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Ces cahiers des assemblées électorales contenaient des vues très-sages, et entreautres la confection d’un cadastre généra!, qui fut demandée par soixante-treize assemblées électorales de la noblesse, notamment celle de Lyon , et parcinquante-huit du tiers-état, spécialement celles de Troyes et de Toul, entout cent trente-une.
Ces cahiers spécifient l’arpentage et l’estimation en détail de tous les biens ,de manière que chaque propriétaire puisse lui-mème établir sa cotisation ; ilsdemandaient donc un cadastre parcellaire.
Les Etats-généraux devenus Assemblée nationale nommèrent un Comitéd’imposition chargé de présenter un nouveau système d’impôt, et qui proposade remplacer la taille , la capitation et les vingtièmes par une contributionfoncière et une contribution personnelle. La première fut fixée à 240 millionsen principal, plus 60 millions en sous additionnels.
Le Comité d’imposition annonça qu’il allait s’occuper de répartir cette con-tribution de 240 millions entre les quatre-vingt-trois départemens. Ce fut unappel à toutes les personnes qui pouvaient avoir des vues à proposer : une in-finité de plans manuscrits ou imprimés furent adressés au Comité ; et commele Comité avait des rapports continuels avec la division du Ministère desfinances chargée des contributions directes, à laquelle j’étais attaché, presquetoutes ces productions me passèrent par les mains. Aucune ne fut adoptée parle comité.
Après un grand nombre de conférences, à quelques-unes desquelles j’eus l’hon-neur d’ètre admis, le Comité s’arrêta à l’idée de répartir les deux nouvellescontributions foncière et personnelle, au prorata de toutes les anciennes im-positions tant directes qu’indirectes.
Pour remplir les vues du Comité, la division des contributions directes s’oc-cupa d’un travail aussi long que minutieux; il consistait à refondre par départe-ment toutes les anciennes impositions des provinces. J’en ai conservé tous lesélémens.
Le Comité s’attendait que son plan serait combattu par plusieurs ora-teurs : il se concerta avec les membres les plus influens ; et lorsque l’ondemanda la parole pour ou contre le projet, l’Assemblée se leva et l’adopta deconfiance.
L Assemblée savait parfaitement et son Comité ne lui avait pas dissimulé quecette répartition était très-inégale, très-injuste ; mais elle pensa qu’il valait mieux
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