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VITRU VE
C'H Aï. IL par '"rapport à leur ufage ; foit qu'on les confidere feparément , foit qu'on ait égard a la ^proportion ou fymmetrie de tout l'ouvrage. Cette Ordonnance dépend de la Quantitéape lée en Grec Poçotes , qui dépend du Module <jui a efté pris pour régler l'œuvre entier &chacune de fes parties feparément.
La Difpofîtion eft l'arangement convenable de toutes les parties, enforte qu'elles (oientplacées felon la qualité de chacune. + Les Reprefentations, ou, pour parler comme lesGrecs, les Idées de la Difpofîtion fe font en trois manières : fçavoir, paxl'Ichnogrdphie ,par l'Orthographie & par la Scénographie, s L'Ichnographie eft lorfqu'avecla Règle & le *Compas dans une efpace mediocre on trace le Plan d'un Edifice, comme fi c'eftoit fur le.Terrain. 6 L'Orthographie reprefente aufïi dans un efpace mediocre l'élévation d'une des *faces avec les mefmes proportions que doit avoir l'ouvrage qu'on veut baftir. Et 7 la See- *nographie fait voir l'élévation non «feulement d'une des faces, mais aufïi le retour des Bcoftez par le concours de toutes les lignes qui aboutilfent à un centre. Ces chofes fe font
au texte & y corriger quelque chofe. Mon opinion eft qu'aulieu de operis commoditas feparatim , univerÇ&que proportio.nis ad fymmetriam comparatio ,i\ faut lire, Vnwerfique pro-vortioni ac fymmetriœ cemparata. Cela eftant le fens feraque l'Ordonnance d'un Baftiment confifte dans la divifionde la place qu'on y veut employer ; cette divifion fe faifantde telle forte que chaque partie ait fa jufte grandeur con-venable à fon ufage & proportionnée à la grandeur de toutl'Edifice. Par exemple l'Ordonnance d'un Baftiment, fionla compare à fa difpofîtion , eft quand la cour , la falle &cles chambres ne font ny trop grandes, ny trop petites pourfervir aux ufages aufquels elles font deftinées , fçavoir laCour pour donner le jour aux appartenons & pour contenirce qui y doit entrer ; la Salle pour recevoir les grandes com-pagnies , & les Chambres pour y coucher : ou bien quandces parties ne font ny trop grandes, ny trop petites , eftantcomparées à la grandeur de toute la place j c'eft à fçavoirquand on n'a pas fait une grande Cour dans une petite pla-ce , ou de pentes Chambres dans une grande place : au lieuque la Difpofîtion eft quand toutes les parties font mifes enleur lieu fuivant leur qualité , c eft à dire dans l'ordre qu'el-les doivent avoir felon leur nature &: leur ufage, & que le■Veftibule par exemple eft fuivy de la Salle , enfuite de la-quelle font les Antichambres , les Chambres, les.Cabinets,éc les Galleries.
L'Ordonnance fuivant la definition que Vitruve en donneici, peut convenir à la Difpofîtion des colonnes, qui fontle Pycnoftyle, l'Euftyîe , V Arœoftyle , &c. dont il eft traitéïiu i. chap, du 3. livre. Car cette Difpofîtion qui en ce lieueft appellee t ompofitio & Difpofi'io , n'eft rien autre chofeque la manière de determiner la grandeur du Diamètre descolonnes à 1 égard de celle de leurs Enttccolonnemens , endonnant par exemple fîx piezaux entrecolonnemens du Pyc-noftyle , & à ceux de l'Euftyîe , fî les colonnes ont quatreJ>iez de Diamètre.
Or parce que pour bien faire tant cette Ordonnance desgrandeurs, que cette Difpofîtion , ou fituation de tout lebaftiment, ou de fes parties felon leurs qualitez , il faut ferégler par la Proportion qui fait que toutes les parties s'ac-cordent bien enfemble à caufe qu'on a eu égard à la Bien-feance & à l'Oeconomie ; Vitruve a ajoufté la Proportion,la Bienfeance & l'Oeconomie à l'Ordonnance & à la Distri-bution , non comme des parties de l'Architecture , maiscomme ce qui les perfectionne, & il a voulu dire fans douteque l'Architecture a deux parties , fçavoir l'Ordonnance &la Difpofîtion qui donnent à tous les membres de l'Edificeleur perfection, lorfque la Proportion eft telle, que la Bien-feance & 1 Oeconomie le requièrent : car il eft difficile defaire entendre que ces cinq chofes foient cinq efpeces com-prifes fous un mefme genre.
