LIVRE V. iss
A d'épaifleur hien jointes , M fur lefquelles font les entraits & les contrefiches au droit de la frife C h a p. I.
* qui eft fur les antes des murs du porche, pour fouftenir '* le faifte qui va tout le lone de la ^ **&*?*-
* ri- i r i 1- i i tï r\- t * Tranjtra, t'4-
Baiilique & celuy qui traverie du milieu de la Balilique au Porche. pnoU.
Le Toit a quelque chofe d'agréable à caufe de la double difpofition qu'il a, fçavoircelle de dehors, qui eft en pente, 8c celle de dedans qui eft en voûte. De plus on épargnebeaucoup de peine 8c de dépenfe en fuivant cette manière, qui eft de fupprimer '? les or-nemens qui font au deffus des Architraves , & les Balluftrades 8c le fécond rang des co-
* lonnes. Cependant ces hautes colonnes ro qui ne fouftiennent que Y architrave fur le- Trabs Tejtudi-
* quel U voûte ejl pofee, il font paroiftre beaucoup de majefté & de magnificence en cet *"•ouvrage.
17. Sur lesquelles. Suppofé que la Bafilique de Vi-B truve fuft voûtée comme il y a grande apparence, ainfi qu'ila efté remarqué cy-devant , il eft croyable que Vitruvea négligé de particulanfer toutes les pieces de eharpenteriedont eftoient compofées les fermes de la couverture, &qu'il faut entendre que fur les poutres bien jointes , dont ilparle, il y avoitdes forces arreftees par les entraits fur lefquelseftoient le:, contrefiches.
i8.Lefaiste c^u i v a. Il n'eft prs poffible que lesforces, les entraits, & les contrefiches qui compofent laferme qui eft pofée au droit delà frife du Porche, foûtien-nent le faifte qui va tout le long de la Bafilique , parce quecette ferme ne foûtient que le faifte qui va du pignon quieft au dro t du porche,pour rencontrer le faifte qni va tout lelong de la Ba lique : mais Vitruve veut dire que tout le fai-fte, tant celuy qui va tout le long de la Bafilique , que celuyqui le va rencontrer , ayant commencé au droitdu Porche,£ font foûtenusfur des fermes pareilles à celle qu'il décrit, &qu'il dit eftre au droit de la frife du porche.
19. LES ORNEMtNS QU ISONT AU DESSUS DES
architraves. C'eft-à-dire la frife & la corniche.
Î.O. Qu I NE SOUTIENNENT Q^U E L* A R C H I-TRAVE SUR LEQUEL LA VOUTE EST P O S l'E,
J'interprète ainfur^cw«_/?»^»'j qui eft marquée A A, &
qui eft ainfi appellee, parce que la voûte pofe immédiate-ment deflus , fans qu'il y ait de frife ny de corniche, ces or-nemensayant efté oftez & fupprimez,à caufe de l'enormegrandeur qu'il leur auroit fallu donner. Ces mefmes orne-mens font auffi fupprimez au premier ordre des portiques dela place publique, dont il eft parlé au commencement de cechapitre, & à celuy de la falle Egyptienne , ainfi qu'il feradit au chap. 5. du 6. livre.
zi. Font paroistre beaucoup de Ma'-jes-t e'. Cette manière de faire de grandes colonnes qui foû-tiennent plusieurs étages eft bien licentieufe, & les Archi-tectes modernes en abufent fouvent faute de diftinguer cequi la peut fauver & la rendre fupportable : car icy la gran-de largeur de la voûte femble demander de grandes colon-nes , quoyque dans les Bafiliques ordinaires,qui ont efté dé-crites cy-devant, les Architectes anciens n'ayent pointtrouvé mauvais qu'une grande voûte pofaft fur de petitescolonnes, telles que font celles qui eftoient au fécond rang.Mais il n'y a point de raifon de mettre de grands pilaftresou de grandes colonnes au dehors des murs d'un baftimentordinaire , qui n'ont point comme icy , outre les diffèrensétages, une grande voûte à foûtenir. Voyez l'explicationde la Planche L I , au chapitre $»du 6. livre.
