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Les dix livres d'architecture de Vitruve
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110
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Chaï. II.

Trabs, Para,ftata, dnt<t,Tigna, Affes,Toincon.Tranftra, , Ca.preoli Catttcrih

B

uo V I T R U V E

x En tous les Edifices les parties de deiîus font faites de charpenterie à laquelle on don- ^ne divers noms felon les differens ufages qu'elle a. Car le Poitrail eft ce que l'on met furles colonnes, fur les } Piédroits & fur les Pilaftres : les Solives & les Ais font pour les Plan- *chers. Aux toicts * l'efpace eil fort grand on met fous le faiftage, * le Columen d' *les colonnes ont pris leur nom ; on y met auffi 6 des Entraits & 7 des Contrefiches. Mais fi *l'efpace n'eft que mediocre , le Poinçon defeend avec 8 les Forces jufqu'au droit de l'Enta-

baftimens , & fans lcfquclles les colonnes mefmes ny fçau- FIGURE II.

voient eftre : car ornement ne fe peut proprement enten-dre que des chofes qui font ajouftées aux membres effen-riels,tels que font la Sculpture dont on taille les frifes & lesmoulures des architraves des corniches, des bafes ,dcs tal-loirs, Sec.

t. En tous les Edifices. Cela s'entend des Edifices com-muns , & non pas des grands Se magnifiques , l'Architra-ve , la Frife & la Corniche font de pierre, mais dont toutesles parties font faites à l'imitation de ceux qui font compo-fez de plufieurs pieces de bois. Il eft pourtant vray qu'en plu*fieurs Temples les Architraves qui fervoient de travées endedans des Periftyles , eftoient de bois : & au fuperbe Tem-ple qu'Herode fit baftir en Hiernfalem , les Architraveseftoient de bois de cèdre, au rapport de Jofephe.

3. Les Piédroits. Les Antes que nous avons déjà ap-pellees Pilaftres , & les Taraftata que nous appelions icyPiédroits , ne font le plus fouvent qu'une mefme chofe : ony peut pourtant mettre cette difference , que le mot de slnt*.convient mieux aux Pilaftres plats qui ne montrent que lapartie de devant , parce c^x Ante lignifie devant ^ &c celuyde Paraftata aux Piédroits qui font des pilliers quarrez,ou qui forcent du mur la moitié ou des deux tiers du quar-ïé , ainfi qu'il a efté explique fur le premier chapitre du 3.Livre page 61.

4.Si l'i space e s t f o r t grand. Les Charpentiersfont de deux fortes de combles, conformément a la dodfrinede Vitruve, les uns font avec exhauffement fur l'entablement,que Vitruve appelle ttffa ubi Majora fyatiafîint, qui font re-prefentez parla I. figure. Les autres (ont fins exhaulf.ment,appeliez tetla commoda , & qui font reprefentez par la 11.

5. Le Coiumen. Tous les Interprètes par columen ontentendu le faiftage , parce qu'ils n'ont pas confideré que Vi-truve diftingue columen de culmen , qui font des mots queles Grammairiens à la vérité prennent indifféremment l'unpour l'autre , mais qui fignifient icy des chofes différentes :car culmen ou faiftage eft une longue piece de bois , qui fepofe à niveau au haut du toit -, & columen oupcincon eft uneautre piece de bois qui fe pofe à plomb, & qui fouftient leculmen : c'eft pourquoy Vitruve dit que le mot de colum.na vient de columen ; & on peut dire que columen vient de cul.

appeliez tranftra, marquez B B, & des contrefiches appel- prem iers toits ayant efté couverts de chaume,lees capreoli , marquees C C. Or il y a deux chofes qui font voir que bien que Vitruve

Dans l'autre comble qui eft fans exhauifement le poinçon prcnne quelquefois columen pour ce faiftage , comme au

A G defeend avec les forces appellees cantern , & marquées chap> ?% de œ LivrCj y eft pourtant cemin ^ [ e prend cn

D D , jufqu'au droit de l'entablement. Sur les Forces il y a cct cn droit-cy pour le poinçon & non pas pour le faiftage : p.

les Pannes appellees Templa , dont on ne voit icy que les la premiere eft quc j e faiftage ne feit int p office d < u c co . L>

bouts marquez E E. Les Pannes fouftiennent les chevrons j onne comme l e poinçon ; la féconde, que le texte dit que

appeliez afferes & marquez F F, _ _ _ columen & cantherii funt aliquando prominentes ad extre-

L'Affemblage qui eft compofé des Forces, des Entraits &«lu Poinçon s'appelle une terme.

mam fubgmndationem , c'eft-à-dire que le columen & les for-ces defeendent quelquefois jufqu'au droit de l'entablement,ce que le faiftage ne.iuroit jamais faire.

6. Les entrait s. J'interprète ainfi tranftra qui fignifieen general toutes les pieces de bois qui traverfent & lientdeux parties oppofées, mais que nos Charpentiers appel-lent particulièrement entraits dans les couvertures.

7. Les contrefiches. Quelque?Interprètes croyentque le mot Capreoli foit dérivé de celuy qui fignifie les en-tortillemens par lefquels les feimcns des vignes s accro-chent -, mais il doit eftre réputé venir de la reflemblance descornes de chèvres qui s écartant à droit & à gauche, font re-prefentées par ce qui s'appelle contrefiches qui font deux -ppieces de bois C C, dans la premiere figure, qui forçant deçà&delà du peinçon G, s'en vont fonftenirles forces D D, ap-pellees cy-aprés c^/zfm'/. Le mot François de chevrons a beau-coup de rapport avec capreoli, mais il fignifieautre chofe.

8. Des Forces. Les Forces font des pieces de bois quifont appellees canteriien Latin, parce que c.mterius fignifieun cheval de fomme, & que ces pieces de bois , comme deschevaux, portent toute la couverture. Il y a apparence quele mot François chantier vient de canterius.

Il faut néanmoins confiderer que toutes ces difficultezne font fondées que fur la difpofition des toits des Anciensqui eftoit différente de la difpofition des noftres , & quifait que les forces , les pannes & les chevrons y pouvoientfaire des effets qu'ils ne peuvent faire dans nos Edifices : caj