bétail, & des charrues qui fe-ront neceffaires. La Cuifine fera dans le lieu le plus chaud de la Cour, prés de laquelle onbâtira l'Etable à Bœufs, qu'il faudra difpofer en forte que des Creches on voye » la che-
i. Les C o u r s. Le mot latin chors fignifioit la cour desMétairies feulement. M. Varro dit qu'il en faut deux dansles grandes Fermes , l'une entourée de baftimens pour logerIt fermier, au milieu de laquelle il doit y avoir une mare ;l'autre pour mettre les pailles Se les fumiers, qui doit eftreentourée d étables & de Bergeries. Il y a apparence quenoftremotde Cour , quoiqu'il s'étende à cette partie de tou-tes nos maifons qui eft enfermée & découverte, de mefmeque le Cortile des Italiens, a pris fon origine de ce mot dechors.
2. La chemin E'E.J'ay crû qu'il ne pouvoit pas y avoirde difficulté de traduire icy Focum la cheminée , parce qu'el-le s'entend de celle de la cuifine , où il eft certain que les
Anciens avoient des cheminées : Car on doute s'il y en avoir cdans leurs chambres , qu'on tient qu'ils echauffbient feule- **ment ou par des conduits qui apportoientune vapeur chau-de d'un feu qui eftoit allumé dans une voûte fous terre oupar une efpece de charbon de terre qui brûloir fans faire defumée , & que Suétone appelle Miftni carbones en la viede Tibère. Mais on lit beaucoup de chofès qui peuvent fai-re croire qu'ils avoient des cheminées dans leurs chambres,ilparoiftdans Homère que les Grecs faifoient du feu dansleurs chambres mefme en efté, caria Princelfe Naufica a quis'eftoit baignée à la riviere l'aprefdinée, fe fait allumer dufeu dans la chambre en arrivant. Suétone dit que la cham-bre de Vitellius futbïûlce , le feu ayant pris à la cheminée*.