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Ch. XXI. 8 ^ e ^ eux ran § s Petrous alternativement pour kvvkd' amarres, Dans ces clones il y avoit ACtioni*. deux chevilles faites au tour, aufquelles s'attachoient les cordes quitenoient le Bélier fuf-
pendu.
Il yavoit au demis de ceux qui travailloient au Bélier, une guérite en forme de Tou-relle , où deux foldats eftoient logezji couvert y pour découvrir & faire Ravoir tout ce q ueles ennemis entreprenoient.
Le Bélier eftoit long de cent fix piez, gros d'un pie & d'un palme, & épais d'un pié parle bas. Ilalloit en étreilîflant depuis la telle jufqu'à un pié fur fa largeur, & jufqu'à un de-my~pié& un neuvième fur fon épaiffeur. Sa tefte eftoit armée de fer comme le font leslongs vaiileaux, & de cette tefte partoient quatre bandes de fer longues 9 environ de qua-*tre piez, par lefquelles elle eftoit attachée au bois. Depuis la tefte jufqu a l'autre bout dela poutre il y avoit quatre cables étendus , de la groifeur de huit doits 3 qui y eftoient atta- gchez de mefme que le mas d un navire l'eft ,0 à la poupe & à la prouë, & ces cables eftoient *ferez contre le Bélier par u des cordes mifes en travers comme des ceintures , diftantes *
8. De deux rangs de trous alterna-tive m e n t. Je crois que les dofTes eftoient ainfi percées,afin que les degrez de hauteur à laquelle on vouloir éleverle Bélier, fullent plus petits. Cela fe pratique dans les mé-tiers des Brodeurs, où les tringles qui parlent dans les rou-leaux , aufquels la befogne eft attachée, font percées dedeux ou trois rangs de trous, afin que les chevilles, quicftant pallées dans l'un de ces trous arreftent les rouleaux,& tiennent la befogne tendue', le puiilent faire tant 8c fipeu , qu'il eft necellaite par le moyen de la difpofition deces trous , qui feroient trop prés les uns des autres pourfaire cet effet s'ils eftoient tous d'un rang, 8c s'ils n'eftoientdifpofez alternativement, c'eft-à-dire en manière d'Echi-quier.
Mais il n'eft pas aifé de deviner quel eftoit l'ufage de cestrous, & pourquoy il falloir que le Bélier frappai! tantofthaut, tantoft bas. Appian Alexandrin dit que ceux dTJti-que empefehoient l'effet des Béliers dont Scipion faifoit bat-tre leurs murs, en defeendant des poutres pendues à descordes, 8c en les mettant en travers pour foûrenir les coupsdes Béliers. On peut dire que par le moyen des chevillesque Ton mettoitdans les trous dont il s'agit, on pouvoir
faire que le Be -lier frappait plushaut ou plus bas;fi au momentqu'il eftoit retiréen arrière , onmettoit deuxchevilles dansles trous qui ê-toient derrière &au délions deschevilles qui lûtpendoient le Be.lier : parce quelorfque le Bé-lier eftant pouffépour frapper re-tournoit en a.vant, les cablesrencontrant ceschevilles , fai-foient un anglequi les rendoitplus courts , cequi eftoit caufe
que le Bélier frappoit plus haut. Ces mefines trous pou-voient audi fervir à mettre plus haut ou plus bas les chevil-les aufquelles les cables eftoient attachez.
j;. Environ de quatre fiez. Le texte portequatuor circiter pedum XV. Il eft, ce me femble, évidentque le nombre XV eft mal ajouté : parce qu'il ne peut figni-fier que les quinze parties d'un pié, Se qu'il feroitfuperflu dedire environ quatre piez & la quinzième partie d'un pié,d'autant que quatre piez Se la quinzième partie d'un picfont la mefme chofe qu'environ quatre piez. De forte quej'ay crû qu'il falloir s'arrefter,comme j'ay fait,à l'une ouàl'autre de ces expreffious. v-
IO. A LAPOUPPEET A LA PROUE. Toutes
ces machines font expliquées fiobfcurement, qu'il fembleeftre inutile de fedonner la peine d'y vouloir rien compren-dre : mais ce qui en doit principalement faire perdre l'efpe-rance, eft le foupçon que l'on a fujet d'avoir , que Vitruvemefme n'a pas bien compris les chofes qu'il décrivoit, lorf_qu'elles ne luy eftoient connues que par les livres, tellesqu'eftoient la plufpart de celles qu'il décrit icy ; car il y a ap-parence que les Béliers qui eftoient en ufage de fon tempseftoient differens de ceux qu'il décrit. De forte que monopinion eft, à l'égard delà comparaifon qu'il fait des ca-bles qui attachoient le Bélier dont il parle, avec ceux dumas d'un navire, qu'elle eft mal expliquée ; parce que cetteexplication contient des chofes qui fecontredifent ; eftantimpoffible que les cables qui vont le long du Bélier, foientferrez contre le Bélier par des cordes mifes en travers, ainfi rjqu'ileftdit, 8c qu'ils l'arreftent de la mefme façon qu'unmas eft attaché àla proue &: à la pouppe : car les cables quiattachent ainfi un mas , en font fort éloignez ; au contrairedes autans qui l'attachent aux deux bords v? tfins, & quireprefentent allez bien les cables qui attachoient le Bélierd Agetor , à caufe des cordes qu'il avoit en travers pour Ser-vir commed'anfes quel'onprenoit pour le remuer ; de mê-me qu'il y en a auffi au travers des aubans qui fervent pourmonter à la hune. Celt pourquoy ma penfée eft que Vi-truve s'elt mépris quand il a voulu fpecifier les cables dontAgetor n'a parlé qu'en general , en difant feulement que leBélier avoit des cables tendus comme ceux qui arreftent lemas d'un vaiffeau, auquel Jofcphc compare auffi le Bélierqu'il décrit.
it. Dps cordes mises en travers. Ces pcordes MM, nefervoientpas feulement à attacher les gros **cables 11 , mais elles faifoient comme des anfes , par lemoyen defquelles onmanioit le Bélier ; & eftant entortil-lées & paffées fous les gros cables , elles empefehoient
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