Chap. II.
CHAPITRE IL
'De la difpofition du Trefor public , des Prifons 3 & de l'Hoftel de Ville*
LE Trefor public, la Prifon, 8c i FHoftel de Ville doivent eftre fur * U Place, en telle Curia. Form.forte que leur grandeur foit proportionnée à celle de la Place : fur tout il faut avoir
nitédelaV"moitié qu'il n eit large,
E Trefor _
_j forte que leur grandeur loit proportionne.
D égard à l'Hoftel de Ville, 8c faire qu'il foie proportionné à la dignité de la Ville. ? Sa pro-portion doit eftre telle que s'il eft quarré, il foit plus haut de la moitié qu'il n'eft large,,que s'il eft plus long que large, il faut alTembler la longueur 8c la largeur > 8c prendre lamoitié du tout pour la hauteur au deffous du plancher. De plus il faut que les murs endedans ayent tout autour à la moitié de la hauteur une corniche de 4 menuiferie ou de 2/S«w''*'
* J Jluc. Car autrement la voix de ceux qui parlent avec action dans ces lieux, s'éleveroit fc
i. L'hostel de Ville. J'ay interprété le mot deCuria , felon la definition que Feftus en donne , car il ditque c'eftoit le lieu où s'aflembloient ceux qui avoient foindes affaires publiques. Mais Curia parmy les Romains, fi-gnifioit plûtoft les perfonnes qui compofoient le Confeil,que le lieu où l'aflemblée fe faifoit -, parce que ce lieu n'é-toit point certain, le Sénat fe tenant tantoft dans un Tcm-E pie, tantoft dans un autre. Il y avoir néanmoins de cer-tains lieux appeliez Curia , comme Curia Hojtilia , Curiafompeii, Curia Auvufti: mais on ne fçait point bien distin-ctement quels Edifices c'eftoient.
t. La Place. J'ay choifi un mot general pour traduireForum, parce qu'il fignifioit plufieurs chofes, fçavoir les Pla-ces publiques où fe tenoit le Marché, & celles où le peuples'aflembloit pour les affaires, & où l'on plaidoit : car entreles Places publiques qui eftoient à Rome en grand nombre,il n'y en avoit que trois où l'on plaidaft. Forum fignifioitaufli une ville où il fe tenoit des Foires , comme ForumJulii, Forum Appii, &c.
3. Sa proportion doit estre telle. La pro-portion q\ài eft icy donnée à l'Edifice appelle Curia , que j'in-
terprète l'Hoftel de Ville, fait voir que cet Hoftcl de Villen'eftoit pas une maifon compofée de plufieurs appartemenscomme les Hoftels de Ville font à prefent parmy nous,mais que ce n'eftoit qu'une falle.
4. M e n u 1 s e r 1 f. Le mot Grec Ltpturgia , qui fignifiela delicatefle de l'ouvrage , a grand rapport avec le motfrançois de Menuiferie. L' fnteftinum opus du latin figni-fie aufîî en quelque façon un ouvrage incapable de reiïfteraux injures du temps , & qui demande à eftre à couvertdans les maifons.
5. Stuc Philander, Baldus& Saumaife tiennent qxx'Alba-rium opus n'eft fait qu'avec de la chaux feule , 5c le diftin-guent par là du Tettoriurn qui admet du fable , du ciment,ou de la poudre de marbre. Ils fe fondent fur Pline, quiparle de la compofition qu'il appelle Marmoratum , qui eftproprement le Stuc,comme eftant une chofe différente de cequ'il appelle Albarium opus. Mais cet endroit-cy fait voitqu'il y a lieu de croire que la chofe n'eft pas ainfi, parce qu'iln'eft pas poffible de faire des Corniches avec de la chauxfeule. C'eft pourquoy j'ay crû qu'il falloir interpreter Alba-rium opus du5r«f .Dans le fecond,lc troiiiémc & le quatrième