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A les oreilles pas le fon de quelque infiniment , on ne le mettra pas entre les mains du Mede- ^ H A - 5 -cin, mais on le prefentera au Muficien.
Tout de mefme bien que les Aftrologues auffi bien que les Muflciens puifTent raifonnerfur les fympathies des Etoilles & fur celles des confonances, parce qu'elles fe font ou parafpects quadrats & trines en l'Aftrologie , ou par quartes & quintes en la Mufique, & queles uns & les autres puifïent conférer & difputer avec les Géomètres des chofes qui appar-tiennent à la veuë i ce qui s'appelle en Grec logos opticas > de de plufîeurs autres chofes quifont communes à toutes ces feiences •> néanmoins s'il eft necefîaire de Venir à la prati-que exacte de ces chofes-là , il faudra que chacun traite de celles où il s'eft particulièresment exercé,
De forte que l'Architecte doit eftre réputé en Ravoir affez s'il eft médiocrement inftruis£ dans les Arts qui appartiennent à l'Architecture, afin que s'il eft necefîaire d'en juger & deles examiner , il n'ait pas la honte de demeurer court. Que s'il fe rencontre des perfonnesqui ayent affez d'efprit &: de mémoire pour poffeder parfaitement la Géométrie, l'Aftrolo-gie, la Mufique de toutes les autres feiences, leur capacité doit eftre confiderée, commequelque chofe au delà de ce qui eft requis à l'Architecture, & en ce cas ils font des Mathé-maticiens qui peuvent traiter à fond de toutes ces différentes feiences, mais ces génies fontfort rares, & il s'en trouve peu de tels qu'ont efté Ariftarchus à Samos, Philolaus &c Archi-»tas à Tarente , Apollonius à Perga, Eratofthene à Cyrene, Archimede &r Scopinas à Syra-
* eufe, lefquels ont inventé de fort belles chofes dans la Mechanique & dans la ^ Gnomoni-que par la connoiffance qu ils avoient des nombres & des chofes naturelles.
Mais puifque la nature n'a donné cette capacité qu'à fort peu d'efprits, & qu'il eft ce-
C pendant necelTaire que l'Architecte fe méfie de toutes ces différentes chofes } & qu'il eft rai-
fonnable de croire qu'une mediocre connoiffance de chacune luy fuffit, je vous fupplie,
* Cefar, & tous ceux qui liront mon livre d'exeufer les fautes qui s'y trouveront > c contre les
ricien
pour ce qui appartient au tond de l Architecture â & a tout ce qui le pecette feience, je puis dire avec quelque affeurance 3 que non feulement les ouvriers trouve-ront dans mes écrits les inftructions dont ils peuvent avoir befoin , mais mefme que toutefprit raifonnable y rencontrera la fatisfaction que l'on peut defirer dans la connoiffancede cette feience.
de foy eft peu connue, mais la vérité eft qu'elle doit auffi eftreattribuée à la manière dont il eft écrit, & il faut prefumerqu'il y a beaucoup de fautes qui viennent non feulement dela part des copiftes, mais mefme de celle de l'Auteur, commeil l'avoue luy-mefme ; car fon ftyle n'eft pas fort correct ence qui regarde la Grammaire, & mefme il n'a pas toute lanetteté que l'on pourroit defirer au tour qu'il donne à fondifeours.
•pv 19. La Gnomonictue. Cette feience enfeigttelamanière de faire toutes fortes de Cadrans au Soleil par lemoyen du Gnomon , qui eft un ftyle ou éguille pofée per-pendiculairement fur un plan, & que l'on fait de telle lon-gueur que l'extrémité de fon ombre puifle marquer les heu-res ou les fignes fur des lignes qui font tracées fur le plan.Gnomon fignifie audi un Equerre.
30. Contre les règles de la Grammaire.L'obfcuritéde cet ouvrage vient en partie de la matière qui
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CHAPITRE II.
En quoy conffte l'Architecture.
L 'Architecture confute en cinq chofes : Ravoir, l'Ordonnance, qui eft ap- Chap. 11pellée Taxis par les Grecs ; la Difpofition, qui eft ce qu'ils nomment Diatkefîs -, Y Eu- Proportion,rithmie , ou Proportion ; la Bienfeance t & la Diftribution, qui en Grec eft apellée Oeconomia. ^T nmetna > De1 L'Ordonnance eft ce qui donne à toutes les parties d'un Baftiment leur jufte grandeur, Gouvernement
domeftique.1 L'Architecture consiste. Cette divifion mais avec peu de fuccés-, car les differences eftentielles qu'ildes'chofes qui appartiennent à l'Architecture, eft fort ob- y aentrel'Ordonnance ,1a Difpolition & la Di ftribution desfaire tant à cauie de fa fubtilité , qu'à caufe des fautes qui parties d'un Baftiment, eft une chofe dont on ne s'aperçoitfont felon toutes les apparences dans le texte. Henric Vot- pas d'abord, & il eft allez difficile de comprendre que la Pro-ton dans fes Elemens d'Architecture femble eftre de cette portion fans laquelle il n'y a pointd'Ordonnance,deDifpofi-opinion, quand il dit que cet endroit de Vitruve eft diflo- tion, ny de Diftribution dans un Edifice , foit une efpece fe-qué. Il a'paru fi embrouillé à Philander , qu'il n'y a point parée de toutes ces chofes.
voulu toucher du tout dans fes commentaires. Daniel Bar- i. L' Ordonnance est. Il faut deviner le fens de
baro Se Scamozzi s'eftendent fort au long pour l'expliquer, cette definition de l'Ordonnance, ou fuppofer qu'il y a faute