LES CRIS DE PARIS*
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Pauvres plus humbles que Lazare,
Pauvres ayant page et valets,
Pauvres disant le chapelet,
Pauvres chantant sur la guitare.
O Dona Flor, fleur de la cour,
Donnez.au mendiant d’amour I,
LE' DORMEUR ÉVEILLÉ:
Fleur de beauté, songe à ton tour,
Que je suis mendiant d’amour !
UNE VOIX.
2* Couplet.
Par la fol sainte qui console*
Par l’amour qui rêve à: l’écart,,
Pieuses mains, rien qu’une obole 1Beaux yeux voilés-, rien qu’un regard !
L’obole, Dona Flor, la donne,
Prodigue aux bien-aimés des cieuxqMais d’un regard de ses beaux yeux,
Dona Flor ne fait pas l’aumône;
0 Dona Flor, fleur de la cour,.
Donnez au mendiant d’amour !
LE DORMEUR ÉVEILLÉ.
Fleur de beauté, songe à ion tour,
Que je suis mendiant d’amour!
(Pendant le second couplet, nouvelles études.sur la flûte, sur la,violon et sur lecornet à pistons.)
LE DORMEUR ÉVEILLÉ.
Résignons-nous ; il* le faut bien.
Paris a tué le silence.
Viens à mon aide, ô patience !'
Car le : dépit ne sert à rien.
UNE VOIX.
3 e Couplet.
Hier pourtant, vint avec l’ombreUn suppliant timide et doux.
Près du mur,, dans son manteau sombre,Il inclina les deux genoux.
Dona Flor tenait une rose,
Duègne, une obole.— La voici.—
La rose à' terre tombe aussi.
C’était méprise, je suppose.
Mais sous le balcon jusqu’au jourVeillait un mendiant d’amour I
LE DORMEUR ÉVEILLÉ.
j Fleur de beauté, songe à ton tour
j Que je suis mendiant d’amour !'
! •
1 (On entend la musique d’un régiment de cavalerie.)
TROISIÈME PARTIE.
LE SOIR.
(On entend les tambours battre la retraite.)
<
LE PROMENEUR SOLITAIRE.
Nuit sombre,
Ton ombre
A ses clartés comme le jour ;
Ta brumeRallume
L’étoile au ciel, au cœur l’amour.
Avec la nuit, s’ouvre une porte close,
Un rideau s’écarte sans bruit.
Avec la nuit, doux et riant complice,
Le même songe à deux chevets se glisse ;L’amant qu’on aime, aime la nuit.
Nuit sombre,
Ton ombre
Trompe le regard des jaloux,
Et prêteDiscrète
Son doux mystère aux rendez-vous.
Avec la nuit, dort la duègne morose ;