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VIT RUVE
Chap. XV ment d es bras,la machinepuiffefrapper avec affez deforce -, & au contraire fi le chapi- .
Qtd bande vtri teau eft moins hauffé 5 ce qui le fait appeller Cdutonum , les bras doivent eftre p lus tendus;
h b**, c ' e ^ pourquoy on les allonge , afin qu'ils puiffent eftre courbez aifément jufqu' où il faut.
Car de mefme qu'un levier qui eftant de quatre piezeft fuffifant pour faire »* que quatre*hommes puiffent remuer un fardeau , fera que le mefme fardeau fera remué par deux, s'il
C H, xvi.
eft long de huit piez : I7 ainfi plus les bras de la catapulte feront longs , & plusfacilité à les bander ■-, de mefme qu'il y aura plus de difficulté , plus ils feront c<
il y aura de *courts.
dans la figure qui explique affez clairement le faifonnementque Vitruve fait fur la proportion des arbres, à la haureurdu chapiteau, laquelle ne le peut entendre de la differencedu ton-, parce que foit que le chapiteau foit Catatonum 3c'eft-à-dire abaiifé & bandant vers le bas^ comme en A , ouanatonum , c'eft-à-dire élevé & bandant -,ers le haut , com-me en B, & cela à l'égard des arbres C C ; il donnera tou-jours un mefme ton aux cordes ; parce que l'auteur veutque par cette proportion qu'il preferit , la longueur desbras qui les rend plus flexibles, recompenfe l'abaiflementdu chapiteau qui fait une plus grande tenfion-,ou que leur ac-courcitlèment fnpplée à ce qui manque à la tenfion que leschapiteaux donnent quand ils font fituez plus haut ; &qu'ainfi la machine ait toujours une pareille force pourfrapper, & que l'on trouve auffi une mefme facilité à labander, ce qui fera necelTairement un mefme ton dans lescordes. Après tout il faut demeurer d'accord que l'af-fecf ation que l'on fçait eftre ordinaire à Vitruve de fefervir de mots Grecs fans neceffité & mefme d'en forger denouveaux j peut fonder les conjectures que l'on eft fouvent
obligé de prendre où l'on peut pour deviner ce qu'il veutdire,& de fuppofer que dans la compofuion des mots Grecsqu'il a forgez , il n'a pas toujours efté fort exact à obferverles Analogies & les ufages établis dans les Auteurs de cettelangue.
16. Que quatre hommes puissent r e- $muer un ïardeau. J'ay crû qu'il y avoit faute autexte, qu'un copifte a mis un point de trop, & que ce mau-vais exemplaire , fur lequel ceux que nous avons ont eftécopiez, a fait écrire, onus quod à quinque hominibus txtoLlitur y au lieu de quod kqn.-.tuor ; car il ny a point d'appa-rence que Vitruve ignoraft que le doublement de la lon-gueurdu levier depuis l'hypomoclion ou appuy , double auf-
li fa force, & par confequent que ce que quatre hommesfont avec un levier de quatre piez ', eft fait par deux hom-mes avec un levier de huit piez.
17. Ainsi. Ce qui appartient à la ftrnfture & à l'ufagedes Catapultes eft plus amplement expliqué dans les deuxchapitres qui fuivent.
CHAPITRE XVI.
. Des "Balliftes.
1 T'A Y traité des parties dont la Catapulte eft compofée & de leurs proportions. Pour ce *
1 qui eft des Balliftes elles fe font de diverfes manières, qui ne font toutefois que pour unmefme effet. Il y en a que l'on bande avec des moulinets & des leviers, d'autres avec desmoufles, d'autres avec des vindas, &c d'autres avec des roues à dents. Mais la grandeur detoutes doit eftre proportionnée à la pefanteur delà pierre qu'elles jettent : & il n'eftpasaifé de concevoir quelles doivent eftre ces proportions, fi l'on n'eft bien exercé dans l'A-rithmetique, &: principalement dans la multiplication.
On fait au chapiteau de la Ballifte des trous par où l'on paffe des cables faits de cheveux ^de femme, ou de boyau ; ces cables doivent eitre gros à proportion de la pefanteur delàpierre que la Ballifte jette, de mefme que dans les Catapultes les proportions fe prennentde la grandeur des javelots.
1. J'ay trait e\ La defeription de la Catapulte n'a ties qui la compofent, fans déetire ny la figure ny les ufa-efté entendue deperfonne, quoique quantité de grands per- ges deces parties,fonnaces s'y foient employez avec beaucoup de foin, com-
me Lipfe remarque. Les deferiptions qu'Athénée le Ma-thématicien , Ammian Marcellin, Vegece ,Jocundus & Ro-bertusValturius en ont données, les deux figures qui fontdanslelivre anonyme , intitulé Nttitia imperii, celle que
Ce que l'on fçait en general des Catapultes eft qu'elleseftoient faites pour jetter des javelots, de mefme que lesBallfties fervoient à jetter les pierres, quoique cette diftin.cf ion n'ait pas efté faite par les derniers Auteurs Latins ,quiont toujours exprimé l'une & l'autre machine par le mot de
Gail, du Choul dit avoir tirée d'un ancien marbre, celle qui Ballifte • Que les Catapultes lançoient leurs javelots avec
fe, voit dans l'Arfenal de Bruxelle, ny celles qui font repre- une fi grande force qu'ils perçoient plufieurs hommes les
fentées dans la colonne Trajane, n'ont aucun rapport avec uns après les autres au rapport de Lucain ; qu'elles por-
la defeription de Vitruve -, ôefar Cifaranus qui eft le pre- toient d'un bord du Danube à l'autre felon l'auteur du livre C
mier qui après Jocundus a fait les figures de Vitruve avec intitulé Notifia imperii -, Et enfin qu'il y en avoit qui pouf-
beaucoup d'exactitude , n'en a point fait de la Catapulte , foient des javelots de la grandeur de nos chevrons. Athe-
non plus que Barbaro -, & mefme après avoir traduit & corn- née en décrit qui avoient douze coudées, & ce qui eft de plus
mente Vitruve jufqu'à cet endroit, il abandonna l'ouvrage incroyable il dit qu'Agefiftratus avoit fait une Catapulte
qui fut achevé par Benedetto Jovio, & par Bono Mauro. qui n'eftant longue que de trois palmes portoit jufques à
Jocundus declare en propofant fa figure , que ce n'eft point plus de trois ftades, c'eft-à-dire environ sootoifes.
pour expliquer le texte de Vittuve auquel elle ne convient La defeription de Vitruve fait feulement entendre que la
point, & il avoue qu'il ne comprend rien ny à fa figure ny Catapulte avoit deux bras ou arbres , c'eft à-dire des pieces
au texte de Vitruve. Mais il ne faut pas trouver étrange de bois que l'on faifoit plier en les attirant avec des cor-
qu'une machine dont il eft fort difficile de faire comprendre des qui febandoient par des moulinets : mais perfonne n'a
la ftructure par écrit , particulièrement lorlque l'on n'en expliqué comment ces bras frappoient le javelot, comment
donne point la figure, ne foit point entendue quand la def- ils eftoient arrêtiez avant la detente , & comment la deten-
cription en eft auffi négligée qu'eft celle qui nous eft donnée te fe faifoit, ny à quoy fervoit cette égalité de tenfion qui
pat Vitruve, qui ne s'eft arreilé qu'aux proportions des par- fe connoiftoit par l'égalité des tons que les cordes rendoient-,
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