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comme un lieu sacre. Ils respecterent le vieux arbre sousiequel il reposa peu de temps avant sa mort, et ue voulurentpoint le laisser couper. L’arbre n’a pdri que parce qne lessoldats de toutes les nations en ddtaclierent des morceaux parl'espect pour sa mdmoire.»
Les restes de Turenne furent conservds jusqu’ä nos joursdans le tombeau des rois. Les republicains Font tire de cefastueux oubli. Ils lui ddcernent aujourd’liui une plaee dansle temple de Mars, on chaque jour le recit de ses victoiressera rdpdte par les vieux guerriersqui habitent cetle euceinte.
Qu’imporlent des trophdes sans mouvement et sans vie VIci la gloire est toujours en action. Le marbre et l’airaitidisparaissent par le temps • cet asile des guerriers francai:;que la vieillesse et les blessures privent de combatlre encore rse inaintiendra d’äge en age, et nos derniers neveux vien-dront avec respect s’y entretenir de ceux qui auront termineleur carriere au champ de l honueur.
C’est sur la tombe de Turenne que le vieillard versev.’tcliaque jour des larrnes d’admiration, que le jeune homnieviendra dprotiver sa vocation pour le rudtier des armes. Si,apres avoir embrassd son monunient; si, apres avoir invo-que les manes des Turenne, il ne se seut rempli d’un saincenlhousiasme , si son coeur ne s’agrandit et ne s’dpnre , s’il nnse passionne pour toutes les vertus heroiques , il devra sedire ä lui-meme qu’il n’est pas ne pour la gloire.
De nos jours Turenne eut ete le premier ä s’dlancer dansla carriere qu’ont parcourue nos phalanges republicaines.Ce ne lut point au maintien du Systeme politique , alorsdominant, qu’il consacra ses travaux , qu’il sacrilia sa vie ,rnais ä la delense de son pays , independanle de tout Systeme.L'amour de la patrie lut son mobile , comme il fut de nosjours celui des Dampierre , des Dugommier, des Marceau,des Joubert, des Desaix, des Latour-d'Auvergne; sa gloirene doit pas etre sdparee de celle de ces heros republicains;et c’est au noin de la Republicjue, que ma main doit deposei-ces lauriers dans sa tombe. Puisse i’ombre du grand Tu-renue etre sensible ä cet acte de la reconnaissance nationale,commancld par un gouveruement c[ui sait apprecier lesvertus !
Citoyens , n’affaiblissons point l’dmotion que vos coeurseprouvent ä l’aspect de cet appret funebre. Des paioles nesauraient ddcrire ce qui tombe ici sous vos sens. Qu’aurais-j('ä dire de Turenne ? le voilä lui-meme ; de ses triomphes ?voilä l’dpde qui armait son bras victorieux; de sa mort?voila le fatal boulet qui le ravit ä la France , ä fhumanitöentiere.