5. Par rapport a leur usage. Jay cru que le motcommoditas pouvoit eftre interprété ainlî.
4. Les Representations. Il y a dans le Latin , Species1)ifpofitionis qua Gr A cis dicuntur Ide&^hs. fttnt Ichnographia yOrthographia , &c. Les Interprètes entendent que cela fi-gnifie qu'il y a trois efpeces de Diftribution qui font l'Ichno-graphie , l'Orthographie, &c. fans prendre garde que lemot Latin ^Species , de mefme que le Grec idea , ne fîgnifiepas feulement Ffpecc, mais encore Figure, apparence, &
Reprefentafion qu'on apelle vulgairement Dejfein , atifîî-bien qu Efpece- } & que le fens du texte ne fçauroit feuffrirque le Plan , l'Elévation & la Veut' Perfpective d'un BaftiZment, foient les Efpeces de fa Difpofîtion , mais bien fesReprefentations. Car la veritéeftqueces trois manières dedeffiner appartiennent autant à l'Ordonnance, qu'a la Dif-pofîtion , parce qu'un Plan & une Elevation ne fervent pasmoins à marquer les grandeurs des parties , qu'à en fairevoir l'ordre & la fituation. Deforte que quand Vitruve attri-bué' la Reprefentation & le Deflèin à la Difpofîtion , il fautentendre qu'il comprend auffi l'Ordonnance qui en effetn'eft proprement qu'une efpece de Difpofîtion de tout l'ccii-vre, laquelle appartient ou à la grandeur de tout l'oeuvre & p,de fes parties qu on apelle Ordonnance, ou à la fituation du ^tout & des parties qu'on apelle fpecialemcnt Difpofîtion.
5. L'Ichnographie. Ce mot lignifie la reprefentation oule deikindu Veftige d'un Edifice : C'eft ce que nous apellons .le Plan. Ichnos en Grec fîgnifie le Veftige ou l'impreffionqu'une chofe laiffe fur la terre où elle a efté pofée.
6. L'Orthographie. Ce mot eh grec fîgnifie la reprefen-tation d'un Edifice faite par des lignes droites , c'eft-n-direHorizontale.;. Nous l'apellons l'Elévation Gcometrale. Elleeftapellée Orthographie en Grec, parce que Onhos fîgnifiedroit, & c'eft cette rectitude des lignes parallèles à la lignede l'Horizon , qui diftingue l'Orthographie de la Scénogra-phie ou Elevation Perfpective, où toutes les lignes horizon-tales ne font pas droites -, celles qui font aux endroits quis'enfoncent au dedans ou qui fuient par les coftez , eftantobliques dans la Perfpective.
7. La Scénographie. Barbaro a mis Sciographie au £)lieu de Scénographie que Hermolaus Baibarus en fes glofesfur Pline a reiiitué avec beaucoup de raifon , puifque la de-finition que Vitruve apporte du mot dont il s'agit, & quieft proprement celle de la Perfpective, convient tout-à-fait
au mot de la Scénographie qui fîgnifie la reprefentation d'rnetente, c'eft-à-dire la reprefentation entière d'un Edifice , laquelle eft mieux faite par la Perfpective que par l'Ichnoora-phie qui ne trace que le plan, ni que par l'Orthograpie quine donne que l'élévation d'une des faces ; la Scénographieou Perfpective en faifant voir plufieurs coftez à la fois : Lesmodèles en relief, qui peuvent eftre auffi compris fous laScénographie , le font encore mieux. Mais la Sciographiequi, felon Barbaro, n'eft autre chofe que l'élévation en tantqu'elle eft ombrée avec le lavis, ne peut faire une troiiiémeefpece dedeflein ,parce que ces ombres ou ce lavis n'adjou-ftent rien d'eflentiel à l'Orthographie ; & le reproche que FBarbaro apporte contre la Scénographie, fçavoir que laPerfpective corrompt les mefurcs, n'eft point conflderable :parce que les Plans Géométriques & les élévations Ortho-graphiques fufrifent pour faire voir diftinctement tontes lesproportions, ÔV la Scénographie fertà reprefenter l'effet del'exécution parfaite de tout l'Edifice.
Il y a néanmoins une forte de Sciographie qui poniroicavec beaucoup de raifon eftre ajouftée aux trois eipeces dedeftèin que Vitruve a décrites qui eft l'élévation des dedansque l'on appelle Profil : Et on pourroit dire qu'elle eft aînïîapellée à caufe qu'elle reprefente des lieux plus ombragez quene font les dehors, ce que le mot de Sciographie fembîc lî-givfier.