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VITRUVE
Chap. 11.
haut qu'elle fe perdroit , ce que la corniche empefche ; car elle ne permet pas à la voix de \s'élever & de fe difïiper en l'air, mais elle la renvoyé aux oreilles.
chapitre du feptiéme Livre, où il eft amplement traité de al.bario optre, il ne fe trouve point que les Anciens fe fcrvif-fent de chaux pure, fi ce n'eft lorfqu'ils vouloient faire tenirun enduit fur des quarreaux de terre cuite qu'ils abbreuvoientpremièrement avec du lait de chaux, pour y appliquer enfuiteun enduit de mortier de fable de ftuc ou de ciment. Or fi Alba.riwn opus felon Vitruve, n'eftoit rien que de la chaux fondue"dans de l'eau; au lieu de dire qu'il eft necelîaire que ces quar-reaux foient blanchis avec de l'eau de chaux, calce ex aqua li-quida dealbentur t i\ auroit dit qu'il faut qu'ils foient couverts
de l'enduit appelle albarium opus. Mais il eft confiant que cetabbreuvement de lait de chaux eftoit feulement une precau-tion dont on fefervoit dans l'application de \'Albarium oudu Teilorium opus fur les carreaux de terre cuite; Et Pline n'endoit pas,ce me femble,eftre crû dans cette rencontre commeVitruve qui parle d'une chofe de fa profeffion, & qui ne peutpas avoir aiTez ignoré ce que c'eftoit que albarium opus,pour croire que l'on en pût faire des corniches , fi albariumopus n'eft rien autre chofe que de la chaux détrempée dansde l'eau.
Chap. III.
CHAPITRE III.
Comment il faut baftir le Theatre four faire qu'il foit fain»
B
APr E s avoir déterminé le lieu où doit eftre la Place publique, il faut choifîr celuyoù l'on veut baftir un Theatre pour les Spectacles qui fe donnent aux feftes desDieux. Or il eft très-important que ce lieu foit fain, & il le faut examiner par la méthodequiaefté enfeignée au premier Livre au fuj et des murailles des villes : caries fpe&ateursqui font aflis fort long-temps en un mefme endroit avec leurs femmes & leurs enfans, fe-roient beaucoup incommodez en leur fanté, il l'air voilîn eftoit corrompu par les vapeursdes marécages, ou des autres lieux mal fains ; dautant que les conduits du corps eftantdilatez par le plaifir , reçoivent aifément toutes les impreflions de l'air. Mais ce n'eft pasaffez d'éviter les maux que la corruption de l'air peut apporter, il faut encore prendre-garde que le Theatre ne foit pas expofé au midy : car les rayons du Soleil enfermez dansla rondeur du Theatre , échauffent grandement l'air qui y eft arrefté , & cet air ne pou-vant eftre agité 3 devient fi ardent & fi enflammé, qu'il brûle , cuit & diminue les humeursdu corps. Enfin on ne fçauroit eftre trop-exact dans le choix des lieux les plus fains quandil s'agit de la conftrudhon d'un Theatre.
Si on le baftit fur une montagne, il ne fera pas difficile de le bien fonder : mais fi l'oneft obligé de le faire en un lieu plat ou marécageux ; on n'en pourra pas rendre les fonde-mens fermes & folides, à moins que de fuivre les préceptes qui ont efté donnez pour celadans le troifiéme Livre, lorfqu'il eft parlé des fondemens des Temples.
Sur les fondemens on élèvera les degrez qui feront baftis de marbre ou de pierre. * Les *PrAciniïiom, Palliers en forme de ceinture doivent eftre faits felon la proportion que l'on donne à tous Dles Theatres , afin qu'ils ayent une hauteur convenable à leur largeur : parce que s'ilseftoient trop relevez ils rejetteroient la voix en haut, & empefeheroient qu'elle ne puftfrapper les oreilles, & fe faire entendre diftindtement de ceux qui font affis au deffus despalliers : & ainfi il faut que les degrez foient tellement difpofez , qu'une ligne eftant con-duite depuis le bas jufqu'au haut, elle touche les angles de tous les degrez, afin que layoix ne foit point empefehée.
Les entrées & forties doivent eftre en grand nombre & fpacieufes i & il ne faut pas quecelles d'enhaut fe rencontrent avec celles d'embas : elles doivent auffi eftre droites & fansdétours, faifant des paffages feparez & qui ne s'empefehent point l'un l'autre ; afin que
i.LisPaiiiers ïniorme de cEiNTURF.Jap- ce Livre, les Palliers ne doivent auffî avoir de hauteur que
pelle ainfi pracirtclionts qui eftoient des palliers courbez fe- la moitié de leur largeur ; ce qui s'enfuit manifeftement de E
Ion la rondeur du Theatre. J. Martin a mal entendu cet en- la règle que Vitruve preferit qui eft de tirer une ligne qui
droit quand il a interprété fracinftiones ad altitudines thea- touche à toutes les carnes des degrez : car cela oblige de
trorum pro rata parte fjciends., comme fi Vitruve avoit vou- donner une mefme proportion aux Palliers qu'aux devrez,
lu dire que la hauteur des Palliers doit eftre proportionnée à De forte qu'il faut qu'il y ait faute dans le texte de tous
la grandeur du Theatre; car Vitruve & la raifon veulent que les exemplaires , où il eft dit que les Palliers ne doivent
les Palliers foient d'une mefme hauteur dans tous les Thea- point eftre plus hauts que larges, neque altiores qukm quan-
tres ; parce que la hauteur des Palliers dépend de celle des ta pr&cinttionis itineris ft Utitudo, qui eft autre chofe que ce
degrez , qui doivent eftre d'une mefme hauteur dans les que Vitruve veut dire : &r il y a apparence qu'au lieu de fit
grands & dans les petits Theatres : Et en effet Vitruve n'a latitudo , il y avoit fert latitude ; pour dire que les Palliers
point dit ad altitudmem Thtatri , mais ad altitudines Thea- ne doivent point avoir plus de hauteur que celle que leur
trorum ; c'e(Là-dire fuivant la proportion ordinaire des largeur demande. Il faut remarquer que Vitruve entend par
Theatres , où les degrez n'ayant de hauteur que la moitié de la hauteur des Palliers celle du premier degré qui eft enfuite
leur largeur, ainfi qu'il eft dit à la fin du fixiéme chapitre de 5c au deiïùs du Pallier.
le peuple