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LES CRIS DE PARIS.
UNE VOIX.
En avez-vous, du verr’ cassé ?
LE DORMEUR.
Si pour me fuir s’ouvrent vos blanches ailes....,
UNE VOIX. j
Raccommodez la vaisselle,
La faïence et les verr’s cassés !
LE DORMEUR. .
Songes divins, doux frères des amours.
UNE VOIX.
D’mandez les nouveaux calembours !
1
LE DORMEUR.
Entourez-moi, je veux rêver toujours 1UNE VOIX.
Un sou trois cent vingt calembours 1
LE DORMEUR.
Horrible tapage !
Vacarme odieux !
J’en pleure de rage !
Fermez donc les yeux !
Des voix qui glapissent,
Des voix qui mugissent;
Cent marteaux de fer,
Les chiens qui s’ébattent,
Les volets qui battent :
Paris c’est l’enfer !
VOIX CONFUSES.
— A deux liards les reinettes !
— Mes trois paquets d’allumettes !
— Chasselas de Fontainebleau 1— V’ià l’maqu’reau frais ! v’ià 1’ maquereau 1— Bon fromag’ de Marolles !
— Étamez les cass’roles !
— Carr’leur d’soulier !
— V’ià 1’ vitrier !
— Marchand d’balais !
— A deux liards tous les Anglais I
— Cerneau.au !
— A l’eau.au !
— Poir’ cuit’ au four ! oh ! poir’ cuit’ !
— Mangez des huit’ ! mangez des huit’ I— J’ai des souliers daim,
Des souliers maroquin,
Des panthèr’ !
Des chaussons pour chausser l’hiver !
— Achetez paillassons !
— V’ià 'la marchand’ de chiffons !
(On entend le rappel et la musique de la garde montante.)
DEUXIÈME PARTIE.
LE JOUR,
LE DORMEUR EVEIL LÉ.
Sa fenêtre est sous ma fenêtre.
Si je ne la vois pas, j’entends au moins sa voix,
Écoutons : j’ai cru reconnaîtreL’harmonieux clavier qui citante sous ses doigts.
(On entend préluder un piano.)
Prélude heureux, dis-moi tout basNos doux secrets qu’on n’entend pas.
(Des gammes exécutées sur un autre piano se croisent avec le prélude de laromance.)
Résignons-nous ; il le faut bien.Paris a tué le silence.
Viens à mon aide, ô patience!
Car le dépit ne sert à rien.
UNE VOIX CHANTE.
Le Mendiant d’amour.
Chez Dona Flor, la bien nommée,Quand le rideau vient de s’ouvrir,On connaît l’heure accoutumée,
Et tous ses pauvres d’accourir.